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Pour les violences de mardi - L'OTAN montre du doigt les dirigeants serbes du Kosovo

21 février 2008  International
Les soldats de la KFOR montaient la garde hier à Ljipljane.
Photo : Agence Reuters
Les soldats de la KFOR montaient la garde hier à Ljipljane.
À la veille d'une grande manifestation contre l'indépendance kosovare, le climat était tendu à Belgrade, l'OTAN ayant accusé les dirigeants serbes du nord du Kosovo d'avoir organisé l'attaque mardi de deux postes-frontières avec la Serbie.

Après ces incidents, les dirigeants de Belgrade souhaitent que le rassemblement aujourd'hui au centre de la capitale, qu'ils espèrent le plus massif de l'histoire récente de la Serbie, soit avant tout pacifique.

«Il ne doit pas y avoir de violence et de mise en danger de vies. Les seuls arguments qui nous donnent le droit de défendre notre Kosovo sont la paix et des actions raisonnables», a souligné le président Boris Tadic à la veille du rassemblement.

Mais la force de l'OTAN, la KFOR, a directement accusé les leaders serbes du nord du Kosovo d'avoir organisé les violentes attaques de mardi contre deux postes-frontières, incendiés par un millier de Serbes en colère. Le commandant de la KFOR, le général Xavier Bout de Marnhac, a

accusé hier les leaders locaux serbes du nord du Kosovo de les avoir organisées.

«Certains leaders [serbes] locaux ont pris une responsabilité énorme», a dit le général après une réunion avec le président kosovar Fatmir Sedjiu et le premier ministre Hashim Thaçi.

Un des principaux leaders des Serbes du nord du Kosovo a qualifié cette accusation de ridicule. «Ces accusations sont ridicules, mais je ne suis pas surpris. Nous avons déjà été accusés dans le passé», a dit le nationaliste Milan Ivanovic.

Les deux postes-frontières, fermés après les attaques, ont été rouverts hier après-midi, a indiqué la police du Kosovo (KPS) dans un communiqué.

Lors d'une audition au Parlement européen, le chef de la diplomatie serbe Vuk Jeremic a affirmé que l'avenir européen de la Serbie était compromis en raison de la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo par certains États membres de l'UE. «Les relations entre la Serbie et certains membres de l'UE sont compromises et je ne vois pas comment nous pourrions accélérer nos efforts vers l'Europe», a-t-il dit.

L'UE doit envoyer prochainement une mission au Kosovo pour accompagner son indépendance. La Serbie la juge illégale dans la mesure où elle n'a pas reçu l'aval de l'ONU, ce qui risque de retarder la signature de l'Accord de stabilisation et d'association avec Bruxelles, premier pas en vue de son intégration.

La Serbie a par ailleurs poursuivi sa riposte diplomatique à l'indépendance du Kosovo en rappelant ses ambassadeurs en Allemagne et en Autriche après ceux aux États-Unis, en France et en Grande-Bretagne.

Pour réaffirmer la présence serbe au Kosovo, plusieurs ministres serbes se sont rendus hier dans le nord du Kosovo, de même que dans diverses enclaves serbes.

L'indépendance kosovare a créée aussi des tensions entre la Russie, soutien indéfectible de la Serbie, et l'UE, qui doit envoyer une mission au Kosovo pour l'accompagner dans ses premiers pas d'État souverain.

«La décision de déployer une mission de l'UE au Kosovo n'a aucun fondement légal», a déclaré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Kamynine, dans un communiqué.






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