Des troupes d'élite pour défendre Bagdad
22 mars 2003
International
Les forces censées restées les plus fidèles à Saddam Hussein ont été placées sous l'autorité du fils cadet du président irakien, Qoussaï. Elles sont jugées plus fidèles que les armées régulières, mais sont malgré tout travaillées de l'intérieur par le doute envers le régime et souvent expurgées, si l'on en croit les analystes des services de renseignement militaire français. Le coeur de ce dispositif — la Garde républicaine, la Garde républicaine spéciale, les Fedayins (milices populaires, féminines et masculines, du raïs) et les brigades des services de sécurité — forme un corps, voire une garde rapprochée de plus de 150 000 hommes.
Ce corps est dévoué à la personne même du président irakien, à sa famille, à ses féaux comme les personnalités de sa ville d'origine, Tikrit, et attaché à leurs intérêts.
Comprenant pas moins de 75 000 hommes, la Garde républicaine est organisée en sept divisions — quatre dans le nord du pays et trois dans le sud — que la coalition de 1990-91 a ménagées en s'en tenant à la résolution de l'ONU qui lui fixait la libération du Koweït comme seul but, et que Saddam Hussein a essayé de préserver à tout prix. Ce pourrait être, aujourd'hui, l'obstacle majeur à une invasion terrestre, avec la Garde républicaine spéciale. Forte de 20 000 à 25 000 hommes, la Garde républicaine spéciale, avec ses quatre brigades d'infanterie et sa brigade blindée, est le fer de lance d'un dispositif qui ne vise qu'à défendre le régime et ses protégés.
Purges et évictions
Pour l'essentiel, ces formations dites «d'élite» — la 1re brigade de la Garde républicaine spéciale en est l'illustration — ont pour tâche de défendre la région de Bagdad, autour de laquelle elles sont prépositionnées, celle de Tikrit et les puits de pétrole de Mossoul. Pas moins de cinq bataillons, rapporte-t-on, de cette 1re brigade sont affectés à la sécurité de Saddam Hussein durant ses déplacements.
Témoignage de la fidélité et de la politisation de ces unités militaires: l'ensemble des responsables à leur tête ont été recrutés en fonction de leur appartenance de longue date au parti Baas, le parti du président. Ce qui n'a pas empêché les purges et les évictions au gré des «caprices» de Saddam Hussein.
À cette construction, il convient d'ajouter les brigades de sécurité, qui relèvent des services spéciaux irakiens dans les mains de Qoussaï. C'est en 1992 que le père a cédé ses prérogatives à son fils cadet, qui en réfère directement à lui par l'entremise d'un «bureau présidentiel» — l'équivalent d'un conseil de sécurité — censé contrôler l'ensemble. Entre tous les organismes qui contribuent à ce dispositif spécial de sécurité et de renseignement, il est difficile d'établir une distinction entre ce qui dépend du Baas, du gouvernement présidé par Saddam Hussein, de la structure mise en place par le fils, du clan de Tikrit, voire des forces armées.
De même, il est quasiment impossible de discerner entre les missions de ces différents services, qui concernent la surveillance de la dissidence (kurde au nord, chiite au sud), les opérations clandestines, la lutte contre la corruption dans les armées, l'infiltration extérieure, la protection des «sites» sensibles du territoire, le contournement des embargos de l'ONU et la dissimulation des moyens militaires prohibés par les Nations unies.
Quant aux milices populaires, elles sont sous l'oeil du fils aîné de Saddam Hussein, Oudaï, à commencer par la plus récente d'entre elles, l'Armée de Jérusalem, censée venir en aide aux Palestiniens.
Les services alliés affirment que la Garde républicaine, la Garde républicaine spéciale et les commandos spéciaux des unités de sécurité — mieux entraînés, davantage rétribués et mieux équipés que les armées régulières — sont probablement les formations qui se livreraient en priorité à la guérilla urbaine et à des embuscades contre la coalition.
