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Les marins britanniques formellement accusés d'entrée «illégale» dans les eaux iraniennes

26 mars 2007  International
Berlin — Tony Blair a dénoncé hier à Berlin la capture «injustifiée» de 15 marins britanniques par l'Iran, insistant sur le fait qu'ils n'avaient pas pénétré dans les eaux territoriales iraniennes comme l'affirme Téhéran. Ce n'est pas du tout l'opinion du ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki qui a annoncé hier que les quinze marins britanniques détenus par Téhéran sont accusés d'avoir pénétré «illégalement» dans les eaux territoriales iraniennes.

«L'accusation contre eux est celle d'entrée illégale dans les eaux territoriales iraniennes et l'affaire est en train d'être examinée d'un point de vue légal», a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à New York.

Pour sa part, le chef de gouvernement britannique, Tony Blair a estimé depuis Berlin, en marge des festivités des 50 ans du Traité de Rome, que la détention des marins était un fait «injustifié et incorrect».

«Les autorités iraniennes ont intercepté ces marins dans les eaux iraniennes et les ont arrêtés dans les eaux iraniennes. Cela s'est déjà produit par le passé» a pour sa part affirmé le ministre iranien. «D'un point de vue légal, une enquête est en cours», a-t-il ajouté. M. Mottaki a précisé que son homologue britannique Margaret Beckett avait sollicité un entretien téléphonique avec lui qui «aurait probablement lieu» en cours de journée.

Les quinze marins ont été capturés vendredi matin, alors qu'ils effectuaient à bord de deux bateaux une patrouille de routine à l'embouchure du Chatt al-Arab, dans les eaux irakiennes, selon Londres. Mais selon Téhéran, ils ont «avoué» être entrés illégalement dans les eaux territoriales iraniennes.

Londres ne cachait pas son inquiétude hier, 48 heures après leur disparition, et 24 heures après l'imposition à l'Iran de nouvelles sanctions de l'ONU pour son programme nucléaire.

Lord Triesman s'est refusé à faire le lien entre le vote au conseil de sécurité de l'ONU, dont le Royaume-Uni est un membre permanent, et la capture des marins. Il a dit avoir reçu l'«assurance» que le groupe n'était pas retenu pour des raisons politiques. «Notre point de vue, c'est que ces choses ne sont pas liées», a-t-il dit.

L'ambassadeur britannique à Téhéran Geoffrey Adams a rencontré à sa demande des responsables du ministère iranien des Affaires étrangères. Il leur a demandé de pouvoir rencontrer les 15 marins, parmi lesquels une femme, capturés vendredi à l'embouchure du Chatt al-Arab, le fleuve frontalier entre l'Irak et l'Iran, dans une zone aux limites territoriales compliquées.

Il a également insisté, selon des sources britanniques, sur leur libération immédiate. «Nous ne savons pas où ils sont, nous aimerions le savoir», a déclaré peu après le secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères David Triesman sur Sky News. «Nous demandons à savoir s'ils sont déplacés en Iran», a-t-il ajouté.

Les quinze marins avaient achevé une mission d'inspection de routine à bord d'un navire marchand soupçonné de contrebande, lorsqu'ils ont été capturés avec leurs deux bateaux dans les eaux territoriales irakiennes, selon Londres.

Téhéran affirme à l'inverse que ces marins de la frégate HMS Cornwall ont «avoué» être entrés illégalement dans les eaux territoriales iraniennes, où ils ont été capturés par la marine des Gardiens de la révolution, l'armée du régime iranien.

«Nous avons dit très clairement que les marins n'entrent jamais intentionnellement dans les eaux iraniennes. Ils n'ont aucune raison de le faire, et les gens devraient accepter que cette assertion est de bonne foi», a affirmé Lord Triesman, en disant espérer «un bon dénouement».






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