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Pakistan - Le veuf de Bhutto deviendra président demain

N/A ZZZN/A   5 septembre 2008  International
Des partisans de Zardari ont manifesté leur joie lors de sa mise en candidature au poste de président.
Des partisans de Zardari ont manifesté leur joie lors de sa mise en candidature au poste de président.
Islamabad — Les membres du collège électoral pakistanais éliront demain, selon toute vraisemblance, à la tête du pays Asif Ali Zardari, veuf de l'ancien premier ministre Benazir Bhutto et personnalité controversée, un choix que nombre de leurs administrés jugent porteur d'une nouvelle phase d'instabilité politique.

L'assassinat de son épouse, en décembre dernier, et la victoire de sa formation, le Parti du peuple pakistanais (PPP), lors des législatives de février l'ont propulsé au premier rang d'une scène politique dominée depuis neuf ans par Pervez Moucharraf, chef d'état-major de l'armée, arrivé au pouvoir par la force en 1999. Celui-ci a renoncé à ses fonctions le 18 août.

Pour lui succéder, Zardari devra se défaire de deux concurrents, mais le PPP et ses alliés disposent d'une solide majorité au sein des deux chambres du Parlement et des quatre assemblées provinciales qui forment le collège électoral.

Très soucieux de préserver la stabilité de cette puissance nucléaire dont la coopération reste essentielle dans la lutte contre al-Qaïda et les taliban afghans, les États-Unis attendent de lui qu'il reprenne à son compte les engagements de Pervez Moucharraf en la matière.

Nawaz Sharif, ancien premier ministre et principal rival de Zardari, n'a pas les faveurs de Washington, qui redoute de le voir courtiser les islamistes.

«Je vais oeuvrer à la défaite du soulèvement taliban intérieur et à garantir que le territoire pakistanais ne soit pas utilisé pour lancer des offensives terroristes contre nos voisins ou contre les forces de l'OTAN en Afghanistan», promet Zardari dans les colonnes du Washington Post d'hier.

La tentative d'assassinat du Premier ministre Yousaf Raza Gilani, mercredi, a donné un nouvel aperçu des risques auxquels le Pakistan fait face.



Un escroc ?

Présenté par ses détracteurs comme un escroc sans parole, Zardari suscite beaucoup de mépris au sein de l'opinion pakistanaise. Certains doutent même de sa solidité mentale, mise à mal par un séjour de11 ans en prison, bien qu'il n'ait jamais été condamné. Jugeant ces allégations fabriquées de toutes pièces à des fins électorales, ses partisans accusent les grands groupes de presse de les relayer au profit de Sharif.

«Personne ne conteste ses engagements démocratiques en tant que chef de file d'un parti élu, mais le crédit personnel de M. Zardari est devenu une question sérieuse», écrivait la semaine dernière Shaheen Sehbai, rédacteur en chef du groupe Jang, dans les colonnes du quotidien The News.

Les atermoiements de Zardari au sujet de la réintégration des juges de la Cour suprême limogés par Moucharraf n'ont pas contribué à redorer son image. Pour beaucoup, le veuf de Benazir Bhutto craint que les juges en question ne relancent les poursuites pour corruption intentées à son encontre. Ces affaires ont été classées l'an dernier dans le cadre d'une amnistie négociée en vue d'une alliance entre Bhutto et Moucharraf.

S'il est largement décrié, Zardari est toutefois parvenu à forcer l'admiration de ses détracteurs en assurant la cohésion de la coalition mise sur pied après les législatives de février, ce qui a contraint Moucharraf à la démission.

Sharif a néanmoins mis fin à cette alliance quelques jours après le départ du président pour dénoncer son attitude envers les juges de la Cour suprême.






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