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Le Pakistan perd un espoir pour la démocratie

Alexandre Shields   28 décembre 2007  International
L’ancienne première ministre pakistanaise Benazir Bhutto photographiée peu avant d’être tuée par un kamikaze hier lors d’un rassemblement politique dans la ville de Rawalpindi, près d’Islamabad.
Photo : Agence Reuters
L’ancienne première ministre pakistanaise Benazir Bhutto photographiée peu avant d’être tuée par un kamikaze hier lors d’un rassemblement politique dans la ville de Rawalpindi, près d’Islamabad.
Elle caressait le rêve de restaurer la démocratie au Pakistan, sous le joug d’une dictature militaire depuis huit ans. Mais hier, l’ancienne première ministre Benazir Bhutto a été tuée dans un attentat qui n’a pas encore été revendiqué. Cet assassinat plonge le Pakistan dans une des crises les plus graves de ses 60 années d’existence, soulevant le spectre de la déstabilisation et d’une annulation des élections législatives prévues dans moins de deux semaines.

Mme Bhutto, qui était âgée de 54 ans, venait de s’adresser à des milliers de partisans du Parti populaire du Pakistan (PPP) dans la ville de Rawalpindi, près d’Islamabad, dans le cadre de la campagne électorale, quand elle a été tuée avec une vingtaine d’autres personnes. Le conseiller à la sécurité de la dirigeante, Rehman Malik, a expliqué qu’un homme avait ouvert le feu sur elle, l’atteignant au cou et à la poitrine, avant de déclencher sa charge. «Nous avons demandé plusieurs fois au gouvernement de la protéger correctement [...] mais ils ne nous ont pas écoutés», a-t-il déploré.

Grièvement blessée, Mme Bhutto a été évacuée vers un hôpital, où elle est décédée en début de soirée. Plusieurs de ses partisans sur place ont hurlé des «Assassin! Assassin Moucharraf!». Certains ont cassé des vitres tandis que d’autres éclataient en larmes ou se frappaient la poitrine. «Elle est devenue une martyre», a d’ailleurs affirmé le sénateur Babar Awan, son avocat. La mort de cette femme, devenue le symbole du possible retour de la démocratie dans le pays, a rapidement provoqué une flambée de violence dans plusieurs villes. L’armée et la police ont immédiatement été placées en alerte rouge. Selon ce qu’un journaliste de Karachi a expliqué hier à Libération, «la réaction dans la rue est très violente, les gens sont dehors, furieux, ils brûlent des voitures, des bâtiments, il y a des fusillades, c’est le chaos».

Au moins une dizaine de personnes ont péri dans les émeutes.

Le ressentiment de la population contre le gouvernement semblait effectivement plus fort que jamais alors que le président Pervez Moucharraf décrétait trois jours de deuil national, qualifiant l’assassinat de Benazir Bhutto d’«immense tragédie nationale». Il a imputé cet assassinat aux «terroristes contre lesquels nous sommes en guerre». M. Moucharraf a aussi exprimé sa «détermination» à les «éliminer». «J’appelle la nation à rester pacifique et à faire preuve de retenue», a-t-il ajouté. Il n’a pas mentionné les élections prévues dans quelques jours.

À Rawalpindi, l’autre figure de l’opposition, l’ancien premier ministre Nawaz Sharif, renversé par le coup d’État du général Moucharraf en 1999, a incité la foule à «venger la mort» de Benazir Bhutto, «ma soeur», a-t-il dit. M. Sharif, revenu d’exil en novembre, a annoncé un peu plus tard que son parti boycotterait le scrutin du 8 janvier et a exigé «la démission immédiate de Moucharraf». «Des élections libres ne sont pas possibles en présence de Moucharraf. Il est à l’origine de tous les problèmes», a-t-il ajouté.

