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Un pavé dans la mare de l'élargissement de l'UE - VGE ne veut pas de la Turquie

N/A ZZZN/A   9 novembre 2002  International
Paris - Valéry Giscard d'Estaing jette un pavé dans la mare. Dans un entretien au Monde publié hier, le président de la Convention sur l'avenir de l'Europe s'oppose fermement à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, jugeant que «ce n'est pas un pays européen» et que son intégration signifierait «la fin de l'UE».

«La Turquie est un pays proche de l'Europe, un pays important, qui a une véritable élite, mais ce n'est pas un pays européen, assure-t-il. Sa capitale n'est pas en Europe, elle a 95 % de sa population hors d'Europe.»

Cette prise de position catégorique de «VGE» intervient alors que la large victoire aux législatives dimanche dernier du Parti de la justice et du développement (AKP), réputé islamiste modéré, a compliqué la question de l'adhésion d'Ankara à l'UE. «Nous sommes prêts à assumer nos devoirs, à accélérer l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et à l'intégrer dans l'économie mondiale», avait néanmoins assuré lundi Recep Erdogan, leader de l'AKP. «Membre du Conseil de l'Europe et de l'OTAN», la Turquie est candidate à l'adhésion à l'Union européenne, a-t-il rappelé hier. «Faire ce genre de déclarations n'est rien de plus que se montrer émotif», a commenté M. Erdogan, réagissant aux propos de «VGE».

Réaction turque

Le ministère turc des Affaires étrangères a de son côté estimé dans un communiqué que l'ancien président français a exprimé sa propre opinion et non celle de l'Union européenne. L'appartenance de la Turquie à l'Europe est «une vérité indéniable» et Ankara poursuivra son objectif d'une «pleine adhésion, en dépit de toute opposition».

«Ceux qui ont poussé à l'élargissement en direction de la Turquie sont les adversaires de l'UE»,

assène toutefois l'ancien président français. Désigné candidat en décembre 1999 lors du sommet d'Helsinki, le pays avait vu les discussions d'adhésion gelées dès le départ en raison de son mauvais dossier économique et de violations des droits de l'homme.

Le plus grand État Pour justifier sa farouche

opposition, «VGE» met en avant le fait que la Turquie «serait

le plus grand État-membre de l'UE» et disposerait «du groupe parlementaire le plus nombreux au Par-

lement européen». «Le lendemain du jour où on ouvrira des négociations avec la Turquie, vous aurez une demande marocaine», ajoute-t-il.

«Je donne mon opinion: c'est la fin de l'Union européenne», conclut-il. Plutôt que l'adhésion, il préconise donc un pacte de partenariat et de coopération.

Ces propos vont à l'encontre de la position adoptée lors du récent sommet de Bruxelles par les Quinze, qui ont encouragé la Turquie à poursuivre la réforme de sa législation pour satisfaire aux critères d'adhésion. La question devrait être débattue lors du prochain sommet européen de Copenhague, les 12 et 13 décembre prochains.

La ministre française aux Affaires européennes, Noelle Lenoir, avait estimé lundi qu'il n'était «pas question de revenir sur la vocation européenne de la Turquie», déclaration faisant écho à un point de vue similaire exprimé en son temps par le président Jacques Chirac.






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