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Mexique: Obrador ne veut pas rendre les armes

11 juillet 2006  International
Le candidat de la gauche à la présidence du Mexique, Lopez Obrador, a présenté en conférence de presse une bande vidéo montrant une manoeuvre prétendument frauduleuse.
Photo : Agence France-Presse
Le candidat de la gauche à la présidence du Mexique, Lopez Obrador, a présenté en conférence de presse une bande vidéo montrant une manoeuvre prétendument frauduleuse.
Mexico — Le candidat de la gauche à la présidence du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, a de nouveau refusé hier de se résigner à la victoire annoncée du conservateur Felipe Calderon et dénoncé «une fraude généralisée» en présentant à Mexico deux vidéos accablantes selon lui.

La première bande présentée montre une personne introduisant six bulletins de vote dans une urne, sans que l'on puisse savoir en faveur de quel candidat. Lopez Obrador affirme que la vidéo a été tournée dans l'État de Guanajuato, fief du parti de son adversaire.

Il a présenté un deuxième enregistrement, inaudible, mais qui selon lui démontre que, dans un autre bureau, il y a eu plus de votants que d'inscrits. «Ce sont des preuves irréfutables d'une fraude généralisée dans tout le pays, essentiellement dans le nord [favorable à Calderon]», a dénoncé M. Lopez Obrador.

Les avocats de sa formation, le Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche), ont déposé dimanche 300 recours auprès du tribunal fédéral électoral. La date butoir pour proclamer le vainqueur du scrutin, qui s'est déroulé le 2 juillet, est fixée au 6 septembre.

Défaite par seulement 244 000 votes d'avance à Calderon, la gauche mexicaine n'avait jamais semblé si proche de remporter la présidentielle. Elle avait placé d'immenses espoirs en Lopez Obrador, qui avait fait campagne en promettant une lutte contre la corruption, la pauvreté et les privilèges de la haute société.

Pendant que le tribunal électoral examinera les plaintes, le PRD et Lopez Obrador vont mobiliser leurs partisans dans l'ensemble du Mexique.

Lopez Obrador a déjà rassemblé samedi à Mexico plus de 200 000 sympathisants et il a convoqué pour demain une «marche nationale pour la démocratie». Ses partisans sont appelés à converger vers la capitale depuis tous les États du pays, avec, en point d'orgue, une grande manifestation le dimanche

16 juillet dans les rues de Mexico.

S'il ne réclame pas l'annulation du scrutin, Lopez Obrador demande au moins un nouveau décompte des 41,7 millions de voix. «Nous ne reconnaîtrons pas une victoire de Calderon s'il n'est pas légitimé par un "recomptage" bulletin par bulletin», a prévenu le porte-parole du PRD, Gerardo Fernandez.

Lopez Obrador a dénoncé «une fraude électorale sophistiquée», en particulier dans l'État de Guanajuato, État natal du président mexicain Vicente Fox, où il y aurait eu 50 300 irrégularités diverses.

Ancrée dans les moeurs

Dans un pays où la fraude électorale est ancrée dans les moeurs politiques, les accusations de Lopez Obrador ont une résonance particulière. En 1988, le candidat du Parti de la révolution démocratique (PRD), Cuauhtemoc Cardenas, était nettement en tête des résultats au soir de l'élection, mais après une mystérieuse panne du système informatique électoral, le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), Carlos Salinas, s'imposait finalement.

En 1994, Lopez Obrador lui-même fut victime d'une fraude orchestrée par le PRI. Candidat au poste de gouverneur de son État natal de Tabasco (sud-est), il devait perdre à l'issue d'un scrutin douteux, marqué par des achats de votes.

De son côté, Felipe Calderon a adopté une attitude attentiste. Il a profité de la fin de semaine pour se reposer en famille et «préparer la transition», selon un de ses porte-paroles.

Si son élection est confirmée par le tribunal fédéral électoral (TRIFE), Calderon ne disposera que d'une majorité relative à la Chambre des députés et au Sénat. Il devra convaincre une quarantaine de députés et une dizaine de sénateurs de soutenir son action au Congrès.






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