Liban: les bombes tombent, la population fuit
Les tirs de roquettes ripostent aux raids aériens, et vice versa. Les communiqués officiels entre dirigeants libanais et israéliens ont fait de même hier, au septième jour d'une guerre qui a déjà fait plus de 240 morts. L'Iran et la Syrie sont maintenant montrés du doigt par Éhoud Olmert et George W. Bush.
L'armée israélienne a intensifié ses raids meurtriers contre l'armée libanaise hier et bombardé des objectifs civils au Liban, au septième jour d'une offensive destructrice qui a poussé au départ des dizaines de milliers de personnes. L'ONU a lancé un cri d'alarme à Beyrouth sur la situation humanitaire catastrophique du Liban, avec le déplacement d'un demi-million de personnes fuyant les bombardements israéliens.
Sur le plan politique, la journée a été mouvementée. Ainsi, pendant que le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, apportait des précisions sur le projet d'envoi d'une force internationale au Liban, le premier ministre israélien Éhoud Olmert accusait le Hezbollah d'avoir coordonné avec l'Iran l'enlèvement des deux soldats israéliens, permettant ainsi à Téhéran de détourner l'attention de son programme nucléaire. Il a réaffirmé qu'il ne négocierait pas avec le Hezbollah et a dit qu'il était trop tôt pour parler d'une nouvelle force internationale pour stabiliser le Liban.
De son côté, le président américain George W. Bush a accusé la Syrie de tenter de «revenir» au Liban par le biais de son soutien au Hezbollah. «La racine du problème est le Hezbollah et il doit être réglé. Cela peut être fait mondialement en disant clairement à la Syrie qu'elle doit cesser de soutenir le Hezbollah. La Syrie essaie de revenir au Liban, selon moi», a déclaré M. Bush. «[...] Il y a des soupçons à l'effet que l'instabilité créée par les attaques du Hezbollah sont un moyen pour certains au Liban de faire revenir la Syrie. Ce serait contre la politique des Nations unies et contre la politique américaine», a ajouté le président américain.
Le Congrès américain se préparait hier à exprimer son soutien à Israël et à condamner le Hezbollah, lors de deux votes attendus au Sénat et à la Chambre des représentants d'ici la fin de la semaine. Aucune proposition de résolution n'avait été officiellement déposée hier à la mi-journée, mais un projet de texte diffusé au Sénat «réaffirme le ferme soutien [du Sénat] à l'État d'Israël [...]».
En outre, ce texte «condamne les gouvernements d'Iran et de Syrie pour leur soutien au Hezbollah et au Hamas, et les tient responsables des attaques lancées par le Hezbollah et le Hamas contre Israël».
Au Caire, les délégués permanents à la Ligue arabe se sont réunis hier pour examiner la possibilité de la tenue d'un sommet sur la situation au Liban.
Plus de 700 roquettes
Pendant que les diplomates s'affairent, les combats continuent à faire des victimes sur le terrain. Une vingtaine de roquettes tirées à partir du Liban se sont abattues dans la journée sur le nord d'Israël, dont la ville portuaire de Haïfa, faisant un mort à Nahariya. Depuis le 12 juillet, le nord du pays a été la cible de quelque 700 roquettes tirées par le Hezbollah chiite libanais qui ont tué 13 civils. Dans la soirée, la branche armée du Hezbollah a revendiqué de nouveaux tirs de roquettes sur le nord d'Israël.
Dans la nuit de lundi à hier, les raids israéliens ont visé plusieurs casernes de l'armée libanaise près de Beyrouth. L'un d'eux a coûté la vie à 11 soldats. Pourtant, Israël réclame haut et fort le déploiement cette même armée au Sud-Liban, à sa frontière nord, pour remplacer les combattants du Hezbollah.
L'aéroport de Beyrouth, fermé et déjà endommagé, a aussi été visé ainsi que des convois de camions au nord de Beyrouth et dans l'est du Liban. Cinq Libanais ont été tués et une quarantaine blessés, dont sept dans une église, dans des raids aériens sur le Sud-Liban et la Bekaa, selon la police.
