« Je suis le seul responsable »
Photo : Agence Reuters
Saddam Hussein
Bagdad — Le président déchu Saddam Hussein a provoqué hier un coup de théâtre en reconnaissant, lors de son procès, avoir donné l'ordre de raser des fermes appartenant à des chiites accusés d'avoir cherché à le tuer en 1982 et finalement exécutés.
«Conformément à la loi, je les ai renvoyés [ces suspects] devant le tribunal révolutionnaire. Aouad suivait la loi. Il avait le droit de les condamner ou de les acquitter», a-t-il dit, faisant référence à Aouad al-Bandar, à l'époque président du tribunal révolutionnaire et qui comparaît avec lui devant le tribunal spécial irakien.
Saddam Hussein et sept de ses anciens collaborateurs, dont son demi-frère Barzan al-Tikriti, sont jugés pour le massacre de 148 personnes dans la ville chiite de Doudjaïl à la suite de cette tentative d'assassinat. Ils encourent la peine de mort.
«C'est moi le responsable, alors pourquoi en jeter d'autres en prison?», a-t-il ajouté alors que le président allait lever la séance. «C'est moi qui ai ordonné de détruire les vergers. Ce n'est bien sûr pas moi qui suis monté sur le bulldozer pour les raser, mais j'ai signé l'ordre du Conseil du commandement de la révolution [CCR, la plus haute instance du pays]», a-t-il dit d'une voix calme.
Le président déchu a justifié les condamnations à mort. «J'ai vu passer les balles devant mes yeux. J'étais dans la voiture derrière le chauffeur. Il y avait un ami à mes côtés et un garde du corps près du chauffeur. C'est Dieu qui a voulu sauver la voiture même si des balles l'ont touchée», a-t-il expliqué. «Ces personnes ont commis un crime contre le chef de l'État et quel que soit son nom, c'est le chef de l'État. Alors jugez le président, mais laissez les autres tranquilles», a-t-il ajouté, faisant allusion à ses sept coaccusés.
En début d'audience, le procureur avait produit une lettre signée par Saddam Hussein dans laquelle il gracie deux des 148 condamnés à mort. Dans une missive d'avril 1987, les services de sécurité adressent à la présidence une demande de grâce pour deux hommes condamnés à mort mais qui, grâce à une erreur administrative, ont été relâchés.
Ils expliquent que Jassem Mohammad al-Hato, 63 ans, a eu trois fils exécutés pour cette affaire et un quatrième tué le jour de l'attentat alors qu'Ali Habib Jaafar, 50 ans, a eu un fils exécuté et un autre porté disparu.
Dans une missive de la présidence datée du 19 avril 1987, l'ancien président annonce qu'il les gracie «car si le sort les a sauvés, je ne serai pas plus sévère que le destin».
En fait, il ressort des documents présentés depuis mardi que, sur les 148 personnes condamnées à mort, 146 sont mortes: 86 ont été exécutées le 23 mars 1985 dans la prison d'Abou Ghraïb, 10 mineurs l'ont été en 1989, 46 personnes sont mortes lors des interrogatoires, et quatre qui n'étaient pas liées à cette affaire ont été ajoutées par erreur à la liste et ont été exécutées également le 23 mars 1985.
Par ailleurs, selon des documents, 399 personnes compromises dans cette attaque ont été détenues dans un camp de la région désertique de Samawa.
L'avocat général a reproché au maire de Doujail, Abdallah al-Rouwaid, et à son fils Mezher d'avoir envoyé une liste de 148 personnes soupçonnées d'être «hostiles à l'État et au parti Baas» et que ces dénonciations ont conduit beaucoup d'entre elles à la mort.
Le maire a assuré qu'au moment des faits, il effectuait une période de réserve dans «l'armée populaire» à Mossoul. Son fils a répliqué qu'il était «analphabète».
Barzan al-Tikriti, demi-frère de Saddam Hussein, a voulu prendre la parole, mais le juge l'en a empêché.
Saddam Hussein s'est alors levé. «Chaque fois que Barzan prend la parole, cela électrise l'audience. Il faut que tu sois plus ouvert car c'est toi qui rendras le verdict, alors que les accusés n'ont que le droit de se défendre. Il faut les écouter car tu dois te faire une opinion en prêtant l'oreille à ce que disent le procureur, les défenseurs et les accusés», a dit calmement Saddam Hussein au juge.
