mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 09h58


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La guerre terrestre, pari risqué pour Israël

5 janvier 2009  International
Un jeune Palestinien blessé était transporté hier dans un hôpital de la ville de Gaza. L’offensive israélienne dans la bande de Gaza aurait jusqu’ici fait plus de 500 victimes, dont 87 enfants, et plus de 2450 blessés.
Photo : Agence France-Presse
Un jeune Palestinien blessé était transporté hier dans un hôpital de la ville de Gaza. L’offensive israélienne dans la bande de Gaza aurait jusqu’ici fait plus de 500 victimes, dont 87 enfants, et plus de 2450 blessés.
Lorsque des tirs intensifs de l'armée de l'air et de l'artillerie israélienne vers la bande de Gaza ont été rapportés samedi en fin d'après-midi, les experts militaires israéliens, et nombre de leurs concitoyens, se doutaient que l'opération terrestre israélienne avait finalement été lancée. Personne, à la radio ou la télévision israélienne, n'a cependant pipé mot, jusqu'à l'annonce du début de l'offensive. Ce mutisme est l'exact contraire des annonces — pas toujours exactes — et des conjectures des médias israéliens, qui avaient émaillé la guerre de l'été 2006 contre le Hezbollah. «Les décisions sont prises à huis clos, il n'y a plus de fuites dans les médias, et les journalistes eux-mêmes font preuve d'une grande retenue», commente Shlomo Brom, ancien chef de la planification stratégique de l'armée israélienne. Et d'ajouter: «Nous avons tiré les leçons de 2006, nous parlons moins et nous faisons plus.»

L'ombre du conflit contre la milice chiite libanaise s'est faite encore plus pesante depuis l'entrée des troupes israéliennes dans la bande de Gaza. Dans les deux cas, l'État hébreu est confronté à un groupe islamiste, soutenu par l'Iran, déterminé à poursuivre ses tirs de roquettes sur Israël. Le conflit de 2006 avait été déclenché par la capture de deux soldats israéliens lors d'un raid du Hezbollah en territoire israélien. L'issue de l'opération israélienne en cours pèsera de façon décisive sur le sort du soldat franco-israélien Gilad Shalit, enlevé en juin 2006 et détenu depuis par le Hamas dans la bande de Gaza. Surtout, des hésitations, des cafouillages et des revers contre les combattants du Hezbollah rodés à la guérilla urbaine avaient marqué les opérations terrestres israéliennes de 2006.

Les responsables politiques et militaires israéliens ont cette fois employé les grands moyens. «Le Hamas n'est pas le Hezbollah, et l'armée israélienne de janvier 2009 n'est pas l'armée de 2006. Elle est plus en pointe, plus déterminée et mieux entraînée. Les informations [dont dispose Israël] sont infiniment meilleures cette fois-ci. L'offensive a été préparée depuis longtemps», affirmaient hier Amos Harel et Avi Issacharoff, les spécialistes militaires du quotidien Haaretz. Reste que la densité de population dans la bande de Gaza, une des plus fortes du monde dans un territoire où plus de 1,5 million de Palestiniens s'entassent sur 360 kilomètres carrés, rend toute opération militaire extrêmement risquée et meurtrière tant pour les soldats que pour les civils. «De la Tchétchénie à l'Irak, il est évident que les opérations militaires dans les zones urbaines très peuplées sont extrêmement compliquées», reconnaît Shlomo Brom. «La plus grosse difficulté pour l'armée israélienne sera de distinguer entre les civils et les hommes du Hamas qui utilisent la population civile pour se protéger», ajoute-t-il.

Contrairement aux déclarations optimistes qui avaient marqué les premiers jours de l'offensive israélienne de 2006, les responsables israéliens ont multiplié cette fois-ci les mises en garde. «Cela ne sera ni facile ni court», a ainsi déclaré samedi le ministre de la Défense israélien Ehoud Barak, précisant que des pertes étaient à attendre parmi les troupes israéliennes. Le chef politique du Hamas, Khaled Meshal, réfugié à Damas, a prévenu qu'une opération terrestre israélienne à Gaza se solderait par «quelques Gilad Shalit» de plus. Quant aux chefs du mouvement islamiste dans le territoire palestinien, ils ont promis que «les enfants de Gaza feront collection des membres déchiquetés des soldats sionistes». Des menaces qui, si elles se réalisaient, pourraient profondément entamer le consensus d'une population israélienne jusqu'ici largement favorable à l'intervention militaire dans le territoire palestinien.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009