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Couper oui, aménager non

Louis-Gilles Francoeur   30 octobre 2008  Nature
Il s’agit d’une «véritable mise en pièces de la réforme forestière et d’un retour en arrière de plus de 20 ans, camouflés en sortie de crise», estime Nature-Québec
Photo : Agence Reuters
Il s’agit d’une «véritable mise en pièces de la réforme forestière et d’un retour en arrière de plus de 20 ans, camouflés en sortie de crise», estime Nature-Québec
Les industriels de la forêt s'apprêtent à demander à Québec de les soulager de l'obligation d'aménager les forêts après les avoir coupées, de les soulager d'une série de coûts qu'ils ont historiquement assumés, comme celui des chemins et de la lutte contre les incendies et les insectes. Ils réclament du même souffle de consolider leurs droits sur 75 % des volumes disponibles en forêts publiques et de ramener à quelques projets-pilotes la vente du bois sur un «marché libre», comme le propose la réforme gouvernementale.

C'est ce qui ressort du document préparé par le Conseil de l'industrie forestière, dont Le Devoir a obtenu une copie datée du 16 octobre. C'est ce matin que les industriels de la forêt doivent déposer leurs demandes en commission parlementaire à Québec, qu'ils justifient par la nécessité de mettre fin à court terme à la crise forestière même si les mesures proposées auraient un effet permanent et structurant. Leur mémoire sera présenté ce matin comme l'expression d'un fort consensus. Il devait, du moins selon la page de garde du document de la semaine dernière, être contresigné par les entrepreneurs en travaux sylvicoles, les sociétés d'aménagement forestier, les coopératives forestières, les pourvoyeurs, la Fédération québécoise des municipalités et même les gestionnaires de zecs malgré les relents de privatisation du domaine public que contient le document

Mais le consensus ne sera pas au rendez-vous car déjà hier des groupes écologistes de premier plan, comme Nature-Québec, et des organismes professionnels et sociaux comme la Fédération des producteurs de bois du Québec et Solidarité Québec, s'apprêtaient à le mettre en pièces sur la place publique, qualifiant ces propositions de «véritable mise en pièces de la réforme forestière et d'un retour en arrière de plus de 20 ans, camouflés en sortie de crise», selon le mot de Louis Bélanger, porte-parole de Nature-Québec.

Le projet de mémoire du Conseil de l'industrie forestière se dit d'accord avec un «marché concurrentiel des bois en provenance des forêts publiques», mais à la condition que Québec réserve aux entreprises 75 % des réserves de bois disponible, parce que «le maintien de garanties d'approvisionnement en bois pour les usines est essentiel à leur stabilité». Le marché libre de la réforme proposée par le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, se limiterait au reste et au bois des producteurs privés, que les industriels boudent systématiquement, selon les artisans de ce secteur.

Réduire les coûts

Les industriels vont beaucoup plus loin dans leur logique de réduction radicale des coûts et d'augmentation des profits.

Ils réclament ainsi de Québec qu'il limite le coût d'achat du bois en forêt publique à 7,50 le mètre cube, soit en gros «l'écart qui sépare le Québec de l'Ontario pour le prix du bois de sciage résineux». Une fois ce montant acquitté par les industriels, le gouvernement assumerait la totalité des coûts des aménagements forestiers, même s'ils devaient dépasser dans certains territoires celui des redevances.

De plus, les industriels forestiers réclament un crédit de 100 % des coûts de planification, d'exécution, de contrôle et de suivi des coupes forestières, des responsabilités qu'ils récupéreraient malgré les excès relevés dans le passé quand ils assumaient certaines de ces fonctions d'intérêt public.

Québec devrait ajouter, réclament-ils, un remboursement à 100 % — au lieu de 90 % comme cela a été concédé récemment par le gouvernement Charest — des coûts de construction et de restauration des chemins et ponts forestiers, l'élimination totale et «de façon définitive» des contributions obligatoires aux deux sociétés d'État chargées de la lutte contre les feux de forêt et les insectes ravageurs. Les exploitants forestiers réclament en outre des remboursements de la taxe sur le carburant même pour la machinerie qui n'est pas immatriculée pour des fins de travail, un remboursement pour le kilométrage effectué sur les chemins forestiers, l'abolition de la taxe sur le capital, une réduction des obligations administratives et l'octroi de nouveaux avantages fiscaux qui leur permettraient de faire payer aux contribuables une partie substantielle des investissements dans leurs usines.

