Tommy Franks, le Texan taciturne
21 mars 2003
International
Le commandement de ce général s'étend de la corne de l'Afrique au Pakistan. À ce titre, c'est lui qui mènera l'attaque américaine contre l'Irak de saddam Hussein. Portrait d'un militaire taiseux.
Cette fois, ce devrait tout de même être sa dernière guerre. Après l'Afghanistan, il aurait dû, en principe, prendre sa retraite, mais on l'a maintenu en fonctions. À la tête du Central Command, qui, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'est nullement le commandement central des forces armées américaines mais celui de l'une de ces cinq régions militaires que le Pentagone a dessinées sur la carte du monde.
Celle-là va de la corne de l'Afrique au Pakistan, 25 pays au total. Même si c'est sur cette zone que l'administration Bush concentre ses feux, le rôle de Tommy Franks s'achèvera certainement avec l'invasion de l'Irak. S'il faut remettre au pas d'autres pays «dangereux», comme en rêvent déjà les superfaucons, ce sera à d'autres de faire le travail.
Franks est un général comme la troupe les aime. Un ancien soldat du rang qui, à la cantine, s'assied ostensiblement auprès d'un sergent-major «parce qu'il veut lui parler». Son illustre prédécesseur de la première guerre du Golfe, Norman Schwartzkopf, adorait les bons mots (les siens), l'opéra, et parlait des langues étrangères. Lui n'est pas bavard, aime la musique country et pousse à l'occasion la chansonnette devant ses soldats. Chez lui, au Texas, il bichonne sa vieille Ford Mustang et porte des bottes de cow-boy, comme George W. Bush et beaucoup d'autres. Il est certes né dans l'Oklahoma, mais ses parents, abandonnant l'agriculture, se sont très vite installés dans l'ouest du Texas, à Midland, où son père a trouvé un emploi d'ouvrier du pétrole.
Trois fois blessé au Vietnam
Hasard apparemment sans effet sur la suite des événements, c'est aussi là qu'avait émigré le rejeton d'une famille de l'establishment du Nord-Est, George Herbert Walker Bush, père de l'actuel président. Ils appartenaient à des mondes différents, et Tommy Franks n'a connu à l'époque ni le père ni le fils. Mais il a fréquenté la même école que Laura, l'actuelle first lady, sans lier particulièrement connaissance.
Aujourd'hui, il a 57 ans, des rides et des pattes d'oie profondes, mais toujours ses yeux bleu intense et sa haute stature (six pieds trois pouces, soit 1,92 m). Quand il est entré dans l'armée, après des études plutôt médiocres et inachevées à l'université du Texas, à Austin, il avait 24 ans. Deux ans plus tard, il était sous-lieutenant d'artillerie. Envoyé au Vietnam, il s'est souvent retrouvé aux avant-postes à diriger les tirs de l'artillerie. Trois fois blessé, dont une fois assez grièvement aux jambes, il est revenu au Texas avant de poursuivre une carrière de militaire qui l'a mené en Corée, en Allemagne, puis au Pentagone, à Washington. Entre-temps, il avait repris des études, aux frais de l'armée, obtenant des diplômes qui lui ont permis de monter dans la hiérarchie. Il s'est distingué en défendant certains concepts tactiques, comme l'utilisation de l'artillerie à longue portée contre les chars, et a aussi eu la chance de se trouver à plusieurs reprises sous le commandement d'hommes qui allaient faire une grande carrière dans l'armée.
Pendant la première guerre du Golfe, il est commandant en second de la première division de cavalerie, qui participe à l'opération Desert Storm («Tempête du désert»), l'offensive terrestre. Ensuite engagé dans le processus de reconversion des forces armées en fonction de la nouvelle donne stratégique (la fin de la guerre froide), il obtient sa quatrième étoile de général en même temps que sa nomination à la tête du Central Command, en juillet 2000. Installé en Floride, sur la base aérienne de MacDill, près de Tampa, ce n'est peut-être pas l'un des commandements régionaux les plus prestigieux (l'Europe et le Pacifique ont longtemps figuré en tête du palmarès), mais, après les attentats du 11 septembre 2001, tout change, et c'est Tommy Franks qui est chargé de préparer et de réaliser l'attaque contre le régime taliban en Afghanistan.
