Protocole de Kyoto - Seize pays industrialisés ne respectent pas leurs promesses
À un mois de l'entrée en vigueur de la «période d'engagement» du protocole de Kyoto, 16 des 36 pays industrialisés liés par ce texte ne respectent pas leurs promesses, ce qu'ont critiqué hier les Nations unies en marge de la conférence de Bali sur le changement climatique.
«Il existe un fort ressentiment [parmi les pays plus pauvres] face à ces nombreux engagements, pris dans le passé, qui ne sont pas respectés et qui risquent d'être commodément oubliés lorsque nous passerons à un nouveau chapitre», a dit Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques.
Conclu en 1997, le protocole de Kyoto, qui expire en 2012, contraint les nations industrialisées à réduire de 5 % en moyenne par rapport à 1990 leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) sur la période 2008-2012. À moins d'un mois du début de cette «période d'engagement», les perspectives ne sont pas bonnes.
Dans six des 15 États membres de l'UE d'avant l'élargissement de mai 2004, les émissions ont crû en 2005. Au total, les pays de l'UE-15 ont donc globalement réduit de 2 % environ leurs émissions par rapport à 1990, contre un objectif chiffré à 8 % par Kyoto.
«Des émissions augmentent; dans ce contexte, Kyoto ne remplit pas sa mission», a dénoncé Harlan Watson, qui conduit à Bali la délégation des États-Unis, pays non signataire du protocole. «Je m'attends totalement à ce que l'UE respecte ses objectifs par les mécanismes de flexibilité», a-t-il ajouté.
Ces mécanismes, conçus pour faciliter la réalisation des engagements des pays liés par Kyoto, sont de deux types: les permis d'émission (qui organisent un «marché des droits à polluer» en permettant de vendre ou d'acheter des droits à émettre entre pays industrialisés) et une aide au développement (un pays au-dessus de ses quotas d'émission compense en finançant des projets de réduction des émissions dans des pays en développement).
L'aide au développement, baptisé mécanisme de développement propre (MDP) dans le jargon de Kyoto, convient aux pays industrialisés et à de nombreux pays pauvres. Mais, pour certains pays en développement, comme le Brésil, ces mécanismes ne devraient servir qu'en extrême recours, et les nations industrialisées devraient d'abord mettre en oeuvre des réductions douloureuses de leurs émissions de GES avant de discuter d'investissements de compensation peu onéreux dans les pays pauvres.
L'Indonésie, le Kenya, la Tanzanie, l'Éthiopie, le Vietnam ou le Bangladesh ont souligné depuis le début de la conférence de Bali qu'ils attendaient toujours les bénéfices de ce mécanisme.
Pour accentuer les réductions effectives des émissions, l'Union européenne a proposé de fixer la limite maximale de la «compensation carbone» à 10 % de l'objectif global de réduction des émissions, a précisé Yvo de Boer. L'UE doit détailler cette mesure le mois prochain et s'est refusée hier à tout commentaire sur les propos de De Boer.
L'exemple allemand
Le gouvernement allemand a décidé hier d'une série de mesures de protection du climat des plus ambitieuses, montrant l'exemple aux nations réunies à Bali.
Le conseil des ministres a approuvé hier un programme comprenant 14 projets de loi et décrets, visant à atteindre son objectif de réduction de 40 % des émissions de CO2 d'ici 2020 par rapport à 1990, contre 20 à 30 % pour l'UE. Il a décidé de consacrer 2,6 milliards d'euros du budget 2008 à la protection du climat, soit une hausse de 200 % par rapport à 2005.
Plusieurs associations d'écologistes ont salué un «premier pas» tout en dénonçant «l'insuffisance» des mesures, notamment dans les transports. L'idée est d'agir du côté du producteur comme du consommateur, à la fois par la contrainte et par le soutien financier.
«Il existe un fort ressentiment [parmi les pays plus pauvres] face à ces nombreux engagements, pris dans le passé, qui ne sont pas respectés et qui risquent d'être commodément oubliés lorsque nous passerons à un nouveau chapitre», a dit Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques.
Conclu en 1997, le protocole de Kyoto, qui expire en 2012, contraint les nations industrialisées à réduire de 5 % en moyenne par rapport à 1990 leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) sur la période 2008-2012. À moins d'un mois du début de cette «période d'engagement», les perspectives ne sont pas bonnes.
Dans six des 15 États membres de l'UE d'avant l'élargissement de mai 2004, les émissions ont crû en 2005. Au total, les pays de l'UE-15 ont donc globalement réduit de 2 % environ leurs émissions par rapport à 1990, contre un objectif chiffré à 8 % par Kyoto.
«Des émissions augmentent; dans ce contexte, Kyoto ne remplit pas sa mission», a dénoncé Harlan Watson, qui conduit à Bali la délégation des États-Unis, pays non signataire du protocole. «Je m'attends totalement à ce que l'UE respecte ses objectifs par les mécanismes de flexibilité», a-t-il ajouté.
Ces mécanismes, conçus pour faciliter la réalisation des engagements des pays liés par Kyoto, sont de deux types: les permis d'émission (qui organisent un «marché des droits à polluer» en permettant de vendre ou d'acheter des droits à émettre entre pays industrialisés) et une aide au développement (un pays au-dessus de ses quotas d'émission compense en finançant des projets de réduction des émissions dans des pays en développement).
L'aide au développement, baptisé mécanisme de développement propre (MDP) dans le jargon de Kyoto, convient aux pays industrialisés et à de nombreux pays pauvres. Mais, pour certains pays en développement, comme le Brésil, ces mécanismes ne devraient servir qu'en extrême recours, et les nations industrialisées devraient d'abord mettre en oeuvre des réductions douloureuses de leurs émissions de GES avant de discuter d'investissements de compensation peu onéreux dans les pays pauvres.
L'Indonésie, le Kenya, la Tanzanie, l'Éthiopie, le Vietnam ou le Bangladesh ont souligné depuis le début de la conférence de Bali qu'ils attendaient toujours les bénéfices de ce mécanisme.
Pour accentuer les réductions effectives des émissions, l'Union européenne a proposé de fixer la limite maximale de la «compensation carbone» à 10 % de l'objectif global de réduction des émissions, a précisé Yvo de Boer. L'UE doit détailler cette mesure le mois prochain et s'est refusée hier à tout commentaire sur les propos de De Boer.
L'exemple allemand
Le gouvernement allemand a décidé hier d'une série de mesures de protection du climat des plus ambitieuses, montrant l'exemple aux nations réunies à Bali.
Le conseil des ministres a approuvé hier un programme comprenant 14 projets de loi et décrets, visant à atteindre son objectif de réduction de 40 % des émissions de CO2 d'ici 2020 par rapport à 1990, contre 20 à 30 % pour l'UE. Il a décidé de consacrer 2,6 milliards d'euros du budget 2008 à la protection du climat, soit une hausse de 200 % par rapport à 2005.
Plusieurs associations d'écologistes ont salué un «premier pas» tout en dénonçant «l'insuffisance» des mesures, notamment dans les transports. L'idée est d'agir du côté du producteur comme du consommateur, à la fois par la contrainte et par le soutien financier.
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