Israël dit être près du but
Photo : Agence Reuters
Des soldats israéliens se préparaient à foncer vers le nord de la bande de Gaza, hier matin.
Alors que des ministres ont, pour la première fois, envisagé une fin proche à l'offensive, l'armée israélienne a resserré hier l'étau sur la ville de Gaza.
Les forces armées israéliennes ont effectué ce matin leur plus importante percée dans le territoire palestinien et ont envoyé les réservistes en renfort des militaires déjà présents dans la bande de Gaza. Au moment même où les appels internationaux à un cessez-le-feu sont de plus en plus pressants, Tsahal pourrait s'apprêter à lancer une vaste attaque contre les tunnels reliant Gaza à l'Égypte et une opération urbaine de plus grande ampleur.
Le gouvernement hésitait jusqu'à présent à donner son feu vert à une «troisième phase» de l'opération prévoyant le recours massif aux réservistes. La première phase consistait en des raids aériens massifs, principalement contre des objectifs liés au Hamas. L'armée israélienne a par la suite déployé, lors de la deuxième phase, des unités régulières dans la bande de Gaza.
Le premier ministre israélien, Éhoud Olmert, qui avait ordonné vendredi la poursuite des opérations militaires à Gaza malgré une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat, s'est contenté d'indiquer hier que l'offensive se rapprochait de ses objectifs. «Israël remplit les objectifs qu'il s'est fixés, mais un autre effort est nécessaire, ainsi que de la détermination, afin de changer la situation dans le Sud et d'amener la sécurité aux citoyens», a affirmé Éhoud Olmert. Abondant dans le même sens, le vice-ministre israélien de la Défense, Matan Vilnaï, a estimé qu'Israël était «proche de l'arrêt des actions terrestres et de l'ensemble des opérations d'une manière générale» dans la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas.
En revanche, la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, préconiserait un retrait immédiat de l'armée et une poursuite des attaques systématiques au cas où le mouvement islamiste Hamas poursuivrait ses tirs de roquettes vers le territoire israélien, selon l'Agence France-Presse.
Le ministre de la Défense, Éhoud Barak, ne souhaiterait pas non plus passer à la troisième phase qui se traduirait par la prise d'assaut des coeurs des villes et des camps de réfugiés de Gaza. Le chef du Parti travailliste préconise des négociations par l'intermédiaire de l'Égypte en vue d'une entente sur une trêve «améliorée» par rapport à celle de six mois qui a expiré le 19 décembre, notamment pour garantir la fin de la contrebande d'armes par des tunnels sous la frontière entre Gaza et l'Égypte.
À moins d'un mois des élections législatives du 10 février, le chef de l'opposition de droite, Benjamin Nétanyahou, donné grand favori par les sondages, préconise quant à lui une politique de la poigne de fer à Gaza. L'approche des élections a accentué l'indécision des responsables politiques, qui redoutent de faire l'objet de sévères critiques comme cela avait été le cas à la suite des ratés de la guerre du Liban contre le Hezbollah durant l'été 2006.
Sur le front diplomatique, un responsable israélien de la Défense est attendu aujourd'hui au Caire, où se trouve actuellement une délégation du Hamas, pour discuter avec les dirigeants égyptiens du plan de cessation des hostilités proposé par le président Hosni Moubarak de concert avec le président français, Nicolas Sarkozy. Le chef en exil du Hamas, Khaled Méchaal, a déjà exclu tout cessez-le-feu tant que les troupes israéliennes ne seront pas retirées et que l'État juif n'aura pas levé son blocus du territoire. L'émissaire israélien, Amos Gilad, n'a pour l'instant que le mandat d'obtenir des Égyptiens qu'ils durcissent le contrôle de leur frontière avec Gaza.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré hier à son homologue israélienne, Tzipi Livni, que l'Allemagne était prête à aider l'Égypte à lutter contre la contrebande d'armes maritime ou terrestre. Berlin a proposé de former et d'aider matériellement l'armée égyptienne pour ces missions particulières.
