Washington accusé d'avoir maquillé la vérité
9 janvier 2004
International
Washington — L'administration américaine est de nouveau placée sur la sellette avec plusieurs rapports ou informations de presse mettant en question l'argument des armes de destruction massive (ADM), toujours introuvables, pour entrer en guerre en Irak. Un influent centre d'études internationales de Washington, la fondation Carnegie, a publié hier un rapport sans concessions passant au crible les déclarations faites avant la guerre, accusant les responsables américains d'avoir déformé et exagéré la menace pour justifier le conflit.
«Les responsables de l'administration ont systématiquement présenté de manière inexacte la menace posée par des programmes d'armes de destruction massive et des missiles balistiques irakiens», conclut l'étude d'une centaine de pages de ce centre indépendant, réputé proche du centre-gauche.
Le rapport, qui a demandé six mois de travail, accuse également l'administration du président George W. Bush d'avoir délibérément ignoré les voix n'allant pas dans le sens désiré.
Les dirigeants américains ont «régulièrement écarté dans leurs déclarations publiques les mises en garde, les probabilités et les expressions d'incertitude contenues dans les évaluations du renseignement».
«Les programmes d'armes de destruction massive de l'Irak représentaient une menace à long terme qui ne pouvait être ignorée. Ils ne posaient toutefois pas une menace immédiate pour les États-Unis, la région ou la sécurité mondiale», ajoute le rapport, balayant l'argument selon lequel un renversement du régime de Saddam Hussein ne pouvait attendre.
La presse américaine a elle aussi fait de gros titres sur ce sujet.
Le Washington Post a fait sensation hier en barrant sa une avec le titre suivant: «L'arsenal irakien n'existait que sur le papier». Suivait, sur deux pleines pages, une longue enquête menée notamment auprès de scientifiques irakiens. Il en ressort, écrivait le Post, «qu'au-delà de ses ambitions, l'Irak ne disposait pas des moyens nécessaires pour produire un arsenal interdit de la même ampleur qu'avant la guerre du Golfe, en 1991».
Le New York Times, de son côté, a indiqué hier que 400 techniciens d'une équipe américaine spécialisée dans la recherche de dépôts d'armes et de sites de lanceurs de missile, qui auraient pu être utilisés avec des armes interdites, avaient été retirés d'Irak.
Le journal estime qu'il pourrait s'agir d'un signe supplémentaire que Washington n'a plus grand espoir de trouver des armements prohibés. Il rappelle toutefois qu'une autre équipe à la recherche d'armes chimiques et biologiques est toujours en Irak, composante du groupe de 1400 techniciens du Groupe d'inspection en Irak (ISG) qui mène ses recherches d'ADM depuis la chute de Saddam Hussein.
L'administration Bush a depuis plusieurs mois mis une sourdine à ses accusations sur les armes interdites irakiennes, préférant désormais justifier la guerre par la chute d'un régime tyrannique et les perspectives de démocratisation de l'Irak et du Proche-Orient.
Le secrétaire d'État Colin Powell, qui s'était rendu le 5 février 2003 à l'ONU pour démontrer l'urgence d'agir contre l'Irak, a dû une nouvelle fois se justifier. «J'ai présenté de la manière la plus équilibrée que j'ai pu les vues de la communauté du renseignement américain [...] en reconnaissant certaines des inconnues», a-t-il assuré mercredi soir sur la chaîne de télévision ABC.
Le refus du régime irakien de donner des preuves convaincantes de ce qu'il possédait ou non n'a laissé d'autre choix aux Américains que d'aller vérifier par eux-mêmes, a-t-il plaidé.
«Un des problèmes était que nous ne savions pas exactement les quantités qui se trouvaient là-bas. C'est pour cela que nous avons donné à Saddam Hussein une chance de nous le dire, de déclarer honnêtement ce qu'il faisait. Et il ne l'a pas fait», a-t-il déclaré.
«Les responsables de l'administration ont systématiquement présenté de manière inexacte la menace posée par des programmes d'armes de destruction massive et des missiles balistiques irakiens», conclut l'étude d'une centaine de pages de ce centre indépendant, réputé proche du centre-gauche.
Le rapport, qui a demandé six mois de travail, accuse également l'administration du président George W. Bush d'avoir délibérément ignoré les voix n'allant pas dans le sens désiré.
Les dirigeants américains ont «régulièrement écarté dans leurs déclarations publiques les mises en garde, les probabilités et les expressions d'incertitude contenues dans les évaluations du renseignement».
«Les programmes d'armes de destruction massive de l'Irak représentaient une menace à long terme qui ne pouvait être ignorée. Ils ne posaient toutefois pas une menace immédiate pour les États-Unis, la région ou la sécurité mondiale», ajoute le rapport, balayant l'argument selon lequel un renversement du régime de Saddam Hussein ne pouvait attendre.
La presse américaine a elle aussi fait de gros titres sur ce sujet.
Le Washington Post a fait sensation hier en barrant sa une avec le titre suivant: «L'arsenal irakien n'existait que sur le papier». Suivait, sur deux pleines pages, une longue enquête menée notamment auprès de scientifiques irakiens. Il en ressort, écrivait le Post, «qu'au-delà de ses ambitions, l'Irak ne disposait pas des moyens nécessaires pour produire un arsenal interdit de la même ampleur qu'avant la guerre du Golfe, en 1991».
Le New York Times, de son côté, a indiqué hier que 400 techniciens d'une équipe américaine spécialisée dans la recherche de dépôts d'armes et de sites de lanceurs de missile, qui auraient pu être utilisés avec des armes interdites, avaient été retirés d'Irak.
Le journal estime qu'il pourrait s'agir d'un signe supplémentaire que Washington n'a plus grand espoir de trouver des armements prohibés. Il rappelle toutefois qu'une autre équipe à la recherche d'armes chimiques et biologiques est toujours en Irak, composante du groupe de 1400 techniciens du Groupe d'inspection en Irak (ISG) qui mène ses recherches d'ADM depuis la chute de Saddam Hussein.
L'administration Bush a depuis plusieurs mois mis une sourdine à ses accusations sur les armes interdites irakiennes, préférant désormais justifier la guerre par la chute d'un régime tyrannique et les perspectives de démocratisation de l'Irak et du Proche-Orient.
Le secrétaire d'État Colin Powell, qui s'était rendu le 5 février 2003 à l'ONU pour démontrer l'urgence d'agir contre l'Irak, a dû une nouvelle fois se justifier. «J'ai présenté de la manière la plus équilibrée que j'ai pu les vues de la communauté du renseignement américain [...] en reconnaissant certaines des inconnues», a-t-il assuré mercredi soir sur la chaîne de télévision ABC.
Le refus du régime irakien de donner des preuves convaincantes de ce qu'il possédait ou non n'a laissé d'autre choix aux Américains que d'aller vérifier par eux-mêmes, a-t-il plaidé.
«Un des problèmes était que nous ne savions pas exactement les quantités qui se trouvaient là-bas. C'est pour cela que nous avons donné à Saddam Hussein une chance de nous le dire, de déclarer honnêtement ce qu'il faisait. Et il ne l'a pas fait», a-t-il déclaré.
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