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Israël décide d'élargir son offensive

Claude Lévesque   8 janvier 2009  International
Un Palestinien et son petit-fils ont fui hier leur maison de la bande de Gaza pour se réfugier dans une école de l’ONU.
Photo : Agence Reuters
Un Palestinien et son petit-fils ont fui hier leur maison de la bande de Gaza pour se réfugier dans une école de l’ONU.
Israël a interrompu pendant trois heures, hier, ses bombardements sur le nord de la bande de Gaza, permettant aux habitants de la ville éponyme de se ruer vers les épiceries, mais pas chez le médecin, et aux travailleurs humanitaires d'effectuer normalement leur travail.

Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle ce territoire palestinien, a promis en contrepartie de cesser ses tirs de roquettes sur Israël pendant ces minitrèves, qui devraient être renouvelées chaque après-midi.

Le cabinet de sécurité israélien a cependant approuvé hier une extension de l'offensive contre le Hamas, qui a fait plus de 700 morts et 3100 blessés selon un bilan dressé par le service des urgences palestinien.

Cette instance du gouvernement israélien a «approuvé la poursuite des opérations terrestres, y compris une troisième phase qui élargira l'offensive en pénétrant plus avant dans les zones peuplées», a déclaré un responsable sous couvert d'anonymat, précisant qu'il appartiendra aux responsables militaires d'appliquer ou non la décision. Hier soir, des blindés faisaient route vers Khan Younes et des avions bombardaient des objectifs à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Tsahal avait auparavant largué des tracts sur Rafah sommant les habitants des zones frontalières de l'Égypte de quitter les lieux.

À Ottawa, le gouvernement Harper a annoncé hier le versement d'une aide de 4 millions $ au profit des «civils innocents touchés par la violence à Gaza», en prenant soin de préciser qu'aucune somme ne tombera dans les mains du Hamas. «Les conditions à Gaza sont très inquiétantes, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon. Le Canada souhaite vivement que tous les efforts soient faits pour permettre un accès sûr et libre à l'aide humanitaire. Nous félicitons Israël de sa décision de faciliter la distribution de l'aide humanitaire au moyen d'un cessez-le-feu temporaire.»

Dans l'ensemble, la décision d'observer des minitrèves quotidiennes semble avoir été mieux accueillie par les acteurs politiques de la communauté internationale, qui y voient le prélude à une sortie de crise, que par les responsables de l'action humanitaire.

«Depuis [mardi] soir les bombardements sont moins importants, mais ils ne se sont pas arrêtés. Le cessez-le-feu de trois heures ne concerne que Gaza City, a expliqué hier la Dre Cécile Barbou, coordonnatrice médicale de Médecins sans Frontières à Gaza, lors d'un entretien téléphonique. Les ambulance ne peuvent pas circuler. Il faudrait pourtant pouvoir aller chercher les blessés sur le site des combats.»

Le médecin a décrit une situation où les hôpitaux ont été débordés par l'afflux de blessés, d'abord au début de l'offensive aérienne, le 27 décembre, puis de nouveau quand les chars d'assaut ont pénétré dans la bande de Gaza, le week-end dernier. Si les établissements de santé disposent d'un nombre suffisant de lits d'hospitalisation, ils manquent en revanche d'unités de réanimation, de chirurgiens et d'autre personnel spécialisé dans le traitement des blessés graves. «Le personnel médical a de la difficulté à se rendre à l'hôpital à cause de la présence de chars dans les rues», a en outre indiqué la Dre Barbou.

Le gouvernement israélien fait valoir qu'environ 500 camions chargés de fournitures diverses ont été autorisés à entrer dans la bande de Gaza depuis le début des hostilités, fin décembre.

Dans un communiqué, le Programme alimentaire mondial affirme disposer d'un stock d'aliments suffisant pour les prochains jours, mais se plaint d'être empêché de procéder à la distribution en raison des combats.

«Les hôpitaux de la bande de Gaza ont reçu beaucoup d'aide, mais pas toujours pertinente. Le nouveau problème consiste à approvisionner chaque établissement à partir du dépôt pharmaceutique central. Les chauffeurs ne veulent plus circuler, a expliqué de son côté Cécile Barbou de MSF, pour qui «trois heures cessez-le-feu par jour, cela ne veut rien dire». «Il faut respecter les travailleurs humanitaires. Ils ne doivent plus être attaqués et on doit pouvoir prendre les blessés là ou ils se trouvent», a-t-elle soutenu.

