Israël décide d'élargir son offensive
Photo : Agence Reuters
Un Palestinien et son petit-fils ont fui hier leur maison de la bande de Gaza pour se réfugier dans une école de l’ONU.
Israël a interrompu pendant trois heures, hier, ses bombardements sur le nord de la bande de Gaza, permettant aux habitants de la ville éponyme de se ruer vers les épiceries, mais pas chez le médecin, et aux travailleurs humanitaires d'effectuer normalement leur travail.
Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle ce territoire palestinien, a promis en contrepartie de cesser ses tirs de roquettes sur Israël pendant ces minitrèves, qui devraient être renouvelées chaque après-midi.
Le cabinet de sécurité israélien a cependant approuvé hier une extension de l'offensive contre le Hamas, qui a fait plus de 700 morts et 3100 blessés selon un bilan dressé par le service des urgences palestinien.
Cette instance du gouvernement israélien a «approuvé la poursuite des opérations terrestres, y compris une troisième phase qui élargira l'offensive en pénétrant plus avant dans les zones peuplées», a déclaré un responsable sous couvert d'anonymat, précisant qu'il appartiendra aux responsables militaires d'appliquer ou non la décision. Hier soir, des blindés faisaient route vers Khan Younes et des avions bombardaient des objectifs à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Tsahal avait auparavant largué des tracts sur Rafah sommant les habitants des zones frontalières de l'Égypte de quitter les lieux.
À Ottawa, le gouvernement Harper a annoncé hier le versement d'une aide de 4 millions $ au profit des «civils innocents touchés par la violence à Gaza», en prenant soin de préciser qu'aucune somme ne tombera dans les mains du Hamas. «Les conditions à Gaza sont très inquiétantes, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon. Le Canada souhaite vivement que tous les efforts soient faits pour permettre un accès sûr et libre à l'aide humanitaire. Nous félicitons Israël de sa décision de faciliter la distribution de l'aide humanitaire au moyen d'un cessez-le-feu temporaire.»
Dans l'ensemble, la décision d'observer des minitrèves quotidiennes semble avoir été mieux accueillie par les acteurs politiques de la communauté internationale, qui y voient le prélude à une sortie de crise, que par les responsables de l'action humanitaire.
«Depuis [mardi] soir les bombardements sont moins importants, mais ils ne se sont pas arrêtés. Le cessez-le-feu de trois heures ne concerne que Gaza City, a expliqué hier la Dre Cécile Barbou, coordonnatrice médicale de Médecins sans Frontières à Gaza, lors d'un entretien téléphonique. Les ambulance ne peuvent pas circuler. Il faudrait pourtant pouvoir aller chercher les blessés sur le site des combats.»
Le médecin a décrit une situation où les hôpitaux ont été débordés par l'afflux de blessés, d'abord au début de l'offensive aérienne, le 27 décembre, puis de nouveau quand les chars d'assaut ont pénétré dans la bande de Gaza, le week-end dernier. Si les établissements de santé disposent d'un nombre suffisant de lits d'hospitalisation, ils manquent en revanche d'unités de réanimation, de chirurgiens et d'autre personnel spécialisé dans le traitement des blessés graves. «Le personnel médical a de la difficulté à se rendre à l'hôpital à cause de la présence de chars dans les rues», a en outre indiqué la Dre Barbou.
Le gouvernement israélien fait valoir qu'environ 500 camions chargés de fournitures diverses ont été autorisés à entrer dans la bande de Gaza depuis le début des hostilités, fin décembre.
Dans un communiqué, le Programme alimentaire mondial affirme disposer d'un stock d'aliments suffisant pour les prochains jours, mais se plaint d'être empêché de procéder à la distribution en raison des combats.
«Les hôpitaux de la bande de Gaza ont reçu beaucoup d'aide, mais pas toujours pertinente. Le nouveau problème consiste à approvisionner chaque établissement à partir du dépôt pharmaceutique central. Les chauffeurs ne veulent plus circuler, a expliqué de son côté Cécile Barbou de MSF, pour qui «trois heures cessez-le-feu par jour, cela ne veut rien dire». «Il faut respecter les travailleurs humanitaires. Ils ne doivent plus être attaqués et on doit pouvoir prendre les blessés là ou ils se trouvent», a-t-elle soutenu.
Dans un communiqué émis hier, la présidente de MSF, la Dre Marie-Pierre Allié, a décrit les trêves temporaires comme des «mesures partielles destinées à calmer l'opinion internationale [et] sans effet sur la violence directe et massive subie par la population».
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a quand même salué ces mesures, hier, mais en réclamant que l'accès des secours aux victimes des combats soit permanent et qu'il s'étende au-delà des seuls «couloirs humanitaires». L'accès aux blessés «demeure une priorité absolue», a insisté le CICR.
