Sharon défie la Cour de La Haye
12 juillet 2004
International
Tel Aviv — Tirant argument de l'attentat à la bombe qui a causé la mort d'une jeune israélienne hier à Tel-Aviv, le premier ministre israélien Ariel Sharon a fustigé l'avis de la Cour internationale de justice (CIJ) sur le «mur» construit en Cisjordanie et ordonné hier la poursuite des travaux de construction de cette ligne de séparation malgré l'avis de la CIJ de La Haye, qui a jugé vendredi que cette barrière était illégale.
Après une consultation interministérielle, M. Sharon a donné des consignes pour que «la lutte contre l'avis de la CIJ se continue par tous les moyens politiques et légaux». Israël dit construire cette barrière — qu'il qualifie de «clôture antiterroristes» — pour empêcher les attentats palestiniens sur son sol.
Appuyés désormais par la Cour, les Palestiniens estiment quant à eux que ce «mur de l'apartheid», comme ils l'appellent, annexe de facto une partie de la Cisjordanie. Ils ont décidé de saisir l'Assemblée générale de l'ONU de cette question mais pourraient repousser après les présidentielles américaines de novembre un vote du Conseil de sécurité, pour éluder un veto américain.
À Bangkok, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a estimé que toute action entreprise par Israël «doit être prise en conformité avec le droit international et doit respecter les intérêts des Palestiniens».
À l'issue de la réunion hebdomadaire de son cabinet, M. Sharon a pour sa part déclaré que l'État d'Israël rejetait «totalement l'avis de la CIJ. Il s'agit d'un avis unilatéral [...] qui ignore totalement la raison de la construction de la barrière de sécurité, qui est le terrorisme palestinien».
«Il y a une heure, une Israélienne a été assassinée par des terroristes palestiniens criminels [...]. Ce meurtre survenu ce matin [hier] est le premier commis sous le patronage de l'avis de la Cour internationale de justice de La Haye», a-t-il ajouté.
L'attentat à la bombe, qui a fait également 20 blessés dont trois graves, a eu lieu à un arrêt d'autobus dans un quartier populaire à proximité de l'ancienne gare routière de Tel-Aviv.
Selon des témoins, des victimes ont été projetées à plusieurs mètres de l'arrêt par l'explosion de la charge, qui contenait des boulons et des pièces métalliques.
Une soldate âgée de 19 ans a été tuée, ce qui porte à 4177 le nombre de personnes tuées depuis le début de l'intifada, fin septembre 2000, dont 3180 Palestiniens et 926 Israéliens.
Le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a condamné l'attentat tout en suggérant qu'il s'agissait d'une provocation.
«Vous savez parfaitement qui est derrière ces actes. Israël le sait, les Américains le savent et les Européens le savent», a déclaré M. Arafat sans préciser ses accusations.
Il a redit d'autre part qu'il condamnait ce genre d'attentat: «Nous condamnons cet acte comme nous avons toujours condamné de tels actes.»
L'attentat a été revendiqué dans un communiqué par les Brigades des martyrs d'al-Aqsa, groupe armé lié au Fatah, le mouvement de M. Arafat.
Le dernier attentat perpétré en Israël remonte au 14 mars: dix personnes, outre deux kamikazes, avaient été tuées dans un double attentat suicide dans le port d'Ashdod, au sud de Tel-Aviv.
Sur le plan politique, M. Sharon, qui n'a plus de majorité parlementaire depuis l'adoption début juin par son cabinet de son plan de retrait de la bande de Gaza avant la fin de 2005, doit entamer aujourd'hui des discussions avec le chef du Parti travailliste Shimon Peres en vue de l'entrée de cette formation au gouvernement.
M. Peres a demandé que le retrait de Gaza, dont le gouvernement israélien a adopté le principe, soit «accéléré» et «coordonné» avec les Palestiniens.
L'entrée des travaillistes se heurte à une vive opposition des durs du Likoud, le parti de droite de M. Sharon, hostiles à ce retrait.
Par ailleurs, le premier ministre Sharon a demandé hier au ministère des Finances d'inclure dans le budget 2005 des fonds pour le retrait de la bande de Gaza.
Il a aussi demandé aux responsables de s'assurer que le coût de construction d'une «barrière de sécurité» en Cisjordanie soit aussi inclus dans le budget de l'an prochain.
Le budget de construction de la «barrière» longue de 600 km provenait jusqu'ici d'un fonds discrétionnaire du gouvernement, et les économistes s'attendaient à ce que les deux projets restent distincts du budget de l'État.
Sharon n'a pas dit quelle serait la somme nécessaire pour couvrir le coût de son projet de retrait de la bande de Gaza d'ici la fin de l'an prochain, ce qui comprend la réinstallation des 7500 colons qui y vivent. Les autorités ont promis que chaque famille recevrait une indemnisation pouvant aller jusqu'à 300 000 dollars.