Dans un communiqué émis hier, la présidente de MSF, la Dre Marie-Pierre Allié, a décrit les trêves temporaires comme des «mesures partielles destinées à calmer l'opinion internationale [et] sans effet sur la violence directe et massive subie par la population».

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a quand même salué ces mesures, hier, mais en réclamant que l'accès des secours aux victimes des combats soit permanent et qu'il s'étende au-delà des seuls «couloirs humanitaires». L'accès aux blessés «demeure une priorité absolue», a insisté le CICR.

Un porte-parole de la Fédération de la Croix-Rouge cité par l'Agence France-Presse a ajouté que la plupart des interventions des ambulances du Croissant-Rouge palestinien s'étaient faites sans coordination avec les autorités israéliennes «parce que le système ne marche franchement plus».

Un ambulancier du Croissant-Rouge a d'ailleurs été tué et deux autres blessés au cours des derniers jours, selon la Fédération. L'organisation CARE déplore quant à elle la mort d'un de ses employés lors d'un bombardement aérien mardi soir.

Sur le plan politique, Israël a accueilli favorablement le plan de sortie de crise en trois points proposé mardi soir par le président égyptien, Hosni Moubarack, à l'issue d'un sommet avec son homologue français, Nicolas Sarkozy. Le Hamas a pour sa part annoncé son intention d'étudier le plan.

Dans le même temps, Israël annonçait l'envoi d'émissaires au Caire pour discuter des propositions du président Moubarak.

L'accalmie quotidienne de trois heures est une étape positive mais très insuffisante, a dit hier le coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, lors d'une conférence de presse à New York.

«Le Secrétaire général a appelé à la fin du conflit et à [l'élimination de] ses causes : les attaques à la roquette et le trafic d'armes, la fermeture des frontières et l'asphyxie économique, le manque d'unité palestinienne et l'insuffisance de progrès concernant le processus de paix», a-t-il précisé.

Pour l'organisation des droits de l'homme Amnistie International, «les parties au conflit ne respectent pas le droit international humanitaire, et la population civile de Gaza en paie lourdement le prix».

«Onze jours après le début du conflit et alors que le nombre de victimes civiles ne cesse de croître dans la bande de Gaza, les appels en faveur d'un cessez-le-feu n'ont été entendus ni par Israël ni par le Hamas, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnistie. En l'absence d'un cessez-le-feu, il faut une trêve humanitaire immédiate pour protéger la population civile. Les combats doivent cesser pendant une période suffisamment longue pour que l'aide humanitaire puisse parvenir là où elle est nécessaire et pour que ceux qui veulent partir puissent être évacués.

Amnistie appelle par ailleurs les deux parties à s'abstenir de mener des attaques depuis des zones civiles. «Mais quand [les combattants] investissent une maison ou un bâtiment civil pour tirer, cela ne fait pas de ce bâtiment et de ses habitants civils des cibles militaires légitimes», juge l'organisation, au lendemain d'un drame qui a fait des dizaines de victimes dans une école de la bande de Gaza. Des soldats israéliens avaient alors tiré, disant riposter à des tirs venant du bâtiment.

Amnistie appelle «à une enquête indépendante sur ces violations présumées des droits de l'homme, y compris de possibles crimes de guerre, de la part des deux parties».

***

Avec l'Agence France-Presse et Reuters






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  • Gilbert Filion
    Inscrit
    jeudi 8 janvier 2009 05h58
    Réplique
    « Vous faites allusion à une accalmie de 3 heures pour permettre aux civils de refaire leurs provisions à l'épicerie.

    Vous n'êtes pas drôle et quelque peu cynique.

    Les épiceries sont vides depuis 30 jours (minimum) suite à la décision d'Isaël de couper l'accès des vivres aux divers points d'entrée dans la Bande de Gaza ce qui est la raison principale de la fin de la trève et du début du conflit. »

  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    jeudi 8 janvier 2009 06h03
    Qu'ajouter ? Une Chandelle de Paix à allumer !
    « Bon Jour honorable tout le Monde !

    Grands mercis pour ce Mot sur la décision d'Israël "d'élargir son offensive" et d'honorer des "Minitrèves quotidiennes" susceptibles de permettre un "corridor humanitaire" sécuritaire en Territoire Gazoui !