L'industrie forestière veut par ailleurs que l'obligation d'aménager la forêt lui soit retirée: les industriels ne conserveraient en somme que le droit de planifier leurs coupes et de les exécuter, voire de se contrôler eux-mêmes, quitte à ce que les contribuables se débrouillent avec la facture globale de l'aménagement. C'est Québec qui signerait des contrats avec les aménagistes et les entrepreneurs sylvicoles et non plus les exploitants.

Les industriels évoquent aussi la possibilité que Québec émette de «nouveaux droits fauniques» associés à de «nouveaux modes de tenure», qui seraient notamment concédés au monde municipal dans le cadre de l'exploitation des «forêts de proximité». Ces nouveaux droits pourraient signifier notamment que des élus régionaux pourraient céder l'exploitation de la faune de ces «forêts de proximité» à des intérêts privés, ouvrant la porte à de nouvelles formes de privatisation et d'accaparement des forêts publiques et de leurs ressources, y compris l'expansion ou la création de pourvoiries, voire de clubs privés déguisés en «domaines de villégiature», par exemple, précisait une source bien au fait du dossier.

Un faux consensus

Ces propositions ont fait bondir hier les écologistes, les associations rurales et les producteurs de bois, qui entendent dénoncer sur la place publique ce «faux consensus».

Pour Louis Bélanger de Nature-Québec, «en plus de faire dérailler la réforme du ministre Béchard, les industriels demandent à revenir à un système de privilèges encore plus large que leurs maigres obligations d'il y a 20 ans. Ils utilisent la crise forestière pour maquiller en mesures d'urgence leur désir d'établir un régime forestier encore plus avantageux pour eux que l'ancien. Qu'ils osent formuler des demandes aussi élevées indique qu'il y aurait un minimum de réceptivité désormais du côté gouvernemental à des propositions même aussi aberrantes. Cela illustre dramatiquement l'absence de leadership du gouvernement Charest dans le dossier de la forêt depuis le départ du ministre Béchard. Ce que les industriels proposent, c'est carrément une privatisation des bénéfices et une collectivisation des coûts».

Pour le président de la Fédération des producteurs de bois (UPA), Jean-Pierre Dansereau, «on est en face d'une tentative de détournement des objectifs de la réforme forestière, une tentative qui n'ose pas se présenter sous son vrai jour. Même s'ils n'osent pas se dire en désaccord profond avec la réforme, les industriels de la forêt veulent en saper les principes en n'obtenant que des droits et en refilant les obligations aux contribuables. Ils veulent aussi saper toute idée d'un véritable marché libre du bois au Québec en le réduisant à quelques projets-pilotes marginaux, qui seraient incapables d'établir un prix résultant d'un vrai marché libre, ce dont l'industrie ne veut absolument pas».

Pour la présidente de Solidarité rurale, Claire Bolduc, le Conseil de l'industrie forestière «tente de créer l'illusion d'un consensus». Elle doute que la base de certains «alliés» des industriels acceptera que «l'industrie ait le bois pour rien ou presque et qu'on refile aux contribuables des coûts plus importants que tout ce qu'on a connu jusqu'ici».

Selon Mme Bolduc, «la forêt publique est en lambeaux, décimée, et Québec doit arrêter cette dégénérescence par une vision d'avenir, qui fait défaut présentement car les propositions sur la table n'apportent rien de substantiel aux communautés et à la ressource, en plus de soulever le risque d'un retour en arrière par de nouvelles formes de privatisation de la faune, par une réduction de l'accès au domaine public de lacs et de forêts, par des modes de tenure nébuleux et potentiellement dangereux pour les droits de la population».
Il s’agit d’une «véritable mise en pièces de la réforme forestière et d’un retour en arrière de plus de 20 ans, camouflés en sortie de crise», estime Nature-Québec
 






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  • Colin-N. Brosseau
    Inscrit
    jeudi 30 octobre 2008 00h39
    J'attends les bons propos de M. Trudel
    « J'attends avec impatience les propos de M. Fernand Trudel. Je veux qu'il me dise quoi en penser, le vrai du faux, pourquoi M. Francoeur se trompe. Je veux lire ce qu'il écrit: LA VÉRITÉ. Je veux aussi lire les liens rarement pertinents qu'il saura nous donner et menant vers des recherches révélant que nous sommes tous victimes d'un complot des écologistes. Je veux lire pourquoi nous devrions livrer toute la nature de la Terre au dieu économie.

