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Israël intensifie ses frappes

Lisa-Marie Gervais   29 décembre 2008  International
Une Palestinienne pleure la mort de son fils tué par les forces israéliennes.
Photo : Agence France-Presse
Une Palestinienne pleure la mort de son fils tué par les forces israéliennes.
L'opération «Plomb durci» d'Israël n'a rien perdu de son aplomb. En plus de donner son feu vert à la mobilisation de milliers de réservistes en vue d'une éventuelle offensive terrestre, l'État hébreu a intensifié ses frappes sur la bande de Gaza qui, encore sous le choc des attaques aériennes déclenchées contre elle samedi, en est toujours à compter ses morts.

Jusqu'ici, près de 300 personnes ont été tuées, en majorité des policiers du Hamas, et on compte plus de 600 blessés, selon un nouveau bilan des services d'urgence palestiniens.

L'offensive, d'une violence jamais vue depuis l'occupation des territoires palestiniens par Israël en 1967, visait, selon Israël, à mettre fin aux tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, sur les localités du sud du pays. «Cela ne sera pas de courte durée et ne sera pas facile». Ces mots du ministre de la Défense, Éhoud Barak, ont donné le ton. L'armée israélienne «élargira et approfondira ses opérations à Gaza autant que nécessaire», a-t-il averti.

Le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, a quant à lui accusé Israël de «commettre un holocauste au vu et au su du monde entier, qui n'a pas bougé le petit doigt». La «résistance palestinienne se réserve le droit de riposter à cette agression par des opérations de martyre», a-t-il affirmé, faisant allusion aux attentats suicide.

Hier après-midi, d'après des témoins, l'aviation israélienne a mené une série de raids contre des tunnels de contrebande qui permettaient au Hamas d'introduire des armes dans la bande de Gaza, depuis longtemps soumise à un blocus orchestré par Israël. Selon une porte-parole de l'armée, quelque «40 tunnels» auraient été visés dans le secteur de Rafah, à la frontière avec l'Égypte, faisant deux morts et 22 blessés. L'Université islamique de Gaza, une mosquée, située près du principal hôpital de Gaza, et la chaîne de télévision d'Al-Aqsa TV, utilisée par le Hamas, sont quelques-uns des lieux symboliques qui ont été visés par les frappes.

Piqués au vif, les partisans du Hamas ont voulu maintenir la pression sur leur éternel rival et ont riposté par des tirs de dizaines de roquettes et d'obus de mortier tôt hier matin. Deux roquettes sont notamment tombées près de la ville israélienne d'Ashdod, à une quarantaine de kilomètres de Gaza, soit la plus longue portée jamais observée. Aucune victime n'a été recensée.

Gaza en crise

Ces attaques meurtrières portent un dur coup à Gaza qui, saignée à blanc depuis un bon moment en raison du blocus maintenu par Israël, vit une grave crise humanitaire. Les hôpitaux de la bande de Gaza ne parviennent pas à faire face à l'afflux de victimes des raids, a fait savoir le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Les centres hospitaliers de Gaza ont besoin d'équipements médicaux et les habitants de l'enclave côtière ont peur de sortir dans les rues, a souligné le CICR.

Les organisations chargées des opérations de secours font néanmoins ce qu'elles peuvent. La Société du Croissant-Rouge palestinien a envoyé du personnel supplémentaire aux hôpitaux, tandis qu'employés et bénévoles aident à évacuer les morts et les blessés des bâtiments endommagés ou détruits. Jusqu'ici, le CICR a pu faire parvenir du matériel médical à deux hôpitaux de Gaza, et une cargaison supplémentaire était attendue dans le territoire hier.

Au terminal de Rafah, dans le nord-est de l'Égypte, des ambulances attendaient de prendre en charge des Palestiniens de la bande de Gaza blessés par les raids israéliens pour y être soignés. La Société du Croissant-Rouge iranien y est allé de sa propre contribution en envoyant en Égypte des avions-cargos remplis de 50 tonnes de nourriture et d'autres produits pour que cette aide soit acheminée à Gaza, a rapporté la télévision publique iranienne. Le ministre israélien de la Défense, Éhoud Barak, a finalement autorisé hier en fin de journée plus de 100 camions à livrer de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza.

Solidarité de par le monde

À New York, le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni en urgence, a appelé Israéliens et Palestiniens à «cesser immédiatement toutes les violences» dans la bande de Gaza. Le communiqué émis par l'ONU souligne la nécessité de rétablir une trêve entre l'État hébreu et le Hamas et demande aussi l'ouverture des points de passage pour assurer un acheminement continu de nourriture, de carburant et de médicaments.

