Somalie - Les tribunaux islamiques prennent le contrôle de Balad
5 juin 2006
International
Photo : Agence Reuters
Chassée de Balad, l’Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT) a dû repositionner ses dizaines de camions surmontés de mitrailleuses hier.
Mogadiscio — Les combattants des tribunaux islamiques ont pris le contrôle hier, après une offensive éclair, de la ville de Balad, à 30 kilomètres au nord de la capitale somalienne Mogadiscio, confirmant leurs récents succès militaires sur l'alliance des chefs de guerre.
«Après une courte bataille, avec l'aide d'Allah et le soutien de la population, nous nous sommes emparés de la totalité de la ville», a affirmé Moalim Hashi.
La ville était jusqu'à présent contrôlée par le chef de guerre Musa Sudi Yalahow, un des leaders de l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT), soutenue par les États-Unis.
Au moins 15 personnes ont été tuées et des dizaines blessées hier lors de ces combats menées avec de l'artillerie, des mortiers et des mitrailleuses lourdes, selon des sources médicales. Des travailleurs médicaux, interrogés par l'AFP, ont précisé que la plupart des victimes étaient des miliciens de l'ARPCT, tués à Balad même ainsi qu'à Basra, un petit village proche.
«Balad est à présent sûre et sous le contrôle des tribunaux islamiques. La population a été libérée des méfaits de l'ARPCT», a ajouté M. Hashi, précisant que des commandants de l'alliance avaient fui vers Jowhar, à 90 km au nord de Mogadiscio.
Balad est le théâtre d'âpres combats depuis quatre jours qui ont fait 34 morts, avec comme enjeu principal le contrôle d'une route essentielle à l'approvisionnement de l'ARPCT et qui conduit à Jowhar.
La prise de Balad conforte la progression des tribunaux islamiques qui se sont emparés ces derniers jours des villages de El Arfid, Aliyale et Garas-Bintow, au nord de Mogadiscio, tandis que des centaines d'habitants ont fui la zone.
Des sources indépendantes ont confirmé la prise de Balad en dépit de l'envoi massif de renforts par les chefs de guerre de Mogadiscio, dirigés par Mohamed Afrah Qanyare et Issa Botan Alin, qui avaient dépêché sur place des dizaines de pick up surmontés de mitrailleuses et des centaines de combattants.
Les tribunaux islamiques ont fait 72 prisonniers lors de l'attaque et ont libéré 18 personnes de la prison régionale de Balad, selon des témoins et des sources internes aux milices des tribunaux islamiques. Des désertions de combattants de l'ARPCT ont également été rapportées.
Guerre sainte
Ces combats rendent une nouvelle fois illusoires les espoirs d'un cessez-le-feu que les chefs coutumiers ont tenté d'arracher samedi en faisant la navette entre les deux camps.
«Nous travaillons sans relâche pour ramener la paix à Mogadiscio mais l'objectif semble irréalisable» avait déclaré samedi le médiateur Hussein Mohamud Dahir, 67 ans, avant d'avouer son impuissance: «Les milices rivales se préparent à des combats lourds».
Au moins 347 personnes ont été tuées et plus de 1500 blessées, des civils pour la plupart, en trois mois de combats pour le contrôle de Mogadiscio dans des affrontements qui sont les plus sanglants depuis que le pays a basculé dans l'anarchie en 1991.
Depuis février, les combats opposent les chefs de guerre de l'ARPCT aux hommes aux ordres des 11 tribunaux islamiques de la capitale, accusés de soutenir des terroristes, y compris des membres d'al-Qaïda. L'Alliance reçoit une aide financière ainsi que des renseignements tactiques des Américains.
Selon un rapport d'experts de l'ONU datant du 10 mai, les tribunaux islamiques — qui ont déclaré la «guerre sainte» aux chefs de guerre et sont soupçonnés par les services secrets occidentaux d'abriter des extrémistes musulmans — ont pris l'avantage sur l'ARPCT et contrôlent environ 80 % de la capitale.
