Ingrid Bétancourt sort de son silence
3 juillet 2009
International
Un an après sa libération, Ingrid Bétancourt sort de plusieurs mois de silence qu'elle a passés à «se reconstruire» et à écrire un livre sur ses six années de détention par la guérilla, assurant aussi de sa détermination à militer pour les otages en Colombie.
Avec ce livre qui doit paraître début 2010, la Franco-Colombienne participe aussi à un projet de film pour faire partager ses années aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), a-t-elle annoncé à Radio Caracol.
«Le projet de film va bien. Il avance avec l'une des personnes les plus extraordinaires que compte Hollywood: Kathleen Kennedy», qui a notamment produit La Liste de Schindler, a-t-elle précisé.
Le 2 juillet 2008, l'ex-candidate à la présidentielle avait été libérée des mains de la guérilla marxiste des forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en compagnie de 14 autres otages lors d'une opération de l'armée colombienne.
Éprouvée malgré une très bonne forme apparente, elle avait immédiatement dit vouloir militer pour la libération des otages en Colombie et avait rencontré de nombreux chefs d'État avant de se retirer de la vie publique début 2009.
«Grâce à vous, je réussis chaque jour davantage à laisser derrière moi les douleurs héritées de ma captivité», écrit la Franco-Colombienne dans une lettre à ses soutiens, publiée hier par la Fédération internationale des comités libertad (FICIB, ex-comité Ingrid Bétancourt).
«La reconstruction de ma vie de famille et de mon bonheur présent ne serait pas possible sans l'apaisement de l'âme que m'a apporté votre présence», dit l'ex-otage, qui vit aujourd'hui aux États-Unis.
«Je la sens beaucoup mieux. Elle reprend goût à la vie. Elle était à la fois silencieuse et renfermée. Elle recommence à rire», a confié Fabrice Delloye, son ex-mari et père de leurs deux enfants, Mélanie et Lorenzo. Selon lui, elle a «souffert en silence du flot de critiques» dont elle a fait l'objet, reconnaissant qu'elle avait été en «inadéquation» avec le monde qui l'entoure à sa sortie d'années «terrifiantes» dans la jungle. «D'où ce besoin d'écrire», ajoute Delloye, nommé ambassadeur de France au Costa Rica fin 2008. Il confirme que le livre d'Ingrid Bétancourt sortira au printemps en France ainsi que dans d'autres pays, en anglais et en espagnol. «Elle ira au plus près de ce qu'elle a vécu, des violences physiques. Elle a été humiliée, enchaînée», dit-il.
Selon lui, elle devrait aussi «mettre les choses au clair» avec ceux qui l'ont critiquée. Un livre de trois ex-otages américains évoque son «égoïsme», celui de Clara Rojas, son ancienne directrice de campagne qui avait refusé d'abandonner la candidate lors de son enlèvement en 2002, l'accuse de ne pas l'avoir aidée. Devenue symbole des otages de Colombie, Ingrid Bétancourt avait aussi agacé, y compris son entourage, pour ses caprices et son goût du luxe, certains l'accusant d'oublier les autres otages.
«Elle détient des clés pour la libération des otages. Je suis convaincu qu'elle le fera», dit Hervé Marro, ex-membre d'un comité de soutien.
«Il faut faire plus» pour les otages et «aller au-delà du possible», a dit hier Ingrid Bétancourt dans un communiqué. Elle a également annoncé qu'un groupe d'ex-otages libérés avec elle, quatre a confirmé le Quai d'Orsay, seraient reçus «dans quelques jours» en France et pourraient y suivre des études.
Mais depuis la libération de Bétancourt, la Fédération internationale des comités libertad (FICIB) peine à mobiliser autour des autres otages. Aux yeux du père de Pablo Emilio Moncayo — un soldat âgé de 19 ans à l'époque où il s'est fait enlevé par les FARC en 1998 — le départ d'Ingrid Bétancourt a plongé les autres otages dans l'oubli. «L'hélicoptère n'a pas seulement emmené Ingrid [...], avec lui se sont aussi envolées les meilleures options d'obtenir la liberté des autres», a-t-il déclaré à l'AFP.
Pour la FICIB, la faute revient en partie aux médias qui, une fois leur icône libérée, se sont détachés du problème. Il en est résulté des actions moins visibles et une opinion publique moins mobilisée. Au sein même de la FICIB, un grand nombre de militants, jusque-là mobilisés autour de la libération d'Ingrid Bétancourt, se sont désolidarisés.
Plus problématique encore pour l'association, c'est l'absence de pression pesant à présent sur les FARC. «Depuis que les yeux de l'opinion publique internationale se sont détournés de la jungle colombienne, les otages sont moins protégés, explique Antoine Seffre, porte-parole de l'association. Du temps d'Ingrid Bétancourt, les rebelles ne pouvaient pas se permettre d'abattre n'importe qui, la surveillance mondiale était constante et la répression potentiellement très importante. Aujourd'hui, toute intervention de l'armée colombienne met la vie des otages en jeu.»
