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Le «mur» hante le voyage d'Ariel Sharon à Washington

N/A ZZZN/A   29 juillet 2003  International
Washington — Avec la promesse de libérer 540 détenus palestiniens, le premier ministre israélien Ariel Sharon espère pouvoir apaiser les craintes américaines sur le «mur» de protection construit par l'État hébreu en Cisjordanie.

Dans les territoires palestiniens, des manifestations ont eu lieu hier pour protester contre la construction de cette ligne de défense, qui se présente tantôt comme un mur de béton, tantôt comme une clôture électronique, et pour demander la libération de l'ensemble des quelque 6000 prisonniers palestiniens.

Sharon, qui est arrivé dimanche soir aux États-Unis et qui rencontrera aujourd'hui le président américain à la Maison-Blanche pour évoquer l'avancée de la «feuille de route» pour la paix, explique que cette ligne de protection a pour objectif d'éviter que des kamikazes palestiniens ne puissent atteindre des villes israéliennes.

Les Palestiniens craignent pour leur part que cette séparation n'empiète sur leurs territoires de Cisjordanie et ne serve en réalité à fixer de facto les frontières d'un futur État palestinien. Bush a fait part de son inquiétude quant à ce projet, qu'il a qualifié de «problème» après sa rencontre vendredi à la Maison-Blanche avec le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas.

Selon des témoins, les forces israéliennes ont fait au moins cinq blessés hier en tirant des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser des activistes pro-palestiniens opposés à l'édification de ce «mur». Les soldats ont ouvert le feu sur une foule d'environ 300 manifestants (30 Israéliens, environ 200 Palestiniens et une cinquantaine d'étrangers) qui s'étaient rassemblés de part et d'autre de la clôture et avaient tenté d'y percer une brèche.

La visite de Sharon à la Maison-Blanche sera la huitième, mais celle-ci intervient juste après celle d'Abbas qui a consolidé sa position aux yeux de Washington qui voit en lui un dirigeant modéré, résolu à mettre un terme à presque trois ans d'intifada.

Sharon se présente cependant à Washington après avoir adopté une série de mesures à même de restaurer la confiance entre les deux parties. Israël a ainsi démantelé dimanche deux importants barrages routiers près de Ramallah et d'Hébron fermés depuis le début de la deuxième intifada en septembre 2000. L'armée a également délivré 5000 permis de travail en Israël à des Palestiniens et a autorisé la reprise des services de transport en commun entre les villes de Naplouse et Djénine en Cisjordanie.

Surtout, le gouvernement a accepté dimanche la libération de 540 prisonniers palestiniens, parmi lesquels 210 membres de mouvements extrémistes et 210 prisonniers liés au Fatah de Yasser Arafat.

C'est la première fois qu'Israël donne des chiffres précis sur ces libérations prévues de prisonniers qui doivent permettre de renforcer la «feuille de route» et d'aider Abbas à trouver le soutien populaire nécessaire à sa mise en oeuvre.

Le premier ministre israélien s'était jusqu'alors montré réticent à libérer des activistes palestiniens mais souhaite aider Abbas, soumis à la pression de mouvements extrémistes tels que le Hamas ou le Djihad islamique, desquels il a obtenu le mois dernier une trêve de trois mois des attaques contre Israël.

Aucun des prisonniers qui doivent être libérés n'a été impliqué dans des attaques contre des Israéliens, ont néanmoins précisé des responsables. Les libérations «devraient intervenir dans la semaine qui vient», a déclaré dimanche un haut responsable israélien accompagnant Sharon à Washington.

«C'est une mesure positive prise par le gouvernement israélien et nous espérons assister aux libérations de davantage de groupes de Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes», a réagi dimanche le ministre palestinien de l'Information Nabil Amr.

Mais le Hamas et le Djihad islamique réclament la libération de tous les prisonniers. «Si le gouvernement ne libère pas tous les prisonniers palestiniens, je pense que la trêve s'effondrera», a ainsi déclaré Mohammed al-Hindi, dirigeant du Djihad islamique.






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