De l’avis de plusieurs spécialistes, le président Moucharraf, qui a renoncé il y a 15 jours à ses fonctions militaires, pourrait bien proclamer de nouveau l’état d’urgence et annuler — ou à tout le moins reporter — le scrutin du 8 janvier. «Il est juste de penser désormais que ces élections ne peuvent pas se dérouler comme prévu», résume Farzana Shaikh, spécialiste du Pakistan à Chatham House, un institut londonien d’analyses.

«Le processus électoral a été stoppé net. Je pense que la possibilité est tout à fait réelle maintenant que Moucharraf décide que la situation échappe à tout contrôle et qu’il doit de nouveau imposer l’état d’urgence», a-t-elle ajouté. Le Pakistan, principal allié régional des États-Unis dans leur lutte contre al-Qaïda et les taliban en Afghanistan voisin, entre selon elle «dans l’inconnu». Et cet inconnu pourrait déstabiliser la région tout entière. «Ce n’est pas la première crise à laquelle le Pakistan soit confronté depuis sa création, en 1947, mais je serais encline à penser que nous assistons à la plus grave convergence de crises.»

Multiples pistes
Au moment de mettre sous presse, nul n’avait revendiqué l’assassinat de Benazir Bhutto, première femme à avoir dirigé un pays musulman. Les soupçons se portent surtout sur des extrémistes islamistes (l’ex-premier ministre disait avoir échappé à des tentatives d’assassinat planifiées par al-Qaïda). Il faut dire que les islamistes sont très présents au Pakistan. Une vague d’attentats qui leur sont attribués a déjà ensanglanté le pays cette année, après l’assaut de l’armée sur un bastion fondamentaliste dans la capitale, Islamabad, en juillet dernier, la «Mosquée rouge». Au total, les bombes et les kamikazes ont provoqué la mort de près de 800 personnes.

Ironie du sort, dans le discours qu’elle venait de prononcer quelques minutes avant de mourir, Mme Bhutto avait évoqué les menaces des islamistes: «J’ai mis ma vie en danger, je suis rentrée parce que je sentais que ce pays était en danger. Les gens sont inquiets, mais nous sortirons ce pays de la crise.» Avant son retour au pays, elle avait même déclaré qu’elle autoriserait les Américains à frapper les sanctuaires d’al-Qaïda en territoire pakistanais et qu’elle leur donnerait accès au Dr Khan, le père de la bombe atomique pakistanaise.

D’autres pistes sont avancées par les analystes, dont certaines pointent le parti de Moucharraf. «Il sera très difficile d’établir la vérité», prédit toutefois M. J. Gohel, directeur de la Fondation Asie-Pacifique, basée à Londres. «Autant que les talibans et des éléments qaïdistes, il y a de nombreux autres suspects: il y a des éléments au sein de l’armée et des services de renseignement qui n’ont jamais eu de bonnes relations avec Bhutto [...]. Comme chacun sait, elle avait de nombreux ennemis au Pakistan.»

L’équipe de campagne de Mme Bhutto s’était plainte à plusieurs reprises de l’insuffisance du dispositif de sécurité mis en place par les autorités autour de leur chef de file, qui avait échappé de justesse à un attentat le jour même de son retour d’exil, en octobre dernier. L’attaque avait fait 139 morts, surtout des partisans du PPP, le parti le plus populaire du pays.

Farzana Shaikh, de Chatham House, a pour sa part souligné que Benazir Bhutto a été assassinée à Rawalpindi, très loin de la province de la Frontière du Nord-Ouest, où opèrent habituellement les islamistes armés. «Cela va faire craindre qu’il y ait eu à un niveau élevé une forme de négligence qui a permis cette attaque. Et ces types d’événements vont soulever de très sérieuses interrogations sur une forme de connivence au sein des autorités», croit-elle.

