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Sommet de l'OTAN - Le Canada recevra finalement l'aide des Américains

Christian Rioux   3 avril 2008  International
Photo : Agence France-Presse
Bucarest — Le suspense qui durait depuis des semaines a donc pris fin lors du dîner de travail du sommet de l'OTAN, qui s'est ouvert hier soir à Bucarest. Le premier ministre Stephen Harper a finalement obtenu l'assurance du président Bush que les Américains enverront des renforts d'au moins 1000 hommes pour épauler les 2500 soldats canadiens qui font face à la résistance croissante des talibans dans la région de Kandahar, au sud du pays.

Les Français, qui avaient été approchés pour prêter main-forte à l'armée canadienne, ont plutôt confirmé l'envoi d'un bataillon dans l'est du pays, qui s'ajoutera aux 1500 hommes qu'ils ont déjà en Afghanistan.

Le président Nicolas Sarkozy devrait confirmer ce choix ce matin devant les 26 chefs d'État ou de gouvernement des pays membres réunis à Bucarest. La France a ainsi choisi de retourner combattre dans la région frontalière du Pakistan où les unités spéciales françaises étaient déjà intervenues avant 2006.

À Ottawa, on fait mine de ne pas se formaliser de la décision française, même si le gouvernement de Stephen Harper a déployé beaucoup d'efforts pour tenter de convaincre la France de l'épauler dans le sud du pays. Depuis plusieurs jours, les rumeurs contradictoires allaient bon train sur l'engagement français en Afghanistan. Après les nombreuses démarches entreprises par Ottawa, Nicolas Sarkozy avait semblé pencher pour l'envoi de 1000 hommes lors de sa récente rencontre avec le premier ministre britannique, Gordon Brown.

Mais, au début de la semaine, son premier ministre François Fillon ne parlait plus que de «quelques centaines d'hommes», un chiffre beaucoup trop faible pour les besoins de la région de Kandahar, où se déroulent les combats les plus violents. Selon des sources proches de l'Élysée, il semble que l'état-major français, dont les troupes sont parmi les plus présentes dans les missions de paix à travers le monde, était peu enclin à s'engager dans un tel engrenage. C'est lui qui aurait finalement fait pencher la balance en faveur de l'est du pays.

Plus tôt dans la journée, le premier ministre Stephen Harper avait refusé de confirmer qu'un accord avait de toute façon déjà été conclu avec le président des États-Unis pour que l'armée américaine prête main-forte aux Canadiens advenant un refus des Français. À quelques heures du dîner de travail qui ouvrait officiellement le Sommet, le premier ministre canadien s'est longuement exprimé sur la question dans un forum du German Marshal Fund, un prestigieux think-tank américain, réunissant le premier ministre afghan Hamed Karzaï et le secrétaire général de l'Alliance atlantique Jaap de Hoop Scheffer.

«Notre objectif n'est pas d'obtenir des troupes pour nous-mêmes, c'est aussi de nous assurer que l'action de l'OTAN s'améliore de façon à ce que nous remportions des succès en Afghanistan. Que les Français envoient des troupes dans une province en particulier ou qu'ils envoient plus de troupes de façon à permettre à d'autres de venir nous aider, c'est du pareil au même. Ce dont nous voulons être certains, c'est d'avoir un partenaire et que l'on améliore la mission de l'OTAN.»

Stephen Harper n'a exprimé aucune irritation à l'égard des revirements qui ont marqué la position française depuis deux semaines. «M. Sarkozy n'a pris aucun engagement définitif à l'endroit de l'OTAN. Je pense que tout ce que pourra faire la France en plus que ce qu'elle fait déjà représentera une victoire et un pas significatif en avant.»

