Guerre totale entre Israël et le Hamas
13 juin 2003
International
Jérusalem - C'est la guerre à outrance, désormais, entre Israël et le Hamas. Les représailles répondent aux ripostes: hier, en début d'après-midi, des hélicoptères israéliens ont tiré plusieurs missiles sur le véhicule de Yasser Taha, l'un des responsable des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, dans le quartier de Cheikh Radwane, au nord de la ville de Gaza. Il a trouvé la mort, ainsi que son épouse et ses deux filles de cinq et trois ans; trois autres personnes ont été tuées, 40 passants blessés. C'est la troisième attaque aux missiles en 24 heures sur Gaza, après l'attentat suicide de Jérusalem, mercredi, qui a fait 16 morts et près d'une centaine de blessés. Son auteur, un lycéen de 18 ans de Hébron, affirmait dans un vidéo sa volonté de venger l'attaque, mardi, contre Abdelaziz al-Rantissi, l'un des chefs du Hamas. Ce qui contredit l'hypothèse selon laquelle l'attentat était programmé avant la tentative d'assassinat de Rantissi. Un peu avant le raid de Gaza, des tirs de roquettes artisanales de type Qassam se sont abattus près de colonies au nord de Gaza, puis à l'ouest de Rafah, en territoire israélien, sans faire de dégâts.
Désormais, l'armée israélienne a les mains libres. Shaul Mofaz, ministre de la Défense, lui a demandé de «lutter contre le terrorisme et le Hamas, par tous les moyens». Hier, au cours de la réunion du cabinet israélien, Ariel Sharon a réitéré sa volonté de «ne pas renoncer aux opérations contre les terroristes jusqu'à ce que les instances de l'Autorité palestinienne agissent». À ses yeux, les dirigeants de l'Autorité palestinienne ne sont que «des pleurnichards, qui laissent le terrorisme se déchaîner». Quant au premier ministre palestinien Mahmoud Abbas, il n'est encore qu'un «poussin qui n'a pas encore ses plumes», et Israël doit l'aider à combattre le terrorisme jusqu'à ce que «le plumage lui pousse»... Pour le chef d'état-major, le général Moshé Yaalon, «les Palestiniens affirment qu'ils sont trop faibles pour lutter contre le terrorisme, ce qui est faux car ils ont empêché des attentats durant le sommet d'Aqaba».
De son côté, le Hamas entend poursuivre ses attentats et rendre coup pour coup: «L'attentat de Jérusalem n'est que le début d'une série d'actions de représailles lors desquelles nous prendrons pour cible tout sioniste occupant notre terre», a-t-il déclaré en invitant «tous les ressortissants étrangers à quitter l'entité sioniste immédiatement pour sauvegarder leurs vies». Par ailleurs, il appelle tous ses dirigeants et ses cadres, «partout où ils se trouvent, à la mobilisation, à la vigilance et à prendre toutes les mesures et précautions nécessaires». Le Hamas affirme qu'il «inculquera à l'ennemi criminel de nouvelles leçons douloureuses» et que «la bande de Gaza se transformera, si l'ennemi l'envahit, en tombeau pour les envahisseurs».
Dans la journée, un automobiliste israélien a été tué par des tirs palestiniens en Cisjordanie, tandis que le bilan de l'attentat de Jérusalem la veille s'alourdissait passant à 18 morts dont le kamikaze.
A la nuit tombée, les forces israéliennes ont tué deux militants du jihad islamique qui avaient sorti leurs armes au moment où des soldats venaient les arrêter à Jénine en Cisjordanie, selon l'armée israélienne. D'après des témoins, les forces spéciales sont entrées dans la ville et ouvert le feu sur les deux hommes.
Nouvelle étape
En deux jours, 39 Israéliens et Palestiniens ont été tués et plus de 130 blessés. Une flambée de violence qui laisse craindre qu'une nouvelle étape n'ait été franchie, 32 mois après le début de la nouvelle Intifada, ouvrant la voie à un affrontement sans merci entre Israël et le Hamas, qui a promis de réduire en miettes l'État hébreu.
Devant la dégradation rapide de la situation, Colin Powell a téléphoné hier aux ministres israélien et jordanien des Affaires étrangères, Silvan Shalom et Marouan al-Mouacher, pour leur demander de contribuer à sauver le plan de paix américain au Proche-Orient et invité «chaque pays dans le monde à prendre position contre le Hamas et le Jihad, à adopter des mesures contre eux, à arrêter de les financer et à empêcher leur financement». Un peu auparavant, Jack Straw, le ministre britannique des Affaires étrangères, exigeait la même mesure. À Paris, Leïla Shahid, la déléguée générale de Palestine en France, a dénoncé le financement des mouvements islamistes «par des réseaux à travers le monde. Et il faut à tout prix qu'aujourd'hui cela s'arrête pour que nous puissions revenir à un travail de négociations politiques», a-t-elle estimé au cours d'un débat avec l'ambassadeur d'Israël en France, Nissim Zvili, sur la chaîne de télévision de l'Assemblée nationale française. «L'Autorité palestinienne, a-t-elle précisé, a demandé à tous les États par qui transitent certains fonds islamistes d'arrêter de les financer.»
