Impuissance diplomatique à Gaza
Photo : Agence France-Presse
Des obus d’artillerie explosent au-dessus de la ville de Gaza sur cette photo prise hier à partir de la zone israélienne de la frontière avec la bande de Gaza. L’offensive terrestre israélienne se poursuit.
La communauté internationale peine à trouver le moyen d'aider une sortie de crise à la suite de l'offensive terrestre israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza.
Impasse au Conseil de sécurité des Nations unies, couac de la diplomatie européenne, appels répétés, mais ignorés à la cessation des hostilités de la part des deux parties, les différents gouvernements étrangers avaient l'air de se chercher hier dans leurs efforts de trouver une façon d'arrêter des combats qui auraient déjà fait, en neuf jours, près de 520 morts et plus de 2500 blessés, principalement du côté palestinien.
Les autorités médicales de Gaza rapportaient hier qu'au moins 63 Palestiniens, dont 22 civils, avaient été tués au terme de la première journée suivant l'entrée des troupes israéliennes sur leur territoire, samedi soir, après huit jours de bombardements intensifs. Cela porterait le total des morts dans le camp palestinien à 512 personnes, dont 87 enfants, et celui des blessés à plus de 2450 depuis le début de ce conflit, affirmait-on hier.
Côté israélien, le bilan officiel faisait état d'un soldat tué et de 30 autres blessés depuis le déclenchement de l'attaque terrestre. Au moins quatre Israéliens auraient également été tués par des roquettes lancées depuis Gaza.
Appuyés par des bombardements de leur artillerie et de leur aviation, les troupes et les chars israéliens ont poursuivi hier leur avancée en territoire palestinien, coupant en deux les parties nord et sud de la bande de Gaza. «Il n'y a pas de combats rapprochés», a affirmé un porte-parole de l'armée. «L'essentiel de l'opposition est sous forme de mortier.» «Nous avons déjà porté des coups très sévères au Hamas, a dit un autre porte-parole israélien, mais il faut encore frapper et l'opération peut prendre du temps.»
Malgré l'offensive terrestre, les activistes palestiniens ont continué de tirer de la bande de Gaza des roquettes et obus de mortier sur Israël, 32 nouveaux projectiles ayant été lancés hier, blessant légèrement une femme. «L'ennemi n'a pas réussi à atteindre ses objectifs», s'est félicité un haut responsable du Hamas, Moushir al-Masri, affirmant même que les forces israéliennes avaient été «surprises» par la résistance rencontrée en dépit des faibles moyens dont elle dispose.
Crise humanitaire
Des dizaines de familles palestiniennes ont été vues fuyant, en voitures et dans des camions, les secteurs des combats vers des zones moins dangereuses. L'électricité était coupée dans la plupart des localités en même temps que s'aggravaient les pénuries de nourriture et de carburant dans le petit territoire comptant plus de 1,5 million d'habitants. Commerces et bureaux étaient fermés. Les rues étaient désertes, à l'exception des files d'attente devant les quelques boulangeries encore ouvertes en prévision d'un siège prolongé.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), s'est hier dit «inquiet» de l'augmentation du nombre de victimes civiles et de l'accroissement des dommages contre des bâtiments civils, «notamment des hôpitaux», mais aussi les équipements d'approvisionnement en eau et d'évacuation des eaux usées.
«Nous tremblons comme nos enfants» a déclaré à l'Agence France-Presse Yehia Anis Hussein du quartier Zeïtoun. «Avant même cette offensive, c'était le blocus qui nous tuait. Cette situation est insupportable.»
L'offensive terrestre israélienne a déclenché un concert d'appels au cessez-le-feu de partout dans le monde. Toutes ces voix étaient cependant loin de s'entendre sur l'identité de l'agresseur et de l'agressé et ne semblaient pas savoir non plus comment aider la résolution du conflit.
Panne diplomatique
Dès le déclenchement de l'offensive terrestre israélienne, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé son interruption immédiate. Les membres du Conseil de sécurité ont toutefois bien été obligés d'admettre, samedi soir, au terme d'une réunion de quatre heures, qu'ils n'arrivaient pas à s'entendre sur l'adoption d'un texte commun sur la question. Ce texte devait en appeler à un «cessez-le-feu durable», «le plus vite possible», et affirmer la nécessité de «protéger la population civile» de Gaza et de «faciliter la fourniture d'assistance humanitaire».
Tout le monde était d'accord «sur la substance, mais pas sur le format», a expliqué après la réunion un diplomate occidental, sous le couvert de l'anonymat. Alliés indéfectibles d'Israël, les États-Unis ne souhaitaient apparemment pas l'adoption d'une déclaration officielle.
L'ambassadeur adjoint des États-Unis, Alejandro Wolff, a expliqué que les efforts de son pays visaient à établir que «la véritable cause des violences actuelles» sont les tirs de roquettes par le Hamas et qu'un cessez-le-feu «durable, fiable et qui soit respecté par tous» et ne pouvant pas mener à un retour au statu quo ante devait garantir la fin de ces tirs de roquettes, la fin des trafics d'armes, et le desserrement du blocus.