Selon le quotidien Le Monde, l'engagement de Nicolas Sarkozy aurait surtout pour but de susciter en retour un appui de George W. Bush en faveur de la politique européenne de sécurité et de défense, dont Nicolas Sarkozy est un partisan. Le président souhaiterait même réintégrer le commandement intégré de l'OTAN lors du prochain sommet, qui aura lieu à la frontière franco-allemande (à Strasbourg et à Kehl). Celui-ci pourrait consacrer du coup la naissance d'une Europe de la Défense avec la bénédiction de l'Alliance atlantique.

Mardi, sur France Inter, le premier ministre François Fillon avait posé trois conditions à l'aide française: que l'aide publique internationale à l'Afghanistan soit augmentée, que l'«afghanisation» du conflit soit accélérée (et que l'armée afghane assure notamment le contrôle de Kaboul) et que les autres pays alliés s'engagent aussi à augmenter leurs forces.

Une erreur de l'OTAN

Interrogé par un participant au forum, Stephen Harper a exceptionnellement reconnu que l'OTAN avait mal évalué la situation en Afghanistan dans les premières années de son engagement. L'OTAN a cru «que ce serait facile» et «ce n'est qu'en 2005 qu'on a compris la nature de la situation».

Dans la matinée, le président George W. Bush avait pressé les alliés de mieux «partager le poids» de l'effort militaire. «Nous devons prendre le mot "ennemi" au sérieux, disait-il. [...] S'il fallait céder aux pressions, les extrémistes trouveraient à nouveau refuge dans le pays.» Il faut, dit-il, «achever la guerre en Afghanistan».

Stephen Harper juge cependant qu'il importe de mieux définir ce que pourrait être un «succès» en Afghanistan. «S'il s'agit de créer un environnement aussi sécuritaire que dans les pays de l'Ouest, cela pourrait prendre 25 ans. Mais s'il s'agit de redonner aux Afghans le contrôle de la situation, je crois que c'est réalisable.» Le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, estime quant à lui qu'«il faudra plus qu'une génération pour reconstruire une nation que les talibans ont ramenée au Moyen Âge. Peut-être deux»... Mais en attendant, dit-il, «le succès en Afghanistan, c'est l'épreuve de vérité de l'OTAN».

Dans la matinée, Stephen Harper a eu une rencontre privée avec le président Karzaï, qui a chaleureusement félicité le Canada pour son engagement. Les deux hommes ont notamment parlé du Pakistan, où se réfugient les talibans qui combattent en Afghanistan. Le premier ministre a aussi rencontré le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, auprès de qui il a plaidé la cause de l'Ukraine et de la Géorgie, qui demandent à l'OTAN d'amorcer un processus visant, à terme, leur intégration dans le club sélect de l'Alliance.

Le Canada est un des principaux avocats de l'intégration de l'Ukraine, qui «partage les valeurs du Canada et de nos alliés de l'OTAN», dit Stephen Harper. L'Ukraine a exprimé son intérêt pour l'OTAN depuis 1991, ajoute un proche du premier ministre. On sait aussi que le Canada compte environ un millions de citoyens d'origine ukrainienne, concentrés notamment dans l'ouest du pays.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 3 avril 2008 07h14
    Ce n'est pas assez ça !
    « 1 000 soldats américains pour les épauler, ce n'est pas assez. Ça en prendrait 100 000 pour ça, le genre qui marche devant nos soldats pour faire sauter les mines ennemies, posées par des méchants talibans qui n'ont ni mère, ni femme, ni enfants et qui ne pensent qu'à de vilaines choses pour passer le temps et encourager ainsi nos soldats à sacrer le camp d'Afghanistan.

    Autre solution : Nos soldats se terrent dans leurs bunkers jusqu'à la fin de cette guerre vers décembre 2011 et tirent sur tout ce qui approche sauf ceux qui apportent les vivres pour manger et soigner aussi afin de ne pas mourir de faim dans le désert en hiver. »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    jeudi 3 avril 2008 08h21
    La surprise totale! Pourtant, il n'y avait rien d'incertain au sommet de l'OTAN!
    « Encore une fois, c'est la surprise totale!

