L'ONU demande un cessez-le-feu immédiat
Photo : Agence France-Presse
Une Palestinienne manifeste devant des soldats israéliens dans le village de Bilin près de Ramallah.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé hier à «un cessez-le-feu immédiat» dans la bande de Gaza, où l'armée israélienne poursuivait son offensive pour une treizième journée et où les Nations unies ont décidé de suspendre leurs livraisons d'aide en raison de la mort de deux chauffeurs frappés par des tirs.
La résolution adoptée en soirée par le Conseil appelle aussi «à la fourniture sans obstructions et à la distribution sur tout le territoire de Gaza de l'aide humanitaire», à l'ouverture des points de passage entre cette enclave palestinienne et ses voisins israélien et égyptien, et à des efforts en vue de mettre fin à la contrebande d'armes, qui constitue l'un des buts de l'offensive israélienne commencée le 27 décembre dernier. La résolution a été adoptée par 14 voix sur 15, les États-Unis s'étant abstenus.
La réunion du Conseil de sécurité a été précédée par d'intenses négociations visant à concilier deux textes présentés, l'un par un groupe de pays arabes, et l'autre par la Grande-Bretagne, appuyée pas les États-Unis et la France.
La résolution a été soutenue par les États-Unis et des pays arabes proches du Hamas, a précisé hier soir le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Son adoption permet d'espérer la fin d'un conflit qui a fait plus de 750 morts, presque tous des palestiniens.
Le projet de résolution témoigne d'un changement d'attitude de la part des États-Unis qui, comme leur allié israélien, s'étaient d'abord opposés à l'idée d'une intervention du Conseil de sécurité, que ce soit sous la forme d'une résolution ou d'une déclaration non contraignante.
Il en résulte une intense activité diplomatique, qui s'est surtout transportée en Europe hier, après qu'une mission européenne au Proche-Orient en début de semaine eut débouché sur un plan de sortie de crise «franco-égyptien» contenant déjà plusieurs points du texte discuté hier au Conseil de sécurité.
Tirs de roquettes à partir du Liban
En matinée, des tirs de roquettes effectués sur le nord d'Israël à partir du Liban ont ranimé les souvenirs de l'été 2006 et ont fait craindre l'ouverture d'un nouveau front au Proche-Orient, mais le mouvement chiite libanais Hezbollah, au coeur du conflit de 2006, a nié toute responsabilité dans cet incident.
Les roquettes sont tombées sur la ville de Nahariya, près de la frontière, faisant deux blessés légers; les militaires israéliens ont riposté par une frappe visant, selon un porte-parole de Tsahal, «la source» des tirs.
Le premier ministre libanais, Fouad Siniora, a condamné ces actes, tandis qu'un ministre israélien a dit y voir «des incidents isolés» provoqués par des Palestiniens, et non par le Hezbollah.
Pendant la journée d'hier, l'armée israélienne a continué de frapper des objectifs dans la bande de Gaza, tandis qu'au moins 16 roquettes étaient tirées sur le territoire israélien même si, pour la deuxième journée consécutive, une «trêve» de trois heures a été observée.
L'aviation a notamment détruit dans les environs de Rafah plusieurs maisons soupçonnées d'abriter des tunnels communiquant avec l'Égypte voisine et servant à la contrebande.
L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a suspendu hier ses activités humanitaires à Gaza après ce que l'ONU a décrit comme «une attaque israélienne contre un convoi humanitaire qui a tué deux de ses employés».
Il s'agissait vraisemblablement de deux chauffeurs d'un convoi de camions qui se dirigeaient vers un point de passage entre la bande de Gaza et Israël pour prendre livraison de matériel. L'UNRWA distribue notamment de l'aide alimentaire à des centaines de milliers de personnes dans le territoire. Depuis que le conflit a commencé, il y a 13 jours, quatre employés locaux de l'UNRWA ont été tués, selon l'ONU.
«Le secrétaire général [Ban Ki-moon] appelle une fois de plus à un cessez-le-feu immédiat pour faciliter un accès complet et sans entrave à l'aide humanitaire et pour permettre aux travailleurs humanitaires de travailler en toute sécurité et atteindre les personnes dans le besoin», pouvait-on lire hier dans un communiqué de l'ONU.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a par ailleurs accusé l'armée israélienne d'avoir contrevenu au droit international en entravant l'accès des secours aux blessés.