Dans une entrevue à la chaîne de télévision CBC, le vice-président américain, Dick Cheney, a affirmé hier que les Israéliens «n'ont pas demandé notre autorisation ni notre approbation» avant de lancer leur offensive. Il a toutefois laissé entendre que le lancement d'une opération terrestre était sans doute la bonne chose à faire si les seuls bombardements n'arrivaient pas à faire cesser les tirs de roquettes. Pendant ce temps, le président élu, Barack Obama, a fait savoir, par l'entremise de ses porte-parole, qu'il «surveillait la situation à Gaza», mais qu'il entendait bien, d'ici à son assermentation à la fin du mois, s'en tenir au principe d'«un président à la fois».
Outre l'ONU et les États-Unis, l'Union européenne et la Russie sont les deux autres membres du fameux Quartette pour le Proche-Orient censé promouvoir la paix dans la région. L'Union européenne a d'abord dû, samedi soir, rattraper la déclaration d'un porte-parole du gouvernement tchèque qui affirmait que l'opération terrestre israélienne était «défensive plus qu'offensive». La République tchèque, qui assumera la présidence tournante de l'UE durant les six prochains mois, s'est dépêchée de nuancer ces propos en précisant que le droit d'Israël de se défendre ne l'autoriserait pas à ne pas tenir compte de l'impact de ses gestes pour les populations civiles.
Une délégation composée de représentants de la République tchèque, de la France et de la Suède doit effectuer une tournée dans la région. «Nous y allons pour discuter de la situation, il n'y a pas encore de message concret», a admis une porte-parole tchèque. Le Haut Représentant pour la politique extérieure de l'UE, Javier Solana, a néanmoins assuré que l'UE était prête à envoyer une mission d'observateurs internationaux pour le maintien de la paix.
Quatrième et dernier membre du Quartette, la Russie enverra elle aussi un émissaire dans la région, a-t-on appris hier. Le président Dmitri Medvedev a souligné à son tour «l'importance d'un cessez-le-feu le plus vite possible».
Et le Canada
Le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Égypte, la Chine, le Japon, et les pays du Golfe sont au nombre des dizaines de pays qui ont exprimé le même souhait.
Le Canada a, quant à lui, répété une position déjà exprimée la semaine dernière et qui ressemble beaucoup à celle de son voisin américain. «Nous insistons pour que les efforts diplomatiques internationaux s'intensifient afin d'en arriver à un cessez-le-feu viable et durable, à commencer par l'arrêt de toutes les attaques à la roquette contre Israël», a déclaré son ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon.
***
Avec l'Agence France-presse
Impasse au Conseil de sécurité des Nations unies, couac de la diplomatie européenne, appels répétés, mais ignorés à la cessation des hostilités de la part des deux parties, les différents gouvernements étrangers avaient l'air de se chercher hier dans leurs efforts de trouver une façon d'arrêter des combats qui auraient déjà fait, en neuf jours, près de 520 morts et plus de 2500 blessés, principalement du côté palestinien.
Les autorités médicales de Gaza rapportaient hier qu'au moins 63 Palestiniens, dont 22 civils, avaient été tués au terme de la première journée suivant l'entrée des troupes israéliennes sur leur territoire, samedi soir, après huit jours de bombardements intensifs. Cela porterait le total des morts dans le camp palestinien à 512 personnes, dont 87 enfants, et celui des blessés à plus de 2450 depuis le début de ce conflit, affirmait-on hier.
Côté israélien, le bilan officiel faisait état d'un soldat tué et de 30 autres blessés depuis le déclenchement de l'attaque terrestre. Au moins quatre Israéliens auraient également été tués par des roquettes lancées depuis Gaza.
Appuyés par des bombardements de leur artillerie et de leur aviation, les troupes et les chars israéliens ont poursuivi hier leur avancée en territoire palestinien, coupant en deux les parties nord et sud de la bande de Gaza. «Il n'y a pas de combats rapprochés», a affirmé un porte-parole de l'armée. «L'essentiel de l'opposition est sous forme de mortier.» «Nous avons déjà porté des coups très sévères au Hamas, a dit un autre porte-parole israélien, mais il faut encore frapper et l'opération peut prendre du temps.»
Malgré l'offensive terrestre, les activistes palestiniens ont continué de tirer de la bande de Gaza des roquettes et obus de mortier sur Israël, 32 nouveaux projectiles ayant été lancés hier, blessant légèrement une femme. «L'ennemi n'a pas réussi à atteindre ses objectifs», s'est félicité un haut responsable du Hamas, Moushir al-Masri, affirmant même que les forces israéliennes avaient été «surprises» par la résistance rencontrée en dépit des faibles moyens dont elle dispose.