Surtout, selon M. J. Gohel, de la Fondation Asie-Pacifique, «les implications sont énormes» et dépassent les frontières du Pakistan. «Si les élections n’ont pas lieu, nous nous dirigerons vers un vide du pouvoir et les islamistes radicaux pourraient vraiment commencer à occuper ce vide et opérer depuis cette base. Le Pakistan est un pays qui abrite déjà al-Qaïda et les talibans, c’est également une puissance dotée d’armes nucléaires et de missiles à longue portée... »

Les auteurs du meurtre souhaitent justement déstabiliser le pays, selon les partisans de Mme Bhutto. «C’est l’oeuvre de ceux qui veulent désintégrer le Pakistan parce qu’elle était un symbole d’unité. Ils ont achevé la famille Bhutto. Ce sont des ennemis du Pakistan», a déclaré à Reuters Farzana Raja, un responsable de la formation de Bhutto.

Condamnation internationale
La condamnation de ce meurtre a été unanime à travers le monde. Fait à noter, Benazir Bhutto, à la tête du gouvernement de 1988 à 1996, était appréciée en Occident pour ses positions libérales ainsi que sa détermination à combattre l’extrémisme islamique. Les États-Unis, dont le Pakistan est le premier allié contre le terrorisme, poussaient Pervez Moucharraf à conclure une alliance avec elle pour les législatives.
Le président américain George W. Bush a d’ailleurs condamné un «acte lâche perpétré par des intégristes meurtriers qui cherchent à saper la démocratie pakistanaise». Il a exhorté la population à «poursuivre le processus démocratique pour lequel elle [Benazir Bhutto] a si courageusement donné sa vie».

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est déclaré «choqué et scandalisé» par ce «crime odieux» alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a «condamné [l’attentat] dans les termes les plus forts» dans une déclaration adoptée à l’unanimité. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a condamné une «attaque contre la démocratie et contre le Pakistan». Le président russe Vladimir Poutine a qualifié l’attentat d’«acte terroriste barbare» et dit souhaiter que les responsables soient «châtiés». «C’est un défi, lancé par les forces du terrorisme, non seulement contre le Pakistan mais aussi contre la communauté internationale», a estimé le président russe.

Grand voisin et rival du Pakistan, l’Inde a qualifié d’«acte abominable» l’assassinat de Benazir Bhutto. Son premier ministre, Manmohan Singh, a déploré un «coup terrible porté à la démocratie» dans le pays voisin, puissance nucléaire comme elle. «Avec sa mort, le sous-continent perd un dirigeant politique de premier plan qui avait oeuvré pour la démocratie et la réconciliation de son pays», a-t-il déploré.
Le premier ministre canadien Stephen Harper a lui aussi vivement condamné l’attentat. Il a également sommé le Pakistan de ne pas suspendre les élections prévues dans deux semaines malgré l’annonce d’un boycottage par le principal parti d’opposition.
***
Avec l’Agence France-Presse, Associated Press, Libération et Reuters
L’ancienne première ministre pakistanaise Benazir Bhutto photographiée peu avant d’être tuée par un kamikaze hier lors d’un rassemblement politique dans la ville de Rawalpindi, près d’Islamabad. Le drapeau du Parti populaire du Pakistan flottait près du cercueil de Benazir Bhutto que portaient ses partisans peu après l’assassinat de la chef de file de l’opposition, hier.
 






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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    vendredi 28 décembre 2007 05h57
    Comme un coup de poignard dans le dos!
    « C'est mon fils qui m'a appris, tôt hier matin, que Mme Benazir Bhutto venait de se faire assassiner. Je ne le croyais pas, moi qui ai toujours le nez collé à l'information internationale, pratiquement d'heure en heure... dans ma préoccupation à approfondir d'autres dossiers, j'avais délaissé quelques minutes les dépêches...
    - Mais non, Maxence, tu dois faire erreur, voyons, ils n'ont pas pu tuer Benazir! Voyons!

    J'ouvre Cyberpresse... Eh! Oui! Ils ont bien tué Mme Bhutto!
    Ce fut comme un coup de poignard au dos! L'espoir d'une meilleure justice au Pakistan venait de s'éteindre.

    Ils ont tué Benazir Bhutto.