    De ce Mot, et devant notre ORDI assis confortablement en sirotant du-Bon Café, inspire cette Réaction:

    Pendant qu'Israël élargi son offensive et permette des "Minitrèves";

    Pendant que la Communauté internationale salue le Geste d'Israël;

    Pendant que Amnistie Internationale s'affole sur le non respect présumé du Droit international humanitaire par les paries en cause (attendons des "preuves"):

    La Russie s'amuse avec ses "gazoducs" affectant plusieurs Pays;

    Le Hesbollah, déclarant son habituelle "hostilité" contre Israël et la Communauté Juive, annonce qu'Il est prêt à Attaquer Israël en temps opportun;

    L'Iran étudie, actuellement, l'Option d'une Attaque contre Israël avec la Syrie !

    Qu'ajouter ? Une Chandelle de Paix à allumer ! »

  • Roger Lapointe
    Abonné
    jeudi 8 janvier 2009 06h03
    Ce n'est pas une offensive mais une guerre totale contre les populations de Gaza.
    « Avec tous ses puissants moyens de machine guerrière, Israel frappe sans merci sur tout ce qui bouge dans Gaza, sans tenir compte des règles internationales qui visent à protéger les populations civiles.Derrière les paroles rassurantes du gouvernement Israélien et la complicité des pays occidentaux comme le Canada entre autre, Israel a décidé de rayer de la carte ce petit enclave de 1,5 millions d'habitants en leur rendant la vie impossible après son départ dévastateur.Que restera t-il une fois que cet état terroriste se sera retiré? des ruines, que des ruines et des humains faisant face à une catastrophe humanitaire sans nom,coincés dans leur petit pays-prison surveillés de près par ses boureaux.Israel pourra alors crié victoire sur le Hamas élu pourtant par ses citoyens sous l'oeil international,secondé dans son triomphe par son principal allié et fournisseur les USA. »

  • jpthoma1
    Abonné
    jeudi 8 janvier 2009 06h54
    Chacun sa manchette!
    « C'est drôle comment chaque média voit ce conflit.

    Le Devoir, qui n'a jamais caché son penchant pour le gouvernement "démocratique" du Hamas, nous annonce qu'Israël a décidé "d'élargir son offensive".

    Pourtant, ce matin, un autre média bien connu pour son penchant pour israël nous annonce que les palestiniens ont décidé "d'élargir leurs attaques de missiles" en tirant 4 missiles à partir du Liban!

    Comme quoi il faut toujours "élargir ses sources d'informations" pour séparer le bon grain de l'ivraie. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 8 janvier 2009 06h59
    Alterner le chaud et le froid
    « Très bonne idée de laisser soigner les blessés avant de leur tirer dessus de nouveau. »