    Tous ces "spécialistes" de l'information (sic) qui nous abreuvaient, dans un concert à l'unisson, d'incertitudes et sur les manoeuvres hyper stratégique du régime Harper, doivent être totalement surpris ce matin en découvrant que le régime aura sa chair à canon tant désirée.

    Étrange tout de même, lorsque l'on constate le concert médiatique à l'unisson et à gros canons contre les agissements de la Chine au Tibet, et la douceur associée à la compréhension vis-à-vis les actes belliqueux de l'occupation au Moyen Orient.
    Là où la tuerie et le massacre sont quotidiens.
    Là où les droits humains sont totalement bafoués.
    Là où la condition des femmes est honteuse.
    Là où les conditions de vie sont honteusement déplorables.
    Là où il est clair que l'impérialisme cause le plus grand tort.
    Là où les exemples sont nombreux.
    Là où l'opinion mondiale condamne.
    La presse, elle, les médias, eux, ne s'en offusquent pas.
    Aucun haut cri.
    Aucune campagne de dénonciation.

    On affiche des nouvelles comme:
    "États-Unis - 1600 milliards en 2007 pour l'armement"
    http://www.ledevoir.com/2008/04/02/183206.html
    Et on ne bronche pas.

    "Bilan des morts en Afghanistan
    2007 surpasse nettement 2006
    Les Nations unies rapportent que plus de 560 personnes, dont environ 20 % de civils, meurent chaque mois dans des combats ou des attentats. Il s'agit d'une augmentation de 33 % par rapport à 2007.
    Ainsi, plus de 8000 personnes ont été tuées dans des combats ou des attaques-suicides en 2007, dont un peu plus de 1500 civils. Cela se traduit par une moyenne de 666 morts par mois, comparativement à 425 en 2006."

    Les responsables ne sont pas Chinois, ni Russes,ni Vénézuéliens, ni Iraniens, alors... ça demeure dans l'acceptable.

    Harper se réjouit de ses 1000 chairs à canon supplémentaires.
    Avec un large sourire, il continuera la guerre, la tuerie, il continuera de cultiver la haine et de faire fonctionner à plein régime les manufactures d'armement.
    Les "experts" médiatiques nous font avaler la chose sans douleur.
    Que valent les profits énormes par rapport à la vie humaine?
    Non, les États-Unis ne sont pas la Chine.
    Comme la Colombie n'est pas le Venezuela.
    Comme le Pakistan n'est pas la Birmanie.


    Mugabe, ce vieux diabolisé, qui a eu l'honnêteté de reconnaître ses fautes, qui a mis son pays dans une fâcheuse situation, mais qui n'en est peut-être pas l'unique responsable
    (à lire Jooned Khan, "Mugabe sur le fil du rasoir" http://www.cyberpresse.ca/article/20080401/CPMONDE/804010654/6643/CPMONDE )
    n'est pas Kibaki du Kenya. Non, les médias aiguillent l'opinion pour le renversement de Mugabe au Zimbabwe qui n'a pas suffisamment d'appui, mais supporte Kibaki au Kenya qui n'a pourtant pas, lui non plus, suffisamment d'appui pour rester au pouvoir. L'un s'oppose à la camisole de force des accords de partenariat économique (APE) que l'on veut imposer à l'Afrique et l'autre serait "favorable" à cette politique néocoloniale qui est une politique de libéralisation sauvage des échanges commerciaux. L'opposant à Mugabe, M. Tsvangirai lui que la presse montre comme un sauveur démocratique pour le Zimbabwe, est en faveur de cet APE, tandis que Odinga (le Chávez africain) qui est contre l'APE et qui représente l'opposition à Kibaki au Kenya, est présenté comme un initiateur de troubles et de tueries pour renverser le "dictateur démocrate", Kibaki.

