À chaud - La noblesse des impôts
Dans toutes les démocraties occidentales, y compris au Québec, les électeurs sont soumis à un véritable encan entre les candidats pour déterminer lequel réduira le plus les impôts. Il est grand temps que les politiciens courageux se lèvent pour défendre les impôts en expliquant leur importance.
Il est vrai que jadis, les impôts étaient perçus par les rois pour financer leurs guerres et promouvoir leurs intérêts dynastiques. Mais à cette époque, l'État ne fournissait guère de services, à part l'armée et la sécurité. Aujourd'hui, les impôts méritent un autre traitement. Les élus sont redevables devant leurs électeurs et les fonds collectés sont destinés à maints services, comme la santé, l'éducation, la culture et l'aide sociale. Et ce n'est pas là le seul but du système fiscal, qui sert aussi à promouvoir l'égalité et à réduire les écarts entre riches et pauvres. Les impôts sont donc une institution positive, et ceux qui veulent les réduire radicalement sombrent souvent dans la démagogie.
Depuis 1970, les économistes néolibéraux ont réussi à convaincre une partie importante du public que les réductions d'impôts stimulent l'économie et améliorent le sort de tout le monde, d'abord les fortunés mais ensuite les pauvres eux aussi. Or cette théorie n'a fonctionné nulle part. Au contraire, son application a toujours eu pour effet de creuser les écarts, de détériorer les services et de détruire la solidarité.
Bien sûr, les impôts ne sont pas des vaches sacrées. S'ils peuvent être augmentés, ils peuvent aussi être diminués. Ces réductions peuvent même s'avérer nécessaires dans un contexte de forte concurrence pour les investissements. Il est donc rationnel de penser qu'après avoir stabilisé les système de santé et d'éducation, notre gouvernement puisse songer à réduire les impôts de façon responsable et modérée. Mais nous n'en sommes pas là.
Dans la campagne en cours, le déclin des intentions de vote à l'endroit de l'ADQ semble indiquer que l'électorat ne se laissera pas séduire par la pensée magique, et c'est tant mieux.
Julius Grey est avocat.
Il est vrai que jadis, les impôts étaient perçus par les rois pour financer leurs guerres et promouvoir leurs intérêts dynastiques. Mais à cette époque, l'État ne fournissait guère de services, à part l'armée et la sécurité. Aujourd'hui, les impôts méritent un autre traitement. Les élus sont redevables devant leurs électeurs et les fonds collectés sont destinés à maints services, comme la santé, l'éducation, la culture et l'aide sociale. Et ce n'est pas là le seul but du système fiscal, qui sert aussi à promouvoir l'égalité et à réduire les écarts entre riches et pauvres. Les impôts sont donc une institution positive, et ceux qui veulent les réduire radicalement sombrent souvent dans la démagogie.
Depuis 1970, les économistes néolibéraux ont réussi à convaincre une partie importante du public que les réductions d'impôts stimulent l'économie et améliorent le sort de tout le monde, d'abord les fortunés mais ensuite les pauvres eux aussi. Or cette théorie n'a fonctionné nulle part. Au contraire, son application a toujours eu pour effet de creuser les écarts, de détériorer les services et de détruire la solidarité.
Bien sûr, les impôts ne sont pas des vaches sacrées. S'ils peuvent être augmentés, ils peuvent aussi être diminués. Ces réductions peuvent même s'avérer nécessaires dans un contexte de forte concurrence pour les investissements. Il est donc rationnel de penser qu'après avoir stabilisé les système de santé et d'éducation, notre gouvernement puisse songer à réduire les impôts de façon responsable et modérée. Mais nous n'en sommes pas là.
Dans la campagne en cours, le déclin des intentions de vote à l'endroit de l'ADQ semble indiquer que l'électorat ne se laissera pas séduire par la pensée magique, et c'est tant mieux.
Julius Grey est avocat.
Haut de la page