En réalité, la stratégie choisie lui est largement imposée par les civils qui tiennent le haut du pavé au Pentagone et ne jurent que par la high-tech, les bombardements ciblés, les opérations spéciales.
Quand apparaissent les limites de cette stratégie, quand les principaux responsables d'al-Qaïda parviennent à s'échapper parce que les Américains n'ont pas assez d'hommes sur le terrain et se sont trop appuyés sur les «seigneurs de la guerre» afghans, Tommy Franks ne peut donc en être tenu personnellement responsable. Il est maintenu à son poste, d'autant que Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense, apprécie les qualités de ce technicien qui ne cherche nullement à monter sur ses plates-bandes et à briller devant la presse. Mais cet homme «intelligent, rapide et qui connaît son métier», comme le dit le même Rumsfeld, ne se laisse tout de même pas faire sans résistance.
D'autant que, dans le système américain, en tant que commandant d'opérations, il rend compte directement au président, sans même passer par le chef d'état-major des armées.
Quand, à partir de l'été 2002, les mêmes civils du Pentagone fourbissent à nouveau, mais contre l'Irak cette fois, des plans axés sur une intervention rapide, légère et hautement technologique, Tommy Franks est de ceux qui expriment leurs doutes et plaident pour une approche beaucoup plus conforme aux traditions de l'armée américaine: un déploiement de troupes massif, permettant de minimiser les pertes et de prendre rapidement le contrôle du terrain. Le débat — interne — se répercute rapidement dans la presse, les hauts gradés s'appuyant sur des généraux en retraite, plus libres de leur expression, pour dire ce qu'ils ont sur le coeur. L'affaire n'est pas gagnée pour autant et, récemment encore, le sous-secrétaire à la Défense, Paul Wolfowitz, a eu un accrochage à ce sujet avec le commandant en chef de l'armée de terre. Cependant, aidés par le temps qui a passé, les délais occasionnés par la tentative de passage par l'ONU, les «traditionalistes» ont obtenu un déploiement, certes encore très inférieur à celui de la première guerre du Golfe mais bien plus important (et beaucoup plus coûteux) qu'initialement prévu: Tommy Franks a ou aura bientôt à sa disposition l'équivalent des cinq divisions et les cinq porte-avions qu'il réclamait.
La guerre d'Afghanistan, il l'avait commandée essentiellement depuis la Floride, conformément à la doctrine américaine du commandement depuis l'arrière, appuyé sur des instruments de communication ultrasophistiqués. Mais cela lui a valu certains reproches, et, surtout, l'expérience, expliquent des spécialistes, n'a pas été très concluante — ne serait-ce que pour une raison très simple: le décalage horaire constant entre le commandant et les commandés. Cette fois, le général Franks s'est donc installé au Qatar, sur la base d'al-Salaiya, au milieu d'un déluge d'équipement électronique qui lui a permis, dès le 7 décembre 2002, d'opérer la simulation d'une guerre de huit jours contre l'Irak. Sur place, il est secondé par le général John Alizaid, un militaire impétueux et hautement diplômé (Harvard), d'origine chrétienne libanaise et parfois présenté comme le futur «gouverneur» de l'Irak occupé. Son autre adjoint, le général De Long, garde pendant ce temps «la boutique», c'est-à-dire la base de Tampa en Floride et son personnel de 3200 personnes.