    De présenter le sommet de Bucarest comme un grand suspense, est une manipulation médiatique de l'opinion. Il était clair, dès l'annonce de la condition du 1000 chairs à canon supplémentaire que le régime Harper avait déjà cette "condition" (sic) remplie et ratifiée.

    En fin de semaine se tenaient à Caracas deux rencontres parallèles: La Société interaméricaine de presse (SIP) qui a condamné (paradoxalement directement de Caracas) le Venezuela pour le manque de liberté de presse et la première rencontre contre le terrorisme médiatique qui a mis en lumière des exemples de terrorisme médiatique.
    La couverture médiatique du fabuleux sommet de l'OTAN n'est pas reliée directement au terrorisme médiatique qui sert à diaboliser des politiciens et dénigrer leur gouvernement, mais elle s'apparente à la désinformation, car elle sert à anesthésier l'opinion publique contre les atrocités inhumaines et immorales dont sont responsables ces marchands - utilisateurs d'armes.

    On présente la guerre afghane comme un jeu, le jeu des bons contre les méchants qu'il faut gagner à tout prix (c'est le cas de le dire).

    Il est incroyable de constater comment nos "experts" de l'information (sic) sont incapables de creuser sous l'écorce des événements médiatiques.
    Heureusement, la réalité est suffisamment forte pour s'imposer.
    En Afganistan, les femmes souffrent toujours autant, sinon plus.
    La population vit dans des conditions de survie extrême.
    La corruption est aussi florissante que le pavot.
    En Irak, on en est venu à s'ennuyer de Saddam! Incroyable!
    C'est dire comment la "démocratie" (sic) peut être sauvage!
    En Colombie, le cadavre d'Ingrid Bétancourt, tuée le 1er mars 2008, sera libéré.
    On accusera les FARC qui avaient libéré six otages sans condition et qui étaient sur le point, via Raúl Reyes, de libérer 12 autres otages, dont Ingrid Bétancourt.
    Uribe a tué la paix, massacré en territoire équatorien guérilleros et étudiants-tes mexicains-nes. Les médias ont eu le culot de présenter le titre "Uribe tend la main aux FARC", c'est un titre honteux. Uribe, à part avoir tué la paix, n'a strictement rien fait de concret pour la paix et la libération des otages. Il a toujours et constamment mis fin au processus de pacification.

    Les médias sont simplistes ou pire, malhonnêtes. Ouvrez vos yeux et regardez le monde concret, vous verrez rapidement que les titres ne correspondent pas du tout à sa réalité.

    Il n'y avait rien d'incertain au sommet de Bucarest.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • andré michaud
    Inscrit
    jeudi 3 avril 2008 09h28
    Enfin de l'Équipement adéquat...???
    « Espérons que les américains viendront avec un meilleur équipement que nos canadiens. Les "drones" et autres équipement pourraient aider à localiser les talibans et voir aussi ou ils posent leurs bombes...ça pourrait sauver des vies de nos canadiens et aider à sécuriser plus rapidement le pays. Plus vite le pays sera sécurisé, et l'armée afghane enfin efficace, et plus vite nous pourrons retirer nos troupes.

    De plus, un meilleur contrôle de la frontière avec le Pakistan serait souhaitables. Car c'est dans ce pays que se cache Al Quaida et ses talibans.

    Dommage que Mme Butho fut assassiné car elle avait démontré qu'elle voulait s'associer avec la coalition appuyée par l'ONU pour bombarder les terriers des terroristes.Celui qui a été élu à sa place aura t'il ce courage? »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 3 avril 2008 09h53
    OTAN ou ONU?
    « Les termes de la participation du Canada à l'OTAN doivent être revisés. De façon générale, l'armée canadienne ne devrait participer à des opérations de paix ou de guerre à l'étranger que si le Canada est directement attaqué ou que ces opérations sont chapeautées directement par les Nations-Unies.