Selon une porte-parole de l'armée israélienne, l'aviation a détruit hier quatre camions venant de Syrie, transportant des armes et des explosifs à destination du Hezbollah dans la Bekaa au nord-est du Liban.
Cessez-le feu écarté
Un cessez-le-feu a été écarté pour le moment par les protagonistes, malgré l'ébauche d'une amorce diplomatique sur la question du déploiement d'une force internationale au Sud-Liban, près de la frontière avec Israël, proposée par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan et non exclue par l'État juif.
Une force de stabilisation devrait avoir suffisamment d'hommes et de moyens pour «donner le temps» à Beyrouth de désarmer les milices du Hezbollah, a estimé hier M. Annan, qui doit s'adresser demain au Conseil de sécurité sur la situation au Liban et les résultats d'une mission de médiation de l'ONU envoyée dans la région pour trouver une issue au conflit, selon des diplomates.
En une semaine, 245 personnes ont péri, 216 civils, 23 soldats libanais et cinq combattants du Hezbollah. Des centaines de personnes ont été blessées. Hier, 28 personnes ont été tuées. Les frappes israéliennes ont visé ou détruit les infrastructures, routes, ponts, ports et aéroport, dépôts d'essence, usines et centrales électriques.
Côté israélien, outre les 13 civils tués dans le nord d'Israël, 12 soldats ont péri depuis une semaine.
Fort du soutien des États-Unis et de son peuple ainsi que du laisser-faire de la communauté internationale, le premier ministre israélien Éhoud Olmert s'est dit déterminé à poursuivre la bataille contre le Hezbollah jusqu'à la libération de ses soldats et l'arrêt des tirs de roquettes sur son territoire.
M. Olmert, qui s'exprimait devant une délégation de l'ONU, a répété que son pays exigeait également «la pleine application de la résolution 1559, incluant le déploiement de l'armée libanaise à la frontière et le désarmement du Hezbollah».
Avant lui, la chef de la diplomatie israélienne Tzipi Livni a jugé nécessaire d'empêcher Damas et Téhéran d'armer le Hezbollah.
Le haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure Javier Solana s'apprête à repartir au Proche-Orient. La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a déclaré qu'elle s'y rendrait quand ce serait approprié, laissant entendre que ce n'était pas imminent.
La Syrie, appelée par les États-Unis à faire pression sur le Hezbollah pour cesser les attaques, a accusé Washington et des pays européens qu'elle n'a pas nommés d'avoir «donné le feu vert à Israël» pour qu'il poursuive son offensive.
Crise humanitaire en vue
La poursuite des violences fait craindre une crise humanitaire en raison de la fuite de dizaines de milliers de Libanais de leurs villages bombardés ou détruits, surtout au sud, pour des zones moins exposées.
Ces déplacés ont trouvé refuge dans les écoles, les jardins publics et des parkings de centres commerciaux en attendant l'aide humanitaire, alors qu'Israël impose un blocus aérien et maritime au Liban. La principale route encore praticable reliant Beyrouth à la Syrie a été bombardée et coupée.
Quelque 500 000 personnes ont été déplacées par l'offensive israélienne, a indiqué le représentant de l'UNICEF à Beyrouth, Roberto Laurenti.
Parallèlement, l'évacuation des étrangers du Liban s'accélère. Des milliers d'entre eux fuyaient hier par mer ou par la route les bombardements israéliens, alors que l'ONU a annoncé le début de l'évacuation d'une partie de son personnel.
De nombreux pays, parmi lesquels la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, ont continué hier à évacuer leurs ressortissants du Liban par voie maritime vers Chypre.
Plusieurs États ont également envoyé des avions à Damas pour rapatrier les milliers de personnes qui ont emprunté la route périlleuse menant vers la Syrie pour fuir les bombardements qui frappent sans discontinuer le pays depuis sept jours.
Damas a indiqué hier que plus de 100 000 personnes, pour les trois quarts des étrangers, avaient rejoint la Syrie depuis le début de l'offensive.
Les États-Unis ont fait savoir hier qu'ils seraient en mesure aujourd'hui d'évacuer plus de 2400 Américains par voies aérienne et maritime du Liban, où résident près de 8000 de leurs ressortissants.