    Colin-N. Brosseau
    Montréal »

  • Maxime Lévesque
    Inscrit
    jeudi 30 octobre 2008 03h36
    Privatiser les profits, solialiser les couts ... encore plus loins
    « Jusqu'où va-ton aller dans la privatisation des profits, et la solialisation les couts ? Comme le dit l'article, si ils
    en font la demande, c'est qu'il y a probablement une écoute réceptive dans le gouvernement Charest. On dirais qu'on essais de réinventer le système féodal ! »

  • laurent Pradiès
    Inscrit
    jeudi 30 octobre 2008 04h38
    je crois rêver...ou plutôt ...un cauchemard permanent
    « alors que tous les média du monde nous informent sur la destruction accrue des forêts tropicales et boréales, que tout le monde sait qu'il faut agir d'urgence contre le réchauffement climatique, les pollutions engendrant maladies et destruction des espèces, que tout adulte qui a des enfants doit choisir entre lui laisser une planète où la vie est riche et un monde de désolation...ignorants tout cela les forestiers pensent qu'il faut aggraver la situation déjà catastrophique des forêts québécoises, ils sont en cela les alliés objectifs d'Hydro-Québec, ces gens n'ont-ils pas d'enfants? veulent-ils les faire vivre sur une planète ravagée? sont-ils de purs cyniques ou des psychopathes ?
    J'ai honte pour le Québec et pour tout le Canada...
    Laurent Pradiès »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 05h23
    Vive la crise !
    « Les profits OUI, l'environnement NON.

    C'est l'approche Harper de Kyoto.
    C'est l'approche néolibérale de la planète.

    Le capitalisme sauvage n'est pas en crise. Il s'ajuste.
    Un bon "investisseur" sait tirer son épingle du jeu lorsque c'est la débandade.
    Comme tous les profiteurs savent bien tirer profit des "crises".

    Nous vivons une «crise». Artificielle, virtuelle, créé, voulu... on ne sait pas.
    Tout ce que l'on sait, c'est que la tourmente économique est bien en place.
    Tout ce que l'on sait, c'est que le baril de pétrole avoisinant les 140 $ il y a quelques semaines, est aujourd'hui près de 60 $.

    Tout ce que l'on sait, c'est qu'on se réjouissait que le prix du pétrole soit si élevé pour qu'enfin la consommation de ce carburant polluant diminue. Aujourd'hui, on titre en gros

    «L'OPEP réduit nettement son offre»
    "Les «durs» du cartel, Iran et Libye en tête, souhaitaient une coupe massive de deux millions de barils par jour"
    «Le Venezuela favorable à une nouvelle réduction de la production de pétrole»

    Aujourd'hui que l'OPEP réduit sa production, on nous présente la chose comme la pire des calamités! On nous présente la chose comme si les «méchants» Iran Libye et Venezuela "en tête" nous veulent du mal !
    Non, mais, il faudrait se brancher.
    Les méchants réduisent leur production, ça va peut-être réduire la consommation et la planète s'en portera mieux!

    On constate, une fois de plus, que les discours ne servent que l'économie et le pouvoir.
    On justifie les hausses de prix pour empocher de faramineux profits tout en prétextant que si le pétrole est élevé, on va réduire la consommation et on va moins polluer notre planète qui suffoque.