Pour la seconde journée consécutive, de nombreuses manifestations de soutien ont été organisées dans toute la région, du Liban à l'Iran, ainsi qu'en Cisjordanie, où deux Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne. Ailleurs dans le monde, des citoyens de toutes allégeances ont réclamé le retour de la paix, notamment à Londres, Madrid, Paris et Ankara. Au Canada, où des manifestations ont eu lieu dans les villes de Toronto, Ottawa et Montréal, le gouvernement conservateur a été fustigé pour son inaction et pour l'absence de condamnation des gestes d'Israël. Il a néanmoins appelé au «retour immédiat au calme», demandant au Hamas et à l'État hébreu de renouveler leurs «efforts» pour instaurer un cessez-le-feu.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a exhorté le Hamas, qui a proclamé le 19 décembre dernier la fin de six mois de trêve avec Israël, à conclure un nouveau cessez-le-feu «pour arrêter le bain de sang». Mais le Hamas ne manquera pas de soutien s'il décide de maintenir sa stratégie belliqueuse: sans appeler à l'offensive, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé qu'il n'allait pas abandonner le Hamas et a demandé à ses hommes de se tenir en alerte dans le sud du Liban en cas d'attaques israéliennes.

Quant à la ministre des Affaires étrangères de l'État hébreu, Tzipi Livni, elle a déclaré au réseau NBC que son pays avait lancé cette opération parce que le Hamas faisait de la contrebande d'armes et formait «une petite armée». «Notre but n'est pas de réoccuper la bande de Gaza», a-t-elle toutefois ajouté.

Israël veut s'imposer

Selon Sami Aoun, politologue de l'Université de Sherbrooke et grand spécialiste du Moyen-Orient, le conflit, éminemment complexe, est un amalgame d'opinions, d'interprétations et d'intérêts diverses. Mais les motifs qui ont poussé Israël à durement frapper Gaza à ce moment bien précis de l'année ne relèvent pas du hasard et peuvent s'expliquer par trois dates. «Israël veut d'abord imposer sa loi à Gaza avant l'arrivée de Barack Obama au pouvoir, le 20 janvier. Il veut envoyer un message, alors que Mahmoud Abbas s'apprête à terminer son mandat présidentiel sur l'Autorité palestinienne le 9 janvier, et souhaite donner une image de puissance du parti au pouvoir, Kadima, qui pourrait éventuellement perdre face au Likoud lors des élections du 10 février prochain», explique-t-il. D'autre part, il reconnaît que le Hamas ne met pas en priorité le bien-être du peuple palestinien, pas plus qu'il ne promeut ses intérêts nationaux. «Aux yeux de l'Autorité palestinienne, le Hamas a l'air de davantage servir les intérêts de la Syrie et de l'Iran, et c'est là le problème», a-t-il précisé. Même s'il croit fermement qu'Israël n'est pas près d'abandonner, Sami Aoun prêche pour une «solution négociée» entre des intérêts palestiniens unis et l'État hébreu. «Le scénario le plus apocalyptique serait qu'on perpètre des assassinats politiques ciblés contre des dirigeants du Hamas et que cette faction réplique par des attentats suicide en Cisjordanie et ailleurs», a-t-il soutenu. «Mais un scénario de solution serait une réconciliation palestinienne qui pourrait permettre à l'armée égyptienne, par exemple, de rentrer dans Gaza pour veiller à l'ordre.»

***

Avec l'Agence France-Presse, Reuters et Associated Press






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  • Daniel Francoeur
    Inscrit
    lundi 29 décembre 2008 02h01
    «Oeil pour oeil et dent pour dent» ou bientôt tous aveugles et édentés !
    « Quelle belle logique incendiaire de toujours utiliser la violence comme outil pour bâtir la paix. Ghandi y est arrivé en utilisant d'autres outils. Mais les hommes n'apprennent pas des leçons de l'Histoire.

    Bush et Harper continuent de justifier Israël, c'est la guerre sainte qui se poursuit. Le temps des croisades n'est donc pas terminé. En preuve, Benoît XVI ne condamne pas trop fortement les agressions sur les arabes.

    Les américains ont perdu toutes leurs dernières guerres, tout comme les israéliens qui ne sont jamais arrivés à établir la paix durable. Mais c'est bien connu, les imbéciles n'apprennent pas de leurs leçons ! Et, continuent de clamer que la raison, le droit, la légitimité et Dieu sont leur coté... »

  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    lundi 29 décembre 2008 09h09
    Que choisissons-nous ?
    « Bon-Jour honorable tout le Monde !

    Grands mercis pour ce Reportage-LIVE sur ce qui se passe à Gaza (Opération "Oferet Yetsukah" / "Plomb Durci" ou "Coulée de Plomb") !

    De ce Reportage, il est intéressant-étonnant de Regarder-Voir Émerger ce Questionnement-Terrible relatif au Monde de la Propagande "Pro" et "Anti" Riposte israélienne;

    un Monde de "Guerre d'Images et de Mots" efficaces-décisifs particulièrement déterminé-orienté :

    D'où pro-viennent, par exemple, ce Phénomène du "Pro" ou de l' "Anti" ?

