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Qui a commis les attentats en Irak?

28 octobre 2003  International
Washington — Deux responsables de l'armée américaine ont eu hier des propos contradictoires sur l'origine des récents attentats commis en Irak, le premier écartant la thèse d'une responsabilité première étrangère, le second accusant des combattants étrangers d'être à l'origine des attaques.

Les étrangers représentent seulement «un faible, un très faible pourcentage» des résistants en Irak, a déclaré à des journalistes à Washington le général Raymond Odierno, commandant de la 4e division d'infanterie de l'armée de Terre américaine. Il s'exprimait par vidéo-conférence de son quartier-général de Tikrit, fief de l'ancien président Saddam Hussein, à 180 km au nord de Bagdad. «Mon sentiment est que ces attentats ont été commis par d'anciens loyalistes à Saddam Hussein peut-être avec une petite coopération de personnes non originaires d'Irak», a-t-il ajouté.

«Les Irakiens n'aiment pas que des gens d'autres pays touchent aux affaires irakiennes, a poursuivi l'officier. Ils n'aiment pas les Iraniens ici, ils n'aiment pas les Syriens, ils ne veulent qu'une implication de leurs propres ressortissants.»

Plus tôt, un autre responsable de l'armée américaine, également basé à Bagdad, avait au contraire mis de son côté en avant la probabilité d'une intervention de combattants étrangers dans cinq attentats suicide quasi simultanés ayant causé hier la mort de 42 personnes et en blessant plus de 200.

«Des informations montrent que ces attaques semblent être l'oeuvre de combattants étrangers. Ces attaques ne sont pas similaires à ce que nous avons vu des loyalistes de l'ancien régime», a déclaré lors d'une conférence de presse le général Mark Hertling, l'un des adjoints du commandant de la 1re division blindé américaine, chargé de la logistique.

«La situation est plus sécurisée qu'avant et elle évolue dans le bon sens, a-t-il ajouté. Ce ne sont pas des attaques significatives. Je pense qu'il s'agit de travail d'amateurs.»

«Dire qu'il y a une synchronisation, juste parce que les attaques ont eu lieu à la même heure, ne me paraît pas probant», a-t-il précisé.

Le général Odierno, dont la zone de couverture au nord de Bagdad est restée relativement calme jusqu'ici, a souligné pour sa part «n'avoir pas vu de large influence de combattants étrangers jusqu'à présent». «Nous n'avons pas eu d'informations faisant état d'une coordination entre des combattants étrangers et des partisans de l'ancien régime», a-t-il indiqué.

Le responsable militaire n'a toutefois pas exclu que son secteur soit à son tour la cible d'attentats similaires à ceux qui se sont produits dans la capitale irakienne.

«Cela pourrait être la prochaine étape, a-t-il dit, en estimant que ceux qui sont responsables de ces attentats, «veulent attirer le plus possible l'attention de l'opinion publique, car ils sont de plus en plus aux abois. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils s'en prennent à des cibles vulnérables.»

Selon ce général, Saddam Hussein se déplace constamment dans la zone qu'il a à couvrir. Mais il n'y a pas d'indications qu'il a dirigé les attentats, a-t-il précisé.






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