Pakistan - L'assassin du journaliste Daniel Pearl est condamné à mort
Photo : Agence Reuters
Le procureur général Raja Qureshi a annoncé la sentence hier.
Hyderabad — Ahmed Omar Saïd Cheikh, alias Cheikh Omar, militant islamiste d'origine britannique, a été condamné à mort hier pour l'enlèvement et le meurtre du journaliste américain Daniel Pearl.
Ses trois complices, Fahad Naseem, Salman Saqib et Cheikh Adil, ont été condamnés à la prison à vie par le juge Achraf Ali Chah, a-t-on appris de source judiciaire.
Ils sont accusés d'avoir agi sur ordre de Cheikh Omar. Inculpé aux États-Unis, ce dernier risquait d'être extradé en cas d'acquittement.
«L'administration [américaine] accueille avec bienveillance le verdict du Pakistan dans cette affaire. Daniel Pearl a été brutalement exécuté et la justice pakistanaise a désormais tranché. C'est un nouvel exemple de la lutte du Pakistan contre la terreur», a déclaré Ari Fleisher, porte-parole de la Maison-Blanche.
«Nous, parents, épouse et soeurs de Daniel Pearl, sommes reconnaissants des efforts des autorités pakistanaises et américaines faits pour traduire en justice les coupables de l'enlèvement et du meurtre de Danny», a réagi la famille du journaliste dans le site Web de la fondation Daniel Pearl. «Le verdict d'aujourd'hui est le premier chapitre d'un processus. Nous espérons et croyons que la recherche des ravisseurs et meurtriers encore en liberté va continuer, afin que tous les complices de ce crime impensable soient traduits en justice.»
Les quatre accusés, qui plaidaient non-coupables, ont écouté dans le
calme l'énoncé du verdict.
Selon le procureur général Raja Qureshi, ils sont également condamnés à verser chacun un demi-million de roupies (8350 $), à quoi vient s'ajouter une amende collective de deux millions de roupies (33 400 $).
Une «guerre»de religion
Cet argent est destiné à être versé à la veuve de Daniel Pearl, Mariane. Enceinte au moment de la disparition de son mari, cette dernière a donné naissance à un fils le 28 mai dernier à Paris.
Daniel Pearl a disparu à Karachi, au Pakistan, le 23 janvier, alors qu'il enquêtait sur les liens entre le réseau al-Qaïda d'Oussama ben Laden et Richard Reid, le Britannique qui avait tenté le 22 décembre dernier de faire exploser ses chaussures piégées lors d'un vol Paris-Miami d'American Airlines.
Le corps de Pearl n'a jamais été retrouvé, mais une cassette vidéo montrant son exécution avait été envoyée au consulat des États-Unis à Karachi.
Dans un message transmis à la presse via son avocat, Cheikh Omar a réagi à sa condamnation par des menaces, affirmant que «celui qui veut me tuer me tuera ou sera lui-même tué».
Les condamnés à mort sont en général exécutés par pendaison au Pakistan. Cela n'intervient toutefois qu'en tout dernier ressort, une fois tous les recours en justice épuisés, et une condamnation à mort se transforme souvent en peine de prison de 25 ans au maximum.
«Comme je l'ai dit auparavant, l'ensemble [de ce procès] est une perte de temps. Je me suis battu [...] simplement pour faire plaisir à mon père. C'est une guerre décisive entre l'islam et les infidèles, et chacun prouve individuellement de quel côté il se trouve», a ajouté Cheikh Omar, qui est âgé de 28 ans.
Né dans une famille de négociants en vêtements, Cheikh Omar a rejoint les mouvements fondamentalistes musulmans après avoir abandonné en 1993 ses études d'économie à l'université de Londres. Présenté comme un élève modèle et sans histoire, il avait fait partie de l'équipe représentant la Grande-Bretagne aux Championnats du monde de bras de fer à Genève.
Marqué par les atrocités commises contre les musulmans dans les Balkans, Cheikh Omar a reçu un entraînement spécial en Afghanistan et au Pakistan, promettant de consacrer sa vie à la défense de la cause islamique.
Arrêté en Inde en 1994 pour l'enlèvement de quatre touristes étrangers, il a été libéré en 1999 peu avant son procès dans le cadre d'un échange après le détournement d'un avion d'une compagnie indienne vers Kandahar, en Afghanistan.