Mais en cas de besoin, Tommy Franks peut tout aussi bien diriger les opérations depuis son poste de commandement volant, un vieux Boeing 707, qu'il utilise aussi régulièrement pour rendre visite aux responsables politiques des pays de sa «région», une autre de ses tâches essentielles. C'est là, à côté du fauteuil marqué «quatre étoiles» qui lui est dévolu, qu'il a fait broder, sur l'appui-tête du fauteuil voisin, les quatre petits coeurs qui lui ont valu des sourires et quelques petits ennuis. Les gentils petits coeurs, c'est pour Cathy, sa femme depuis 35 ans, à qui il avait promis de quitter l'armée au lendemain de son mariage et qui l'accompagne aussi souvent que possible.
Les courses de Mme Frank
Mais ce tendre attachement a fini par susciter quelques grognements, comme celui d'un officier qui, apparemment un peu las d'avoir dû faire, au Pakistan ou ailleurs, les courses de madame, a envoyé au Pentagone un méchant rapport. Non seulement, expliquait le fâcheux, elle ne payait pas pour ces voyages, elle assistait parfois à des réunions où étaient abordés des sujets «top secret» alors qu'elle n'a qu'une autorisation pour les sujets classés simplement «secret». Des broutilles, balayées comme sans importance par ses supérieurs, même si, pour la forme, il a fallu faire une enquête.
Lundi 17 mars, juste avant que le complexe mouvement d'invasion de l'Irak ne soit mis en branle, Tommy Franks a réuni les officiers de la salle d'opération d'al-Salaiya pour «voir ce qu'ils avaient dans les yeux». Il y a certainement vu ce qu'il voulait y voir — la plus grande détermination. Et quand quelqu'un a réussi à lui demander comment il se sentait, il a évidemment répondu qu'il se sentait «merveilleusement bien». Devant la presse, dans les rares occasions où il a bien voulu ouvrir la bouche, parfois à la demande expresse de Donald Rumsfeld, il s'est appliqué à sortir d'absolues banalités, quitte à ajouter: «Ce qui m'intéresse, c'est la sécurité, ce qui m'intéresse, c'est le secret.»
C'est un genre qui lui va bien et qui finit par être apprécié. Surtout quand, en rajoutant à peine, il explique qu'il a lu un jour un livre sur Jules César: «D'après ce que je me rappelle, le livre disait que c'était un général. Il faisait de longs discours. Ils l'ont tué.»
Cette fois, ce devrait tout de même être sa dernière guerre. Après l'Afghanistan, il aurait dû, en principe, prendre sa retraite, mais on l'a maintenu en fonctions. À la tête du Central Command, qui, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'est nullement le commandement central des forces armées américaines mais celui de l'une de ces cinq régions militaires que le Pentagone a dessinées sur la carte du monde.
Celle-là va de la corne de l'Afrique au Pakistan, 25 pays au total. Même si c'est sur cette zone que l'administration Bush concentre ses feux, le rôle de Tommy Franks s'achèvera certainement avec l'invasion de l'Irak. S'il faut remettre au pas d'autres pays «dangereux», comme en rêvent déjà les superfaucons, ce sera à d'autres de faire le travail.
Franks est un général comme la troupe les aime. Un ancien soldat du rang qui, à la cantine, s'assied ostensiblement auprès d'un sergent-major «parce qu'il veut lui parler». Son illustre prédécesseur de la première guerre du Golfe, Norman Schwartzkopf, adorait les bons mots (les siens), l'opéra, et parlait des langues étrangères. Lui n'est pas bavard, aime la musique country et pousse à l'occasion la chansonnette devant ses soldats. Chez lui, au Texas, il bichonne sa vieille Ford Mustang et porte des bottes de cow-boy, comme George W. Bush et beaucoup d'autres. Il est certes né dans l'Oklahoma, mais ses parents, abandonnant l'agriculture, se sont très vite installés dans l'ouest du Texas, à Midland, où son père a trouvé un emploi d'ouvrier du pétrole.
Trois fois blessé au Vietnam
Hasard apparemment sans effet sur la suite des événements, c'est aussi là qu'avait émigré le rejeton d'une famille de l'establishment du Nord-Est, George Herbert Walker Bush, père de l'actuel président. Ils appartenaient à des mondes différents, et Tommy Franks n'a connu à l'époque ni le père ni le fils. Mais il a fréquenté la même école que Laura, l'actuelle first lady, sans lier particulièrement connaissance.
