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La communauté internationale s'inquiète pour ses ressortissants - Riyad endeuillé compte les morts

N/A ZZZN/A   10 novembre 2003  International
Sept Canadiens ont été blessés dans l'attentat suicideL'attentat suicide à la voiture piégée a fait 17 morts, dont cinq enfants, et plus de 100 blessés à Riyad samedi soir, dans une résidence d'étrangers logeant principalement des Libanais. L'attentat, survenu six mois après les attentats sanglants de mai, a été imputé hier à al-Qaïda.

Riyad — La communauté internationale a exprimé son indignation à la suite de l'attentat de samedi soir à l'ouest de Riyad, tandis que plusieurs pays occidentaux, dont le Canada, ont appelé leurs ressortissants en Arabie saoudite à la prudence.

Le complexe attaqué, qui comportait 200 logements occupés aussi par quelques familles françaises, italiennes, allemandes et saoudiennes, est situé près des principaux palais royaux, à 5 km d'une entrée du quartier diplomatique. Malgré l'heure tardive de l'attaque, samedi vers minuit, les rues étaient très fréquentées, les musulmans fêtant le rupture du jeûne imposé entre le lever et le coucher du soleil pendant le mois du Ramadan. D'après les autorités saoudiennes, les terroristes ont d'abord provoqué une fusillade avec les gardes de la résidence, puis il y a eu trois explosions. Des diplomates ont effectivement entendu une grosse déflagration suivie de deux autres moins importantes à 15 secondes d'intervalle.

Au nombre des 17 morts figurent sept Libanais, quatre Égyptiens, un Saoudien et un Soudanais. On n'a pas encore déterminé les nationalités des quatre autres personnes tuées.

La France a condamné «avec la plus grande fermeté l'odieux attentat» et a «réaffirmé son entière détermination à poursuivre la coopération engagée, avec l'ensemble de la communauté internationale, dans la lutte contre le terrorisme».

Le ministre des Affaires étrangères britannique Jack Straw a qualifié l'attentat d'acte d'«abominable barbarie». «Ces meurtriers ont montré un mépris absolu pour l'islam et les peuples de toutes les nations», a-t-il dit. Réactions non moins indignées en provenance de Berlin, Moscou et Tokyo.

Les États-Unis, dont plusieurs ressortissants ont été légèrement blessés dans l'attentat, ont ordonné à leur personnel diplomatique en poste en Arabie saoudite, ainsi qu'à leurs familles, de rester chez eux et de ne pas quitter le quartier de Riyad où sont situées les ambassades.

Le Canada, dont sept ressortissants ont été blessés dans l'attentat, a également «conseillé aux Canadiens de ne pas se rendre en Arabie saoudite sauf pour des raisons professionnelles ou familiales impératives».

«D'après les derniers renseignements de notre corps diplomatique à Ryad, il y aurait sept Canadiens hospitalisés. Deux d'entre eux auraient déjà reçu leur congé de l'hôpital», a précisé le porte-parole André Lemay. «Nous ne connaissons pas leur identité, et nous ne savons pas s'ils sont d'origine arabe.

Les ministères espagnol et allemand des Affaires étrangères ont également déconseillé les voyages en Arabie saoudite et appelé leurs expatriés à se montrer très prudents.

Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a «condamné ces actes terroristes et criminels qui n'ont pour objectif que de déstabiliser [...] terrifier les innocents et les tuer».

Frappé au coeur de l'économie

Selon un responsable du ministère saoudien de l'Intérieur ayant demandé l'anonymat, il s'agit d'un attentat suicide à la voiture piégée — peut-être un véhicule de la police, selon des témoins — similaire à ceux du 12 mai, qui avaient tué 26 personnes, plus neuf des assaillants.

Ces actions avaient été imputées au réseau al-Qaïda, déjà désigné dans les attentats du 11 septembre 2001. Depuis, sous la pression de Washington qui souligne que 15 des 19 pirates de l'air du 11 septembre étaient saoudiens, les autorités du royaume ont arrêté des centaines de terroristes présumés dans des raids souvent meurtriers. Jusqu'à présent, Riyad avait ménagé les extrémistes religieux, étant donné les relations étroites entre la famille royale et le wahhabisme, qui prône un islam fondamentaliste.

En s'en prenant à des résidences d'étrangers, les terroristes frappent le coeur de l'économie saoudienne. Six millions d'étrangers travaillent en effet dans le royaume, dont 35 000 Américains et 30 000 Britanniques. Les secteurs du pétrole, de la sécurité et de la santé dépendent de ces expatriés.

Les attentats surviennent aussi au moment où le royaume tente de faire passer des réformes sociales et judiciaires bloquées depuis des années et qui risquent de réduire le pouvoir des islamistes radicaux.






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