Le procureur a demandé au juge de le faire taire, mais Saddam a répliqué d'une voix calme: «J'ai été le président des Irakiens pendant 35 ans et légalement je le suis encore, même si je ne veux pas discuter maintenant de ce point», a-t-il dit. Le juge l'a laissé terminer.
«Conformément à la loi, je les ai renvoyés [ces suspects] devant le tribunal révolutionnaire. Aouad suivait la loi. Il avait le droit de les condamner ou de les acquitter», a-t-il dit, faisant référence à Aouad al-Bandar, à l'époque président du tribunal révolutionnaire et qui comparaît avec lui devant le tribunal spécial irakien.
Saddam Hussein et sept de ses anciens collaborateurs, dont son demi-frère Barzan al-Tikriti, sont jugés pour le massacre de 148 personnes dans la ville chiite de Doudjaïl à la suite de cette tentative d'assassinat. Ils encourent la peine de mort.
«C'est moi le responsable, alors pourquoi en jeter d'autres en prison?», a-t-il ajouté alors que le président allait lever la séance. «C'est moi qui ai ordonné de détruire les vergers. Ce n'est bien sûr pas moi qui suis monté sur le bulldozer pour les raser, mais j'ai signé l'ordre du Conseil du commandement de la révolution [CCR, la plus haute instance du pays]», a-t-il dit d'une voix calme.
Le président déchu a justifié les condamnations à mort. «J'ai vu passer les balles devant mes yeux. J'étais dans la voiture derrière le chauffeur. Il y avait un ami à mes côtés et un garde du corps près du chauffeur. C'est Dieu qui a voulu sauver la voiture même si des balles l'ont touchée», a-t-il expliqué. «Ces personnes ont commis un crime contre le chef de l'État et quel que soit son nom, c'est le chef de l'État. Alors jugez le président, mais laissez les autres tranquilles», a-t-il ajouté, faisant allusion à ses sept coaccusés.
En début d'audience, le procureur avait produit une lettre signée par Saddam Hussein dans laquelle il gracie deux des 148 condamnés à mort. Dans une missive d'avril 1987, les services de sécurité adressent à la présidence une demande de grâce pour deux hommes condamnés à mort mais qui, grâce à une erreur administrative, ont été relâchés.
Ils expliquent que Jassem Mohammad al-Hato, 63 ans, a eu trois fils exécutés pour cette affaire et un quatrième tué le jour de l'attentat alors qu'Ali Habib Jaafar, 50 ans, a eu un fils exécuté et un autre porté disparu.
Dans une missive de la présidence datée du 19 avril 1987, l'ancien président annonce qu'il les gracie «car si le sort les a sauvés, je ne serai pas plus sévère que le destin».
En fait, il ressort des documents présentés depuis mardi que, sur les 148 personnes condamnées à mort, 146 sont mortes: 86 ont été exécutées le 23 mars 1985 dans la prison d'Abou Ghraïb, 10 mineurs l'ont été en 1989, 46 personnes sont mortes lors des interrogatoires, et quatre qui n'étaient pas liées à cette affaire ont été ajoutées par erreur à la liste et ont été exécutées également le 23 mars 1985.
Par ailleurs, selon des documents, 399 personnes compromises dans cette attaque ont été détenues dans un camp de la région désertique de Samawa.
L'avocat général a reproché au maire de Doujail, Abdallah al-Rouwaid, et à son fils Mezher d'avoir envoyé une liste de 148 personnes soupçonnées d'être «hostiles à l'État et au parti Baas» et que ces dénonciations ont conduit beaucoup d'entre elles à la mort.
Le maire a assuré qu'au moment des faits, il effectuait une période de réserve dans «l'armée populaire» à Mossoul. Son fils a répliqué qu'il était «analphabète».
Barzan al-Tikriti, demi-frère de Saddam Hussein, a voulu prendre la parole, mais le juge l'en a empêché.
Saddam Hussein s'est alors levé. «Chaque fois que Barzan prend la parole, cela électrise l'audience. Il faut que tu sois plus ouvert car c'est toi qui rendras le verdict, alors que les accusés n'ont que le droit de se défendre. Il faut les écouter car tu dois te faire une opinion en prêtant l'oreille à ce que disent le procureur, les défenseurs et les accusés», a dit calmement Saddam Hussein au juge.
Le procureur a demandé au juge de le faire taire, mais Saddam a répliqué d'une voix calme: «J'ai été le président des Irakiens pendant 35 ans et légalement je le suis encore, même si je ne veux pas discuter maintenant de ce point», a-t-il dit. Le juge l'a laissé terminer.
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