L'accusation a indiqué avoir remarqué des similitudes entre les enlèvements des touristes en Inde et celui de Daniel Pearl.
Ses trois complices, Fahad Naseem, Salman Saqib et Cheikh Adil, ont été condamnés à la prison à vie par le juge Achraf Ali Chah, a-t-on appris de source judiciaire.
Ils sont accusés d'avoir agi sur ordre de Cheikh Omar. Inculpé aux États-Unis, ce dernier risquait d'être extradé en cas d'acquittement.
«L'administration [américaine] accueille avec bienveillance le verdict du Pakistan dans cette affaire. Daniel Pearl a été brutalement exécuté et la justice pakistanaise a désormais tranché. C'est un nouvel exemple de la lutte du Pakistan contre la terreur», a déclaré Ari Fleisher, porte-parole de la Maison-Blanche.
«Nous, parents, épouse et soeurs de Daniel Pearl, sommes reconnaissants des efforts des autorités pakistanaises et américaines faits pour traduire en justice les coupables de l'enlèvement et du meurtre de Danny», a réagi la famille du journaliste dans le site Web de la fondation Daniel Pearl. «Le verdict d'aujourd'hui est le premier chapitre d'un processus. Nous espérons et croyons que la recherche des ravisseurs et meurtriers encore en liberté va continuer, afin que tous les complices de ce crime impensable soient traduits en justice.»
Les quatre accusés, qui plaidaient non-coupables, ont écouté dans le
calme l'énoncé du verdict.
Selon le procureur général Raja Qureshi, ils sont également condamnés à verser chacun un demi-million de roupies (8350 $), à quoi vient s'ajouter une amende collective de deux millions de roupies (33 400 $).
Une «guerre»de religion
Cet argent est destiné à être versé à la veuve de Daniel Pearl, Mariane. Enceinte au moment de la disparition de son mari, cette dernière a donné naissance à un fils le 28 mai dernier à Paris.
Daniel Pearl a disparu à Karachi, au Pakistan, le 23 janvier, alors qu'il enquêtait sur les liens entre le réseau al-Qaïda d'Oussama ben Laden et Richard Reid, le Britannique qui avait tenté le 22 décembre dernier de faire exploser ses chaussures piégées lors d'un vol Paris-Miami d'American Airlines.
Le corps de Pearl n'a jamais été retrouvé, mais une cassette vidéo montrant son exécution avait été envoyée au consulat des États-Unis à Karachi.
Dans un message transmis à la presse via son avocat, Cheikh Omar a réagi à sa condamnation par des menaces, affirmant que «celui qui veut me tuer me tuera ou sera lui-même tué».
Les condamnés à mort sont en général exécutés par pendaison au Pakistan. Cela n'intervient toutefois qu'en tout dernier ressort, une fois tous les recours en justice épuisés, et une condamnation à mort se transforme souvent en peine de prison de 25 ans au maximum.
«Comme je l'ai dit auparavant, l'ensemble [de ce procès] est une perte de temps. Je me suis battu [...] simplement pour faire plaisir à mon père. C'est une guerre décisive entre l'islam et les infidèles, et chacun prouve individuellement de quel côté il se trouve», a ajouté Cheikh Omar, qui est âgé de 28 ans.
Né dans une famille de négociants en vêtements, Cheikh Omar a rejoint les mouvements fondamentalistes musulmans après avoir abandonné en 1993 ses études d'économie à l'université de Londres. Présenté comme un élève modèle et sans histoire, il avait fait partie de l'équipe représentant la Grande-Bretagne aux Championnats du monde de bras de fer à Genève.
Marqué par les atrocités commises contre les musulmans dans les Balkans, Cheikh Omar a reçu un entraînement spécial en Afghanistan et au Pakistan, promettant de consacrer sa vie à la défense de la cause islamique.
Arrêté en Inde en 1994 pour l'enlèvement de quatre touristes étrangers, il a été libéré en 1999 peu avant son procès dans le cadre d'un échange après le détournement d'un avion d'une compagnie indienne vers Kandahar, en Afghanistan.
L'accusation a indiqué avoir remarqué des similitudes entre les enlèvements des touristes en Inde et celui de Daniel Pearl.
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