Géorgie - L'Occident somme Moscou de se retirer
18 août 2008
International
Photo : Agence Reuters
Des immeubles détruits à Gori. La police géorgienne était hier toujours interdite d’entrée à Gori, proche de l’épicentre du conflit, et les forces russes y étaient toujours positionnées, a constaté un journaliste de l’AFP.
Sous la pression de l'Occident, qui a haussé le ton pour que Moscou tienne parole, les troupes russes devraient se retirer aujourd'hui de la Géorgie. C'est du moins ce que le président de la Russie, Dmitri Medvedev, a promis hier, alors que la Géorgie indique qu'elle refusera désormais toute présence russe sur son territoire.
Malgré un accord de cessez-le-feu, chars et soldats russes étaient toujours en Géorgie, hors de la province séparatiste d'Ossétie du Sud, et «fortifiaient» même hier leurs positions non loin de la capitale, Tbilissi, selon le gouvernement géorgien.
Mais, accusée de se traîner les pieds, la Russie a été sommée de ne pas lésiner. La chancelière allemande, Angela Merkel, est allée à Tbilissi pour apporter son soutien à la Géorgie, promettant qu'elle avait le pouvoir et la vocation de l'intégrer à l'OTAN, ce qui hérisse d'ailleurs Moscou.
Mme Merkel a une fois de plus appelé au retrait des troupes russes, tout comme, à Washington, la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, qui a estimé de son côté que la réputation de la Russie «est en lambeaux». Elle a exprimé l'espoir que le Kremlin allait «cette fois-ci tenir sa promesse» et retirer enfin ses troupes aujourd'hui.
Un peu plus tôt, le président Medvedev, qui avait signé samedi l'accord de cessez-le-feu sur le retrait des forces russes, avait promis à son homologue français, Nicolas Sarkozy, de commencer aujourd'hui «le retrait du contingent militaire envoyé en renfort aux forces de maintien de la paix russes, à la suite de l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud». M. Medvedev aurait toutefois fait savoir au président français que les troupes additionnelles envoyées en Géorgie se retrancheraient du côté de l'Ossétie du Sud, plutôt qu'à la position qu'elles occupaient en Russie avant le conflit.
M. Sarkozy, qui avait négocié à Moscou et à Tbilissi l'accord de cessez-le-feu, a lui aussi mis en garde son interlocuteur contre des «conséquences graves [...] sur les relations de la Russie avec l'Union européenne» si cet accord n'était pas respecté. «Si cette clause de l'accord de cessez-le-feu n'était pas appliquée rapidement et totalement, je serais amené à convoquer un Conseil européen extraordinaire pour décider des conséquences à en tirer», a prévenu le président français.
Les ministres des Affaires étrangères des 26 pays de l'Alliance atlantique doivent tenir demain une réunion extraordinaire pour discuter du conflit russo-géorgien et de l'attitude à adopter envers la Russie.
Les pays de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) doivent, eux, se retrouver aujourd'hui à Vienne pour décider de l'envoi de 100 observateurs supplémentaires en Géorgie, dans le cadre du plan de cessez-le-feu.
À l'ONU, les consultations prévues au Conseil de sécurité sur un projet révisé de résolution sur le statut de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie ne devaient pas avoir lieu hier, d'autres négociations étant encore en cours, selon un porte-parole.
Rejet de la présence russe
Le président géorgien a profité de la tribune offerte par la présence de Mme Merkel pour rejeter toute présence de forces russes de maintien de la paix.
«On ne peut plus parler en Géorgie de forces de la paix russes. Il ne peut y avoir de forces de paix russes», a martelé M. Saakachvili, alors que, depuis le début des années 1990, de telles troupes sont stationnées dans les territoires séparatistes de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Le plan français prévoit que ces «forces de paix» russes restent en Ossétie du Sud.
La police géorgienne était hier toujours interdite d'entrée à Gori, proche de l'épicentre du conflit, et les forces russes y étaient toujours positionnées, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le secrétaire du Conseil de sécurité de la Géorgie, Alexandre Lomaïa, a même assuré que l'armée russe continuait hier de «fortifier» ses positions.
Les soldats russes ont en effet établi des postes de contrôle avec des blindés en quatre points sur la route reliant Gori au village d'Igoïeti, une localité située à 30 km de Tbilissi, ont constaté des journalistes de l'AFP. Une cinquantaine de blindés russes ont aussi pris position, faisant face à Gori, sur environ un kilomètre à l'entrée de la ville.
