L'Irak dit non aux murs de séparation
23 avril 2007
International
Photo : Agence Reuters
Le mur autour du quartier d’Adhamiyah, l’une des dernières enclaves sunnites dans l’est chiite de Bagdad, a soulevé la colère de la population.
Bagdad — Au moins 47 personnes ont été tuées hier en Irak, dont 22 à Bagdad, où le premier ministre Nouri al-Maliki a ordonné l'arrêt de la construction controversée par l'armée américaine de murs censés protéger la population contre les violences communautaires.
Pour couper court à la polémique, le premier ministre Nouri al-Maliki a affirmé hier au Caire avoir demandé l'arrêt de la construction du mur d'Adhamiyah. «Je me suis opposé à la construction du mur et sa construction va s'arrêter», a-t-il dit.
Le 10 avril, les forces américaines ont commencé à ériger un mur de cinq kilomètres autour du quartier d'Adhamiyah, l'une des dernières enclaves sunnites dans l'est chiite de Bagdad.
D'après l'armée américaine, il est destiné à empêcher d'éventuels escadrons de la mort chiites de commettre des attentats pour faire fuir les sunnites du quartier, mais aussi les insurgés sunnites d'utiliser cette poche comme base pour commettre des attaques dans les quartiers chiites. Selon le général américain John F. Campbell, le but n'était «pas de diviser la ville entre les différentes communautés».
Or, c'est exactement ce que redoutent des habitants du quartier d'Adhamiyah, l'une des dernières enclaves sunnites dans l'est chiite de Bagdad. Interrogés par l'AFP, des habitants de ce quartier critiquent cette «ségrégation». D'autres y voient «une grande prison». L'initiative a aussi été vivement critiquée par des députés irakiens. Le Kurde Mahmoud Osmane estime qu'«ériger un mur autour d'Adhamiyah est le summum de l'échec et un pas erroné qui viole des droits de l'Homme».
Pour sa part, le chef du groupe parlementaire du leader radical chiite Moktada Sadr, Nassar al-Roubaïe, a accusé les forces américaines de construire en Irak un «Mur de Berlin». «Notre problème de sécurité n'est pas le résultat de tensions communautaires entre Irakiens, mais la conséquence de l'influence étrangère», a dénoncé le député du mouvement sadriste, féroce adversaire de l'occupation américaine.
De son côté, le député Iyad al-Samarrai, du Parti islamique irakien (sunnite), a affirmé que «le gouvernement et les blocs politiques n'avaient pas discuté de ce projet».
Ces structures en béton risquent d'être comparées à la barrière controversée construite par l'État hébreu entre Israël et la Cisjordanie, et que les Palestiniens qualifient de «mur de l'apartheid».
Par ailleurs, dix-huit terroristes ont été tués et sept arrêtés lors d'une opération terrestre et aérienne contre une base du réseau al-Qaïda au sud de Bagdad, a annoncé l'armée américaine. L'armée a en outre annoncé la perte de cinq soldats sur tout le territoire.
Ces décès portent à 3320 le nombre de soldats et personnels assimilés américains tués en Irak depuis l'invasion de mars 2003, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres du Pentagone.
Dans la région de Mossoul, 23 ouvriers membres de la minorité religieuse des Yézidis ont été exécutés par des hommes armés, selon la police. À Bagdad, 16 personnes ont été tuées et 95 blessées dans un double attentat à la bombe visant un poste de police. Huit autres personnes ont péri en Irak dans la seule journée d'hier.
Pour couper court à la polémique, le premier ministre Nouri al-Maliki a affirmé hier au Caire avoir demandé l'arrêt de la construction du mur d'Adhamiyah. «Je me suis opposé à la construction du mur et sa construction va s'arrêter», a-t-il dit.
Le 10 avril, les forces américaines ont commencé à ériger un mur de cinq kilomètres autour du quartier d'Adhamiyah, l'une des dernières enclaves sunnites dans l'est chiite de Bagdad.
D'après l'armée américaine, il est destiné à empêcher d'éventuels escadrons de la mort chiites de commettre des attentats pour faire fuir les sunnites du quartier, mais aussi les insurgés sunnites d'utiliser cette poche comme base pour commettre des attaques dans les quartiers chiites. Selon le général américain John F. Campbell, le but n'était «pas de diviser la ville entre les différentes communautés».
Or, c'est exactement ce que redoutent des habitants du quartier d'Adhamiyah, l'une des dernières enclaves sunnites dans l'est chiite de Bagdad. Interrogés par l'AFP, des habitants de ce quartier critiquent cette «ségrégation». D'autres y voient «une grande prison». L'initiative a aussi été vivement critiquée par des députés irakiens. Le Kurde Mahmoud Osmane estime qu'«ériger un mur autour d'Adhamiyah est le summum de l'échec et un pas erroné qui viole des droits de l'Homme».
Pour sa part, le chef du groupe parlementaire du leader radical chiite Moktada Sadr, Nassar al-Roubaïe, a accusé les forces américaines de construire en Irak un «Mur de Berlin». «Notre problème de sécurité n'est pas le résultat de tensions communautaires entre Irakiens, mais la conséquence de l'influence étrangère», a dénoncé le député du mouvement sadriste, féroce adversaire de l'occupation américaine.
De son côté, le député Iyad al-Samarrai, du Parti islamique irakien (sunnite), a affirmé que «le gouvernement et les blocs politiques n'avaient pas discuté de ce projet».
Ces structures en béton risquent d'être comparées à la barrière controversée construite par l'État hébreu entre Israël et la Cisjordanie, et que les Palestiniens qualifient de «mur de l'apartheid».
Par ailleurs, dix-huit terroristes ont été tués et sept arrêtés lors d'une opération terrestre et aérienne contre une base du réseau al-Qaïda au sud de Bagdad, a annoncé l'armée américaine. L'armée a en outre annoncé la perte de cinq soldats sur tout le territoire.
Ces décès portent à 3320 le nombre de soldats et personnels assimilés américains tués en Irak depuis l'invasion de mars 2003, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres du Pentagone.
Dans la région de Mossoul, 23 ouvriers membres de la minorité religieuse des Yézidis ont été exécutés par des hommes armés, selon la police. À Bagdad, 16 personnes ont été tuées et 95 blessées dans un double attentat à la bombe visant un poste de police. Huit autres personnes ont péri en Irak dans la seule journée d'hier.
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