    Une grande tristesse m'a envahi, comme une vague de désespoir. Je voyais déjà les manchettes:
    « Al Qaïda est probablement responsable! »
    « Ce sont les islamistes! »
    « Bush condamne l'attentat! »
    « Musharraf dit vouloir trouver les coupables! »

    La CIA va faire en sorte que Al Qaïda va revendiquer l'attentat.
    On va nous sortir une cassette de Ben Laden le confirmant.
    Toutes des cassettes et des déclarations certifiées par les services secrets US.
    Ben Laden est toujours là pour donner un bon coup de pouce au politique US.

    Mais pour moi, toutes ces manchettes, tous ces gros titres, ne sont que mascarade.
    Ce sera encore un grand moment de manipulation de l'opinion publique.

    La réalité... quelle est-elle?

    La réalité est bien plus difficile à lire qu'un gros titre totalement spéculatif et, surtout, manipulateur.
    La réalité n'est pas facile à percevoir.
    Chose sûre: Mme Bhutto vient de payer de sa vie sa courageuse démarche politique.
    Chose sûre: Mme Bhutto était de la classe très aisée et elle menait une vie tranquille confortable et sécuritaire, à Dubaï.
    Chose sûre: En revenant au Pakistan et surtout en se mettant sur la ligne de front politique, elle risquait sa vie. Elle en était bien consciente et c'est pourquoi, elle avait toute mon admiration.
    On a eu beau la dénigrer, comme à chaque fois qu'un personnage politique charismatique peut venir mêler les cartes de ceux qui manipulent la politique internationale, on les dénigre.
    Chicane familiale, accusation d'assassinats interposés, accusation de détournement de fonds, de blanchiment d'argent, mettez-en! Des diffamations à profusion!
    Cependant, la réalité était éloquente: à son retour, une forte majorité des Pakistanais et des Pakistanaises, sont descendus dans les rues pour l'accueillir et pour l'acclamer. On pouvait la calomnier, la diffamer, on ne pouvait pas masquer cette horde de supporters!

    Benazir Bhutto était charismatique, elle représentait l'espoir. L'espoir d'un pays plus juste, l'espoir d'une vraie démocratie, l'espoir d'un gouvernement honnête. L'Espoir!

    C'est tout de même incroyable et surtout scandaleux, cette manipulation médiatique qui nous pousse à considérer le Pakistan comme une "démocratie".
    LE PAKISTAN EST UNE DICTATURE!

    MUSHARAFF EST UN DICTATEUR!

    Oui, j'affirme, avec beaucoup de preuves à l'appui, que Pervez Musharraf est un dictateur.
    J'irais jusqu'à affirmer, que Musharraf a lui-même commandé l'assassinat de sa principale adversaire politique, Mme Benazir Bhutto.
    De plus, il est clairement établi que Pervez Musharraf est le principal et le meilleur allier de la Maison Blanche au Moyen-Orient, donc... on peut conclure, que l'assassinat de Mme Bhutto, malgré les déclarations offusquées et larmoyantes de M. Bush, il n'en demeure pas moins, que celui-ci, a probablement un petit coin de son grand coeur qui se réjouit de cette disparition, inattendu pour la planète, mais, sans doute, prévu par les principales agences de renseignements qui travaillent main dans la main, comme l'ISI pakistanaise et la CIA états-unienne.

    La manipulation médiatique est devenue grossière.
    Il y a au Pakistan une des pires dictatures du Moyen-Orient. On persiste à ne pas la dénoncer, on va même jusqu'à la promouvoir.
    Musharraf a pris le pouvoir par un coup d'État et on s'empresse d'ajouter presqu'en caractères gras: «sans effusion de sang»! Comme si ce coup d'État était un acte démocratique!
    On justifie la loi martiale de Musharraf en disant que c'est pour contrer le terrorisme!
    Ah! Ce terrorisme combien utile!
    Il emprisonne, il massacre des manifestants, il assassine, il bâillonne les médias, il contrôle tout et on persiste à nous le présenter comme étant un personnage respectueux de la démocratie et des droits humains, ce qui est totalement faux.
    Musharraf est un dictateur corrompu à l'os.
    Il n'a pas besoin d'uniforme pour contrôler l'armée. Il lui suffit d'avoir quelques bonnes liasses de billets verts. La corruption, le meilleur outil des dictatures et des puissances étrangères voulant contrôler un pays.