En 1991, ces forces irakiennes ont, en effet, montré leur détermination sur le terrain. Mais elles ont reflué très vite devant la progression des troupes alliées, évitant les pertes importantes en tués, blessés et prisonniers subies par les armées régulières. Le mot d'ordre de Saddam Hussein avait été, alors, de les préserver au maximum avec l'ambition qu'elles servent d'ultime rempart au régime de Bagdad. Ce qu'elles avaient réussi à accomplir.
Ce corps est dévoué à la personne même du président irakien, à sa famille, à ses féaux comme les personnalités de sa ville d'origine, Tikrit, et attaché à leurs intérêts.
Comprenant pas moins de 75 000 hommes, la Garde républicaine est organisée en sept divisions — quatre dans le nord du pays et trois dans le sud — que la coalition de 1990-91 a ménagées en s'en tenant à la résolution de l'ONU qui lui fixait la libération du Koweït comme seul but, et que Saddam Hussein a essayé de préserver à tout prix. Ce pourrait être, aujourd'hui, l'obstacle majeur à une invasion terrestre, avec la Garde républicaine spéciale. Forte de 20 000 à 25 000 hommes, la Garde républicaine spéciale, avec ses quatre brigades d'infanterie et sa brigade blindée, est le fer de lance d'un dispositif qui ne vise qu'à défendre le régime et ses protégés.
Purges et évictions
Pour l'essentiel, ces formations dites «d'élite» — la 1re brigade de la Garde républicaine spéciale en est l'illustration — ont pour tâche de défendre la région de Bagdad, autour de laquelle elles sont prépositionnées, celle de Tikrit et les puits de pétrole de Mossoul. Pas moins de cinq bataillons, rapporte-t-on, de cette 1re brigade sont affectés à la sécurité de Saddam Hussein durant ses déplacements.
Témoignage de la fidélité et de la politisation de ces unités militaires: l'ensemble des responsables à leur tête ont été recrutés en fonction de leur appartenance de longue date au parti Baas, le parti du président. Ce qui n'a pas empêché les purges et les évictions au gré des «caprices» de Saddam Hussein.
À cette construction, il convient d'ajouter les brigades de sécurité, qui relèvent des services spéciaux irakiens dans les mains de Qoussaï. C'est en 1992 que le père a cédé ses prérogatives à son fils cadet, qui en réfère directement à lui par l'entremise d'un «bureau présidentiel» — l'équivalent d'un conseil de sécurité — censé contrôler l'ensemble. Entre tous les organismes qui contribuent à ce dispositif spécial de sécurité et de renseignement, il est difficile d'établir une distinction entre ce qui dépend du Baas, du gouvernement présidé par Saddam Hussein, de la structure mise en place par le fils, du clan de Tikrit, voire des forces armées.
De même, il est quasiment impossible de discerner entre les missions de ces différents services, qui concernent la surveillance de la dissidence (kurde au nord, chiite au sud), les opérations clandestines, la lutte contre la corruption dans les armées, l'infiltration extérieure, la protection des «sites» sensibles du territoire, le contournement des embargos de l'ONU et la dissimulation des moyens militaires prohibés par les Nations unies.
Quant aux milices populaires, elles sont sous l'oeil du fils aîné de Saddam Hussein, Oudaï, à commencer par la plus récente d'entre elles, l'Armée de Jérusalem, censée venir en aide aux Palestiniens.
Les services alliés affirment que la Garde républicaine, la Garde républicaine spéciale et les commandos spéciaux des unités de sécurité — mieux entraînés, davantage rétribués et mieux équipés que les armées régulières — sont probablement les formations qui se livreraient en priorité à la guérilla urbaine et à des embuscades contre la coalition.
En 1991, ces forces irakiennes ont, en effet, montré leur détermination sur le terrain. Mais elles ont reflué très vite devant la progression des troupes alliées, évitant les pertes importantes en tués, blessés et prisonniers subies par les armées régulières. Le mot d'ordre de Saddam Hussein avait été, alors, de les préserver au maximum avec l'ambition qu'elles servent d'ultime rempart au régime de Bagdad. Ce qu'elles avaient réussi à accomplir.
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