250 «insurgés» auraient été tués dans des combats à Najaf
Photo : Agence France-Presse
Cette jeune Irakienne enjambe une mare de sang à l’entrée de son école, où cinq fillettes sont mortes lors d’une attaque au mortier, à Bagdad. Le pays a connu une énième journée d’horreur hier, alors que plus de 250 insurgés auraient été
L'Irak a connu hier une nouvelle flambée de violence, au lendemain d'une série de manifestations antiguerre aux États-Unis et à la veille de l'Achoura, un des temps forts du calendrier chiite. Le principal affrontement rapporté hier a opposé les forces de sécurité irakiennes, appuyées par l'aviation américaine, à des combattants dans la région de Najaf, au sud de Bagdad, alors que des centaines de milliers de pèlerins affluaient vers une autre ville sainte chiite, Kerbala. Selon des sources militaires irakiennes, ces combats se seraient soldés par la mort d'au moins 250 «insurgés».
La chute d'un hélicoptère participant à ces opérations a coûté la vie à deux militaires américains, selon l'armée qui n'a pas précisé si l'appareil était tombé à la suite d'un accident ou d'un tir.
La veille, sept autres militaires américains avaient perdu la vie dans trois incidents différents. Ces décès portent à plus de 3080 le nombre des soldats américains tués en Irak depuis le début de la guerre en mars 2003, selon un décompte de l'Associated Press.
La confusion régnait hier sur l'identité des insurgés à l'oeuvre dans la région de Najaf, dont le nombre pourrait atteindre le millier. Le gouverneur de la province, Assad Abou Gilel, a déclaré que les forces irakiennes avaient affronté un groupe de sunnites comprenant des combattants étrangers, ajoutant que les autorités avaient déjoué un complot visant à tuer des dignitaires chiites, dont l'ayatollah Sistani, selon le réseau CNN. En fin d'après-midi, des rumeurs circulaient en effet selon lesquelles certains activistes tentaient de gagner Kerbala, à une soixantaine de kilomètres au nord de Najaf.
De sources proches d'un parti chiite, on a plutôt affirmé que des sunnites et des chiites, fidèles à un imam nommé Ahmed Hassani al-Yemeni, qui se prétend le représentant du Mahdi, l'«imam caché» dont les chiites souhaitent le retour sur terre, figuraient parmi les combattants.
Selon une source municipale, jusqu'à un million et demi de pèlerins chiites seraient arrivés hier à Kerbala pour célébrer jusqu'à ce soir, sous la protection de quelque 11 000 soldats et policiers, la fête de l'Achoura. Celle-ci commémore le martyre de l'Imam Hussein, petit-fils de Mahomet lors de la bataille de Kerbala au VIIe siècle.
À Bagdad, cinq jeunes filles ont été tuées et une vingtaine d'autres blessées, dans une attaque au mortier dirigée contre leur école dans un quartier sunnite de la capitale. Cette attaque n'avait pas été revendiquée hier soir.
Également dans la capitale irakienne, où les forces américaines et irakiennes prévoient lancer prochainement d'importantes opérations contre les diverses factions extrémistes, un attentat à la voiture piégé a tué au moins trois personnes et en a blessé de nombreuses autres dans un marché public de la banlieue chiite de Sadr City, tandis que l'explosion d'un minibus a fait cinq victimes dans un quartier chiite.
Enfin, la police a fait hier la découverte de 39 cadavres dans la capitale.
Ce sont les incessantes violences sectaires qui ont incité le président américain George W. Bush à envoyer prochainement en renfort 21 500 soldats afin de combattre les extrémistes sunnites et chiites qui se livrent à Bagdad une guérilla que les autorités hésitent encore à qualifier de «guerre civile».
Le nouveau plan destiné à y ramener la sécurité prévoit le déploiement de plus de 50 000 soldats et policiers irakiens et de 35 000 soldats américains.