Crise humanitaire
Des dizaines de familles palestiniennes ont été vues fuyant, en voitures et dans des camions, les secteurs des combats vers des zones moins dangereuses. L'électricité était coupée dans la plupart des localités en même temps que s'aggravaient les pénuries de nourriture et de carburant dans le petit territoire comptant plus de 1,5 million d'habitants. Commerces et bureaux étaient fermés. Les rues étaient désertes, à l'exception des files d'attente devant les quelques boulangeries encore ouvertes en prévision d'un siège prolongé.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), s'est hier dit «inquiet» de l'augmentation du nombre de victimes civiles et de l'accroissement des dommages contre des bâtiments civils, «notamment des hôpitaux», mais aussi les équipements d'approvisionnement en eau et d'évacuation des eaux usées.
«Nous tremblons comme nos enfants» a déclaré à l'Agence France-Presse Yehia Anis Hussein du quartier Zeïtoun. «Avant même cette offensive, c'était le blocus qui nous tuait. Cette situation est insupportable.»
L'offensive terrestre israélienne a déclenché un concert d'appels au cessez-le-feu de partout dans le monde. Toutes ces voix étaient cependant loin de s'entendre sur l'identité de l'agresseur et de l'agressé et ne semblaient pas savoir non plus comment aider la résolution du conflit.
Panne diplomatique
Dès le déclenchement de l'offensive terrestre israélienne, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé son interruption immédiate. Les membres du Conseil de sécurité ont toutefois bien été obligés d'admettre, samedi soir, au terme d'une réunion de quatre heures, qu'ils n'arrivaient pas à s'entendre sur l'adoption d'un texte commun sur la question. Ce texte devait en appeler à un «cessez-le-feu durable», «le plus vite possible», et affirmer la nécessité de «protéger la population civile» de Gaza et de «faciliter la fourniture d'assistance humanitaire».
Tout le monde était d'accord «sur la substance, mais pas sur le format», a expliqué après la réunion un diplomate occidental, sous le couvert de l'anonymat. Alliés indéfectibles d'Israël, les États-Unis ne souhaitaient apparemment pas l'adoption d'une déclaration officielle.
L'ambassadeur adjoint des États-Unis, Alejandro Wolff, a expliqué que les efforts de son pays visaient à établir que «la véritable cause des violences actuelles» sont les tirs de roquettes par le Hamas et qu'un cessez-le-feu «durable, fiable et qui soit respecté par tous» et ne pouvant pas mener à un retour au statu quo ante devait garantir la fin de ces tirs de roquettes, la fin des trafics d'armes, et le desserrement du blocus.
Dans une entrevue à la chaîne de télévision CBC, le vice-président américain, Dick Cheney, a affirmé hier que les Israéliens «n'ont pas demandé notre autorisation ni notre approbation» avant de lancer leur offensive. Il a toutefois laissé entendre que le lancement d'une opération terrestre était sans doute la bonne chose à faire si les seuls bombardements n'arrivaient pas à faire cesser les tirs de roquettes. Pendant ce temps, le président élu, Barack Obama, a fait savoir, par l'entremise de ses porte-parole, qu'il «surveillait la situation à Gaza», mais qu'il entendait bien, d'ici à son assermentation à la fin du mois, s'en tenir au principe d'«un président à la fois».
Outre l'ONU et les États-Unis, l'Union européenne et la Russie sont les deux autres membres du fameux Quartette pour le Proche-Orient censé promouvoir la paix dans la région. L'Union européenne a d'abord dû, samedi soir, rattraper la déclaration d'un porte-parole du gouvernement tchèque qui affirmait que l'opération terrestre israélienne était «défensive plus qu'offensive». La République tchèque, qui assumera la présidence tournante de l'UE durant les six prochains mois, s'est dépêchée de nuancer ces propos en précisant que le droit d'Israël de se défendre ne l'autoriserait pas à ne pas tenir compte de l'impact de ses gestes pour les populations civiles.
Une délégation composée de représentants de la République tchèque, de la France et de la Suède doit effectuer une tournée dans la région. «Nous y allons pour discuter de la situation, il n'y a pas encore de message concret», a admis une porte-parole tchèque. Le Haut Représentant pour la politique extérieure de l'UE, Javier Solana, a néanmoins assuré que l'UE était prête à envoyer une mission d'observateurs internationaux pour le maintien de la paix.
Quatrième et dernier membre du Quartette, la Russie enverra elle aussi un émissaire dans la région, a-t-on appris hier. Le président Dmitri Medvedev a souligné à son tour «l'importance d'un cessez-le-feu le plus vite possible».
Et le Canada
Le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Égypte, la Chine, le Japon, et les pays du Golfe sont au nombre des dizaines de pays qui ont exprimé le même souhait.
Le Canada a, quant à lui, répété une position déjà exprimée la semaine dernière et qui ressemble beaucoup à celle de son voisin américain. «Nous insistons pour que les efforts diplomatiques internationaux s'intensifient afin d'en arriver à un cessez-le-feu viable et durable, à commencer par l'arrêt de toutes les attaques à la roquette contre Israël», a déclaré son ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon.
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Avec l'Agence France-presse
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