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Sharon ne voit «aucune possibilité» de faire revivre la «feuille de route»

28 avril 2004  International
M. Sharon a assisté hier, à Jérusalem, à une cérémonie commémorant l'indépendance de l'État d'Israël.
Photo : Agence Reuters
M. Sharon a assisté hier, à Jérusalem, à une cérémonie commémorant l'indépendance de l'État d'Israël.
Jérusalem — Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a affirmé hier qu'il n'y avait «aucune possibilité» d'avancer dans l'application de la «feuille de route», le dernier plan de paix international.

«J'aurais préféré négocier pour parvenir à un accord [avec les Palestiniens] mais je suis parvenu il y a plusieurs mois à la conclusion qu'il n'y avait aucune possibilité d'avancer sur la feuille de route car les Palestiniens ne respectent pas leurs engagements», a déclaré M. Sharon dans une interview hier à la deuxième chaîne de télévision israélienne.

Il a affirmé avoir décidé d'appliquer son plan de séparation unilatérale d'avec les Palestiniens après être parvenu à cette conclusion.

La «feuille de route», élaborée par le quartette international sur le Proche-Orient (États-Unis, UE, ONU, Russie), prévoit la création d'un État palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza d'ici 2005.

Dans l'interview réalisée à l'occasion du 56e anniversaire de la création de l'État d'Israël, M. Sharon s'est dit persuadé que son plan serait approuvé par les membres de base de son parti, le Likoud, lors du référendum prévu le 2 mai, tout en mettant en garde contre les conséquences de son rejet.

Confiance dans le plan de séparation

«Je pense que les membres du Likoud, qui comme tous les Israéliens veulent la paix, vont appuyer le plan de séparation. Je ne veux pas imaginer un seul instant ce qui se passera si ce plan ne passe pas. Cela sera une grande victoire pour Yasser Arafat [le dirigeant palestinien] et pour le [mouvement radical palestinien] Hamas et portera atteinte à nos relations avec les États-Unis après les assurances qu'ils ont données.»

Lors d'une rencontre avec M. Sharon à la Maison-Blanche, le président américain George W. Bush avait apporté son soutien sans réserve au plan du premier ministre israélien, qui prévoit un retrait de la bande de Gaza et le maintien des blocs de colonies en Cisjordanie.

M. Bush avait également appelé au retour de réfugiés palestiniens dans un futur État palestinien et non pas sur les terres dont ils avaient été chassés à la création de l'État juif.

Les déclarations de M. Bush, qui ont marqué un revirement spectaculaire de la politique américaine au Proche-Orient, ont été vivement dénoncées par l'Autorité palestinienne de Yasser Arafat, qui affirme que le plan de M. Sharon empêchera la création d'un État palestinien.

Dans des extraits diffusés vendredi de cette même interview, M. Sharon avait de nouveau menacé de s'en prendre à la vie de M. Arafat, affirmant que celui-ci ne disposait plus d'aucune «immunité».

Des responsables palestiniens ont affirmé qu'ils comptaient sur la prochaine réunion du Quartette pour contrebalancer le soutien des États-Unis au plan de M. Sharon.

Les émissaires au Proche-Orient des membres du quartette doivent se réunir vendredi afin de préparer une nouvelle rencontre des Quatre, le 4 mai, au niveau ministériel.

«Cette réunion est capitale et va décider de l'avenir du processus de paix au Proche-Orient», a déclaré le ministre palestinien chargé des négociations, Saëb Erakat.






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