L'économie triomphante

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Jean-François Nadeau
Édition du 29 janvier 2000

À compter des années 80, la société québécoise fait l'addition des dynamiques économiques qui poussent au libéralisme à tout crin. Partout, les hommes d'affaires se trouvent à l'honneur, présentés ici et là comme des exemples de réussite qui doivent nécessairement faire école. Le « modèle japonais » est valorisé. Le « Québec inc. » voit ses têtes de proue présentées comme une Invincible Armada.

Le libre-échange, défendu par le gouvernement Mulroney et soutenu pour l'essentiel par des Québécois, apparaît à l'ordre du jour. Ce gouvernement réussit à faire entériner l'ALENA en 1987, malgré des mouvements d'opposition populaire.

Sur le plan strictement politique, les lendemains du référendum de 1980 ne chantent pas. Les pages du Devoir en témoignent souvent, et à plusieurs égards.

En 1982, la nouvelle Constitution du Canada, négociée avec les provinces autour d'un axe Chrétien-Trudeau, laisse délibérément de côté le Québec. Dans la suite de cette déroute, le « beau risque » préconisé par René Lévesque mène à un désenchantement des indépendantistes les plus sincères, à commencer par le docteur Camille Laurin, qui explique sa décision de quitter avec d'autres le gouvernement du Parti québécois dans une lettre ouverte adressée au Devoir.

Analysées de long en large, des palabres de Meech jusqu'au rapport Allaire, toutes les tentatives pour réintégrer le Québec au sein de la Constitution canadienne s'avéreront vaines.

Les années 80 marquent aussi la fin d'un siècle dominé par l'affrontement protéiforme entre les États-Unis et l'URSS. « L'ouverture du mur marque non seulement l'échec de la collectivisation forcée à laquelle les Allemands de l'Est ont été soumis durant plus de 40 ans, mais aussi et surtout le début d'un processus de démocratisation, bref la mort du régime », écrit l'éditorialiste Albert Juneau tout en se risquant à croire que l'URSS, pour avoir laissé cours à pareille révolution, ne pourra guère y résister elle-même.

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