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Atomisation

Serge Truffaut   23 février 2008  International
À l'évidence, la proclamation unilatérale de l'indépendance du Kosovo ne passera pas comme une lettre à la poste. Après la manifestation ponctuée de violences avant-hier et les voeux de souveraineté exprimés ici et là, voilà que le représentant russe à l'OTAN a prononcé de gros mots. Ceux de la menace.
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  • Yvon Montoya
    Abonné
    samedi 23 février 2008 08h21
    Oui mais non seulement et pire encore...
    « Voilà d'après les informations d'hier en Europe ce qu'a dit M. Poutine : « Le Kosovo: précédent "horrible" qui reviendra "dans la gueule" des Occidentaux (Poutine) L'indépendance du Kosovo a créé un "précédent horrible" qui va revenir "dans la gueule" des Occidentaux, a déclaré vendredi à Moscou le président russe Vladimir Poutine. » AFP.
    Votre analyse ne semble pas être objective parce que vous ne vous exprimez que sur un pôle et non pas sur une réalité que tout le monde connaît fort bien et les Kosovars comme les Serbes en premier accompagnés des européens non respectueux des résolutions internationales comme le fit Bush pour l'ONU au moment de l'invasion de l'Irak. Vous êtes sensé nous informer « objectivement » comme la fait M Charbonneau dans ses précédents commentaires. Vous ne dites pas que l'Europe ainsi que les USA ne respectent pas non plus la résolution n° 1244 adoptée par le Conseil de sécurité et pourquoi ce n'est pas respecté. Vous ne dites pas non plus que cette « atomisation » des régions est voulue par des textes signés bien avant l'indépendance du Kosovo. Vous ne dites pas qu'il y a eu depuis l'ARE (Assemblée des Régions d'Europe en 2002) un institut créée en 1985 par les Français, les Espagnols, les Portugais mais repris par les Allemands en 1987, qui prône des principes fédéralistes, régionalistes et ethnicistes, le tout en liaison avec les organismes européens comme le Comité des Régions (CdR), le Congrès des Pouvoirs Locaux et régionaux d'Europe (CPLRE), ou le Conseil des Communes et des Régions d'Europe (CCRE). Cette régionalisation de l'Europe a commencé avec le Kosovo et va continuer encore avec les autres petites enclaves alentours. Les Russes n'ont rien à y voir avec ça. Les textes sont accessibles facilement et vous pouvez y avoir accès pour écrie une analyse objective. Cette politique américano-européenne à l'intention de s'étendre à toute l'Eurasie. On perçoit mieux les inquiétudes de la Russie à ce sujet. De toutes manières, Poutine peut rouler les mécaniques parce qu'il sait très bien qu'il n'y a aura pas de majorité à l'ONU pour l'indépendance du Kosovo et que par conséquent ses menaces resteront simplement rhétoriques.
    Les américains ont présenté au gouvernement allemand une feuille de route pour l'extension à l'Est de l'Union Européenne et de l'OTAN et selon le Financial Times Deutschland du 24 octobre 2002 l'objectif d'Une « Europe libre et unie » devrait s'articuler selon les modalités suivantes : après l'Intégration des 10 États en 2004 à l'UE (Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie, Lituanie, Lettonie, Estonie, Chypre et Malte), les pourparlers d'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN ont commencé vers 2004, suivies de la Serbie en 2005, de la Croatie e de l'Albanie en 2007. L'Agenda est à peu près respecté. En outre les USA souhaitent une adhésion de la Turquie assez rapidement mais là, il y a problème. Il y aussi l'information illustrant ce propos par une anecdote journalistique soulevé par Florence Aubenas que je cite : « Washington a demandé que dans chaque ministère créé, au moins cinq conseillers américains soient nommés. C'est envisageable si tout cela se concrétise main dans la main. Mais attention à ne pas donner l'impression aux Kosovars qu'ils se retrouvent à nouveau sous tutelle. » (Interview de Florence Aubenas, par Séverine De Smet(le mercredi 20 février 2008).

    Vous écrivez « depuis la proclamation du Kosovo « : « On sait beaucoup moins que depuis la proclamation du Kosovo, la Russie a encouragé en sous-main les indépendantistes de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, deux régions de la Géorgie où le sentiment pro-russe est aussi répandu qu'ancré, à se manifester. Mieux ou pis encore, c'est selon, le Kremlin a indiqué qu'il envisageait très sérieusement établir «des relations spéciales» avec ces provinces géorgiennes. Et ce n'est pas tout. »
    Il faut rappeler ou informer nos lecteurs que le problème est plus du côté européen que Russe. Que cette « atomisation » provient d'une création politique plus européenne que Russe. Il serait intéressant que vous prouviez le contraire avec les textes réglementaires et européens et russes pour une analyse plus circonstancielles et plus objectives. Merci. »

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    dimanche 24 février 2008 03h48
    Cadeau de Grec
    « Pour être juste dans mes réactions aux réactions (!), je me dois de féliciter maintenant M. Yvon Montoya pour l'amélioration sensible de sa façon de compléter, pour le bénéfice des lecteurs, l'information fournie par le journaliste. Celui-ci n'a cependant pas à se convertir en «atomiseur» d'informations qui, à force d'être numériquement additionnées les unes aux autres, risqueraient de devenir indigestes et très peu significatives. Le juste milieu, répétait le premier grand philosophe Aristote dont la sagesse a été au départ non seulement de la philosophie occidentale, mais aussi de la science moderne.

    Mais les ajouts d'informations servies par M. Montoya peuvent devenir précieux pour un prochain analyste qui pourra à son tour développer une réflexion de plus en plus adéquate et cohérente. Par exemple le danger que je pressentais dans ma réaction de vendredi : celui d'une balkanisation généralisée et d'un «brasse-camarade» entre grandes puissances qui n'augurent rien de bon pour la gouverne future de notre planète. Nous serons possiblement amenés à conclure un jour que les abeilles, dans leur fonctionnement de «super-organisme», c'est-à-dire comme un groupe d'individus qui agit comme s'il n'était qu'un seul individu, sont plus sages collectivement que l'humanité dont chaque cerveau individuel est pourtant clairement plus développé que celui de chaque abeille individuelle. Comme quoi l'accession à la conscience réflexive pourrait à la limite s'avérer un «cadeau de Grec», pour faire allusion à l'Iliade du grand Homère. »

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