Les États-Unis pourront évacuer mercredi 240 personnes par avion et utiliser deux bateaux disposant au total de 2200 places pour les évacués, a déclaré la secrétaire d'État adjointe Maura Harty, en précisant que Washington espérait en faire autant jeudi.
L'armée israélienne a intensifié ses raids meurtriers contre l'armée libanaise hier et bombardé des objectifs civils au Liban, au septième jour d'une offensive destructrice qui a poussé au départ des dizaines de milliers de personnes. L'ONU a lancé un cri d'alarme à Beyrouth sur la situation humanitaire catastrophique du Liban, avec le déplacement d'un demi-million de personnes fuyant les bombardements israéliens.
Sur le plan politique, la journée a été mouvementée. Ainsi, pendant que le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, apportait des précisions sur le projet d'envoi d'une force internationale au Liban, le premier ministre israélien Éhoud Olmert accusait le Hezbollah d'avoir coordonné avec l'Iran l'enlèvement des deux soldats israéliens, permettant ainsi à Téhéran de détourner l'attention de son programme nucléaire. Il a réaffirmé qu'il ne négocierait pas avec le Hezbollah et a dit qu'il était trop tôt pour parler d'une nouvelle force internationale pour stabiliser le Liban.
De son côté, le président américain George W. Bush a accusé la Syrie de tenter de «revenir» au Liban par le biais de son soutien au Hezbollah. «La racine du problème est le Hezbollah et il doit être réglé. Cela peut être fait mondialement en disant clairement à la Syrie qu'elle doit cesser de soutenir le Hezbollah. La Syrie essaie de revenir au Liban, selon moi», a déclaré M. Bush. «[...] Il y a des soupçons à l'effet que l'instabilité créée par les attaques du Hezbollah sont un moyen pour certains au Liban de faire revenir la Syrie. Ce serait contre la politique des Nations unies et contre la politique américaine», a ajouté le président américain.
Le Congrès américain se préparait hier à exprimer son soutien à Israël et à condamner le Hezbollah, lors de deux votes attendus au Sénat et à la Chambre des représentants d'ici la fin de la semaine. Aucune proposition de résolution n'avait été officiellement déposée hier à la mi-journée, mais un projet de texte diffusé au Sénat «réaffirme le ferme soutien [du Sénat] à l'État d'Israël [...]».
En outre, ce texte «condamne les gouvernements d'Iran et de Syrie pour leur soutien au Hezbollah et au Hamas, et les tient responsables des attaques lancées par le Hezbollah et le Hamas contre Israël».
Au Caire, les délégués permanents à la Ligue arabe se sont réunis hier pour examiner la possibilité de la tenue d'un sommet sur la situation au Liban.
Plus de 700 roquettes
Pendant que les diplomates s'affairent, les combats continuent à faire des victimes sur le terrain. Une vingtaine de roquettes tirées à partir du Liban se sont abattues dans la journée sur le nord d'Israël, dont la ville portuaire de Haïfa, faisant un mort à Nahariya. Depuis le 12 juillet, le nord du pays a été la cible de quelque 700 roquettes tirées par le Hezbollah chiite libanais qui ont tué 13 civils. Dans la soirée, la branche armée du Hezbollah a revendiqué de nouveaux tirs de roquettes sur le nord d'Israël.
Dans la nuit de lundi à hier, les raids israéliens ont visé plusieurs casernes de l'armée libanaise près de Beyrouth. L'un d'eux a coûté la vie à 11 soldats. Pourtant, Israël réclame haut et fort le déploiement cette même armée au Sud-Liban, à sa frontière nord, pour remplacer les combattants du Hezbollah.
L'aéroport de Beyrouth, fermé et déjà endommagé, a aussi été visé ainsi que des convois de camions au nord de Beyrouth et dans l'est du Liban. Cinq Libanais ont été tués et une quarantaine blessés, dont sept dans une église, dans des raids aériens sur le Sud-Liban et la Bekaa, selon la police.
Selon une porte-parole de l'armée israélienne, l'aviation a détruit hier quatre camions venant de Syrie, transportant des armes et des explosifs à destination du Hezbollah dans la Bekaa au nord-est du Liban.