Le président désigné des États-Unis, Barack Obama, a quant à lui confié hier à la chaîne ABC qu'il travaillerait à la relance du processus de paix israélo-palestinien dès son investiture. Il a notamment déclaré qu'il mettait en place une équipe afin de disposer, dès le 20 janvier, «des meilleures personnes possible qui pourront s'engager immédiatement dans le processus de paix au Proche-Orient dans son ensemble».
Au 16e jour de son opération contre le Hamas, les militaires israéliens se sont approchés hier des quartiers les plus peuplés de la ville de Gaza. Un nuage de fumée noire s'élevait des abords Est et Sud de l'agglomération, tandis que les activistes tentaient de résister à des coups de mortier et de missiles antichars à l'avancée des troupes israéliennes, épaulées par des blindés et des hélicoptères de combat. Israël a annoncé avoir attaqué une mosquée utilisée pour stocker des armes, dix groupes de miliciens armés, trois sites de lancement de roquettes et le domicile d'un chef militaire du Hamas. Israël accuse par ailleurs des dirigeants du Hamas de se cacher dans des hôpitaux et dans certaines missions étrangères à Gaza.
L'aviation israélienne a également pris pour cibles des tunnels utilisés par les activistes pour faire parvenir des armes à partir de l'Égypte et, selon des témoins, les avions israéliens auraient survolé l'espace aérien égyptien. Deux policiers et deux enfants égyptiens auraient été blessés par des éclats de bombes israéliennes.
Au moins 31 Palestiniens ont été tués dans la journée, portant le nombre de morts à près de 900 — dont une moitié de civils — depuis le déclenchement de l'opération.
L'objectif affiché par l'État juif, qui ne s'est fixé aucun délai, est de faire cesser une fois pour toutes les tirs de roquettes des activistes sur les villes israéliennes proches de Gaza, villes où l'on a recensé quatre morts depuis 15 jours. Bien que le nombre de projectiles tombés en territoire israélien ait largement décru, 17 roquettes ont encore atteint hier des villes israéliennes, dont celle de Beersheba, à 42 km de Gaza, faisant deux blessés et des dégâts matériels.
De nouvelles manifestations aux quatre coins du monde
Des centaines de personnes ont une nouvelle fois bravé le froid et sont descendues dans les rues de Montréal pour offrir leur soutien au peuple palestinien. La veille, ils étaient des milliers à manifester au centre-ville pour dénoncer l'offensive israélienne à Gaza.
Plusieurs manifestations ont aussi été organisées, hier, en Europe, notamment à Madrid et à Bruxelles, alors que d'autres rassemblements de soutien à Israël avaient lieu à Londres, à Prague, à Berlin, à Munich et à Francfort.
Quelques milliers de personnes ont manifesté en milieu de journée dans le centre de la capitale espagnole pour dénoncer le «génocide» en cours dans la bande de Gaza, selon elles, et pour réclamer la paix en Palestine. À la fin de la manifestation, plusieurs centaines de personnes ont lancé des pierres contre la façade de l'ambassade d'Israël. Elles ont ensuite été dispersées par les forces de l'ordre. Une manifestation de soutien aux Palestiniens de la bande de Gaza a également été émaillée d'incidents à Bruxelles. Les manifestants demandaient la fin des «massacres» et une réaction plus ferme de l'Union européenne devant l'offensive israélienne à Gaza. En tête du cortège, une centaine d'enfants portant des poupées ensanglantées coiffées du keffieh ont marché devant des drapeaux palestiniens. «Nous sommes tous Palestiniens», «Gaza, la nouvelle Shoah», pouvait-on lire sur les pancartes, ou encore «Israël assassin», et «Union européenne: votre silence est complice».
Des milliers d'individus se sont réunis dans le centre de Londres, à Trafalgar Square, et ont agité des drapeaux israéliens et des pancartes exigeant la «fin à la terreur par le Hamas». De 4000 à 20 000 personnes ont pour leur part manifesté leur soutien à Israël à Marseille.
Plus d'un millier de manifestants se sont rassemblés à Hong Kong pour réclamer la fin de l'intervention militaire. En Indonésie, au moins 20 000 musulmans ont manifesté à Jakarta, tandis qu'au Pakistan des manifestations contre Israël ont eu lieu dans plusieurs villes du pays.