«Les rebelles ont à nouveau le contrôle, explique-t-il. Ils refusent de faire un geste tant que des opérations militaires les menacent.» Selon l'association, environ 3000 otages sont toujours détenus dans la jungle par des groupes rebelles. Huit cents d'entre eux seraient aux mains des FARC.
Avec ce livre qui doit paraître début 2010, la Franco-Colombienne participe aussi à un projet de film pour faire partager ses années aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), a-t-elle annoncé à Radio Caracol.
«Le projet de film va bien. Il avance avec l'une des personnes les plus extraordinaires que compte Hollywood: Kathleen Kennedy», qui a notamment produit La Liste de Schindler, a-t-elle précisé.
Le 2 juillet 2008, l'ex-candidate à la présidentielle avait été libérée des mains de la guérilla marxiste des forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en compagnie de 14 autres otages lors d'une opération de l'armée colombienne.
Éprouvée malgré une très bonne forme apparente, elle avait immédiatement dit vouloir militer pour la libération des otages en Colombie et avait rencontré de nombreux chefs d'État avant de se retirer de la vie publique début 2009.
«Grâce à vous, je réussis chaque jour davantage à laisser derrière moi les douleurs héritées de ma captivité», écrit la Franco-Colombienne dans une lettre à ses soutiens, publiée hier par la Fédération internationale des comités libertad (FICIB, ex-comité Ingrid Bétancourt).
«La reconstruction de ma vie de famille et de mon bonheur présent ne serait pas possible sans l'apaisement de l'âme que m'a apporté votre présence», dit l'ex-otage, qui vit aujourd'hui aux États-Unis.
«Je la sens beaucoup mieux. Elle reprend goût à la vie. Elle était à la fois silencieuse et renfermée. Elle recommence à rire», a confié Fabrice Delloye, son ex-mari et père de leurs deux enfants, Mélanie et Lorenzo. Selon lui, elle a «souffert en silence du flot de critiques» dont elle a fait l'objet, reconnaissant qu'elle avait été en «inadéquation» avec le monde qui l'entoure à sa sortie d'années «terrifiantes» dans la jungle. «D'où ce besoin d'écrire», ajoute Delloye, nommé ambassadeur de France au Costa Rica fin 2008. Il confirme que le livre d'Ingrid Bétancourt sortira au printemps en France ainsi que dans d'autres pays, en anglais et en espagnol. «Elle ira au plus près de ce qu'elle a vécu, des violences physiques. Elle a été humiliée, enchaînée», dit-il.
Selon lui, elle devrait aussi «mettre les choses au clair» avec ceux qui l'ont critiquée. Un livre de trois ex-otages américains évoque son «égoïsme», celui de Clara Rojas, son ancienne directrice de campagne qui avait refusé d'abandonner la candidate lors de son enlèvement en 2002, l'accuse de ne pas l'avoir aidée. Devenue symbole des otages de Colombie, Ingrid Bétancourt avait aussi agacé, y compris son entourage, pour ses caprices et son goût du luxe, certains l'accusant d'oublier les autres otages.
«Elle détient des clés pour la libération des otages. Je suis convaincu qu'elle le fera», dit Hervé Marro, ex-membre d'un comité de soutien.
«Il faut faire plus» pour les otages et «aller au-delà du possible», a dit hier Ingrid Bétancourt dans un communiqué. Elle a également annoncé qu'un groupe d'ex-otages libérés avec elle, quatre a confirmé le Quai d'Orsay, seraient reçus «dans quelques jours» en France et pourraient y suivre des études.
Mais depuis la libération de Bétancourt, la Fédération internationale des comités libertad (FICIB) peine à mobiliser autour des autres otages. Aux yeux du père de Pablo Emilio Moncayo — un soldat âgé de 19 ans à l'époque où il s'est fait enlevé par les FARC en 1998 — le départ d'Ingrid Bétancourt a plongé les autres otages dans l'oubli. «L'hélicoptère n'a pas seulement emmené Ingrid [...], avec lui se sont aussi envolées les meilleures options d'obtenir la liberté des autres», a-t-il déclaré à l'AFP.
Pour la FICIB, la faute revient en partie aux médias qui, une fois leur icône libérée, se sont détachés du problème. Il en est résulté des actions moins visibles et une opinion publique moins mobilisée. Au sein même de la FICIB, un grand nombre de militants, jusque-là mobilisés autour de la libération d'Ingrid Bétancourt, se sont désolidarisés.
Plus problématique encore pour l'association, c'est l'absence de pression pesant à présent sur les FARC. «Depuis que les yeux de l'opinion publique internationale se sont détournés de la jungle colombienne, les otages sont moins protégés, explique Antoine Seffre, porte-parole de l'association. Du temps d'Ingrid Bétancourt, les rebelles ne pouvaient pas se permettre d'abattre n'importe qui, la surveillance mondiale était constante et la répression potentiellement très importante. Aujourd'hui, toute intervention de l'armée colombienne met la vie des otages en jeu.»
«Les rebelles ont à nouveau le contrôle, explique-t-il. Ils refusent de faire un geste tant que des opérations militaires les menacent.» Selon l'association, environ 3000 otages sont toujours détenus dans la jungle par des groupes rebelles. Huit cents d'entre eux seraient aux mains des FARC.
Haut de la page