    Cependant, étant donné notre appartenance à l'OTAN, une exception serait faite dans le cas d'une attaque armée contre un pays membre de l'OTAN sur le territoire de ce pays, où l'entraide est alors de mise. Ceci excluerait des attaques contre soit disant des intérêts d'un pays membre de l'OTAN mais à l'extérieur du territoire de ce pays, comme par exemple des intérêts dans des puits de pétrole.

    Avec notre erreur guerrière en Afghanistan, le Canada a perdu son auréole d'ange de maintien de la paix. De plus, en s'immisçant dans un conflit où des intégristes fanatiques sont en action, le Canada en subira très probablement des retombées très négatives ici-même sur le sol canadien. »

  • Jean Lahoud
    Inscrit
    jeudi 3 avril 2008 10h04
    Le Canada devrait se retirer...et l'OTAN ne sert a rien
    « Le Canada devrait se retirer de l'Afghanistan. On sait tous que cette guerre ne va nulle part sinon que d'alimenter la haine dans le monde.
    Avec la chute du bloc soviétique l'OTAN ne sert a rien..mis a part que de faire ce que les Amétricains veulent... »

  • Michel Leclaire
    Abonné
    jeudi 3 avril 2008 10h46
    ''Que valent les profits énormes par rapport à la vie humaine?''
    « TOUT »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    jeudi 3 avril 2008 11h47
    Qu'elle surprise, je ne m''en doutais pas
    « Le contraire, c'est à dire ne pas avoir de renfort aurait été suprenant car c'est évident que le rapport Manley avait été écrit pour justifier la guerre avec des conditions déjà remplies. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 3 avril 2008 12h03
    @ M. Michaud
    « M. Michaud écrit : «c'est au Pakistan que se cache Al Quaida et ses talibans.»

    Très bien. On espère que les Canadiens et les Américains ont lu ça. Si oui, ils vont maintenant pouvoir aller les débusquer à la bonne place à la place de perdre leur temps en Afghanistan.

    M. Michaud ajoute : «Qu'il faut bombarder les terriers des terroristes.»

    Bonne idée en espérant qu'il n'y a que de méchants talibans dans ces terriers là qui se font la popote aux-mêmes sans l'apport de leurs mères, leurs épouses ou leurs filles que nos soldats veulent protéger. Ils ne pourront pas bien réussir à les protéger s'ils les font sauter en même temps dans les opérations de notre armée canadienne bilingue qui s'appellent "search and destroy". On pourrait traduire ça pour nos soldats francophones afin qu'ils saisissent bien l'affaire : Opération TU CHERCHES, TU TROUVES ET TU TUE LE TALIBAN "même si ses parents ne seront pas trop contents. »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 3 avril 2008 14h04
    Tire, tire pas
    « Si on croît tout ce dont on tente de nous meubler le cerveau, la situation à Kandahar sera doublement conflictuelle. D'une part se battre contre les talibans, d'autre part choisir à chaque affrontement de tuer tout le monde ou seulement les citoyens apparemment talibans. Pauvres soldats québécois ! Ça ne faisait pourtant pas partie de leur contrat.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Dominic Pageau
    Abonné
    jeudi 3 avril 2008 14h35
    Quelle farce quand on sait que les TALIBANS sont une créature de la CIA
    « Bien oui, la CIA a créé les Talibans avec la complicité du Pakistan et de l'Arabie Saoudite afin de pousser la Russie à déclarer la guerre à l'Afghanistan afin qu'ils connaissent leur vietnam. C'est qu'affirme Zbigniew Brzezinski au nouvel observateur en 1998

    "Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes"

    15 janvier 1998

    Le Nouvel Observateur. ? L'ancien directeur de la CIA Robert Gates l'affirme dans ses Mémoires (1) : les services secrets américains ont commencé à aider les moudjahidine afghans six mois avant l'intervention soviétique. A l'époque, vous étiez le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité ; vous avez donc joué un rôle clé dans cette affaire. Vous confirmez?