  • Roger Lapointe
    Abonné
    jeudi 8 janvier 2009 07h24
    Article pertinent dans le Courrier International sur cette guerre qui pourrait s'étendre...
    « http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=93288 »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    jeudi 8 janvier 2009 07h52
    Un début... et les médias
    « Cette trève est peut-être le début du commencement de la fin des hostilités. Espérons-le. Enfin ce conflit est aussi fort médiatique et médiatisé. Donc il y a de la manipulation et de la fausseté de part et d'autre. Ainsi j'ai trouvé le premier paragraphe du texte de Claude Lévesque, avec photo à l'appui, quelque peu biaisé. C'est ma perception, mais peut-être je me trompe... »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 8 janvier 2009 10h08
    @ M. Réhel
    « On apprend que, sur 6 soldats Israéliens tués, 4 l'ont été par des tirs amis. Probablement parce que les soldats israéliens se sont fait dire de tirer sur les terroristes qui sont sur les 2 côtés. »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    jeudi 8 janvier 2009 11h23
    Cher Watson, c'est bien simple...
    « Il y en a qui pense politique comme on fait des calculs, 1+ 1 = 2 : « Il m'a envoyé un missile, je lui envoie mon armée. » Par contre rien quant aux circonstances historico-politiques de cette guerre en Palestine. Personne ne dit rien de ce qui s'est passé avant et après 1948 date à laquelle Israël est né et au cours de laquelle la souffrance palestinienne et la démission des pays arabes à l'égard ce qui allait advenir jusqu'à aujourd'hui. Beaucoup voit ça comme un match de Hockey ou de foot. À ce compte, ces mêmes commentateurs considéreraient la résistance française au cours de la 2ième guerre mondiale comme l'équivalent du Hamas aujourd'hui. Il n'y a pas de provocation au Sud Liban, le Hamas refuse sa mort déclarée par Sarkozy et Moubarak dont la femme de ce dernier commence à peine à être inquiète du sort des enfants palestiniens mais pas de celui des enfants égyptiens qui vivent dans des cimetières au Caire avec leur famille. Personne ne se demande pourquoi les autocrates, sources profondes de tout intégrisme dans ces régions, sont aimés, aidés par l'Occident? Les responsables Onusiens disent que 3 heures de trêve, c'est une grosse blague. D'ailleurs un de leur chauffeur d'aide dite « humanitaire » vient d'être tué. Il faut des heures pour acheminer de l'aide. Israël a fermé depuis un long temps ses frontières entre lui et la bande de Gaza pour affamer les palestiniens. Ceux-ci ne peuvent même pas aller pêcher au large de Gaza parce que les « démocrates humanistes israéliens avec leur vedettes maritimes et leurs avions le refusent. D'autres disent que L'Iran se prépare à attaquer Israël alors que ce pays vient juste d'annoncer qu'il refusait que des iraniens aillent se battre auprès du Hamas. Le Hezbollah chiite a d'autres problèmes sociaux et politiques pur s'engager contre Israël. On sait que la Syrie attend Obama, les diplomates le disent et les meilleurs analystes le pensent.
    À défaut de jouer au Nintendo avec pour belligérants la Palestine et Israël (Palestine sans beaucoup de soutien mise à part l'Iran, la Syrie contre Israël avec pour soutien le capitalisme INTERNATIONAL),quelques commentateurs non informés et qui pensent que cette bataille est un jeu à émettre « sa petite opinion » d'où il ressort qu'ils n'y connaissent absolument que dalle, feraient mieux de regarde et d'écouter attentivement cette émission française montrée sur Arte en France : http://gaza-sderot.arte.tv/fr/
    Le problème n'est pas de savoir si on a raison, si j'ai raison car je m'en fous, le problème est qu'il y a souffrance humaine là-bas et que c'est insupportable que celle-ci perdure depuis presque 60 ans à notre indifférence généralisée. Alors messieurs oubliez les mathématiques et aller dans vos livres d'histoire.