Par ailleurs, à Kirkouk, une ville qui abrite des communautés arabes, turkmènes et Kurdes dans le nord du pays, trois attentats ont fait au moins 17 morts.
Manifestations
À Washington, plusieurs dizaines de milliers de manifestants, 100 000 selon la police, s'étaient rassemblés samedi au pied du Capitole, le siège du Congrès, pour écouter les vedettes hollywoodiennes Jane Fonda, Sean Penn, Susan Sarandon et Tim Robbins, ainsi que quelques parlementaires. Les slogans étaient surtout adressés, non pas au président Bush, mais au Congrès «qui a le pouvoir de mettre fin à cette guerre», selon un porte-parole de la manifestation, Hani Khalil.
«Cela fait 34 ans que je ne m'exprime pas dans un rassemblement antiguerre parce que j'avais peur, à cause des mensonges propagés sur moi, d'être utilisée pour nuire à ce nouveau mouvement antiguerre, mais le silence n'est plus une option», a lancé l'actrice Jane Fonda, 69 ans, qui avait déjà été surnommée «Hanoï Jane» pour s'être installée sur un canon antiaérien nord vietnamien en 1972.
Des rassemblements moins importants ont eu lieu samedi en Californie.
Les manifestants prévoient de prolonger la manifestation du week-end avec une campagne téléphonique et par courriel, afin de faire signer une pétition appelant le Congrès à «voter le retrait immédiat de toutes les forces américaines en Irak» et à «voter contre toute enveloppe budgétaire finançant la moindre action militaire en Irak, à l'exception de la sécurité de tous nos militaires».
Le collectif Unis pour la paix et la Justice avait déjà rassemblé entre 100 000 et 300 000 personnes dans la capitale américaine en septembre 2005.
Le Sénat américain pourrait adopter cette semaine une ou plusieurs résolutions non contraignantes dénonçant la nouvelle stratégie irakienne du président. Un texte en ce sens a déjà été voté la semaine dernière par la commission des Affaires étrangères de la Chambre haute.
L'état-major démocrate cependant exclut toujours de réduire les fonds de la guerre. En revanche, plusieurs candidats démocrates à l'investiture présidentielle ont annoncé ces derniers jours des initiatives pour forcer l'administration à plafonner les effectifs militaires en Irak à leur niveau du début de janvier, en exigeant l'autorisation explicite du Congrès pour tout déploiement supplémentaire.
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Avec l'Agence France-Presse, Reuters et Associated Press
La chute d'un hélicoptère participant à ces opérations a coûté la vie à deux militaires américains, selon l'armée qui n'a pas précisé si l'appareil était tombé à la suite d'un accident ou d'un tir.
La veille, sept autres militaires américains avaient perdu la vie dans trois incidents différents. Ces décès portent à plus de 3080 le nombre des soldats américains tués en Irak depuis le début de la guerre en mars 2003, selon un décompte de l'Associated Press.
La confusion régnait hier sur l'identité des insurgés à l'oeuvre dans la région de Najaf, dont le nombre pourrait atteindre le millier. Le gouverneur de la province, Assad Abou Gilel, a déclaré que les forces irakiennes avaient affronté un groupe de sunnites comprenant des combattants étrangers, ajoutant que les autorités avaient déjoué un complot visant à tuer des dignitaires chiites, dont l'ayatollah Sistani, selon le réseau CNN. En fin d'après-midi, des rumeurs circulaient en effet selon lesquelles certains activistes tentaient de gagner Kerbala, à une soixantaine de kilomètres au nord de Najaf.
De sources proches d'un parti chiite, on a plutôt affirmé que des sunnites et des chiites, fidèles à un imam nommé Ahmed Hassani al-Yemeni, qui se prétend le représentant du Mahdi, l'«imam caché» dont les chiites souhaitent le retour sur terre, figuraient parmi les combattants.