    On justifie que si nous avons des compteurs et que nous payons l'eau pour chaque goutte vitale, nous préserverons nos réserves. Ce qui est totalement faux. Tout ce que nous ferons sera d'emplir les poches des prédateurs économiques.
    Les compteurs d'eau n'ont rien à voir avec l'économie d'eau douce.
    Tout comme la hausse du prix du pétrole n'a rien à voir avec la dépollution.
    La preuve, la meilleure dépollution serait de réduire la consommation. Et pour réduire la consommation, il faut réduire la production de ce carburant polluant. La réalité, ce ne sont pas les $$$, la réalité ce sont les choses. Il y a du riz, on bouffe, il n'y en a pas, on meurt de faim.
    Il y a du pétrole, on utilise, il n'y en a pas, on trouve autre chose.

    Si on gère la réalité avec les $$$. On se retrouve que le riz est sur les tablettes et qu'on meurt de faim.
    On se retrouve que tout le pétrole produit est brûlé et pollue la planète. Si ce n'est pas les pauvres qui brûleront le pétrole, ce sera ceux qui en ont les moyens, mais le résultat c'est que peu importe son prix, il sera brûlé et la planète sera polluée.
    On se retrouve que l'eau douce disparaîtra au même rythme. Les nantis auront de plus grandes piscines et laveront leur limousine et leur entrée de court à la grande eau, tandis que les pauvres seront sales et assoiffés, mais l'eau disparaîtra. Ceux qui en auront les moyens ne s'en priveront JAMAIS.

    La réalité gérée avec les $$$ fait que la société est menée en fonction des profits et non de l'environnement et des individus.

    Nous constatons de plus en plus que cette «crise» réelle ou artificielle est TRÈS UTILE pour le monde capitaliste.

    « Couper oui, aménager non »

    « Exploiter oui, dépolluer non »
    Voilà l'approche Kyoto de Harper, de Bush et de tout bon capitaliste sauvage.

    En ce temps de «crise» on peut tout justifier et faire reculer les petites normes difficilement établies. Les compagnies nous font pleurer et nous disent qu'elles devront cesser leurs opérations "missionnaires" si les règles ne sont pas "allégées" (disons plutôt que l'on souhaite carrément leur abolition).
    Dans la même veine, les compagnies demandent de meilleures conditions de profit. Prêt sans intérêt, allégement fiscal, abolition des contrôles, abolitions des obligations... que voulez-vous, ces «pauvres» (sic) compagnies n'ont plus les moyens et sont sur le bord de la banqueroute !!!

    Dans ces périodes jouissantes de «crise», on peut tout justifier et on peut faire la piastre.
    Comme lors du verglas, certains marchands ayant la fibre capitaliste, vendaient leurs chandelles dix fois leur prix, aujourd'hui on trouve les moyens de maximiser par tous les moyens les profits.
    C'est la loi du marché, mais surtout la loi des crises.

    Pendant les crises, on peut tout justifier. Du contrôle citoyen, à la guerre, à la hausse des prix, à l'abolition des obligations.

    On n'est pas sortie du bois... mais ne vous en faites pas, le bois on va le raser et un jour on verra plus loin.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 30 octobre 2008 07h19
    Couper, empocher et se sauver
    « On vide les lacs et le fleuve de tous les poissons et les forêts de tous les arbres on pollue le tout bien comme il faut. Les générations futures, ils s'arrangeront. Signé, les Industriels qui empochent le produit des richesses naturelles des Québécois. »

  • Alain Vézina
    Inscrit
    jeudi 30 octobre 2008 08h12
    Déplacer un peu la réflexion - Insoutenables empreintes écologiques ?
    « Pour poursuivre avec les objections très concrètes et réelles de Mme Bolduc en fin d'article, voici des considérations moins nationales.

    http://www.cyberpresse.ca/environnement/climat/200810/29/01-33952-deux-planetes-necessaires-pour-lhumanite-en-2030.php

    et

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2287


    Le rapport de Harvey Mead, au Québec, calculait il y a peu de temps, une empreinte écologique de 3 planètes à l'échelle du Québec pour une biocapacité de 12 planètes.

    Oui, nous sommes des chéris de la nature. Les graphiques du second article (second lien référé) le montre bien.

    Il faut se questionner cependant sur la valeur d'un calcul de la biocapacité sur une base nationale.

    La biocapacité n'a pour moi de sens que sur une base planétaire à moins d'en redéfinir largement les modalités de calcul. Si cela est possible, j'en doute.

    La planète est d'abord écosystèmes et écosystème global. Elle n'est pas d'abord ressources, ce qui aussitôt est une vision captatrice.

