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Selon un ex-diplomate américain - Le président afghan accusé de couvrir le trafic de drogue

N/A ZZZN/A   25 juillet 2008  International
Jaap de Hoop (à gauche) et Hamid Karzaï hier à Kaboul.
Photo : Agence Reuters
Jaap de Hoop (à gauche) et Hamid Karzaï hier à Kaboul.
Washington — Le président afghan, Hamid Karzaï, entrave la lutte contre le trafic de stupéfiants et protège les barons de la drogue, affirme un ancien diplomate américain dans une tribune à paraître dimanche dans le New York Times Magazine.

«S'il est vrai que les ennemis talibans de Karzaï financent [leur insurrection] grâce au commerce de drogue, beaucoup de ses partisans le font aussi», écrit Thomas Schweich, chargé jusqu'au mois dernier auprès de l'ambassade des États-Unis à Kaboul de la lutte contre le trafic de drogue.

«La narco-corruption a atteint le sommet du gouvernement afghan», ajoute-t-il, soulignant que les trafiquants achètent les faveurs de centaines de chefs de police, magistrats et autres responsables.

Selon Thomas Schweich, le président Karzaï profiterait de la situation pour accuser les Occidentaux de tous les maux et être réélu en 2009. Il a répondu hier que l'explosion du trafic de drogue, considéré comme une menace pour la pérennité de l'État, n'était pas imputable à l'Afghanistan.

«Comme je l'ai dit il y a deux ans, l'Afghanistan n'est pas en cause [...]. Désespérée, en guerre, la nation afghane [...] a été forcée de recourir à cela», a dit le président afghan lors d'une conférence de presse aux côtés du secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer. «Sans doute, certains Afghans sont des trafiquants de drogue, mais la majorité d'entre [les trafiquants] font partie de la mafia internationale qui ne vit pas en Afghanistan», a-t-il dit.

Hamid Karzaï a souligné que les autorités avaient emprisonné des centaines de criminels et demandé une solution sérieuse pour combattre cette menace.

Thomas Schweich, qui a démissionné du service des stupéfiants du département d'État le mois dernier, juge néanmoins que le gouvernement afghan n'est pas le seul fautif dans l'expansion du trafic. Il reproche au Pentagone son refus d'envoyer des renforts et l'idée que l'éradication du trafic doit attendre la fin de la guerre, alors que c'est l'argent de la drogue, assure-t-il, qui entretient l'insurrection.

Il condamne enfin les réticences des alliés au sein de l'OTAN à s'engager dans cette lutte. «Une étrange cabale d'Européens timorés, de médias aveugles, d'Afghans corrompus, d'officiers du Pentagone bornés, de démocrates aux motivations politiciennes et de talibans ont empêché la mise en oeuvre d'un programme antidrogue efficace», conclut-il.

La culture du pavot s'est rapidement développée depuis 2006 en Afghanistan. Le pays fournit actuellement 90 % de l'héroïne mondiale. Selon Thomas Schweich, les destructions de champs de pavot cette année représenteront le tiers de celles de 2007.






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