    Quels sont leurs "Effets collatéraux" ("attitudes" d'esprit, de corps; comportement) sur les Populations, les Ressources, les Personnes ?

    Comment et qu'expliquer que, soudainement ou en dehors de toute démarche réputée "légitime" (! ... ?), des Populations, des Ressources et des Personnes optent, volontairement-librement, pour ou contre le "Pro", l' "Anti" ?

    Qui Sommes-nous devant-derrière Israël ?

    "Pro" ? ou "Anti" ... ? ou ... une "tâche d'huile" ... ?

    Entre-temps, et de tout-temps, Qui-choisit choisit ou la Vie ou la Mort !

    Quant à nous, choisir la Vie demeure une Option Gagnante et Respectueuse de tout le Monde, plus précisément de-Celui de la Démocratie, de la Liberté et des Droits Humains, appelé, d'abord, à la Paix... !

    Que choisissons-nous ? »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 29 décembre 2008 09h25
    Pendant ce temps à Québec....
    « Pendant qu'on se préoccupe de quelques morts à Gaza, on apprend ce matin, qu'en fin de 400e, on va offrir aux Québécois...une belle mosquée de 1000 places! Juste en face d'une église! C'est-y pas beau?

    http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/la-capitale/200812/28/01-813586-mosquee-de-1000-places-dans-une-caisse-pop-de-sainte-foy.php »

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    lundi 29 décembre 2008 11h41
    Action militaire légitime? Naïveté débridée...
    « Il faut être vraiment naïf pour croire que la violence d'Israël (et aussi celle des Palestiniens) va régler le problème! Ça fait des décennies que ce cycle de violence infernale afflige le Moyen-Orient et le conflit continue à s'enliser et toutes les tentatives de règlement du conflit ont échouées. L'agression d'Israël contre Gaza va très probablement pousser plus de Palestiniens vers la violence et augmenter les rangs du Hamas. Ça va aussi, probablement, entraîner la Cisjordanie et l'autorité palestinienne dans la tourmente et, peut-être, dans une autre «intifada».

    La violence, de part et d'autre, ne règlera jamais rien dans ce conflit, du moins jamais à moyen et long terme. »

  • Linda Hart
    Inscrite
    lundi 29 décembre 2008 11h47
    Israël, un état raciste et terroriste
    « Il n'y a rien de légitime dans la politique pratiquée par Israël dans l'ensemble des territoires occupés. Tant et aussi longtemps qu'Israël y fera régner la terreur et la loi du plus fort et tant que justice ne sera pas rendue aux Palestiniens, il n'y aura jamais de paix durable dans ce coin du monde. Le problème n'est pas avec les Palestiniens, il est avec Israël, les USA, le lobby juif sioniste et les partis d'extrême droite ultra religieux d'Israël. Ce n'est pas aux Palestiniens de donner l'exemple, c'est à Israël de négocier de bonne foi et de permettre enfin aux Palestiniens d'exister dans la dignité comme n'importe quel autre peuple.

    Les partisans d'Israël ne sont que des lâches. Ils appuient un gouvernement terroriste et raciste, bien installés dans leur petit confort douillet. Je me demande comment ils réagiraient s'ils étaient dans la peau des Palestiniens qui attendant depuis 60 ans qu'on leur fasse justice. »

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 29 décembre 2008 14h03
    À la source
    « Le problème palestinien vient de la création d'un État juif au Moyen-Orient par les puissances coloniasatrices de l'Europe plus tard appuyées par les États-Unis d'Amérique. Au lieu de voler au secours des Palestiniens, elles supportent Israël plutôt d'admettre qu'elles ont eu tort. Et des Réhel viennent justifier le tout en faisant passer les Juifs d'Israël pour des victimes d'une guerre que les Palestiniens livrent avec des frondes.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    lundi 29 décembre 2008 14h22
    @ M. Réhel prône la violence pour obtenir la paix
    « M. Réhel écrit : «Seule une interventions militaire viendra à bout de cette faction du Hamas associée aux intérêts pervers de l'Iran et de la Syrie.»

    Comme les interventions militaires en Afghanistan et en Irak ? La loi du plus fort ? Et la justice ?

    Les Israéliens étant appuyés par les autorités américaines et canadiennes, les Palestiniens seraient bien avisés de quitter et de laisser ainsi la Palestine, trouée de colonies Israéliennes, aux Israéliens avant de tous se faire tuer par eux parce que le combat est inégal genre : 1 mort du côté d'Israël avec de minuscules roquettes est vengé par 300 morts du côté palestinien avec de gros moyens fournis par les Américains. Un genre David contre Goliath.

    Les nations aiment bien ça conserver leurs pays mais...en étant vivants. La vie avant le nationalisme...me semble. »

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