Cessez-le feu écarté
Un cessez-le-feu a été écarté pour le moment par les protagonistes, malgré l'ébauche d'une amorce diplomatique sur la question du déploiement d'une force internationale au Sud-Liban, près de la frontière avec Israël, proposée par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan et non exclue par l'État juif.
Une force de stabilisation devrait avoir suffisamment d'hommes et de moyens pour «donner le temps» à Beyrouth de désarmer les milices du Hezbollah, a estimé hier M. Annan, qui doit s'adresser demain au Conseil de sécurité sur la situation au Liban et les résultats d'une mission de médiation de l'ONU envoyée dans la région pour trouver une issue au conflit, selon des diplomates.
En une semaine, 245 personnes ont péri, 216 civils, 23 soldats libanais et cinq combattants du Hezbollah. Des centaines de personnes ont été blessées. Hier, 28 personnes ont été tuées. Les frappes israéliennes ont visé ou détruit les infrastructures, routes, ponts, ports et aéroport, dépôts d'essence, usines et centrales électriques.
Côté israélien, outre les 13 civils tués dans le nord d'Israël, 12 soldats ont péri depuis une semaine.
Fort du soutien des États-Unis et de son peuple ainsi que du laisser-faire de la communauté internationale, le premier ministre israélien Éhoud Olmert s'est dit déterminé à poursuivre la bataille contre le Hezbollah jusqu'à la libération de ses soldats et l'arrêt des tirs de roquettes sur son territoire.
M. Olmert, qui s'exprimait devant une délégation de l'ONU, a répété que son pays exigeait également «la pleine application de la résolution 1559, incluant le déploiement de l'armée libanaise à la frontière et le désarmement du Hezbollah».
Avant lui, la chef de la diplomatie israélienne Tzipi Livni a jugé nécessaire d'empêcher Damas et Téhéran d'armer le Hezbollah.
Le haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure Javier Solana s'apprête à repartir au Proche-Orient. La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a déclaré qu'elle s'y rendrait quand ce serait approprié, laissant entendre que ce n'était pas imminent.
La Syrie, appelée par les États-Unis à faire pression sur le Hezbollah pour cesser les attaques, a accusé Washington et des pays européens qu'elle n'a pas nommés d'avoir «donné le feu vert à Israël» pour qu'il poursuive son offensive.
Crise humanitaire en vue
La poursuite des violences fait craindre une crise humanitaire en raison de la fuite de dizaines de milliers de Libanais de leurs villages bombardés ou détruits, surtout au sud, pour des zones moins exposées.
Ces déplacés ont trouvé refuge dans les écoles, les jardins publics et des parkings de centres commerciaux en attendant l'aide humanitaire, alors qu'Israël impose un blocus aérien et maritime au Liban. La principale route encore praticable reliant Beyrouth à la Syrie a été bombardée et coupée.
Quelque 500 000 personnes ont été déplacées par l'offensive israélienne, a indiqué le représentant de l'UNICEF à Beyrouth, Roberto Laurenti.
Parallèlement, l'évacuation des étrangers du Liban s'accélère. Des milliers d'entre eux fuyaient hier par mer ou par la route les bombardements israéliens, alors que l'ONU a annoncé le début de l'évacuation d'une partie de son personnel.
De nombreux pays, parmi lesquels la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, ont continué hier à évacuer leurs ressortissants du Liban par voie maritime vers Chypre.
Plusieurs États ont également envoyé des avions à Damas pour rapatrier les milliers de personnes qui ont emprunté la route périlleuse menant vers la Syrie pour fuir les bombardements qui frappent sans discontinuer le pays depuis sept jours.
Damas a indiqué hier que plus de 100 000 personnes, pour les trois quarts des étrangers, avaient rejoint la Syrie depuis le début de l'offensive.
Les États-Unis ont fait savoir hier qu'ils seraient en mesure aujourd'hui d'évacuer plus de 2400 Américains par voies aérienne et maritime du Liban, où résident près de 8000 de leurs ressortissants.
Les États-Unis pourront évacuer mercredi 240 personnes par avion et utiliser deux bateaux disposant au total de 2200 places pour les évacués, a déclaré la secrétaire d'État adjointe Maura Harty, en précisant que Washington espérait en faire autant jeudi.
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