    Voici ce que nous lisons dans Le Monde de ce jour : « Revenu à la tête du Parti travailliste en juin 2007 après sa défaite aux élections de février 2001, l'actuel ministre de la défense, militaire le plus décoré d'Israël, a lui aussi beaucoup hésité avant de se lancer dans l'aventure périlleuse d'une opération terrestre dans le bourbier de la bande de Gaza. La décision prise, cet ancien chef d'état-major a décidé d'aller jusqu'au bout, afin que le Hamas ne puisse renaître de ses cendres. Électoralement parlant, l'opération "Plomb durci" lui est, pour le moment, bénéfique, puisque les travaillistes ont considérablement remonté dans les sondages pour les législatives du 10 février. Mais la guerre n'est pas terminée, et la bavure de l'école de l'ONU, où 40 personnes ont été tuées le 6 janvier à Jabaliya, ainsi que le nombre élevé de victimes civiles risquent de peser lourd lorsque sera venu le temps de faire le bilan.» »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    jeudi 8 janvier 2009 11h36
    Le Hamas pour les ignorants...
    « Quand et pourquoi le Hamas a-t-il été fondé ?
    Le Mouvement de la résistance islamique - son acronyme, Hamas, signifie "zèle" en arabe - a été créé le 9 décembre 1987 à Gaza, au début de la première Intifada, par six Frères musulmans rattachés aux Frères jordaniens. Sa création a rompu avec la politique précédente des Frères palestiniens, qui évitaient la résistance active à Israël dans les territoires occupés depuis 1967 pour privilégier un travail de réislamisation de la société. L'aile militaire du mouvement, les Brigades Ezzedine Al-Qassam, a été fondée en 1989. Cofondateur du Hamas, Ahmed Yassine en fut le chef spirituel jusqu'à son assassinat par Israël, en 2004. Son successeur, Abdel-Aziz Rantissi, a subi le même sort peu après. Aujourd'hui, cette organisation est dirigée par Khaled Mechaal, qui vit en exil à Damas.
    S'insère-t-il dans la montée de l'islam politique dans la région ?
    En choississant l'action armée, le Hamas a emboîté le pas au Djihad islamique, fondé en 1980 par un ancien nassérien, Fathi Shikaki, qui s'était tourné vers les Frères musulmans au lendemain de la déroute arabe de la guerre des Six-Jours en juin 1967. Pour les Frères égyptiens, la réislamisation de la société conduirait à la libération de la Palestine. Pour le Djihad, cette libération était un préalable.
    Le Hamas a synthétisé les deux approches. Si le Djihad est influencé par la révolution islamique en Iran, le Hamas est inséparable de la radicalisation de la société palestinienne face à l'occupation. Sa poussée s'inscrit aussi dans celle de l'islam politique au Moyen-Orient. Mais le Hamas reste d'abord une formation nationaliste religieuse, centrée sur la question territoriale, ce qui le rend détestable aux yeux des djihadistes salafistes.
    Quelle a été l'attitude israélienne à son égard ?
    Ahmed Yassine a initialement bénéficié de la bienveillance des Israéliens, concentrés sur la lutte contre l'Organisation de libération de la Palestine, centrale du mouvement national palestinien. Au début des années 1970, Ariel Sharon, responsable militaire chargé de Gaza à l'époque, a même fait financer en sous-main les mosquées des Frères.
    L'émergence de ce mouvement permettait de contrer l'omniprésence du Fatah de Yasser Arafat. Par la suite, l'évolution du Hamas vers la lutte armée a entraîné un changement d'attitude radical d'Israël, d'autant que les islamistes étaient hostiles aux accords d'Oslo du 13 septembre 1993 et à la reconnaissance d'Israël.
    Le Hamas n'a jamais fait partie de l'OLP. Marginalisé après Oslo, combattu farouchement par les services de sécurité de l'Autorité palestinienne chargée, par ces accords, d'administrer partiellement les territoires palestiniens, le Hamas a tiré profit de l'échec du processus de paix. Alors que le Fatah était discrédité par la corruption et le clientélisme, la combativité du Hamas, y compris par le recours au terrorisme, a accru sa popularité.