    Nature et Environnement doivent être distingués.

    L'environnement comporte cette vision sous forme de ressources, il est l'espace que l'on utilise, aménage, exploite. Il est ce qui nous environne.

    La nature inclus l'environnement mais le dépasse. Elle nous donne une vision écosystémique globale qui insiste sur les équilibres des diverses reproductions qui la constitue.

    C'est ainsi que l'on sait qu'il manque des puits de carbone à l'échelle mondiale car le fait est que l'effet de serre s'intensifie et qu'il chemine vers un état catastrophique.
    L'atmosphère est plus mondiale que l'ensemble des économies. Les forêts au Québec, comme puits de carbone, ne sont pas québécoises, elles sont un bien planétaire.

    C'est ainsi aussi que l'on manque d'espace (entre autres raisons) pour permettre le maintien de la biodiversité, parce que notre espèce s'accapare tout l'espace en le conformant à son usage.
    C'est pourquoi nous sommes amenés à prévoir de vastes territoires de conservation, en les mettant hors de nos ressources.

    Au minimum, s'il y a 12% du territoire qui doivent être mis en conservation au Québec (objectif du gouvernement), s'ils ont bien une biocapacité, celle-ci n'est pas à notre usage.

    Il reste à voir si ces 12% sont suffisants. D'abord, il faut que ces zones se distribuent dans tous les écosystèmes, c'est-à-dire beaucoup mieux que l'on ne le prévoit. Un écosystème n'a rien d'une nation.

    De plus certaines zones, on pense à l'Amazonie comme poumon de la Terre, ont une valeur (sans prix) planétaire. C'est sans doute aussi le cas des forêts boréales comme puits de carbone.
    Tant que l'équilibre global les requiert, ces zones sont hors de l'usage humain, du moins dans l'hypothèse d'un vouloir de survie.

    La mise en rapport d'une empreinte écologique à l'échelle nationale à une biocapacité à l'échelle nationale a donc quelque chose de fallacieux, d'outrageusement optimiste, d'inconséquent.

    On ne peut faire un calcul de biocapacité nationale sans introduire un biais considérable. De vastes ensemble territoriaux n'appartiennent qu'à la planète et à ses écosystèmes non à des nations.
    Ils sont juste pris dans des nations qui en ont la responsabilité au premier chef, bien que le monde entier puisse s'y intéresser pour s'assurer de sa protection, non pour les exploiter.

    C'est le sens du risque que pose la soif américaine pour l'eau en territoire canadien, québécois. Ce n'est pas de l'eau canadienne ou québécoise, c'est de l'eau d'écosystèmes plus ou moins locaux, dans lesquels il est possible de puiser dans des limites certaines.

    Notre capacité à aménager le monde ne nous laisse pas le choix de voir notre espèce à la fois dans la nature et sur la nature, avec un statut d'intrus.

    L'empreinte écologique est la mesure de notre intrusion. Seule cette mesure est proprement humaine et politique.

    Alain Vézina »

  • Daniel Cyr
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 08h18
    Le beurre et l'argent du beurre
    « Il faut répéter ce que dit si bien Louis Bélanger de Nature-Québec "Ce que les industriels proposent, c'est carrément une privatisation des bénéfices et une collectivisation des coûts". Cette attitude n'a jamais été aussi manifeste. Si le gouvernement Charest donne son aval à ces propositions, ce sera la preuve que c'est le renard qui garde le poulaillier. La forêt québécoise avait-elle besoin de cette nouvelle tuile? Si l'industrie forestière québécoise n'est pas rentable, laissez pousser les arbres, la forêt du Québec aura une plus grande valeur pour plein d'autres domaines. Les arbres vous empêchent-ils de voir la forêt? »

  • Jean-Pierre Carignan
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 08h20
    La coupe est pleine !
    « Jamais je n'ai pensé voir de mon vivant une telle tentative.
    J'ose espérer que nos politiciens auront le courage de signifier à la grande industrie forestière une fin de non recevoir pure et simple.
    Je me prends à rêver d'un gouvernement qui aura comme priorité le bien-être de sa population et qui assumera enfin son rôle de fiduciaire de la forêt publique en adoptant une politique forestière responsable ayant comme but premier l'utilisation intelligente de la ressource au bénéfice de la population.
    Au lieu de considérer la forêt comme une source de profit à court terme pour les grandes sociétés privées, notre gouvernement devrait adopter une politique ayant pour objectif premier d'assurer le maximum d'emplois stables.