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Avec l'AFP et Reuters
Les forces armées israéliennes ont effectué ce matin leur plus importante percée dans le territoire palestinien et ont envoyé les réservistes en renfort des militaires déjà présents dans la bande de Gaza. Au moment même où les appels internationaux à un cessez-le-feu sont de plus en plus pressants, Tsahal pourrait s'apprêter à lancer une vaste attaque contre les tunnels reliant Gaza à l'Égypte et une opération urbaine de plus grande ampleur.
Le gouvernement hésitait jusqu'à présent à donner son feu vert à une «troisième phase» de l'opération prévoyant le recours massif aux réservistes. La première phase consistait en des raids aériens massifs, principalement contre des objectifs liés au Hamas. L'armée israélienne a par la suite déployé, lors de la deuxième phase, des unités régulières dans la bande de Gaza.
Le premier ministre israélien, Éhoud Olmert, qui avait ordonné vendredi la poursuite des opérations militaires à Gaza malgré une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat, s'est contenté d'indiquer hier que l'offensive se rapprochait de ses objectifs. «Israël remplit les objectifs qu'il s'est fixés, mais un autre effort est nécessaire, ainsi que de la détermination, afin de changer la situation dans le Sud et d'amener la sécurité aux citoyens», a affirmé Éhoud Olmert. Abondant dans le même sens, le vice-ministre israélien de la Défense, Matan Vilnaï, a estimé qu'Israël était «proche de l'arrêt des actions terrestres et de l'ensemble des opérations d'une manière générale» dans la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas.
En revanche, la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, préconiserait un retrait immédiat de l'armée et une poursuite des attaques systématiques au cas où le mouvement islamiste Hamas poursuivrait ses tirs de roquettes vers le territoire israélien, selon l'Agence France-Presse.
Le ministre de la Défense, Éhoud Barak, ne souhaiterait pas non plus passer à la troisième phase qui se traduirait par la prise d'assaut des coeurs des villes et des camps de réfugiés de Gaza. Le chef du Parti travailliste préconise des négociations par l'intermédiaire de l'Égypte en vue d'une entente sur une trêve «améliorée» par rapport à celle de six mois qui a expiré le 19 décembre, notamment pour garantir la fin de la contrebande d'armes par des tunnels sous la frontière entre Gaza et l'Égypte.
À moins d'un mois des élections législatives du 10 février, le chef de l'opposition de droite, Benjamin Nétanyahou, donné grand favori par les sondages, préconise quant à lui une politique de la poigne de fer à Gaza. L'approche des élections a accentué l'indécision des responsables politiques, qui redoutent de faire l'objet de sévères critiques comme cela avait été le cas à la suite des ratés de la guerre du Liban contre le Hezbollah durant l'été 2006.
Sur le front diplomatique, un responsable israélien de la Défense est attendu aujourd'hui au Caire, où se trouve actuellement une délégation du Hamas, pour discuter avec les dirigeants égyptiens du plan de cessation des hostilités proposé par le président Hosni Moubarak de concert avec le président français, Nicolas Sarkozy. Le chef en exil du Hamas, Khaled Méchaal, a déjà exclu tout cessez-le-feu tant que les troupes israéliennes ne seront pas retirées et que l'État juif n'aura pas levé son blocus du territoire. L'émissaire israélien, Amos Gilad, n'a pour l'instant que le mandat d'obtenir des Égyptiens qu'ils durcissent le contrôle de leur frontière avec Gaza.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré hier à son homologue israélienne, Tzipi Livni, que l'Allemagne était prête à aider l'Égypte à lutter contre la contrebande d'armes maritime ou terrestre. Berlin a proposé de former et d'aider matériellement l'armée égyptienne pour ces missions particulières.
Le président désigné des États-Unis, Barack Obama, a quant à lui confié hier à la chaîne ABC qu'il travaillerait à la relance du processus de paix israélo-palestinien dès son investiture. Il a notamment déclaré qu'il mettait en place une équipe afin de disposer, dès le 20 janvier, «des meilleures personnes possible qui pourront s'engager immédiatement dans le processus de paix au Proche-Orient dans son ensemble».
