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Présidentielle sans surprise demain en Russie

N/A ZZZN/A   13 mars 2004  International
Moscou — Vladimir Poutine paraît assuré d'être réélu demain pour un second et théoriquement dernier mandat à la tête de la Russie face à cinq adversaires qui font de la figuration. La seule incertitude du scrutin réside en fait dans le taux d'abstention: une faible participation constituerait un revers pour le chef du Kremlin.

En outre, elle doit atteindre au moins la moitié des électeurs inscrits pour que le scrutin soit valide.

Les jeux sont à ce point faits que certains n'hésitent pas à évoquer une course hippique avec un seul cheval où, dans le meilleur des cas, la répétition générale de la présidentielle de 2008. Les jeux devraient alors être plus ouverts puisque M. Poutine n'est pas censé se représenter, sauf amendement constitutionnel auquel il se dit opposé. À moins d'une amicale pression des députés à la Douma pour changer la Constitution... Le Parlement est en effet sous le contrôle absolu du Kremlin depuis les élections législatives de décembre et le tout nouveau gouvernement ne compte plus de personnalités susceptibles de s'opposer au chef de l'État.

Le système Poutine est bien en place alors qu'il y a seulement cinq ans, M. Poutine était totalement inconnu en dehors de Saint-Pétersbourg. Il s'agit d'un système dans lequel les membres et anciens membres des services secrets ou des ministères dit «de force» (Défense, Intérieur) jouent un rôle prépondérant.

Dans une allocution télévisée jeudi, Vladimir Poutine a déclaré à ses concitoyens: «Chacune de vos voix a une énorme importance» — ce dont peu de Russes semblent convaincus.

M. Poutine est crédité régulièrement d'un taux de 70 % d'opinions favorables au minimum et aucun de ceux qui prétendent rivaliser avec lui dans les urnes ne devrait atteindre les 10 % des voix.

Face à l'absence de challenger crédible, ce scrutin pourrait apparaître comme un test de popularité grandeur nature. «Dit simplement, ce qui se passe est un plébiscite sur la confiance envers Poutine», estime Mark Ournov, président de la Fondation Expertise, un cercle de réflexion moscovite.

Simple formalité

Vladimir Poutine lui-même semble certain de l'emporter. En intronisant le nouveau gouvernement cette semaine, il a noté que celui-ci devrait présenter sa démission après le scrutin, comme l'exige la Constitution, mais qu'il s'agissait d'une simple formalité et que le gouvernement continuerait à travailler.

Les critiques de Poutine reprennent l'expression en notant, eux, que c'est la démocratie qui est devenue une formalité en Russie. De l'absence de choix sous le communisme, on est passé à une «démocratie dirigée» organisée depuis le Kremlin pour légitimer le statu quo. Une démocratie qui n'aurait que l'apparence de la démocratie.

Déjà les législatives de décembre avaient donné lieu à une utilisation systématique des médias publics pour mettre en avant le parti du Kremlin, Russie unie.

Vladimir Poutine n'a même pas eu à faire campagne, ni même à dire: «Votez pour moi.» Il s'est contenté de poursuivre ses activités de président, relatées quotidiennement par la télévision. Au point où l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a estimé que les médias publics avaient fait preuve d'un «favoritisme évident» pour Poutine.

Il est vrai qu'il ressort des échanges avec les citoyens ordinaires que l'homme est populaire, étant crédité de la stabilité qu'a connue la Russie sous sa férule après le désordre, pour ne pas dire le chaos qui régnait sous ses prédécesseurs, Mikhaïl Gorbatchev et Boris Eltsine.

Une popularité qui fait crain-dre au Kremlin que nombre d'électeurs ne prennent même pas la peine d'aller voter. Comme du temps de l'Union soviétique, des incitations ont été prévues autour des bureaux de vote: musique, petits gâteaux et même places de concert gratuites. L'Église orthodoxe s'est même mise de la partie hier en appelant la population à voter.

Pour une fois, la télévision a même montré trois candidats appelant à accomplir son devoir électoral. Certains opposants ont en effet appelé à boycotter ce scrutin joué d'avance, mais ils ont été contrecarrés par la campagne de la seule femme candidate, Irina Khakamada, qui s'efforce d'incarner le vote démocrate anti-Poutine.

Les autres options pour les électeurs qui ne seraient pas favorables au président sortant sont essentiellement le nationaliste Sergueï Glaziev et le communiste Nikolaï Kharitonov.

Tous trois ont appelé leurs militants à unir leurs efforts demain pour surveiller le scrutin.






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