Selon un communiqué de cette organisation humanitaire, des ambulanciers ont réussi à obtenir mercredi l'accès à des maisons touchées par les bombardements dans un quartier de Gaza, quatre jours après en avoir fait la demande auprès des Forces de défense israéliennes.
Selon le CICR, ils auraient découvert plusieurs survivants blessés, dont «quatre petits enfants à côté de leur mère respective, toutes mortes, [qui] étaient trop faibles pour se lever tout seuls». Or des postes militaires israéliens se trouvaient à proximité, selon l'organisme.
«Cet incident est choquant, a déclaré Pierre Wettach, chef de la délégation du CICR pour Israël et les territoires palestiniens occupés. Les militaires israéliens devaient être au courant de la situation, mais ils n'ont pas porté secours aux blessés. Ils n'ont pas non plus fait en sorte que le CICR ou le Croissant-Rouge palestinien puissent leur venir en aide.»
768 Palestiniens tués
Mardi, le président égyptien, Hosni Moubarack, avait proposé un plan de sortie de crise après une rencontre avec son homologue français, Nicolas Sarkozy. Ce plan prévoyait un cessez-le-feu immédiat, un retour à la trêve observée par les parties entre juillet et novembre 2008 , l'ouverture des points de passage et un mécanisme international de garanties pour voir à l'application du nouvel accord.
Hier, le président palestinien, Mahmood Abbas, issu du parti Fatah expulsé de la bande de Gaza par le Hamas en 2007, a réitéré son appui au plan franco-égyptien, à l'instar de plusieurs autres chefs politiques.
Selon un décompte de l'AFP établi à partir de sources médicales palestiniennes, 768 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza depuis le début de l'offensive israélienne le 27 décembre et plus de 3200 autres ont été blessées. Selon les autorités israéliennes, huit soldats ont été tués pendant la même période, tandis que quatre civils ont perdu la vie à la suite de tirs de roquettes.
Une quarantaine de Canadiens ont été escortés hors de la bande de Gaza et faisaient route hier en direction de la Jordanie, a fait savoir un responsable du gouvernement canadien.
Enfin, des manifestations propalestiniennes et proisraéliennes ont eu lieu hier dans plusieurs villes du monde, dont une devant le consulat israélien à Montréal.
À Oslo, en Norvège, la police a interpellé au moins 27 personnes à la suite de heurts entre des manifestants des deux camps.
Avec l'Agence France-Presse, Reuters et Associated Press
La résolution adoptée en soirée par le Conseil appelle aussi «à la fourniture sans obstructions et à la distribution sur tout le territoire de Gaza de l'aide humanitaire», à l'ouverture des points de passage entre cette enclave palestinienne et ses voisins israélien et égyptien, et à des efforts en vue de mettre fin à la contrebande d'armes, qui constitue l'un des buts de l'offensive israélienne commencée le 27 décembre dernier. La résolution a été adoptée par 14 voix sur 15, les États-Unis s'étant abstenus.
La réunion du Conseil de sécurité a été précédée par d'intenses négociations visant à concilier deux textes présentés, l'un par un groupe de pays arabes, et l'autre par la Grande-Bretagne, appuyée pas les États-Unis et la France.
La résolution a été soutenue par les États-Unis et des pays arabes proches du Hamas, a précisé hier soir le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Son adoption permet d'espérer la fin d'un conflit qui a fait plus de 750 morts, presque tous des palestiniens.
Le projet de résolution témoigne d'un changement d'attitude de la part des États-Unis qui, comme leur allié israélien, s'étaient d'abord opposés à l'idée d'une intervention du Conseil de sécurité, que ce soit sous la forme d'une résolution ou d'une déclaration non contraignante.
Il en résulte une intense activité diplomatique, qui s'est surtout transportée en Europe hier, après qu'une mission européenne au Proche-Orient en début de semaine eut débouché sur un plan de sortie de crise «franco-égyptien» contenant déjà plusieurs points du texte discuté hier au Conseil de sécurité.
Tirs de roquettes à partir du Liban
En matinée, des tirs de roquettes effectués sur le nord d'Israël à partir du Liban ont ranimé les souvenirs de l'été 2006 et ont fait craindre l'ouverture d'un nouveau front au Proche-Orient, mais le mouvement chiite libanais Hezbollah, au coeur du conflit de 2006, a nié toute responsabilité dans cet incident.