La Somalie, pays pauvre de la Corne de l'Afrique, est en guerre civile depuis 1991. Son gouvernement, mis en place en 2004, se montre incapable de rétablir l'ordre et assiste impuissant aux combats dans la capitale et sa périphérie.
«Après une courte bataille, avec l'aide d'Allah et le soutien de la population, nous nous sommes emparés de la totalité de la ville», a affirmé Moalim Hashi.
La ville était jusqu'à présent contrôlée par le chef de guerre Musa Sudi Yalahow, un des leaders de l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT), soutenue par les États-Unis.
Au moins 15 personnes ont été tuées et des dizaines blessées hier lors de ces combats menées avec de l'artillerie, des mortiers et des mitrailleuses lourdes, selon des sources médicales. Des travailleurs médicaux, interrogés par l'AFP, ont précisé que la plupart des victimes étaient des miliciens de l'ARPCT, tués à Balad même ainsi qu'à Basra, un petit village proche.
«Balad est à présent sûre et sous le contrôle des tribunaux islamiques. La population a été libérée des méfaits de l'ARPCT», a ajouté M. Hashi, précisant que des commandants de l'alliance avaient fui vers Jowhar, à 90 km au nord de Mogadiscio.
Balad est le théâtre d'âpres combats depuis quatre jours qui ont fait 34 morts, avec comme enjeu principal le contrôle d'une route essentielle à l'approvisionnement de l'ARPCT et qui conduit à Jowhar.
La prise de Balad conforte la progression des tribunaux islamiques qui se sont emparés ces derniers jours des villages de El Arfid, Aliyale et Garas-Bintow, au nord de Mogadiscio, tandis que des centaines d'habitants ont fui la zone.
Des sources indépendantes ont confirmé la prise de Balad en dépit de l'envoi massif de renforts par les chefs de guerre de Mogadiscio, dirigés par Mohamed Afrah Qanyare et Issa Botan Alin, qui avaient dépêché sur place des dizaines de pick up surmontés de mitrailleuses et des centaines de combattants.
Les tribunaux islamiques ont fait 72 prisonniers lors de l'attaque et ont libéré 18 personnes de la prison régionale de Balad, selon des témoins et des sources internes aux milices des tribunaux islamiques. Des désertions de combattants de l'ARPCT ont également été rapportées.
Guerre sainte
Ces combats rendent une nouvelle fois illusoires les espoirs d'un cessez-le-feu que les chefs coutumiers ont tenté d'arracher samedi en faisant la navette entre les deux camps.
«Nous travaillons sans relâche pour ramener la paix à Mogadiscio mais l'objectif semble irréalisable» avait déclaré samedi le médiateur Hussein Mohamud Dahir, 67 ans, avant d'avouer son impuissance: «Les milices rivales se préparent à des combats lourds».
Au moins 347 personnes ont été tuées et plus de 1500 blessées, des civils pour la plupart, en trois mois de combats pour le contrôle de Mogadiscio dans des affrontements qui sont les plus sanglants depuis que le pays a basculé dans l'anarchie en 1991.
Depuis février, les combats opposent les chefs de guerre de l'ARPCT aux hommes aux ordres des 11 tribunaux islamiques de la capitale, accusés de soutenir des terroristes, y compris des membres d'al-Qaïda. L'Alliance reçoit une aide financière ainsi que des renseignements tactiques des Américains.
Selon un rapport d'experts de l'ONU datant du 10 mai, les tribunaux islamiques — qui ont déclaré la «guerre sainte» aux chefs de guerre et sont soupçonnés par les services secrets occidentaux d'abriter des extrémistes musulmans — ont pris l'avantage sur l'ARPCT et contrôlent environ 80 % de la capitale.
La Somalie, pays pauvre de la Corne de l'Afrique, est en guerre civile depuis 1991. Son gouvernement, mis en place en 2004, se montre incapable de rétablir l'ordre et assiste impuissant aux combats dans la capitale et sa périphérie.
- » Balad
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