    Zbigniew Brzezinski (2). ? Oui. Selon la version officielle de l'histoire, l'aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c'est-à-dire après que l'armée soviétique eut envahi l'Afghanistan, le 24 décembre 1979. Mais la réalité, gardée secrète jusqu'à présent, est tout autre : c'est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l'assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul. Et ce jour-là, j'ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu'à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques.

    N. O. ? Malgré ce risque, vous étiez partisan de cette ?covert action? [opération clandestine]. Mais peut-être même souhaitiez-vous cette entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez-vous à la provoquer?

    Z. Brzezinski. ? Ce n'est pas tout à fait cela. Nous n'avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu'ils le fassent.

    N. O. ? Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu'ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant, il y avait un fond de vérité... Vous ne regrettez rien aujourd'hui?

    Z. Brzezinski. ? Regretter quoi? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d'attirer les Russes dans le piège afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j'ai écrit au président Carter, en substance : ?Nous avons maintenant l'occasion de donner à l'URSS sa guerre du Vietnam.? De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l'éclatement de l'empire soviétique.

    N. O. ? Vous ne regrettez pas non plus d'avoir favorisé l'intégrisme islamiste, d'avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes?

    Z. Brzezinski. ? Qu'est-ce qui est le plus important au regard de l'histoire du monde? Les talibans ou la chute de l'empire soviétique? Quelques excités islamistes ou la libération de l'Europe centrale et la fin de la guerre froide?

    N. O. ? ?Quelques excités?? Mais on le dit et on le répète: le fondamentalisme islamique représente aujourd'hui une menace mondiale.

    Z. Brzezinski. ? Sottises! Il faudrait, dit-on, que l'Occident ait une politique globale à l'égard de l'islamisme. C'est stupide: il n'y a pas d'islamisme global. Regardons l'islam de manière rationnelle et non démagogique ou émotionnelle. C'est la première religion du monde avec 1,5 milliard de fidèles. Mais qu'y a-t-il de commun entre l'Arabie Saoudite fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste, l'Egypte pro-occidentale ou l'Asie centrale sécularisée? Rien de plus que ce qui unit les pays de la chrétienté...

    Propos recueillis par Vincent Jauvert

    (1) From the Shadows, par Robert Gates, Simon and Schuster. (2) Zbigniew Brzezinski vient de publier Le Grand Echiquier, Bayard Editions. »

  • andré michaud
    Inscrit
    jeudi 3 avril 2008 15h52
    Critiquer aussi l'ONU ?
    « Ceux qui sont contre la mission en Aghanistan ne dénonce jamais l'ONU qui appuie la mission.Il ne font jamais la différence entre l'invasion de l'IRAK par Bush et la mission en Aghanistan appuyée par l'ONU!! Dans leur religion, tout ce qui est appuyé par les USA est mauvais par nature, sans aucun discernement; donc le baseball doit aussi être mauvais?

    Ces gens peuvent-ils faire la différence entre envahir un pays qui ne nous a pas attaqué , et aller mettre fin au régime taliban qui entraine des terroristes pour venir détruire la démocratie et massacrer les civils par l'intermédiaire de Al Quaida ?

    Peut-être croient-ils qu'il serait préférable d'envoyer des boy scouts pour convaincre les terroristes que ce n'est pas beau ce qu'ils font et que nous sommes tous des petits namis? Ce sont le même genre de personnes qui disaient qu'il ne fallait pas aller combattre le nazisme à mon père en 1939-45, mais les convaincre par les voeux pieux que ce n'était pas beau...Ça s'appelle de l'angélisme!

