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Notre regard sur Haïti est d'abord marqué par la compassion et l'horreur devant l'étendue de la destruction. Si les derniers chiffres publiés à Port-au-Prince sont exacts — plus de 200 000 morts le 12 janvier dernier —, ce séisme est vraisemblablement le plus meurtrier de toute l'histoire de l'humanité, à l'exception de celui du 28 juillet 1976 dans la province du Hebei, en Chine, aux derniers jours de Mao.
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Purge dans l'armée sous le prétexte qu'il y avait complot pour assassiner le président, chasse aux sorcières dans les rangs de l'opposition, harcèlement de ceux dans la presse qui refusent d'être à sa botte... Le président Mahinda Rajapaksa, réélu il y a deux semaines au Sri Lanka, n'a pas perdu une minute pour effacer l'espoir, fragile, que l'écrasement militaire des Tigres tamouls en mai 2009, au bout de 25 ans de guerre civile, ouvrirait la porte à une vie démocratique plus saine. Qu'est-ce que l'on croyait? Qu'il allait magiquement se métamorphoser en preux démocrate? Pouvant maintenant prétendre à une légitimité électorale renouvelée, ce qui contient une nette part de mensonge, mais ce qui n'est pas tout à fait faux non plus, il a maintenant le champ libre pour asseoir à son aise sa présidence dans un pays où, précisément, l'institution présidentielle n'est pas loin d'être autocratique, face à un Parlement faible et vénal où la foire d'empoigne est la norme.
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Pendant que les autorités de Port-au-Prince prétendent contrôler l'adoption internationale d'orphelins haïtiens, elles se révèlent incapables de protéger des milliers d'autres enfants. Haïti comptait déjà 300 000 orphelins, et peut-être 200 000 «restavecs» placés en ménages urbains. Depuis le 12 janvier, plus d'enfants ont perdu leurs parents, sans compter les familles sinistrées qui n'ont plus de quoi pourvoir à leurs besoins.