Au 16e jour de son opération contre le Hamas, les militaires israéliens se sont approchés hier des quartiers les plus peuplés de la ville de Gaza. Un nuage de fumée noire s'élevait des abords Est et Sud de l'agglomération, tandis que les activistes tentaient de résister à des coups de mortier et de missiles antichars à l'avancée des troupes israéliennes, épaulées par des blindés et des hélicoptères de combat. Israël a annoncé avoir attaqué une mosquée utilisée pour stocker des armes, dix groupes de miliciens armés, trois sites de lancement de roquettes et le domicile d'un chef militaire du Hamas. Israël accuse par ailleurs des dirigeants du Hamas de se cacher dans des hôpitaux et dans certaines missions étrangères à Gaza.
L'aviation israélienne a également pris pour cibles des tunnels utilisés par les activistes pour faire parvenir des armes à partir de l'Égypte et, selon des témoins, les avions israéliens auraient survolé l'espace aérien égyptien. Deux policiers et deux enfants égyptiens auraient été blessés par des éclats de bombes israéliennes.
Au moins 31 Palestiniens ont été tués dans la journée, portant le nombre de morts à près de 900 — dont une moitié de civils — depuis le déclenchement de l'opération.
L'objectif affiché par l'État juif, qui ne s'est fixé aucun délai, est de faire cesser une fois pour toutes les tirs de roquettes des activistes sur les villes israéliennes proches de Gaza, villes où l'on a recensé quatre morts depuis 15 jours. Bien que le nombre de projectiles tombés en territoire israélien ait largement décru, 17 roquettes ont encore atteint hier des villes israéliennes, dont celle de Beersheba, à 42 km de Gaza, faisant deux blessés et des dégâts matériels.
De nouvelles manifestations aux quatre coins du monde
Des centaines de personnes ont une nouvelle fois bravé le froid et sont descendues dans les rues de Montréal pour offrir leur soutien au peuple palestinien. La veille, ils étaient des milliers à manifester au centre-ville pour dénoncer l'offensive israélienne à Gaza.
Plusieurs manifestations ont aussi été organisées, hier, en Europe, notamment à Madrid et à Bruxelles, alors que d'autres rassemblements de soutien à Israël avaient lieu à Londres, à Prague, à Berlin, à Munich et à Francfort.
Quelques milliers de personnes ont manifesté en milieu de journée dans le centre de la capitale espagnole pour dénoncer le «génocide» en cours dans la bande de Gaza, selon elles, et pour réclamer la paix en Palestine. À la fin de la manifestation, plusieurs centaines de personnes ont lancé des pierres contre la façade de l'ambassade d'Israël. Elles ont ensuite été dispersées par les forces de l'ordre. Une manifestation de soutien aux Palestiniens de la bande de Gaza a également été émaillée d'incidents à Bruxelles. Les manifestants demandaient la fin des «massacres» et une réaction plus ferme de l'Union européenne devant l'offensive israélienne à Gaza. En tête du cortège, une centaine d'enfants portant des poupées ensanglantées coiffées du keffieh ont marché devant des drapeaux palestiniens. «Nous sommes tous Palestiniens», «Gaza, la nouvelle Shoah», pouvait-on lire sur les pancartes, ou encore «Israël assassin», et «Union européenne: votre silence est complice».
Des milliers d'individus se sont réunis dans le centre de Londres, à Trafalgar Square, et ont agité des drapeaux israéliens et des pancartes exigeant la «fin à la terreur par le Hamas». De 4000 à 20 000 personnes ont pour leur part manifesté leur soutien à Israël à Marseille.
Plus d'un millier de manifestants se sont rassemblés à Hong Kong pour réclamer la fin de l'intervention militaire. En Indonésie, au moins 20 000 musulmans ont manifesté à Jakarta, tandis qu'au Pakistan des manifestations contre Israël ont eu lieu dans plusieurs villes du pays.
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Avec l'AFP et Reuters
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