    Pourquoi s'est-il imposé durant la seconde Intifada ?
    Au lendemain des accords d'Oslo, le Hamas était marginalisé. Sa popularité s'est renforcée durant l'échec des négociations (1993-2000) et plus encore durant la deuxième Intifada (à partir du 29 septembre 2000).
    Plongés dans la crise économique induite par les bouclages israéliens, nombre de Palestiniens se sont tournés vers son réseau, extrêmement efficace, d'associations caritatives. Les difficultés des cinq dernières années ont favorisé le repli sur la religion dans une société déjà conservatrice. L'intransigeance du Hamas face aux Israéliens, le grand nombre de morts et de prisonniers dans ses rangs, ont contribué à sa popularité. Pour la majorité des Palestiniens, le retrait israélien de la bande de Gaza, en août 2005, est à porter au crédit de la "résistance" du Hamas.
    Mais la stratégie du mouvement islamique n'explique pas, à elle seule, ce phénomène. Le Fatah est hégémonique dans la vie politique palestinienne depuis douze ans. Son incapacité à obtenir la moindre avancée dans le règlement du conflit avec les Israéliens a amené nombre de Palestiniens, y compris des fidèles du Fatah, à se rapprocher des islamistes.
    Sur quel programme s'est-il fait élire le 25 janvier 2006 ?
    Lors de la campagne, ses candidats, inscrits sur la liste Changement et réforme, ont insisté sur la lutte contre la corruption, l'amélioration de la vie quotidienne et le respect des valeurs islamiques. Leur programme prévoyait le combat contre l'occupation, y compris par "la lutte armée". Aux yeux du Hamas, la Palestine historique est un waqf, un bien arabe et musulman. Les Palestiniens sont en droit de le récupérer pour y installer un Etat, avec Jérusalem pour capitale et le retour des réfugiés. Sa victoire aux élections a été une surprise. Elle a démontré un véritable rejet du Fatah sans pour autant que les électeurs épousent toutes les thèses du Hamas.
    Aujourd'hui, les responsables du Hamas sont plus pragmatiques. Ils sont d'accord pour la création d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, et proposent une trêve d'au moins vingt ans. Mais ils se refusent à reconnaître l'Etat juif, même s'ils considèrent que c'est aujourd'hui "une réalité" dont il n'est pas possible de ne pas tenir compte.
    Que dit la charte du Hamas ?
    Rédigée en août 1988, elle se compose de 36 articles. Le mouvement se présente comme une "branche" des Frères musulmans palestiniens. Son article 8 indique que : "Dieu est son but, le messager est son chef, le Coran sa Constitution, le djihad sa méthode, et mourir au nom de Dieu est son désir le plus cher." L'objectif est de "libérer la Palestine", bien musulman. La charte écarte les solutions diplomatiques. Les articles 22 et 28 abondent en références antisémites, dont Les Protocoles des sages de Sion. Les "ennemis", associés aux "loges maçonniques, aux Rotary et Lions Clubs", sont présentés comme les instigateurs de la Révolution française, des dernières guerres mondiales, de la création des Nations unies et du droit international. Cependant, le Hamas ne se réfère plus à cette charte depuis très longtemps.
    Quel est le poids du Hamas dans la société palestinienne ?
    Le Hamas est très actif sur les campus universitaires et dans les organisations professionnelles. Il est au contact du peuple. La myriade d'associations créées dans les quartiers pour les femmes et les enfants - formation professionnelle, apprentissage du Coran, éducation à l'hygiène et à la santé - a assis son emprise, surtout dans les zones défavorisées. Sa victoire aux élections municipales qui ont précédé les législatives du 25 janvier 2006 lui a conféré de nouvelles responsabilités concernant la gestion quotidienne dans la plupart des grandes villes et lui a permis d'accroître son audience en raison de son organisation efficace et d'un bon encadrement. Depuis la prise du pouvoir par un coup de force dans la bande de Gaza à la mi-juin 2007, Israël a fermé nombre d'organisations caritatives accusées de financer les "terroristes", et les services de sécurité de l'Autorité palestinienne ont procédé à des arrestations.
    Le Hamas est-il divisé entre "radicaux" et "pragmatiques" ?
    Il est indéniable que les deux courants existent. Les modérés ont estimé que l'éviction par la force du Fatah, par le Hamas, le 15 juin 2007, a été une erreur d'autant que trois mois plus tôt un gouvernement d'union nationale avait été formé après les accords de La Mecque du 8 février 2007. Mais pour les radicaux, un compromis avec le Fatah n'a jamais été envisageable. Leur influence a été renforcée par le blocus israélien, l'esprit de revanche d'une partie du Fatah et l'intransigeance de la communauté internationale.
    Quelle a été l'attitude des grandes puissances ?
    Jusqu'en 1992, date de l'inscription du Hamas sur la liste des organisations terroristes par Washington, l'administration américaine entretient des contacts. Après, les Américains rompent tout lien officiel. Les Européens rejoignent leur position. Alors que la communauté internationale pousse le Hamas à participer aux élections de 2006, sa victoire la prend de cours : elle impose trois conditions au mouvement islamiste comme préalable à une collaboration - reconnaissance d'Israël et des accords conclus depuis 1993, renoncement à la violence. Le Hamas s'y est toujours refusé. Khaled Mechaal, chef du bureau politique, préfère envisager la création d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967 et l'instauration d'une trêve de longue durée avec Israël, sans reconnaître sa légitimité. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    jeudi 8 janvier 2009 13h17
    Sainte Intifada Maudite.
    « Oui, cette guerre est maudite. Elle est vicieusement maudite parce qu'elle est initiée par l'Iran, le Pakistan et l'Afghanistan, soutenue par d'autres dont la liste risque de s'allonger, exploitée par ces pays hébergeurs des extrémistes intégristes et les terroristes islamistes, ces fous illuminés qui suivent les diktats coraniques d'un Allah tueur et branché sur la purification, l'épuration et les purges que justifient leurs folies.