Aujourd'hui, il a 57 ans, des rides et des pattes d'oie profondes, mais toujours ses yeux bleu intense et sa haute stature (six pieds trois pouces, soit 1,92 m). Quand il est entré dans l'armée, après des études plutôt médiocres et inachevées à l'université du Texas, à Austin, il avait 24 ans. Deux ans plus tard, il était sous-lieutenant d'artillerie. Envoyé au Vietnam, il s'est souvent retrouvé aux avant-postes à diriger les tirs de l'artillerie. Trois fois blessé, dont une fois assez grièvement aux jambes, il est revenu au Texas avant de poursuivre une carrière de militaire qui l'a mené en Corée, en Allemagne, puis au Pentagone, à Washington. Entre-temps, il avait repris des études, aux frais de l'armée, obtenant des diplômes qui lui ont permis de monter dans la hiérarchie. Il s'est distingué en défendant certains concepts tactiques, comme l'utilisation de l'artillerie à longue portée contre les chars, et a aussi eu la chance de se trouver à plusieurs reprises sous le commandement d'hommes qui allaient faire une grande carrière dans l'armée.
Pendant la première guerre du Golfe, il est commandant en second de la première division de cavalerie, qui participe à l'opération Desert Storm («Tempête du désert»), l'offensive terrestre. Ensuite engagé dans le processus de reconversion des forces armées en fonction de la nouvelle donne stratégique (la fin de la guerre froide), il obtient sa quatrième étoile de général en même temps que sa nomination à la tête du Central Command, en juillet 2000. Installé en Floride, sur la base aérienne de MacDill, près de Tampa, ce n'est peut-être pas l'un des commandements régionaux les plus prestigieux (l'Europe et le Pacifique ont longtemps figuré en tête du palmarès), mais, après les attentats du 11 septembre 2001, tout change, et c'est Tommy Franks qui est chargé de préparer et de réaliser l'attaque contre le régime taliban en Afghanistan.
En réalité, la stratégie choisie lui est largement imposée par les civils qui tiennent le haut du pavé au Pentagone et ne jurent que par la high-tech, les bombardements ciblés, les opérations spéciales.
Quand apparaissent les limites de cette stratégie, quand les principaux responsables d'al-Qaïda parviennent à s'échapper parce que les Américains n'ont pas assez d'hommes sur le terrain et se sont trop appuyés sur les «seigneurs de la guerre» afghans, Tommy Franks ne peut donc en être tenu personnellement responsable. Il est maintenu à son poste, d'autant que Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense, apprécie les qualités de ce technicien qui ne cherche nullement à monter sur ses plates-bandes et à briller devant la presse. Mais cet homme «intelligent, rapide et qui connaît son métier», comme le dit le même Rumsfeld, ne se laisse tout de même pas faire sans résistance.
D'autant que, dans le système américain, en tant que commandant d'opérations, il rend compte directement au président, sans même passer par le chef d'état-major des armées.
Quand, à partir de l'été 2002, les mêmes civils du Pentagone fourbissent à nouveau, mais contre l'Irak cette fois, des plans axés sur une intervention rapide, légère et hautement technologique, Tommy Franks est de ceux qui expriment leurs doutes et plaident pour une approche beaucoup plus conforme aux traditions de l'armée américaine: un déploiement de troupes massif, permettant de minimiser les pertes et de prendre rapidement le contrôle du terrain. Le débat — interne — se répercute rapidement dans la presse, les hauts gradés s'appuyant sur des généraux en retraite, plus libres de leur expression, pour dire ce qu'ils ont sur le coeur. L'affaire n'est pas gagnée pour autant et, récemment encore, le sous-secrétaire à la Défense, Paul Wolfowitz, a eu un accrochage à ce sujet avec le commandant en chef de l'armée de terre. Cependant, aidés par le temps qui a passé, les délais occasionnés par la tentative de passage par l'ONU, les «traditionalistes» ont obtenu un déploiement, certes encore très inférieur à celui de la première guerre du Golfe mais bien plus important (et beaucoup plus coûteux) qu'initialement prévu: Tommy Franks a ou aura bientôt à sa disposition l'équivalent des cinq divisions et les cinq porte-avions qu'il réclamait.