Le gouvernement s'est fixé un objectif de déficit budgétaire de 3 % du produit intérieur brut pour le budget 2005, contre 4 % du PIB en 2004. Un projet de budget est attendu dans un délai d'un mois.
Avec Reuters
Après une consultation interministérielle, M. Sharon a donné des consignes pour que «la lutte contre l'avis de la CIJ se continue par tous les moyens politiques et légaux». Israël dit construire cette barrière — qu'il qualifie de «clôture antiterroristes» — pour empêcher les attentats palestiniens sur son sol.
Appuyés désormais par la Cour, les Palestiniens estiment quant à eux que ce «mur de l'apartheid», comme ils l'appellent, annexe de facto une partie de la Cisjordanie. Ils ont décidé de saisir l'Assemblée générale de l'ONU de cette question mais pourraient repousser après les présidentielles américaines de novembre un vote du Conseil de sécurité, pour éluder un veto américain.
À Bangkok, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a estimé que toute action entreprise par Israël «doit être prise en conformité avec le droit international et doit respecter les intérêts des Palestiniens».
À l'issue de la réunion hebdomadaire de son cabinet, M. Sharon a pour sa part déclaré que l'État d'Israël rejetait «totalement l'avis de la CIJ. Il s'agit d'un avis unilatéral [...] qui ignore totalement la raison de la construction de la barrière de sécurité, qui est le terrorisme palestinien».
«Il y a une heure, une Israélienne a été assassinée par des terroristes palestiniens criminels [...]. Ce meurtre survenu ce matin [hier] est le premier commis sous le patronage de l'avis de la Cour internationale de justice de La Haye», a-t-il ajouté.
L'attentat à la bombe, qui a fait également 20 blessés dont trois graves, a eu lieu à un arrêt d'autobus dans un quartier populaire à proximité de l'ancienne gare routière de Tel-Aviv.
Selon des témoins, des victimes ont été projetées à plusieurs mètres de l'arrêt par l'explosion de la charge, qui contenait des boulons et des pièces métalliques.
Une soldate âgée de 19 ans a été tuée, ce qui porte à 4177 le nombre de personnes tuées depuis le début de l'intifada, fin septembre 2000, dont 3180 Palestiniens et 926 Israéliens.
Le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a condamné l'attentat tout en suggérant qu'il s'agissait d'une provocation.
«Vous savez parfaitement qui est derrière ces actes. Israël le sait, les Américains le savent et les Européens le savent», a déclaré M. Arafat sans préciser ses accusations.
Il a redit d'autre part qu'il condamnait ce genre d'attentat: «Nous condamnons cet acte comme nous avons toujours condamné de tels actes.»
L'attentat a été revendiqué dans un communiqué par les Brigades des martyrs d'al-Aqsa, groupe armé lié au Fatah, le mouvement de M. Arafat.
Le dernier attentat perpétré en Israël remonte au 14 mars: dix personnes, outre deux kamikazes, avaient été tuées dans un double attentat suicide dans le port d'Ashdod, au sud de Tel-Aviv.
Sur le plan politique, M. Sharon, qui n'a plus de majorité parlementaire depuis l'adoption début juin par son cabinet de son plan de retrait de la bande de Gaza avant la fin de 2005, doit entamer aujourd'hui des discussions avec le chef du Parti travailliste Shimon Peres en vue de l'entrée de cette formation au gouvernement.
M. Peres a demandé que le retrait de Gaza, dont le gouvernement israélien a adopté le principe, soit «accéléré» et «coordonné» avec les Palestiniens.
L'entrée des travaillistes se heurte à une vive opposition des durs du Likoud, le parti de droite de M. Sharon, hostiles à ce retrait.
Par ailleurs, le premier ministre Sharon a demandé hier au ministère des Finances d'inclure dans le budget 2005 des fonds pour le retrait de la bande de Gaza.
Il a aussi demandé aux responsables de s'assurer que le coût de construction d'une «barrière de sécurité» en Cisjordanie soit aussi inclus dans le budget de l'an prochain.
Le budget de construction de la «barrière» longue de 600 km provenait jusqu'ici d'un fonds discrétionnaire du gouvernement, et les économistes s'attendaient à ce que les deux projets restent distincts du budget de l'État.
Sharon n'a pas dit quelle serait la somme nécessaire pour couvrir le coût de son projet de retrait de la bande de Gaza d'ici la fin de l'an prochain, ce qui comprend la réinstallation des 7500 colons qui y vivent. Les autorités ont promis que chaque famille recevrait une indemnisation pouvant aller jusqu'à 300 000 dollars.
Le gouvernement s'est fixé un objectif de déficit budgétaire de 3 % du produit intérieur brut pour le budget 2005, contre 4 % du PIB en 2004. Un projet de budget est attendu dans un délai d'un mois.
Avec Reuters
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