En fait, le Hamas de Gaza se voit pris désormais entre deux feux: les attaques d'Israël, qui refuse toute «impunité» à ses dirigeants, et sa lutte avec l'OLP et l'Autorité palestinienne pour l'hégémonie dans l'opinion palestinienne. Sans compter que ses instances à l'étranger, comme celles qui se trouvent dans les prisons israéliennes, ne partagent pas forcément sa stratégie jusqu'au-boutiste.
Désormais, l'armée israélienne a les mains libres. Shaul Mofaz, ministre de la Défense, lui a demandé de «lutter contre le terrorisme et le Hamas, par tous les moyens». Hier, au cours de la réunion du cabinet israélien, Ariel Sharon a réitéré sa volonté de «ne pas renoncer aux opérations contre les terroristes jusqu'à ce que les instances de l'Autorité palestinienne agissent». À ses yeux, les dirigeants de l'Autorité palestinienne ne sont que «des pleurnichards, qui laissent le terrorisme se déchaîner». Quant au premier ministre palestinien Mahmoud Abbas, il n'est encore qu'un «poussin qui n'a pas encore ses plumes», et Israël doit l'aider à combattre le terrorisme jusqu'à ce que «le plumage lui pousse»... Pour le chef d'état-major, le général Moshé Yaalon, «les Palestiniens affirment qu'ils sont trop faibles pour lutter contre le terrorisme, ce qui est faux car ils ont empêché des attentats durant le sommet d'Aqaba».
De son côté, le Hamas entend poursuivre ses attentats et rendre coup pour coup: «L'attentat de Jérusalem n'est que le début d'une série d'actions de représailles lors desquelles nous prendrons pour cible tout sioniste occupant notre terre», a-t-il déclaré en invitant «tous les ressortissants étrangers à quitter l'entité sioniste immédiatement pour sauvegarder leurs vies». Par ailleurs, il appelle tous ses dirigeants et ses cadres, «partout où ils se trouvent, à la mobilisation, à la vigilance et à prendre toutes les mesures et précautions nécessaires». Le Hamas affirme qu'il «inculquera à l'ennemi criminel de nouvelles leçons douloureuses» et que «la bande de Gaza se transformera, si l'ennemi l'envahit, en tombeau pour les envahisseurs».
Dans la journée, un automobiliste israélien a été tué par des tirs palestiniens en Cisjordanie, tandis que le bilan de l'attentat de Jérusalem la veille s'alourdissait passant à 18 morts dont le kamikaze.
A la nuit tombée, les forces israéliennes ont tué deux militants du jihad islamique qui avaient sorti leurs armes au moment où des soldats venaient les arrêter à Jénine en Cisjordanie, selon l'armée israélienne. D'après des témoins, les forces spéciales sont entrées dans la ville et ouvert le feu sur les deux hommes.
Nouvelle étape
En deux jours, 39 Israéliens et Palestiniens ont été tués et plus de 130 blessés. Une flambée de violence qui laisse craindre qu'une nouvelle étape n'ait été franchie, 32 mois après le début de la nouvelle Intifada, ouvrant la voie à un affrontement sans merci entre Israël et le Hamas, qui a promis de réduire en miettes l'État hébreu.
Devant la dégradation rapide de la situation, Colin Powell a téléphoné hier aux ministres israélien et jordanien des Affaires étrangères, Silvan Shalom et Marouan al-Mouacher, pour leur demander de contribuer à sauver le plan de paix américain au Proche-Orient et invité «chaque pays dans le monde à prendre position contre le Hamas et le Jihad, à adopter des mesures contre eux, à arrêter de les financer et à empêcher leur financement». Un peu auparavant, Jack Straw, le ministre britannique des Affaires étrangères, exigeait la même mesure. À Paris, Leïla Shahid, la déléguée générale de Palestine en France, a dénoncé le financement des mouvements islamistes «par des réseaux à travers le monde. Et il faut à tout prix qu'aujourd'hui cela s'arrête pour que nous puissions revenir à un travail de négociations politiques», a-t-elle estimé au cours d'un débat avec l'ambassadeur d'Israël en France, Nissim Zvili, sur la chaîne de télévision de l'Assemblée nationale française. «L'Autorité palestinienne, a-t-elle précisé, a demandé à tous les États par qui transitent certains fonds islamistes d'arrêter de les financer.»
En fait, le Hamas de Gaza se voit pris désormais entre deux feux: les attaques d'Israël, qui refuse toute «impunité» à ses dirigeants, et sa lutte avec l'OLP et l'Autorité palestinienne pour l'hégémonie dans l'opinion palestinienne. Sans compter que ses instances à l'étranger, comme celles qui se trouvent dans les prisons israéliennes, ne partagent pas forcément sa stratégie jusqu'au-boutiste.
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