Un porte-parole de la Fédération de la Croix-Rouge cité par l'Agence France-Presse a ajouté que la plupart des interventions des ambulances du Croissant-Rouge palestinien s'étaient faites sans coordination avec les autorités israéliennes «parce que le système ne marche franchement plus».
Un ambulancier du Croissant-Rouge a d'ailleurs été tué et deux autres blessés au cours des derniers jours, selon la Fédération. L'organisation CARE déplore quant à elle la mort d'un de ses employés lors d'un bombardement aérien mardi soir.
Sur le plan politique, Israël a accueilli favorablement le plan de sortie de crise en trois points proposé mardi soir par le président égyptien, Hosni Moubarack, à l'issue d'un sommet avec son homologue français, Nicolas Sarkozy. Le Hamas a pour sa part annoncé son intention d'étudier le plan.
Dans le même temps, Israël annonçait l'envoi d'émissaires au Caire pour discuter des propositions du président Moubarak.
L'accalmie quotidienne de trois heures est une étape positive mais très insuffisante, a dit hier le coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, lors d'une conférence de presse à New York.
«Le Secrétaire général a appelé à la fin du conflit et à [l'élimination de] ses causes : les attaques à la roquette et le trafic d'armes, la fermeture des frontières et l'asphyxie économique, le manque d'unité palestinienne et l'insuffisance de progrès concernant le processus de paix», a-t-il précisé.
Pour l'organisation des droits de l'homme Amnistie International, «les parties au conflit ne respectent pas le droit international humanitaire, et la population civile de Gaza en paie lourdement le prix».
«Onze jours après le début du conflit et alors que le nombre de victimes civiles ne cesse de croître dans la bande de Gaza, les appels en faveur d'un cessez-le-feu n'ont été entendus ni par Israël ni par le Hamas, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnistie. En l'absence d'un cessez-le-feu, il faut une trêve humanitaire immédiate pour protéger la population civile. Les combats doivent cesser pendant une période suffisamment longue pour que l'aide humanitaire puisse parvenir là où elle est nécessaire et pour que ceux qui veulent partir puissent être évacués.
Amnistie appelle par ailleurs les deux parties à s'abstenir de mener des attaques depuis des zones civiles. «Mais quand [les combattants] investissent une maison ou un bâtiment civil pour tirer, cela ne fait pas de ce bâtiment et de ses habitants civils des cibles militaires légitimes», juge l'organisation, au lendemain d'un drame qui a fait des dizaines de victimes dans une école de la bande de Gaza. Des soldats israéliens avaient alors tiré, disant riposter à des tirs venant du bâtiment.
Amnistie appelle «à une enquête indépendante sur ces violations présumées des droits de l'homme, y compris de possibles crimes de guerre, de la part des deux parties».
***
Avec l'Agence France-Presse et Reuters
Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle ce territoire palestinien, a promis en contrepartie de cesser ses tirs de roquettes sur Israël pendant ces minitrèves, qui devraient être renouvelées chaque après-midi.
Le cabinet de sécurité israélien a cependant approuvé hier une extension de l'offensive contre le Hamas, qui a fait plus de 700 morts et 3100 blessés selon un bilan dressé par le service des urgences palestinien.
Cette instance du gouvernement israélien a «approuvé la poursuite des opérations terrestres, y compris une troisième phase qui élargira l'offensive en pénétrant plus avant dans les zones peuplées», a déclaré un responsable sous couvert d'anonymat, précisant qu'il appartiendra aux responsables militaires d'appliquer ou non la décision. Hier soir, des blindés faisaient route vers Khan Younes et des avions bombardaient des objectifs à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Tsahal avait auparavant largué des tracts sur Rafah sommant les habitants des zones frontalières de l'Égypte de quitter les lieux.
À Ottawa, le gouvernement Harper a annoncé hier le versement d'une aide de 4 millions $ au profit des «civils innocents touchés par la violence à Gaza», en prenant soin de préciser qu'aucune somme ne tombera dans les mains du Hamas. «Les conditions à Gaza sont très inquiétantes, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon. Le Canada souhaite vivement que tous les efforts soient faits pour permettre un accès sûr et libre à l'aide humanitaire. Nous félicitons Israël de sa décision de faciliter la distribution de l'aide humanitaire au moyen d'un cessez-le-feu temporaire.»
Dans l'ensemble, la décision d'observer des minitrèves quotidiennes semble avoir été mieux accueillie par les acteurs politiques de la communauté internationale, qui y voient le prélude à une sortie de crise, que par les responsables de l'action humanitaire.
«Depuis [mardi] soir les bombardements sont moins importants, mais ils ne se sont pas arrêtés. Le cessez-le-feu de trois heures ne concerne que Gaza City, a expliqué hier la Dre Cécile Barbou, coordonnatrice médicale de Médecins sans Frontières à Gaza, lors d'un entretien téléphonique. Les ambulance ne peuvent pas circuler. Il faudrait pourtant pouvoir aller chercher les blessés sur le site des combats.»