Selon une source municipale, jusqu'à un million et demi de pèlerins chiites seraient arrivés hier à Kerbala pour célébrer jusqu'à ce soir, sous la protection de quelque 11 000 soldats et policiers, la fête de l'Achoura. Celle-ci commémore le martyre de l'Imam Hussein, petit-fils de Mahomet lors de la bataille de Kerbala au VIIe siècle.
À Bagdad, cinq jeunes filles ont été tuées et une vingtaine d'autres blessées, dans une attaque au mortier dirigée contre leur école dans un quartier sunnite de la capitale. Cette attaque n'avait pas été revendiquée hier soir.
Également dans la capitale irakienne, où les forces américaines et irakiennes prévoient lancer prochainement d'importantes opérations contre les diverses factions extrémistes, un attentat à la voiture piégé a tué au moins trois personnes et en a blessé de nombreuses autres dans un marché public de la banlieue chiite de Sadr City, tandis que l'explosion d'un minibus a fait cinq victimes dans un quartier chiite.
Enfin, la police a fait hier la découverte de 39 cadavres dans la capitale.
Ce sont les incessantes violences sectaires qui ont incité le président américain George W. Bush à envoyer prochainement en renfort 21 500 soldats afin de combattre les extrémistes sunnites et chiites qui se livrent à Bagdad une guérilla que les autorités hésitent encore à qualifier de «guerre civile».
Le nouveau plan destiné à y ramener la sécurité prévoit le déploiement de plus de 50 000 soldats et policiers irakiens et de 35 000 soldats américains.
Par ailleurs, à Kirkouk, une ville qui abrite des communautés arabes, turkmènes et Kurdes dans le nord du pays, trois attentats ont fait au moins 17 morts.
Manifestations
À Washington, plusieurs dizaines de milliers de manifestants, 100 000 selon la police, s'étaient rassemblés samedi au pied du Capitole, le siège du Congrès, pour écouter les vedettes hollywoodiennes Jane Fonda, Sean Penn, Susan Sarandon et Tim Robbins, ainsi que quelques parlementaires. Les slogans étaient surtout adressés, non pas au président Bush, mais au Congrès «qui a le pouvoir de mettre fin à cette guerre», selon un porte-parole de la manifestation, Hani Khalil.
«Cela fait 34 ans que je ne m'exprime pas dans un rassemblement antiguerre parce que j'avais peur, à cause des mensonges propagés sur moi, d'être utilisée pour nuire à ce nouveau mouvement antiguerre, mais le silence n'est plus une option», a lancé l'actrice Jane Fonda, 69 ans, qui avait déjà été surnommée «Hanoï Jane» pour s'être installée sur un canon antiaérien nord vietnamien en 1972.
Des rassemblements moins importants ont eu lieu samedi en Californie.
Les manifestants prévoient de prolonger la manifestation du week-end avec une campagne téléphonique et par courriel, afin de faire signer une pétition appelant le Congrès à «voter le retrait immédiat de toutes les forces américaines en Irak» et à «voter contre toute enveloppe budgétaire finançant la moindre action militaire en Irak, à l'exception de la sécurité de tous nos militaires».
Le collectif Unis pour la paix et la Justice avait déjà rassemblé entre 100 000 et 300 000 personnes dans la capitale américaine en septembre 2005.
Le Sénat américain pourrait adopter cette semaine une ou plusieurs résolutions non contraignantes dénonçant la nouvelle stratégie irakienne du président. Un texte en ce sens a déjà été voté la semaine dernière par la commission des Affaires étrangères de la Chambre haute.
L'état-major démocrate cependant exclut toujours de réduire les fonds de la guerre. En revanche, plusieurs candidats démocrates à l'investiture présidentielle ont annoncé ces derniers jours des initiatives pour forcer l'administration à plafonner les effectifs militaires en Irak à leur niveau du début de janvier, en exigeant l'autorisation explicite du Congrès pour tout déploiement supplémentaire.
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Avec l'Agence France-Presse, Reuters et Associated Press
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