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Les colons se mobilisent pour faire échec à Sharon

1 mai 2004  International
Colonie de Gadid — Ariel Porat montre fièrement des laitues dont l'emballage transparent proclame en grosses lettres: «Contre la séparation»: dans leur bataille contre Ariel Sharon, les colons de la bande de Gaza utilisent même les légumes qui ont fait leur réputation.

La décision de M. Sharon de soumettre dimanche son «plan de séparation» (dont la composante principale est une évacuation unilatérale de la bande de Gaza et de ses 21 colonies) à près de 200 000 membres de son parti, le Likoud, a entraîné une formidable mobilisation de tous les colons. Leur campagne semble avoir porté ses fruits, si l'on en juge par les sondages publiés jeudi et hier, qui laissent tous présager une défaite de M. Sharon. Près de 8000 colons juifs vivent sous la protection de l'armée israélienne dans la bande de Gaza, entourés par près d'un million et demi de Palestiniens.

M. Porat, 43 ans, un agriculteur et pépiniériste qui vit depuis 19 ans à Gadid, est convaincu que le NON l'emportera. Pas à cause des sondages, mais sur la base du forcing exercé par les colons.

Car ceux-ci ont mené ces dernières semaines une impressionnante campagne de porte-à-porte, rendant visite un par un à la quasi-totalité des quelque 193 000 membres du Likoud appelés à voter. Et dimanche, «pour chaque votant, il y aura cinq voitures qui l'attendront» pour l'emmener au bureau de vote, souligne M. Porat, lui-même membre du Likoud depuis une quinzaine d'années.

Tous les jours, sauf le vendredi bien sûr, les résidents du Goush, leur journée de travail terminée, quittent la bande de Gaza par le point de passage de Kissoufim pour se rendre dans une ville du sud d'Israël qui leur a été assignée par le Conseil des implantations de Judée-Samarie (Cisjordanie) et Gaza.

Ils ont avec eux une carte de la ville en question et une liste des personnes à visiter. Rares sont ceux qui refusent de les recevoir, dit Joel Friedman, un résident de la colonie de Kfar Darom, assurant que «la majorité des personnes que j'ai rencontrées n'étaient pas pour» le plan Sharon. Pas question, en tout cas, de s'attaquer à M. Sharon. Au contraire. «On t'aime, Sharon. Mais on vote contre», proclame l'un des slogans les plus répandus.






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