    Elle est aussi sordidement maudite parque les spécialistes des beurres et des leurres de l'imagerie manipulatrice, les médias, s'en donnent à coeur joie et s'en mettent plein les poches de leur cupidité véreuse. Le choix tristement aberrant de la photo autour de laquelle vous avez tricoté votre pantouflard phentex de ce jour l'illustre complètement. Quelle pitié! Cette photo aurait pu tout aussi bien accompagner et déclencher la pitié qu'inspirent moult situations et les bidons extrêmement dégueulasses de la macro pauvreté montréalaise et d'ailleurs, déchéance que vous ignorez par choix ou par snobisme, parce qu'elle est moins croustillante, moins sanglante, moins vendeuse!

    Elle est aussi hideusement maudite parce que certains politiciens en mal de visibilité et de diversion en font le joujou central de leur esprit de babiole. Le « bras canadien » de Stephen Harper qui, sous le coup de l'émotivité, de l'opportunisme et de l'irréflexion, s'étire jusqu'à Gaza, pour y garrocher plus de 4M de nos économies alors criblées par la récession pyramidale. Ces millions seraient destinés, dit-il dans sa niaise naïveté consciente, aux pauvres palestiniens de la Bande de Gaza tous victimes des palestiniens du Hamas qu'ils ont portés au pouvoir ... ... ... Voulant éviter d'être ciblé ou criblé par les crâneurs et casseurs pro palestiniens du Hamas, s'agglutinant sur les parterres d'Ottawa ou d'ailleurs, c'est donc sa façon irrationnelle, paresseuse et honteusement irresponsable de condamner Israël et de contribuer, par son inaction, à envenimer le conflit, avec nos piastres d'un déficit qui s'annonce infernal.

    Elle est tout aussi maudite parce qu la sauterelle présidentielle de Paris, se prenant pour l'UE, s'y cherche un petit tabouret pour son strip maladif qui frôle le « papisme » et dont Carla est probablement «ben tannée», comme on dit par ici, ou au paroxysme de l'exacerbation, comme ils disent, par là-bas.

    Elle est aussi étrangement maudite, parce que Josef Ratzinger, l'ancien collabo de Hitler, condamne Israël aux feux des enfers de ses hallucinations et des pompes de ses diktats et de ses ex cathedra d'un antisémitisme à peine voilé. A-t-on déjà vu ce pontifiant rigoriste et pompeux dirigiste apostropher le fou d'Allah, Mahmoud Ahmadinejad et son tout aussi suprême que sanguinaire guide Ali Khamenei? L'a-t-on déjà vu ou entendu s'en prendre aux cannibales terroristes palestiniens du Hamas, aux crétins armés du Hezbollah, aux ineptes et déchiqueteurs talibans d'Afghanistan qui explosent nos soldats canadiens et québécois, ou encore aux abrutis et bestiaux extrémistes du Pakistan, ces formateurs des ben laden moyen-orientaux et passeurs d'armes destructrices comme l'Irak n'en a jamais eues?

    Ce que je retiens, en terme de justesse et d'à propos, en terme d'intelligence pratique et d'action constructive, c'est le résumé du discours de l'actuel secrétaire général de l'ONU : «(Le Secrétaire général) a appelé à la fin du conflit et à [l'élimination de] ses causes : les attaques à la roquette et le trafic d'armes, la fermeture des frontières et l'asphyxie économique, le manque d'unité palestinienne et l'insuffisance de progrès concernant le processus de paix». L'ONU a la notoriété, la respectabilité et l'autorité requises au bien-fondé et à la durabilité d'une intervention non partisane et sans autre intérêt que le plus grand bien de l'Humanité. Il faut qu'elle s'impose. Que se tassent alors et que l'éteignent enfin les starlettes Sarkozy, Harper, Ratzinger et les autres colimaçons des aquariums événementiels et des vitrines démentielles, avant que la Russie ou toute autre théocratie crasse s'en mêle et en fasse leur poutine.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • François Gerin
    Inscrit
    jeudi 8 janvier 2009 13h24
    @ Brun Bernard sur « Le Hamas pour les ignorants »
    « Bravo pour cette intervention.

    Sauf que c'est faire preuve de malhonnêteté intellectuelle de ne pas avoir précisé que vous avez tout simplement copié-collé un article du Monde. À l'école, vous auriez eu un gros « zéro » et on vous aurait même envoyé chez le directeur pour recevoir des coups de règle. »

  • Guy Moreau
    Inscrit
    jeudi 8 janvier 2009 14h28
    Israel la barbarie et nous...
    « Bonjour,

    La barbarie c'est l'idéologie qui amènent des hommes semblables à tous les autres hommes, ni plus sadiques ni plus pervers, à accepter le génocide ou la torture, à le pratiquer eux-mêmes ou à le tolérer autour d'eux : cette supériorité affichée, ce sentiment d'impunité, cette indifférence à l'humanité de l'autre, cette conviction non pas d'être au-dessus du Bien et du Mal, mais, tout au contraire, d'être dans le Bien, dans le bon camp, dans le camp qui combat le Mal. La barbarie naît de la civilisation : de la certitude d'être le civilisé face au barbare.