La guerre d'Afghanistan, il l'avait commandée essentiellement depuis la Floride, conformément à la doctrine américaine du commandement depuis l'arrière, appuyé sur des instruments de communication ultrasophistiqués. Mais cela lui a valu certains reproches, et, surtout, l'expérience, expliquent des spécialistes, n'a pas été très concluante — ne serait-ce que pour une raison très simple: le décalage horaire constant entre le commandant et les commandés. Cette fois, le général Franks s'est donc installé au Qatar, sur la base d'al-Salaiya, au milieu d'un déluge d'équipement électronique qui lui a permis, dès le 7 décembre 2002, d'opérer la simulation d'une guerre de huit jours contre l'Irak. Sur place, il est secondé par le général John Alizaid, un militaire impétueux et hautement diplômé (Harvard), d'origine chrétienne libanaise et parfois présenté comme le futur «gouverneur» de l'Irak occupé. Son autre adjoint, le général De Long, garde pendant ce temps «la boutique», c'est-à-dire la base de Tampa en Floride et son personnel de 3200 personnes.
Mais en cas de besoin, Tommy Franks peut tout aussi bien diriger les opérations depuis son poste de commandement volant, un vieux Boeing 707, qu'il utilise aussi régulièrement pour rendre visite aux responsables politiques des pays de sa «région», une autre de ses tâches essentielles. C'est là, à côté du fauteuil marqué «quatre étoiles» qui lui est dévolu, qu'il a fait broder, sur l'appui-tête du fauteuil voisin, les quatre petits coeurs qui lui ont valu des sourires et quelques petits ennuis. Les gentils petits coeurs, c'est pour Cathy, sa femme depuis 35 ans, à qui il avait promis de quitter l'armée au lendemain de son mariage et qui l'accompagne aussi souvent que possible.
Les courses de Mme Frank
Mais ce tendre attachement a fini par susciter quelques grognements, comme celui d'un officier qui, apparemment un peu las d'avoir dû faire, au Pakistan ou ailleurs, les courses de madame, a envoyé au Pentagone un méchant rapport. Non seulement, expliquait le fâcheux, elle ne payait pas pour ces voyages, elle assistait parfois à des réunions où étaient abordés des sujets «top secret» alors qu'elle n'a qu'une autorisation pour les sujets classés simplement «secret». Des broutilles, balayées comme sans importance par ses supérieurs, même si, pour la forme, il a fallu faire une enquête.
Lundi 17 mars, juste avant que le complexe mouvement d'invasion de l'Irak ne soit mis en branle, Tommy Franks a réuni les officiers de la salle d'opération d'al-Salaiya pour «voir ce qu'ils avaient dans les yeux». Il y a certainement vu ce qu'il voulait y voir — la plus grande détermination. Et quand quelqu'un a réussi à lui demander comment il se sentait, il a évidemment répondu qu'il se sentait «merveilleusement bien». Devant la presse, dans les rares occasions où il a bien voulu ouvrir la bouche, parfois à la demande expresse de Donald Rumsfeld, il s'est appliqué à sortir d'absolues banalités, quitte à ajouter: «Ce qui m'intéresse, c'est la sécurité, ce qui m'intéresse, c'est le secret.»
C'est un genre qui lui va bien et qui finit par être apprécié. Surtout quand, en rajoutant à peine, il explique qu'il a lu un jour un livre sur Jules César: «D'après ce que je me rappelle, le livre disait que c'était un général. Il faisait de longs discours. Ils l'ont tué.»
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