samedi 28 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h41


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Palestine - Mardi noir à Gaza, au bord de la guerre civile

N/A ZZZN/A   13 juin 2007  International
Gaza — Plus que jamais au bord de la guerre civile, la bande de Gaza, où s'affrontent partisans du Hamas et du Fatah de Mahmoud Abbas, a connu hier sa journée la plus sanglante depuis plusieurs mois, avec plus de 28 morts et au moins 150 blessés, ce qui menace de faire éclater le gouvernement d'union.

Les Forces nationales de sécurité, la plus importante des unités fidèles au président Mahmoud Abbas, ont reçu l'ordre de riposter, après une offensive du mouvement islamiste que les laïcs du Fatah ont qualifiée de «coup d'État».

Les accrochages les plus violents se sont déroulés à Jabaliya, où les combattants islamistes du Hamas ont pris en soirée le contrôle de la base des Forces nationales de sécurité, un service de sécurité fidèle au Fatah du président Mahmoud Abbas, selon des témoins et des responsables.

L'assaut au lance-roquettes et à l'arme automatique contre cette base, la plus grande du nord de la bande de Gaza, avait été lancé dans l'après-midi par le Hamas.

Entre-temps, les combattants du mouvement islamiste tentaient de prendre le contrôle, dans la soirée, d'une autre base des Forces nationales de sécurité, à Maghazi, dans le centre de la bande de Gaza, ont indiqué les sources de sécurité.

Plus tôt, le Hamas avait attaqué un autre QG des Forces nationales de sécurité à Gaza, mais il avait ensuite abandonné les lieux après un intense échange de tirs avec des membres de ce service.

Ces nouveaux décès portent à 50 le nombre de morts depuis le début de la nouvelle flambée de violences interpalestiniennes qui a éclaté le 7 juin.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont décrété «le nord de la bande de Gaza zone militaire fermée» sous leur contrôle.

La présidence palestinienne a accusé le Hamas de préparer un putsch pour contrôler la bande de Gaza et «pousser la patrie vers les affres d'une guerre civile», alors que le Fatah a dénoncé une campagne «visant à créer une république de la haine et de la mort à Gaza». Le bureau du premier ministre issu du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a accusé sans les nommer «des parties liées aux ennemis» de «tenter de renverser militairement le gouvernement d'union». Le premier ministre Haniyeh et le président Abbas, qui jouit du soutien des puissances occidentales, ont tous deux lancé des appels à la retenue et au dialogue, mais les deux camps se sont mutuellement accusés de faire le jeu d'Israël, et rien ne laisse présager un arrêt des combats.

Les assauts du Hamas surviennent après des attaques au mortier qui ont visé le bureau de M. Abbas à Gaza et la maison du premier ministre. M. Abbas se trouve à Ramallah, en Cisjordanie, alors que M. Haniyeh n'était pas chez lui.

Les rues de Gaza étaient largement désertes hier, à l'exception de combattants lourdement armés tenant des barrages ou perchés sur des toits d'immeuble. Des activistes de l'un ou l'autre camp contrôlaient les identités des rares automobilistes.

Les violences se sont également propagées à la Cisjordanie, à Ramallah, où un cadre du Hamas a été enlevé et où un bureau de la télévision al-Aqsa du groupe islamiste a été fermé par la garde présidentielle de Mahmoud Abbas.

Des réactions

Tandis que l'Union européenne évoquait le risque d'une guerre civile, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a invité tous les acteurs de la scène proche-orientale à soutenir Abbas dans ses efforts pour «restaurer la loi et l'ordre».

Le chef de la délégation égyptienne qui a négocié un cessez-le-feu, bafoué lundi, a par ailleurs invité les habitants de la bande de Gaza à manifester ce matin pour réclamer une nouvelle trêve.

Jusqu'ici hostile à cette perspective, le premier ministre israélien, Éhoud Olmert, a pour la première fois souhaité que le déploiement d'une force de paix internationale dans la bande de Gaza soit «envisagé sérieusement». «Si la bande de Gaza tombe finalement aux mains du Hamas, cela aura de grandes conséquences pour la région», a-t-il averti, écartant l'hypothèse d'une intervention israélienne en faveur des «pragmatiques» du Fatah dans ce territoire dont Tsahal s'est retirée en septembre 2005.

Les ministres se retirent

Abbas a par ailleurs convoqué les dirigeants de son mouvement à Ramallah. «Le comité central a décidé que ses ministres ne siégeraient pas au gouvernement en l'absence d'un cessez-le-feu», peut-on lire dans un communiqué diffusé après la réunion.

La démission des ministres issus du Fatah et celle de quelques indépendants entraîneraient la chute du gouvernement d'union. Le président pourrait alors tenter de gouverner par décrets. Tout nouveau gouvernement devrait obtenir la confiance du Parlement, où les islamistes sont majoritaires.

Le gouvernement d'union avait été formé en mars, après un accord de réconciliation signé en Arabie saoudite pour mettre fin à une année de violences interpalestiniennes ayant fait des centaines de morts. Les accrochages ont toutefois repris en mai, en raison de divergences sur les modalités d'application d'un plan censé mettre fin à l'anarchie dans les territoires. Les heurts avaient reflué à la faveur d'une trêve conclue le 19 mai, avant de reprendre le 7 juin.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Dépêche
Éditorial
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009