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L'imam qui prônait le djihad est arrêté

N/A ZZZN/A   28 mai 2004  International
Abou Hamza, alias le «Capitaine Crochet».
Photo : Agence Reuters
Abou Hamza, alias le «Capitaine Crochet».
Londres — La police britannique a interpellé hier à la demande des États-Unis l'imam radical Abou Hamza al-Masri, jadis réputé pour ses prêches enflammés à la mosquée de Finsbury Park, à Londres, et qui faisait l'objet d'une demande d'extradition de la justice américaine.

Abou Hamza est recherché aux États-Unis pour une prise d'otages au Yémen, en 1998, dans laquelle quatre otages avaient trouvé la mort. Aux termes de la loi américaine, il risque la peine de mort.

Il a été présenté hier à un tribunal londonien qui lui a demandé s'il était prêt à aller aux États-Unis. Il a souri, secoué la tête et répondu: «Non.»

Il a été maintenu en détention et doit à nouveau comparaître au tribunal le 23 juillet.

Le ministre de l'Intérieur, David Blunkett, n'a le droit d'autoriser une extradition vers un pays pratiquant la peine de mort, comme les États-Unis, que s'il obtient des garanties sur le fait qu'elle ne sera pas appliquée au suspect.

L'arrestation de cet homme de 47 ans qui admire ouvertement Oussama ben Laden et prônait le djihad (la guerre sainte) contre l'Occident est survenue alors que le parquet britannique était en passe d'ordonner son interpellation.

L'ancien imam de la mosquée de Finsbury Park, d'origine égyptienne, était également recherché depuis trois ans par les autorités yéménites.

«Nous détenons des preuves selon lesquelles il a été mêlé à des attaques terroristes survenues au Yémen dans les années 80», a déclaré à la BBC le ministre de l'Intérieur de ce pays, Aboubakr al-Qirbi. Toutefois, aucun traité d'extradition ne lie le Yémen et la Grande-Bretagne.

Abou Hamza avait été déchu de sa nationalité britannique en 2003 pour son soutien présumé au «terrorisme».

Hamza nie tout lien officiel avec la nébuleuse islamiste al-Qaïda, responsable des attentats antiaméricains du 11 septembre 2001. Au lendemain de cette action, l'imam de Finsbury Park s'était ouvertement réjoui de ces attentats suicide.

Il est le premier ressortissant britannique déchu de sa nationalité en vertu du durcissement de la législation contre les immigrés dont les paroles ou les actes sont jugés susceptibles de nuire gravement aux intérêts du royaume.

Mosquée fermée

La mosquée de Finsbury Park, dans le nord de Londres, avait été fermée à la suite de perquisitions menées par la police antiterroriste en 2003.

Abou Hamza, surnommé «Capitaine Crochet» par les tabloïds britanniques en raison de sa main droite amputée — officiellement en Afghanistan lors de la guerre contre l'occupant soviétique — et de son oeil de verre, avait continué à prêcher à l'extérieur de l'édifice.

Cet homme, dont le fils a été emprisonné au Yémen pour terrorisme, est au centre de plusieurs polémiques depuis des années.

Après son installation en Grande-Bretagne, où il a travaillé comme videur dans plusieurs boîtes de nuit de Londres, il se rend en Afghanistan dans les années 80 pour participer à la guerre des moudjahidines contre l'Armée rouge.

Réactions mitigées

Dans les années 90, il retourne en Grande-Bretagne pour délivrer des prêches au vitriol dans les mosquées de Londres.

Son arrestation a provoqué des réactions mitigées dans la communauté musulmane de Grande-Bretagne, forte de deux millions de fidèles.

«C'est un personnage très controversé au sein de notre communauté, qui est généralement peu apprécié en raison de ses propos majoritairement odieux», a commenté Inayat Bunglawala, porte-parole du Conseil des musulmans de la Grande-Bretagne, qui regroupe la grande majorité des musulmans du royaume.

Mais ce responsable a ajouté: «Il y a eu trop d'arrestations de musulmans depuis le 11 septembre 2001 pour des motifs spécieux. Bon nombre d'entre eux ont tout simplement été relâchés une semaine plus tard.»

En revanche, Massoud Shadjareh, président de la Commission islamique des droits de l'homme, a fait part de son inquiétude. «Nous sommes très préoccupés d'une possible extradition [d'Abou Hamza] aux États-Unis au moment même où les procédures normales étaient mises à mal ici», a-t-il dit.






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