    Je continue de dénoncer l'invasion de l'Irak, mais d'appuyer la mission de l'ONU pour mettre fin définitivement au régime taliban et ses amis d'Al Quaida qui menacent les "impis de l'occident" que nous sommes , et imposent leur sanglante dictature aux citoyens afghans. »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    jeudi 3 avril 2008 16h13
    Pas fou ces français...
    « Le Canada a choisi ou pas d'aller se battre au côté des États-Unis. La France a choisi d'autres alliés français (la Belgique si je ne me trompe) dans un point moins chaud. Le Québec, fort de ses canayens français serviles, suit la parade au front de la boucherie anglaise. Appuyons-les avec les petits rubans bilingues rouge Canada. Souverain nous serions peut-être au côté de la France ou ailleurs car cette guerre sent de plus en plus le colonialisme.

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    jeudi 3 avril 2008 16h30
    Des documents comme celui que M. Pageau nous fait connaître...
    « Des documents comme celui que M. Pageau nous fait connaître, existent par centaines.

    De nombreuses magouilles de la CIA sont divulguées, répertoriées, connues.
    Ce qui est invraisemblable, c'est que nos grands bonzes journalistiques comme M. Truffaut ou M. Brousseau, semblent totalement les ignorer.

    Ils persistent à justifier les manoeuvres barbares contre tous les gouvernements qui tentent de mettre en place des politiques plus humaines et moins au service de "l'économie".

    On galvaude la notion de démocratie et de droits humains et gardant sous silence les graves entorses aux règles démocratiques et au non-respect de la vie humaine.

    Ces soi-disant spécialistes qui nous "expliquent" comment on doit penser, qui nous "expliquent" qui est bon et qui est méchant, en niant l'Histoire et les faits connus et répertoriés, sont d'une malhonnêteté intellectuelle incroyable. Parfois, j'ai l'impression qu'on les paie pour faire autre chose que de l'information.

    À ce sujet, les discours diffusés sur TeleSur lors de la rencontre de journalistes contre le terrorisme médiatique, furent très intéressants.

    Malheureusement, cette rencontre n'a pas été "couverte" par nos "spécialistes"!

    Merci à M. Pageau d'avoir su sortir de l'ombre cette entrevue.

    Comme le soulignait M. Pageau dans son commentaire précédent: "c'est évident que le rapport Manley avait été écrit pour justifier la guerre avec des conditions déjà remplies."

    Hier, je prédisais, sans grand mérite, la manchette d'aujourd'hui.
    http://www.ledevoir.com/2008/04/02/commentaires/0804021335658.html

    Tout le monde le savait, sauf nos brillants analystes!
    Étrange tout de même!
    Les choses parlent d'elles-mêmes, mais nos "spécialistes" les nient!
    Sont-ils payés pour nier la réalité?
    Ou sont-ils carrément imbéciles?


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 4 avril 2008 07h40
    @ M. Michaud
    « M. Michaud écrit : «les Talibans imposent leur sanglante dictature aux citoyens afghans.»

    M. Michaud, les Talibans sont des Afghans, leurs mères sont afghanes, leurs pères, leurs soeurs, leurs frères sont afghans itou. C'est nous qui leur imposons notre vision de ce que decrait être ce pays là.

    Les tours américaines ont été détruites par des Saoudiens entrainés à conduire des avions. Où est-ce qu'ils ont appris ça selon vous ? C'est ça, aux États-Unis avec des Américains qui leur ont montré comment piloter de gros avions de ligne. Ce n'est pas en Afghanistan, dans le désert, à sauter des obstacles, qu'ils pouvaient apprendre ça M. Michaud ni la haine des autorités américaines qu'ils devaient bien avoir déjà.

    Bravo pour votre père qui est allé défendre les puissants occidentaux contre les puissants Allemands. Les guerres se font avec des pauvres pour protéger les riches des 2 côtés. Ceux qui perdent les guerres sont toujours les méchants et les bons "qui ont gagné" se chargent d'en rajouter sur les méchants pour montrer la justesse de leur cause pour mieux justifier les nombreuses victimes ainsi causées. »

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