Karadzic parle d'une entente secrète avec les Américains
Photo : Agence Reuters
Radovan Karadzic a comparu hier pour la première fois devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), en banlieue de La Haye.
Radovan Karadzic, qui comparaissait hier pour la première fois devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), au lendemain de son transfert aux Pays-Bas, a affirmé qu'il se défendrait seul des accusations de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre et de génocide qui pèsent contre lui.
Le procès, qui pourrait durer plus d'un an, vise le plus haut responsable politique de l'ex-Yougoslavie depuis celui qui avait été intenté contre Slobodan Milosevic en février 2002 et qui avait pris fin avec le décès de ce dernier quatre ans plus tard, avant qu'un verdict n'ait pu être prononcé.
Radovan Karadzic a obtenu hier un délai de 30 jours pour décider s'il plaidera coupable ou non coupable, parce que l'acte d'accusation, qui date de 1995, est en cours d'actualisation.
Il a dénoncé les circonstances de son arrestation récente en Serbie, affirmant qu'il a été «kidnappé». Il a également dit avoir conclu en 1995 avec le négociateur américain Richard Holbrooke un accord prévoyant qu'il se retirerait de la vie politique en échange de l'abandon des poursuites intentées contre lui.
Portant un complet bleu sombre, la barbe rasée et les cheveux coupés, Radovan Karadzic a abandonné son déguisement de gourou du nouvel âge et retrouvé son apparence d'antan, sauf pour les traits vieillis par le passage de 13 années depuis son entrée dans la clandestinité.
En début d'audience, le juge néerlandais Alphons Orie a résumé les 11 chefs d'accusation retenus contre l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, considéré comme l'instigateur du «nettoyage ethnique» entrepris contre les Bosniaques musulmans et les Croates durant le conflit qui a fait, de 1992 à 1995, plus de 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés.
Outre le massacre de 8000 hommes et adolescents musulmans à Srebrenica en 1995, il devra répondre du long siège meurtrier (44 mois) de Sarajevo et de la détention de milliers de civils non serbes dans des camps.
Lorsque le juge a fait remarquer que Karadzic s'est présenté seul devant le tribunal, ce dernier a souri et répondu qu'il a un «assistant invisible».
Le procureur en chef du TPIY, Serge Brammertz, a insisté sur sa volonté d'éviter un nouveau procès-fleuve, assurant que des leçons avaient été tirées depuis le procès de Milosevic.
Karadzic a répondu: «La vitesse compte dans un face-à-face entre bandits armés, mais elle n'a pas sa place dans un tribunal.»
L'accusé a évoqué un entente secrète conclue avec le négociateur américain Richard Holbrooke lors de la signature des accords de Dayton qui ont mis fin à la guerre de Bosnie en 1995.
Il a indiqué: «Mon engagement était de me retirer de la vie publique, même de la vie littéraire», ajoutant qu'«en échange, les États-Unis rempliraient leurs obligations».
La famille de Karadzic avait déjà dans le passé évoqué un tel accord. Cela pourrait expliquer pourquoi il a réussi à échapper si longtemps à la justice internationale, les soldats de l'OTAN en Bosnie ne cherchant pas sérieusement à l'arrêter.
Interrogé sur ces déclarations, un porte-parole du département d'État américain a déclaré: «L'ambassadeur Holbrooke a déjà démenti de telles allégations par le passé.»
Radovan Karadzic a aussi affirmé hier craindre pour sa vie, même dans sa nouvelle prison.
L'ancien leader bosno-serbe a été arrêté le 21 juillet en Serbie, selon les autorités de ce pays. Son arrestation et son extradition au tribunal de La Haye étaient une condition pour que la Serbie puisse adhérer à l'Union européenne. Belgrade devra encore livrer l'adjoint militaire de Karadzic, Ratko Mladic, et l'ancien président des Serbes de Croatie, Goran Hadzic.
Radovan Karadzic a dénoncé des «irrégularités» dans la procédure d'extradition et évoqué une «fausse information sur la date de [son] arrestation». Son avocat serbe avait déjà déclaré que le suspect avait été arrêté et détenu au secret pendant trois jours avant l'annonce de sa capture le 21 juillet.
Radovan Karadzic a été transféré de Belgrade vers les Pays-Bas à l'aurore mercredi. Il est détenu dans une aile spéciale de la prison de Scheveningen, au bord de la mer du Nord, où sont incarcérés 37 détenus.
Les conditions de détention y seraient parmi les plus confortables au monde. Radovan Karadzic loge dans une cellule de 17 mètres par 10, pourvue de la télévision et d'un ordinateur, et il peut librement se rendre à la bibliothèque, à la salle de sport, à divers ateliers et à une cour extérieure.
