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Blair et Chirac montent au créneau contre l'Irak

N/A ZZZN/A   26 juillet 2002  International
Londres — Le premier ministre britannique Tony Blair et le président français Jacques Chirac sont montés au créneau hier pour adresser une mise en garde à l'Irak, renforçant les signes avant-coureurs d'une action militaire contre Bagdad.

Mardi, après trois séries de pourparlers sans résultat sur la reprise du contrôle du désarmement irakien avec le ministre des Affaires étrangères Nadji Sabri, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, avait annoncé qu'il ne souhaitait pas poursuivre le dialogue à ce niveau tant que Bagdad ne se montrera pas plus souple sur la reprise des inspections.

En même temps, le président iranien Mohammad Khatami avait tenu à condamner «toute intervention étrangère en Irak».

«Ce n'est pas imminent, nous ne sommes pas encore au moment de la prise de décision», a déclaré hier Tony Blair au sujet d'une éventuelle attaque. «Il reste de nombreuses questions à étudier avant que nous n'arrivions au moment de décider.»

De son côté, Jacques Chirac a souligné que le régime de Bagdad serait «bien inspiré» d'accepter le retour «sans conditions» des inspecteurs en armement de l'ONU à l'issue d'un entretien avec le président égyptien, Hosni Moubarak, à l'Élysée. En Turquie, le Conseil de la sécurité nationale (MGK), composé de civils et surtout de militaires, s'est réuni hier pour évaluer l'impact qu'aurait sur le pays une attaque américaine contre l'Irak. La Turquie est, au Proche-Orient, l'un des meilleurs alliés des États-Unis. L'aviation américaine se sert d'une base aérienne turque pour patrouiller la zone d'exclusion aérienne du nord de l'Irak.

Bagdad a déclaré mercredi que tout accord avec les Nations unies devait comprendre un arrêt des menaces américaines contre l'Irak.

«Cela ne laisse rien présager de bon, franchement, a dit Blair. Il semble peu probable que les Irakiens aient l'intention de se conformer [aux exigences des Nations unies].» «Saddam est en infraction avec toutes les résolutions de l'ONU», a-t-il ajouté en faisant référence au président irakien Saddam Hussein.

Washington accuse Bagdad de soutenir le terrorisme et de chercher à mettre au point des armes de destruction massive.

Les experts de l'ONU chargés de contrôler le désarmement irakien ont quitté l'Irak en 1998 et n'ont pas pu y retourner depuis.

Blair est le plus proche allié du président américain George W. Bush depuis les attentats du 11 septembre, ce qui rend improbable une action militaire américaine contre Bagdad sans participation britannique, d'autant que les deux pays ont oeuvré main dans la main en Irak depuis la fin de la guerre du Golfe, en 1991.

Ils veillent notamment au respect des zones d'exclusion aérienne mises en place dans le nord et le sud du pays et ont multiplié ces dernières semaines les raids contre les installations militaires irakiennes, prenant pour cible leurs appareils.

Blair doit cependant faire face à l'opposition de membres de son propre parti, le New Labour, qui rejettent toute attaque contre Bagdad et demandent un vote au Parlement avant l'envoi de troupes.

Le pensionnaire du 10, Downing Street a refusé de s'engager à consulter les parlementaires avant de prendre une décision mais aussi de divulguer les preuves que le gouvernement britannique affirme posséder sur la menace représentée par Saddam Hussein.






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