    Pendant que l'assassinat de Mme Bhutto se préparait, Pervez fraternisait avec Karzaï. Deux personnages les plus corrompus de la région. Décontractés, sourires complices, ils déclaraient à l'unisson, leur volonté de combattre le terrorisme! Ah! Ce terrorisme combien utile!

    Dans les jours qui vont suivre, ce sera l'unisson médiatique de condamnation de l'attentat et surtout de l'accusation d'Al Qaïda et des réseaux islamistes!
    On présentera Musharraf comme le respectable président offusqué et bien déterminé à trouver et punir les coupables.

    Mais à qui donc profite le plus cet assassinat?
    Qui donc représentait la plus grande menace à la dictature pakistanaise?

    Des élections sans candidat d'opposition sont plus faciles à remporter!
    Et de toute façon, on ne peut tenir d'élections dans un pays où le terrorisme est trop actif.
    Ah! Pauvre Musharraf, il devra, avec regret, avec un énorme regret, annuler les élections.

    Il lui reste à éliminer Nawaz Sharif, cette autre menace. Moins charismatique, mais qui peut saisir la situation et mener le peuple à la révolte.
    La guerre civile va s'installer au Pakistan. La répression sera sanglante. Une fois de plus, le désespoir va pousser à la violence et aux attentats suicides.

    Quel bourbier, quel merdier, ce Moyen-Orient!
    Tout ça pour parce qu'une grande puissance veut, coûte que coûte, contrôler cette région avec la corruption, la dictature et les armes.

    On nous parle de démocratie et de droits humains... ces mots me font vomir!


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    vendredi 28 décembre 2007 06h24
    "Épouvantable" !
    « Salutations d'entraide honorables tout le Monde,

    Un petit mot sur cet "attentat" politico-terroriste odieux et lamentable, sur-venu dans le cadre d'une campagne électorale dont l'issue aurait été connue ce 8 janvier prochain (Pakistan).

    Épouvantable attentat à dé-noncer promptement!

    L'Année 2007, en effet, a été une année remplie d'émotions, de tensions et de tristesses (voir, entre autre référence, Guysen: Éditorial du Rédacteur-Chef: www.guysen.com/articles.php?sid=6542&titre=2007--une-année-triste-br-Editorial-de-la-semaine-du-29-12-2007)sur le plan Mondial: pensons ici au totalitarisme des Poutine (guerres intérieures russes), au Problème de l'Axe de Philadelphie (Moyen-Orient), au lendemain d'Annapolis, à la remontée de l'antisémitisme européen, à la ré-émergence du radicalisme économique, religieux et politique... et... soudainement l'attentat de Bhutto... !

    Une année à oublier mais aussi à ne plus souhaiter !

    De cet attentat, une question !

    Le Monde politico-militaire se prépare-t-il à une Troisième Frappe Mondiale ? ou vers un 2008 de Paix ?