Des militaires russes étaient également visibles à la base géorgienne de Teklati, près de Senaki, dans l'ouest du pays, et des chars patrouillaient sur la route conduisant au port de Poti, sur la mer Noire, 30 km plus à l'ouest, a constaté un journaliste de l'AFP.
Aide humanitaire freinée
Enfin, l'aide humanitaire arrivait toujours au compte-gouttes hier dans la région de Gori. «Nous n'arrivons pas à la livrer. On a besoin d'une indication claire que nos responsables de l'aide pourront se déplacer sans entrave, et les Russes ne nous en donnent pas», a déclaré à l'AFP le coordonnateur de l'ONU en Géorgie, Robert Watkins.
Quelque 158 600 personnes ont été déplacées en raison du conflit en Géorgie, a annoncé hier le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
Parmi ces déplacés, 98 600 l'ont été à l'intérieur de la Géorgie, 30 000 sur le territoire de la région séparatiste de l'Ossétie du Sud et 30 000 en Russie, a précisé le HCR.
D'autre part, un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) et du HCR a réussi hier à entrer dans la ville de Gori, ville stratégique géorgienne située non loin de l'Ossétie du Sud, a indiqué l'organisme onusien. L'équipe est parvenue à fournir une aide matérielle de secours non alimentaires à 1500 personnes.
Relevant hier que l'accès à cette ville était auparavant bloqué, le HCR a souligné «le caractère aléatoire et imprévisible» de la situation en matière de sécurité. «Il reste à savoir si l'ONU sera autorisée à acheminer davantage d'aide au cours des prochains jours» à Gori, a-t-on souligné.
Le pape Benoît XVI a appelé à l'ouverture de «corridors humanitaires» en Ossétie du Sud et en Géorgie.
Selon l'accord de cessez-le-feu, les forces russes de «maintien de la paix» doivent reprendre leurs position en Ossétie du Sud, avec un droit de patrouille temporaire sur quelques kilomètres en territoire géorgien jusqu'à l'arrivée d'observateurs étrangers. Les autres troupes doivent, elles, retourner en Russie.
Le président de la république séparatiste géorgienne prorusse de l'Ossétie du Sud, Edouard Kokoïty, a limogé hier soir son gouvernement et a proclamé l'état d'urgence dans cette région rebelle, a rapporté la chaîne russe Vesti-24.
Malgré un accord de cessez-le-feu, chars et soldats russes étaient toujours en Géorgie, hors de la province séparatiste d'Ossétie du Sud, et «fortifiaient» même hier leurs positions non loin de la capitale, Tbilissi, selon le gouvernement géorgien.
Mais, accusée de se traîner les pieds, la Russie a été sommée de ne pas lésiner. La chancelière allemande, Angela Merkel, est allée à Tbilissi pour apporter son soutien à la Géorgie, promettant qu'elle avait le pouvoir et la vocation de l'intégrer à l'OTAN, ce qui hérisse d'ailleurs Moscou.
Mme Merkel a une fois de plus appelé au retrait des troupes russes, tout comme, à Washington, la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, qui a estimé de son côté que la réputation de la Russie «est en lambeaux». Elle a exprimé l'espoir que le Kremlin allait «cette fois-ci tenir sa promesse» et retirer enfin ses troupes aujourd'hui.
Un peu plus tôt, le président Medvedev, qui avait signé samedi l'accord de cessez-le-feu sur le retrait des forces russes, avait promis à son homologue français, Nicolas Sarkozy, de commencer aujourd'hui «le retrait du contingent militaire envoyé en renfort aux forces de maintien de la paix russes, à la suite de l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud». M. Medvedev aurait toutefois fait savoir au président français que les troupes additionnelles envoyées en Géorgie se retrancheraient du côté de l'Ossétie du Sud, plutôt qu'à la position qu'elles occupaient en Russie avant le conflit.
M. Sarkozy, qui avait négocié à Moscou et à Tbilissi l'accord de cessez-le-feu, a lui aussi mis en garde son interlocuteur contre des «conséquences graves [...] sur les relations de la Russie avec l'Union européenne» si cet accord n'était pas respecté. «Si cette clause de l'accord de cessez-le-feu n'était pas appliquée rapidement et totalement, je serais amené à convoquer un Conseil européen extraordinaire pour décider des conséquences à en tirer», a prévenu le président français.