Selon plusieurs témoignages, il y règne une relative harmonie entre détenus musulmans, serbes et croates.
***
Avec l'Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Le procès, qui pourrait durer plus d'un an, vise le plus haut responsable politique de l'ex-Yougoslavie depuis celui qui avait été intenté contre Slobodan Milosevic en février 2002 et qui avait pris fin avec le décès de ce dernier quatre ans plus tard, avant qu'un verdict n'ait pu être prononcé.
Radovan Karadzic a obtenu hier un délai de 30 jours pour décider s'il plaidera coupable ou non coupable, parce que l'acte d'accusation, qui date de 1995, est en cours d'actualisation.
Il a dénoncé les circonstances de son arrestation récente en Serbie, affirmant qu'il a été «kidnappé». Il a également dit avoir conclu en 1995 avec le négociateur américain Richard Holbrooke un accord prévoyant qu'il se retirerait de la vie politique en échange de l'abandon des poursuites intentées contre lui.
Portant un complet bleu sombre, la barbe rasée et les cheveux coupés, Radovan Karadzic a abandonné son déguisement de gourou du nouvel âge et retrouvé son apparence d'antan, sauf pour les traits vieillis par le passage de 13 années depuis son entrée dans la clandestinité.
En début d'audience, le juge néerlandais Alphons Orie a résumé les 11 chefs d'accusation retenus contre l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, considéré comme l'instigateur du «nettoyage ethnique» entrepris contre les Bosniaques musulmans et les Croates durant le conflit qui a fait, de 1992 à 1995, plus de 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés.
Outre le massacre de 8000 hommes et adolescents musulmans à Srebrenica en 1995, il devra répondre du long siège meurtrier (44 mois) de Sarajevo et de la détention de milliers de civils non serbes dans des camps.
Lorsque le juge a fait remarquer que Karadzic s'est présenté seul devant le tribunal, ce dernier a souri et répondu qu'il a un «assistant invisible».
Le procureur en chef du TPIY, Serge Brammertz, a insisté sur sa volonté d'éviter un nouveau procès-fleuve, assurant que des leçons avaient été tirées depuis le procès de Milosevic.
Karadzic a répondu: «La vitesse compte dans un face-à-face entre bandits armés, mais elle n'a pas sa place dans un tribunal.»
L'accusé a évoqué un entente secrète conclue avec le négociateur américain Richard Holbrooke lors de la signature des accords de Dayton qui ont mis fin à la guerre de Bosnie en 1995.
Il a indiqué: «Mon engagement était de me retirer de la vie publique, même de la vie littéraire», ajoutant qu'«en échange, les États-Unis rempliraient leurs obligations».
La famille de Karadzic avait déjà dans le passé évoqué un tel accord. Cela pourrait expliquer pourquoi il a réussi à échapper si longtemps à la justice internationale, les soldats de l'OTAN en Bosnie ne cherchant pas sérieusement à l'arrêter.
Interrogé sur ces déclarations, un porte-parole du département d'État américain a déclaré: «L'ambassadeur Holbrooke a déjà démenti de telles allégations par le passé.»
Radovan Karadzic a aussi affirmé hier craindre pour sa vie, même dans sa nouvelle prison.
L'ancien leader bosno-serbe a été arrêté le 21 juillet en Serbie, selon les autorités de ce pays. Son arrestation et son extradition au tribunal de La Haye étaient une condition pour que la Serbie puisse adhérer à l'Union européenne. Belgrade devra encore livrer l'adjoint militaire de Karadzic, Ratko Mladic, et l'ancien président des Serbes de Croatie, Goran Hadzic.
Radovan Karadzic a dénoncé des «irrégularités» dans la procédure d'extradition et évoqué une «fausse information sur la date de [son] arrestation». Son avocat serbe avait déjà déclaré que le suspect avait été arrêté et détenu au secret pendant trois jours avant l'annonce de sa capture le 21 juillet.
Radovan Karadzic a été transféré de Belgrade vers les Pays-Bas à l'aurore mercredi. Il est détenu dans une aile spéciale de la prison de Scheveningen, au bord de la mer du Nord, où sont incarcérés 37 détenus.
Les conditions de détention y seraient parmi les plus confortables au monde. Radovan Karadzic loge dans une cellule de 17 mètres par 10, pourvue de la télévision et d'un ordinateur, et il peut librement se rendre à la bibliothèque, à la salle de sport, à divers ateliers et à une cour extérieure.
Selon plusieurs témoignages, il y règne une relative harmonie entre détenus musulmans, serbes et croates.
***
Avec l'Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Haut de la page