    Des photos en provenance de Gaza : http://portail.islamboutique.fr/gaza2008/

    Guy »

  • Guy Moreau
    Inscrit
    jeudi 8 janvier 2009 15h05
    @ Monsieur Réhel
    « Brève réaction à votre commentaire "Offensive nécessaire"

    Vous pourriez rédiger un livre de 500 pages pour étayer votre position mais comme vous partez d'un faux prémisse, ça n'avance personne.

    En effet, tout comme ce fut largement reconnu par les esprits libres et informés qui savent se soustraire à la propagande, le Hamas tout comme le Hezbollah sont des mouvements de résistance, au cas ou la propagande aurait réussie à vous faire oublier le sens du mot résistance, je vous invite à vous référer à l'histoire de la résistance française ou italienne lors de la deuxième grande guerre.

    Avant de nous édifier de vos commentaires je vous inviterais à consulter une carte du territoire palestinien datant de 1946.

    Cordialement »

  • Guy Moreau
    Inscrit
    jeudi 8 janvier 2009 15h34
    Pour un point de vue mitigé
    « Finalement pour un point de vue mitigé il y a celui de Pierre Foglia.

    http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/pierre-foglia/200901/08/01-815666-pauvre-palestine.php »

  • Dr. Dr. ULRICH
    Inscrit
    jeudi 8 janvier 2009 23h15
    Israeel daecide d'aelargir sa coopaeration avec les palestiniens
    « au jour d'hui et pour toujours Israeel coopaere aetroitement avec palestininiens et recto verso

    la fraternitae israeelo-palistino se concretise autour d'amitiaes communs et soins pour l'avenir meilleurs de leurs enfants

    tirs hamasiens se raesoude reconnaissant que la violence mutuelle ne meane nulle-part

    israeel arreste efforts diplomatiques pour laisser le champs-libre aux diplomaties palestiniens

    qu'est-CE que les palistiniens veulent ?
    qu'est-CE que les israeeliens veulent ? »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    vendredi 9 janvier 2009 07h38
    @M Gerin.
    « « malhonnêteté intellectuelle »; « À l'école, vous auriez eu un gros « zéro » et on vous aurait même envoyé chez le directeur pour recevoir des coups de règle. » Quelle morale, quelle esprit de répression, quelle grand désir de punir...

    Savez-vous pourquoi je n'ai pas mis les références, c'est parce que quand vous mettez un lien, les paresseux ne vont pas le lire et là, j'ai préféré mais sans savoir si je pouvais mettre le texte entier du monde avec sa référence, alors j'ai pris le chemin le plus court, ne mettre que le texte pour ceux comme M Réhel qui fait dans l'Opinionite aigue. Petit malin, vous et la chanteuse de music-hall (F)Réhel vous démontrez que les drames à Gaza ne sont pas si étonnants quand on sait la « mentalité » des êtres humains quant il s'agit de faire de la critique mal placée, non fondée. Surtout quand c'est avec ignorance. Si certains commentateurs étaient informés, on n'aurait pas de commentaires racistes, débiles et à côté de la plaque. On n'aurait pas besoin de définir au bout du doigt ce qu'il faudrait qu'ils sachent au minimum. Vous auriez pu remarquer que mes autres posts furent référencés concernant Arte et une petite référence sortie du Monde dont je suis abonné car là, il y a de la réflexion et de l'information que l'on retrouve presque mot pour mot dans les journaux de chez nous. « malhonnêteté intellectuelle », dites-vous? J'espère que vous avez au moins appris quelque chose. »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    vendredi 9 janvier 2009 11h47
    M Réhel...
    « ..vous avez bien vu moi non. On se demande après pourquoi? Vous avez raison de me taper sur les doigts, merci. Même si je ne comprends pas ma bévue et je vais de ce pas voir mon psy que je n'ai pas encore. J'ai pensé à vous en lisant le bon texte de B H Levy dans le Point d'hier à propos de Gaza. Lisez-le: http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/liberer-les-palestiniens-du-hamas/989/0/305272 »

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