Les ministres des Affaires étrangères des 26 pays de l'Alliance atlantique doivent tenir demain une réunion extraordinaire pour discuter du conflit russo-géorgien et de l'attitude à adopter envers la Russie.
Les pays de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) doivent, eux, se retrouver aujourd'hui à Vienne pour décider de l'envoi de 100 observateurs supplémentaires en Géorgie, dans le cadre du plan de cessez-le-feu.
À l'ONU, les consultations prévues au Conseil de sécurité sur un projet révisé de résolution sur le statut de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie ne devaient pas avoir lieu hier, d'autres négociations étant encore en cours, selon un porte-parole.
Rejet de la présence russe
Le président géorgien a profité de la tribune offerte par la présence de Mme Merkel pour rejeter toute présence de forces russes de maintien de la paix.
«On ne peut plus parler en Géorgie de forces de la paix russes. Il ne peut y avoir de forces de paix russes», a martelé M. Saakachvili, alors que, depuis le début des années 1990, de telles troupes sont stationnées dans les territoires séparatistes de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Le plan français prévoit que ces «forces de paix» russes restent en Ossétie du Sud.
La police géorgienne était hier toujours interdite d'entrée à Gori, proche de l'épicentre du conflit, et les forces russes y étaient toujours positionnées, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le secrétaire du Conseil de sécurité de la Géorgie, Alexandre Lomaïa, a même assuré que l'armée russe continuait hier de «fortifier» ses positions.
Les soldats russes ont en effet établi des postes de contrôle avec des blindés en quatre points sur la route reliant Gori au village d'Igoïeti, une localité située à 30 km de Tbilissi, ont constaté des journalistes de l'AFP. Une cinquantaine de blindés russes ont aussi pris position, faisant face à Gori, sur environ un kilomètre à l'entrée de la ville.
Des militaires russes étaient également visibles à la base géorgienne de Teklati, près de Senaki, dans l'ouest du pays, et des chars patrouillaient sur la route conduisant au port de Poti, sur la mer Noire, 30 km plus à l'ouest, a constaté un journaliste de l'AFP.
Aide humanitaire freinée
Enfin, l'aide humanitaire arrivait toujours au compte-gouttes hier dans la région de Gori. «Nous n'arrivons pas à la livrer. On a besoin d'une indication claire que nos responsables de l'aide pourront se déplacer sans entrave, et les Russes ne nous en donnent pas», a déclaré à l'AFP le coordonnateur de l'ONU en Géorgie, Robert Watkins.
Quelque 158 600 personnes ont été déplacées en raison du conflit en Géorgie, a annoncé hier le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
Parmi ces déplacés, 98 600 l'ont été à l'intérieur de la Géorgie, 30 000 sur le territoire de la région séparatiste de l'Ossétie du Sud et 30 000 en Russie, a précisé le HCR.
D'autre part, un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) et du HCR a réussi hier à entrer dans la ville de Gori, ville stratégique géorgienne située non loin de l'Ossétie du Sud, a indiqué l'organisme onusien. L'équipe est parvenue à fournir une aide matérielle de secours non alimentaires à 1500 personnes.
Relevant hier que l'accès à cette ville était auparavant bloqué, le HCR a souligné «le caractère aléatoire et imprévisible» de la situation en matière de sécurité. «Il reste à savoir si l'ONU sera autorisée à acheminer davantage d'aide au cours des prochains jours» à Gori, a-t-on souligné.
Le pape Benoît XVI a appelé à l'ouverture de «corridors humanitaires» en Ossétie du Sud et en Géorgie.
Selon l'accord de cessez-le-feu, les forces russes de «maintien de la paix» doivent reprendre leurs position en Ossétie du Sud, avec un droit de patrouille temporaire sur quelques kilomètres en territoire géorgien jusqu'à l'arrivée d'observateurs étrangers. Les autres troupes doivent, elles, retourner en Russie.
Le président de la république séparatiste géorgienne prorusse de l'Ossétie du Sud, Edouard Kokoïty, a limogé hier soir son gouvernement et a proclamé l'état d'urgence dans cette région rebelle, a rapporté la chaîne russe Vesti-24.
Haut de la page

