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Géorgie : le retrait des Russes se prolonge

N/A ZZZN/A   21 août 2008  International
Un jeune soldat russe déambulait hier dans les rues de Gori.
Photo : Agence Reuters
Un jeune soldat russe déambulait hier dans les rues de Gori.
Les territoires séparatistes géorgiens d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud ont demandé hier à Moscou de reconnaître leur indépendance, alors que le lent retrait des troupes russes de Géorgie était jugé trop peu significatif par Washington.

Sur le terrain, il n'y a eu hier aucun retrait massif des forces russes, mais des mouvements de convois en direction du nord étaient visibles en Géorgie dans la journée. Un porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe, a déclaré que les États-Unis commençaient à «voir les premiers signes d'un certain retrait», mais l'a jugé «pas significatif» et a souligné qu'il devait «être accéléré».

La Russie a décidé hier de geler jusqu'à nouvel ordre sa coopération militaire avec l'OTAN, a annoncé le ministère norvégien de la Défense en se référant à des contacts diplomatiques entre Oslo et Moscou. L'OTAN avait annoncé mardi la suspension des réunions du conseil OTAN-Russie. Le secrétaire général de l'Alliance, Jaap de Hoop Scheffer, avait accusé la Russie de ne pas respecter «pour le moment» le plan de paix.

Le Parlement abkhaze a de son côté voté à l'unanimité une résolution demandant à Moscou la reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et le maintien de la présence militaire russe, et le président de l'Ossétie du Sud, Edouard Kokoïty, a indiqué qu'il présenterait une requête similaire dans les prochains jours. Le Conseil de la Fédération, chambre haute du Parlement russe, a annoncé qu'il se réunirait le 25 août pour examiner cette question.

Le président de la Chambre, Sergueï Mironov, a indiqué que ses collègues étaient prêts à reconnaître l'indépendance des deux territoires, après accord préalable du président russe Dmitri Medvedev. Ce dernier a déclaré vendredi dernier que Moscou reconnaîtrait et garantirait sur la scène internationale toute décision des Abkhazes et Ossètes sur le statut de leur territoire.

«La Géorgie n'acceptera jamais» l'indépendance de ses régions séparatistes, a déclaré le ministre géorgien de la Réintégration, Temour Iakobachvili. Une reconnaissance serait «une tentative de légaliser les résultats de nettoyages ethniques et entraînera l'isolement» de la Russie, a-t-il dit.

Le président américain George W. Bush a répété hier que les deux territoires séparatistes «font partie de la Géorgie» et a indiqué que les États-Unis allaient «travailler avec leurs alliés afin de s'assurer de l'indépendance et de l'intégrité territoriale de la Géorgie».

De son côté, le président de l'Ossétie du Sud, Edouard Kokoïty, a annoncé la levée de l'état d'urgence instauré dimanche dans le territoire séparatiste.

La tentative lancée le 7 août par le président géorgien Mikheïl Saakachvili de reprendre le contrôle de cette république séparatiste a provoqué une riposte violente de la Russie, qui a déployé ses troupes en profondeur en territoire géorgien.

Des forces russes portant l'emblème des Forces de paix ont pris position hier près de Poti, dans l'ouest de la Géorgie, près de deux ponts qu'ils ont affirmé devoir protéger un certain temps, apparemment là aussi dans le cadre d'une zone tampon, a rapporté un journaliste de l'AFP. Le président russe avait assuré dans un appel téléphonique à son homologue français Nicolas Sarkozy que le retrait serait achevé les 21 et 22 août, selon Paris.

La Russie a aussi fait circuler hier, au Conseil de sécurité de l'ONU, un projet de résolution sur la Géorgie, a annoncé l'ambassadeur de Belgique Jan Grauls, président du Conseil en août.

De son côté, la Turquie a approuvé le passage par la mer Noire de deux navires de guerre américains transportant du matériel humanitaire destiné à la Géorgie. Ce projet de résolution approuve l'accord de paix en six points promu par l'Union européenne et accepté par Moscou et Tbilissi.

Mardi, les puissances occidentales avaient présenté un texte réclamant le retrait immédiat des forces russes déployées en Géorgie, mais la Russie, qui dispose d'un droit de veto, avait dit ne pas pouvoir soutenir ce texte.

Le projet présenté hier demande au Conseil de sécurité d'avaliser le plan de paix et le détaille. Mais le représentant permanent adjoint américain Alejandro Wolff a jugé que le texte russe «tentait d'imposer une interprétation du plan [de paix] avec laquelle nous ne sommes pas d'accord».






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