Le médecin a décrit une situation où les hôpitaux ont été débordés par l'afflux de blessés, d'abord au début de l'offensive aérienne, le 27 décembre, puis de nouveau quand les chars d'assaut ont pénétré dans la bande de Gaza, le week-end dernier. Si les établissements de santé disposent d'un nombre suffisant de lits d'hospitalisation, ils manquent en revanche d'unités de réanimation, de chirurgiens et d'autre personnel spécialisé dans le traitement des blessés graves. «Le personnel médical a de la difficulté à se rendre à l'hôpital à cause de la présence de chars dans les rues», a en outre indiqué la Dre Barbou.
Le gouvernement israélien fait valoir qu'environ 500 camions chargés de fournitures diverses ont été autorisés à entrer dans la bande de Gaza depuis le début des hostilités, fin décembre.
Dans un communiqué, le Programme alimentaire mondial affirme disposer d'un stock d'aliments suffisant pour les prochains jours, mais se plaint d'être empêché de procéder à la distribution en raison des combats.
«Les hôpitaux de la bande de Gaza ont reçu beaucoup d'aide, mais pas toujours pertinente. Le nouveau problème consiste à approvisionner chaque établissement à partir du dépôt pharmaceutique central. Les chauffeurs ne veulent plus circuler, a expliqué de son côté Cécile Barbou de MSF, pour qui «trois heures cessez-le-feu par jour, cela ne veut rien dire». «Il faut respecter les travailleurs humanitaires. Ils ne doivent plus être attaqués et on doit pouvoir prendre les blessés là ou ils se trouvent», a-t-elle soutenu.
Dans un communiqué émis hier, la présidente de MSF, la Dre Marie-Pierre Allié, a décrit les trêves temporaires comme des «mesures partielles destinées à calmer l'opinion internationale [et] sans effet sur la violence directe et massive subie par la population».
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a quand même salué ces mesures, hier, mais en réclamant que l'accès des secours aux victimes des combats soit permanent et qu'il s'étende au-delà des seuls «couloirs humanitaires». L'accès aux blessés «demeure une priorité absolue», a insisté le CICR.
Un porte-parole de la Fédération de la Croix-Rouge cité par l'Agence France-Presse a ajouté que la plupart des interventions des ambulances du Croissant-Rouge palestinien s'étaient faites sans coordination avec les autorités israéliennes «parce que le système ne marche franchement plus».
Un ambulancier du Croissant-Rouge a d'ailleurs été tué et deux autres blessés au cours des derniers jours, selon la Fédération. L'organisation CARE déplore quant à elle la mort d'un de ses employés lors d'un bombardement aérien mardi soir.
Sur le plan politique, Israël a accueilli favorablement le plan de sortie de crise en trois points proposé mardi soir par le président égyptien, Hosni Moubarack, à l'issue d'un sommet avec son homologue français, Nicolas Sarkozy. Le Hamas a pour sa part annoncé son intention d'étudier le plan.
Dans le même temps, Israël annonçait l'envoi d'émissaires au Caire pour discuter des propositions du président Moubarak.
L'accalmie quotidienne de trois heures est une étape positive mais très insuffisante, a dit hier le coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, lors d'une conférence de presse à New York.
«Le Secrétaire général a appelé à la fin du conflit et à [l'élimination de] ses causes : les attaques à la roquette et le trafic d'armes, la fermeture des frontières et l'asphyxie économique, le manque d'unité palestinienne et l'insuffisance de progrès concernant le processus de paix», a-t-il précisé.
Pour l'organisation des droits de l'homme Amnistie International, «les parties au conflit ne respectent pas le droit international humanitaire, et la population civile de Gaza en paie lourdement le prix».
«Onze jours après le début du conflit et alors que le nombre de victimes civiles ne cesse de croître dans la bande de Gaza, les appels en faveur d'un cessez-le-feu n'ont été entendus ni par Israël ni par le Hamas, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnistie. En l'absence d'un cessez-le-feu, il faut une trêve humanitaire immédiate pour protéger la population civile. Les combats doivent cesser pendant une période suffisamment longue pour que l'aide humanitaire puisse parvenir là où elle est nécessaire et pour que ceux qui veulent partir puissent être évacués.
Amnistie appelle par ailleurs les deux parties à s'abstenir de mener des attaques depuis des zones civiles. «Mais quand [les combattants] investissent une maison ou un bâtiment civil pour tirer, cela ne fait pas de ce bâtiment et de ses habitants civils des cibles militaires légitimes», juge l'organisation, au lendemain d'un drame qui a fait des dizaines de victimes dans une école de la bande de Gaza. Des soldats israéliens avaient alors tiré, disant riposter à des tirs venant du bâtiment.
Amnistie appelle «à une enquête indépendante sur ces violations présumées des droits de l'homme, y compris de possibles crimes de guerre, de la part des deux parties».
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Avec l'Agence France-Presse et Reuters
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