    Espérons que... !
    Marcel (Fafouin)/ 28 décembre 2007 »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 28 décembre 2007 08h30
    Est-ce que messieurs Bush et Harper vont en profiter ?
    « Une autre bonne occasion pour que Messieurs Bush et Harper d'envahir le Paquistan pour y déloger les terroristes qui seraient aussi méchants qu'en Irak et et que les Talibans en Afghanistan sans compter qu'ils ont aussi l'Iran à envahir où les méchants y seraient en aussi grand nombre. "Sont donc beaucoup ces méchants là ?" qu'il faut commencer à bombarder du haut des airs avant de les tirer au sol, après avoir séparé les bons des méchants, ce qui, dans un premier temps, n'est pas trop évident. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    vendredi 28 décembre 2007 17h56
    Un «Lee Oswald» ne sera pas facile à trouver!
    « La fin tragique de Benazir Bhutto est un autre effet de la bestialité qui anime certains résidus de l'humanité au sommet de laquelle trônent les militaristes dictateurs qui assassinent au nom d'une guerre aux extrémistes et au nom d'une paix virtuelle dans laquelle ils baignent leur conscience sanguinaire. Et, ils ne sont pas les moindres ni les derniers venus, dans la cour des haut-gradués et des haut-gradés.

    Les spéculations émergeront de tous les bourbiers et iront dans tous les sens de l'opportunisme crasse. Mais, on finira par trouver un parfait innocent et on l'étiquettera, avec la même tactique hollywoodienne par laquelle on a timbré Lee Harvey Oswald, lors du meurtre sordide de John F. Kennedy qui fut lâchement exécuté pas ceux-là mêmes qu'il dérangeait. John F. Kennedy dérangeait et, 44 ans plus tard, Benazir Bhutto dérangeait l'omnipotence corrompue, cette prépotence perverse dont se gavent et se truffent jusqu'à la rage, ceux qui envoient leurs rivaux déstabilisateurs et/ou ennemis aux potences de leur vengeance, parce qu'ils se croient mandatés et justifiés de ce faire; parce qu'ils se croient des «hommes faits dieux», des «parias faits Allah».

    À l'opposé, n'est-il pas bizarroïde de constater que les Ben Laden, George W. Bush, Ehud Olmert, Mahmoud Ahmadinejad et d'autres Pol Pot collectionneurs de macchabées, ne semblent déranger personne et que leur bien vivante conscience porte des morts par centaines de milliers avec la même fierté qu'un lion porte sa tignasse?

    La corruption est la quadrature du cercle de la mondialisation, Cette fin maudite de l'omnipotence qui justifie tous les moyens. Dans le cas de la «Jeanne-D'Arc» du Pakistan, on trouvera probablement moyen de prétendre que son passé l'a rattrapée et que son assassinat vient prolonger la bien triste série d'une dynastie qui a baigné dans le sang. En fin de compte, la corruption n'est pas le fait d'un homme ni celui d'une femme. La corruption fait partie intégrante du «pouvoir théiste», aussi dominateur que guerroyeur, aussi chasseur que cribleur. Qui s'y frotte s'y pique. D'une façon qu'elle n'a certes pas choisie, mais après laquelle l'imprudente, n'ayant pour armure et protection que sa seule témérité, a couru de son plein gré, il demeure le fait évidemment incontournable que le nom de Bénazir Bhutto, la Lady Die Sud Asiatique, sera inscrit au martyrologe et passera ainsi à l'histoire des victimes de la bêtise déshumanisante des terriens parmi les plus tarés, les militaristes, ces putschistes extrémistes qui disent combattre le terrorisme ... ... ...

    Je sympathise avec les siens, avec ses parents et amis, avec tous les pakistanais qui sont endeuillés et je me joins à tous ceux et celles qui l'aimaient et qui l'aimeront pour toujours. Je ne doute aucunement que Bénazir Bhutto repose en paix. Ce dont je doute, par contre, c'est que le «Pakistan nourricier des Talibans de l'Afghanistan, ces intégristes tueurs à gage qui criblent les forces de la paix», que ce Pakistan de l'après Bhutto, puisse vivre en paix, aux lendemains de l'assassinat commandé de la plus charismatique des leurs, cette étoile qui brillait très haut, dans le firmament de tous les espoirs et qui était sur le point de rassembler les «mages» d'une démocratie pakistanaise transfrontalière, maintenant reportée aux calendres grecques.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    samedi 29 décembre 2007 01h46
    La masse critique mensongère du politique tue.
    « Comme il fallait s'y attendre, le pantin ministre pakistanais de l'intérieur, Hamid Nawaz, s'est trouvé un LEE HARVEY OSWALD à timbrer, nommé Baitullah Mehsud. Ce ministre de ce Pakistan sympathique hébergeur d'Al-Quïda et de Ben son Grand Pontife; ce ministre du Pakistan fournisseur des armes assassines et des munitions explosives que requièrent leurs amis talibans afghans; cet acteur de la tragédie pakistanaise associe son bouc émissaire Mehsud, aux tortionnaires et tueurs talibans d'Al Qaïda. En termes on ne peut plus explicites, «il accuse un des siens»... En termes très précis, «il s'accuse»...