Les roquettes sont tombées sur la ville de Nahariya, près de la frontière, faisant deux blessés légers; les militaires israéliens ont riposté par une frappe visant, selon un porte-parole de Tsahal, «la source» des tirs.
Le premier ministre libanais, Fouad Siniora, a condamné ces actes, tandis qu'un ministre israélien a dit y voir «des incidents isolés» provoqués par des Palestiniens, et non par le Hezbollah.
Pendant la journée d'hier, l'armée israélienne a continué de frapper des objectifs dans la bande de Gaza, tandis qu'au moins 16 roquettes étaient tirées sur le territoire israélien même si, pour la deuxième journée consécutive, une «trêve» de trois heures a été observée.
L'aviation a notamment détruit dans les environs de Rafah plusieurs maisons soupçonnées d'abriter des tunnels communiquant avec l'Égypte voisine et servant à la contrebande.
L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a suspendu hier ses activités humanitaires à Gaza après ce que l'ONU a décrit comme «une attaque israélienne contre un convoi humanitaire qui a tué deux de ses employés».
Il s'agissait vraisemblablement de deux chauffeurs d'un convoi de camions qui se dirigeaient vers un point de passage entre la bande de Gaza et Israël pour prendre livraison de matériel. L'UNRWA distribue notamment de l'aide alimentaire à des centaines de milliers de personnes dans le territoire. Depuis que le conflit a commencé, il y a 13 jours, quatre employés locaux de l'UNRWA ont été tués, selon l'ONU.
«Le secrétaire général [Ban Ki-moon] appelle une fois de plus à un cessez-le-feu immédiat pour faciliter un accès complet et sans entrave à l'aide humanitaire et pour permettre aux travailleurs humanitaires de travailler en toute sécurité et atteindre les personnes dans le besoin», pouvait-on lire hier dans un communiqué de l'ONU.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a par ailleurs accusé l'armée israélienne d'avoir contrevenu au droit international en entravant l'accès des secours aux blessés.
Selon un communiqué de cette organisation humanitaire, des ambulanciers ont réussi à obtenir mercredi l'accès à des maisons touchées par les bombardements dans un quartier de Gaza, quatre jours après en avoir fait la demande auprès des Forces de défense israéliennes.
Selon le CICR, ils auraient découvert plusieurs survivants blessés, dont «quatre petits enfants à côté de leur mère respective, toutes mortes, [qui] étaient trop faibles pour se lever tout seuls». Or des postes militaires israéliens se trouvaient à proximité, selon l'organisme.
«Cet incident est choquant, a déclaré Pierre Wettach, chef de la délégation du CICR pour Israël et les territoires palestiniens occupés. Les militaires israéliens devaient être au courant de la situation, mais ils n'ont pas porté secours aux blessés. Ils n'ont pas non plus fait en sorte que le CICR ou le Croissant-Rouge palestinien puissent leur venir en aide.»
768 Palestiniens tués
Mardi, le président égyptien, Hosni Moubarack, avait proposé un plan de sortie de crise après une rencontre avec son homologue français, Nicolas Sarkozy. Ce plan prévoyait un cessez-le-feu immédiat, un retour à la trêve observée par les parties entre juillet et novembre 2008 , l'ouverture des points de passage et un mécanisme international de garanties pour voir à l'application du nouvel accord.
Hier, le président palestinien, Mahmood Abbas, issu du parti Fatah expulsé de la bande de Gaza par le Hamas en 2007, a réitéré son appui au plan franco-égyptien, à l'instar de plusieurs autres chefs politiques.
Selon un décompte de l'AFP établi à partir de sources médicales palestiniennes, 768 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza depuis le début de l'offensive israélienne le 27 décembre et plus de 3200 autres ont été blessées. Selon les autorités israéliennes, huit soldats ont été tués pendant la même période, tandis que quatre civils ont perdu la vie à la suite de tirs de roquettes.
Une quarantaine de Canadiens ont été escortés hors de la bande de Gaza et faisaient route hier en direction de la Jordanie, a fait savoir un responsable du gouvernement canadien.
Enfin, des manifestations propalestiniennes et proisraéliennes ont eu lieu hier dans plusieurs villes du monde, dont une devant le consulat israélien à Montréal.
À Oslo, en Norvège, la police a interpellé au moins 27 personnes à la suite de heurts entre des manifestants des deux camps.
Avec l'Agence France-Presse, Reuters et Associated Press
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