Le pari du Québec ou du Canada

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Jean-François Nadeau
Édition du 29 janvier 2000

En octobre 1970, tout en condamnant les actions du FLQ, Le Devoir est un des seuls journaux, mis à part les feuilles étudiantes, à se montrer critique devant la mise en vigueur de la loi des mesures de guerre. Cette loi extraordinaire est jugée excessive. Le 17 octobre, Claude Ryan écrit: « Nous déplorons qu'on ait retenu [...] le cadre de la loi des mesures de guerre, qui dépasse infiniment, dans sa portée possible, l'ampleur du problème auquel faisaient face les autorités. Nous déplorons aussi qu'on ait déjà commencé à l'appliquer dans un esprit et suivant des méthodes qui invitent à redouter le pire. »

La crise du pétrole de 1973 annonce des années difficiles, en particulier pour les régions les plus pauvres de la planète. De plus en plus communs, le spectacle des grandes quêtes planétaires et celui d'envois d'expédients humanitaires n'arrivent cependant pas à endiguer les causes de la misère humaine.

Dans la folle course du monde, deux univers économiques s'affrontent: d'une part, celui qui affirme que le plein-emploi et l'État-providence encouragent la croissance économique; d'autre part, celui qui considère que tout ce socialisme économique entrave sans raison valable les profits des entreprises, seul moteur véritable de l'économie.

La première tendance trouve ses supporters dans les gouvernements Trudeau et Lévesque, par ailleurs fortement opposés quant à l'avenir du Québec au sein du Canada. Et la dernière tendance triomphe un peu partout au début des années 80, ici sous l'impulsion que lui assurent les politiques du gouvernement conservateur de Brian Mulroney.

Malgré une forte attirance pour les affaires politiques, Le Devoir a toujours été sensible à l'aspect culturel du Québec, en particulier à sa littérature, même si le théâtre, la danse, la musique et les arts visuels ont toujours aussi beaucoup compté. En janvier 1978, le directeur du Devoir, Claude Ryan, quitte ses fonctions pour devenir le chef du Parti libéral du Québec. Il est remplacé, d'abord à titre intérimaire, par Jean-Louis Roy.

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