    L'assassinat de Benazir Bhutto, le plus répugnant des assauts de l'actuelle gestapo pakistanaise, est la navrante exposition d'un des versants les plus sombres d'une montagne créée en totalité par le cumul incessant des échecs états-uniens, au seul chapitre de la «politique étrangère» que le cow-boy de Washington a saisie au lasso, sans avoir jamais pu en différencier l'alpha de l'oméga.

    Alors que la stupéfaction est à son comble et compte tenu qu'il fait partie du peloton de tête de ceux et celles qui n'ont de leçons à donner à personne, le robot de la Maison Blanche, George W. Bush, lève le ton et condamne, en manchette, la «nouvelle anecdotique du jour» qui, de un, le gêne et qui, de deux, le court-circuite, en quelque sorte. Il s'agit bien du même George W. Bush qui a initié le retour de Benazir Bhutto au pays de sa terrorisante exécution. Le même George W. Bush qui a dilapidé plus de 10 milliards des piastres des états-uniens, à commanditer Pervez Musharraf, ce général qui a péremptoirement envahi et qui occupe toujours le siège de la gouvernance pakistanaise, ce Chef d'un Pakistan dictatorialisé et terrorisé qui, en 1979, avait conduit le père de Bénazir, Zulfikar Ali, à la potence des occupants militaristes du pouvoir, sous la badine guillotineuse d'un autre général, Mohammed Zia-ul Haq.

    Sous la menace fulgurante de la masse critique mensongère du politique émergeant, cette excroissance de la mondialisation de l'extrémisme, il faut à tout prix, que les pakistanais comprennent «immédiatement» que l'expression de leur colère, si légitime et compréhensible soit-elle, les conduira nulle part ailleurs qu'à leur perte. La colère meurtrière et incendiaire du 28 décembre donne au général dictateur que supportent les USA, toutes les armes de sa répression et justifie qu'il ait déjà commandé à ses troupiers de tirer sur tout ce qui bouge, comme «quelqu'un» l'a si précisément fait, en ciblant et criblant la personne qui souhaitait voir la démocratie déloger la dictature. Les 32 premières victimes de cette tuerie à vue du 28 décembre 2007, qui rappelle la folie d'un certain intégriste führer tout aussi théiste que fou, constituent une mémoire vive que les pakistanais ne peuvent ignorer. En tout cas, la colère, le désordre ainsi que la mise à sac et à feu des biens publics et privés ajoutés au sang de leurs compatriotes, n'ont absolument aucun lien, de quelque logique associative que ce soit, avec l'héritage humain, culturel et politique. Ça risque d'être le déni souhaité par la dictature, des volontés devenues prématurément les derniière, de Benazir Bhutto.

    Je souhaite que le Créateur du Bien et de la Paix, du Courage et de la Bravoure, prenne tous les pakistanais sous sa garde et qu'Il les escorte à leur terre promise, en 2008.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    samedi 29 décembre 2007 10h32
    Grâce à l'oubli, l'incurie se perpétue.
    « L'ex-président du Pakistan, Mohamad Nawaz Sharif, que le Général militariste et putschiste Pervez Musharraf a renversé, le 12 octobre 1999, fait figure de proue, en plein centre de la cible de l'épuration que nécessite l'instauration «incontestée» de la dictature à Islamabad. La bouillabaisse de son élimination en est à ses derniers bouillons, puisqu'il qualifie Musharraf de source originelle du chaos pakistanais et qu'il le somme de quitter le pouvoir usurpé, dans les plus brefs délais, en limitant son échéance à 24 heures». Il annonce du même souffle, que son parti, l'un des deux principaux de l'opposition après celui de Mme Bhutto, boycottera les élections législatives et provinciales prévues pour le 8 janvier. Et, croyant que ce ne soit pas suffisant, il a convoqué une «colère» appelée «grève» générale, pour le vendredi 28 dernier, ajoutant qu'il mènera la guerre contre l'usurpateur Musharraf qui aurait besoin d'une majorité sans équivoque, au sortir du prochain scrutin du 8 janvier 2008, pour pouvoir légitimer son trône à la présidence du pays.

    Même s'il est plus facile de convaincre un islamiste aveuglément intégriste et follement extrémiste, d'abattre une femme de pouvoir, plutôt que d'éliminer un homme du pouvoir, Sharif semble avoir dessiné précisément les contours de son destin tout aussi inéluctable que funeste. Téméraire incorrigible, comme celle qui vient d'en payer le prix de sa vie, Sharif est dans la mire de Musharraf, de l'ISI pakistanaise liée à la CIA états-unienne. Sur sa route déjà cahoteuse, il agence les pavés de sa mort.

    Pour hier, comme pour aujourd'hui et pour demain, il est plus que probable que c'est aux alentours de ce théâtre Sud-Asiatique que se jouera la Première d'une imminente 3e Frappe mondiale. À cet égard et en appui à cette hypothèse, il serait plus qu'indiqué de se souvenir que le chef des services d'espionnage pakistanais (ISI), le lieutenant-général Mammoud Ahmad, se trouvait aux États-Unis lors des attaques contre le World Trade Center et le Pentagone et qu'il a eu des entretiens, au cours de la semaine précédant ces attentats terroristes, avec ses vis-à-vis de la CIA et du Pentagone. Il est également prescrit de se rappeler que le 9 septembre 2001, alors que le Général Mammoud Ahmad se trouvait aux USA, en entretiens secrets avec ses vis-à-vis de la CIA et du Pentagone, le Commandant Ahmad Shah Massoud, de l'Alliance du Nord, était assassiné et que les hauts responsables de l'Alliance ont informé l'administration Bush que les services secrets pakistanais (ISI) étaient impliqués dans cet assassinat, selon la convergence de tous les indicateurs d'une telle probabilité. C'est donc en toute connaissance de cause que l'administration Bush a pris la décision, lors des consultations intervenues avec le général Mammoud Ahmad après le 11 septembre, de «coopérer» directement avec les services de renseignements pakistanais, malgré leurs liens avec Oussama ben Laden et les talibans, malgré leur rôle présumé dans l'assassinat de Massoud et malgré tout le reste. Dans la perspective de la thèse très documentée et jamais démentie, soutenant l'existence interactive de l'axe ISI-OUSSAMA-TALIBAN-CIA-DIA, le «théoriquement impossible» cet objet des discours truqués, devient pratiquement et irréfutablement possible. CE TANGIBLE POSSIBLE dont tout trucage additionnel ne saurait échapper aux griffes de la mémoire vive, EST DEVENU TERRORISANTE RÉALITÉ. Le Monde y est confronté.

    L'histoire perd de son sens et de son utilité première, quand on perd la trace du moindre des morceaux de son puzzle. C'est dans l'oubli, dans la paresse intellectuelle et, pire encore, dans l'ignorance crasse de l'histoire, que les terriens répètent désespérément les mêmes erreurs dont certaines prennent une ampleur catastrophique, sur l'échelle de l'apocalypse. C'est ainsi que l'incurie se perpétue et que «l'axe du mal» prend ses aises, autant dans les Succursales qu'à la Maison Mère...

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

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