    Au lieu d'offrir en pâture ce qui reste de notre forêt aux grandes sociétés forestières sous prétexte de sauver quelques emplois, je crois qu'il serait plus profitable de transformer nos travailleurs d'usine en travailleurs forestiers et de créer un vaste programme d'aménagement des zones forestières les plus productives qui ont été surexplolitées par le passé.
    En agissant de la sorte, la forêt plus au nord profiterait d'un trève dont elle a grand besoin et nous pourrions collectivement remettre aux générations futures une ressource précieuse.
    Est-ce trop demander au gouvernement de penser à autre chose qu'au profit à court terme des petits amis de l'industrie ? »

  • Sébastien Cloutier
    Inscrit
    jeudi 30 octobre 2008 08h46
    Les restes
    « J'ai travaillé six années en reforestation au Québec comme en Ontario. Combien de fois ai-je vu d'immenses cordées de bois oublié au fond d'une «patch»? Je suis persuadé qu'il se fait un gaspillage énorme à toutes les échelles, et que les entreprises qui méritent de passer cette «crise» sont celles qui saurons réformer leurs méthodes de cueillette. Quant aux autres... »

  • Marlène Bachand
    Inscrite
    jeudi 30 octobre 2008 08h51
    un recul...
    « La plupart des québécois sont d'accord pour dénoncer les interventions faites au nom de l'économie dans le cadre de l'exploitation des sables bitumineux. Pourtant, ici, nous continuons d'exploiter les forêts et ses ressources comme si elles ne servaient qu'à produire de la richesse économique, bref, exite le développement durable. Encore une fois l'entreprise privée seraient au dessus des communautés et des intérêts de toute la population québécoise, à qui appartient le territoire public. Nous l'oublions trop souvent, et j'espère que les communautés locales se lèveront pour demander une gestion durable des forêts »

  • Pierre Boivin
    Inscrit
    jeudi 30 octobre 2008 09h16
    Boooh!
    « Stratégie de négociation révolue! La table est mise pour une nationalisation intelligente des ressources naturelles et de sa transformation. Bravo aux dinosaures de ces secteurs qui nous poussent à des solutions imaginatives et innovantes...Arrêtons d'avoir peur, l'halloween démagogique des géants de l'exploitation forestière est enfantine, Tout ça manque cruellement de vision! »

  • Pierre-Yves L'Espérance
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 09h41
    justement, les restes!!
    « Ouaip! Moi aussi j'en ai reboisé des hectares et des hectares de forêts à travers le Canada, et c'est au Québec qu'on voit les plus vastes coupes.

    Cette annonce n'a d'après moi que peu à voir avec les petits lapins et les petits poissons des lacs et des majestueux arbres centenaires... (versement de larmes!) NON! C'est du détournement de fonds publics, voilà tout. Arrêtons de nous même nous détourner du vrai sujet.

    Plutôt que d'aller vers une évolution logique de modernisation de l'industrie, ces gens essaient... ben heu... oui, ils essaient de nous voler. Et pour en revenir au titre de ce commentaire, il y a d'importantes possibilités de "profits" sans porter préjudice à bugs-bunny et cie.

    Comment? Ben, par exemple en faisant de l'éthanol cellulosique avec les déchets de coupes, ou encore des copeaux de bois raméaux comme engrais naturel sur nos terres agricoles, etc. Les occasions sont multiples, mais ces gens manquent d'imagination et n'ayons pas peur de le dire, ils sont incompétents!

    Alors créons cette industrie parallèle et montrons qu'elle est plus efficace, plus profitable et moins dommageable! Donnons à cette vieille génération le coup de pied dans le... qu'elle mérite! Jusque là, allons caresser des crapauds et des arbres, c'est si sensuel! »

  • Sylvie Brunelle
    Abonnée
    jeudi 30 octobre 2008 10h10
    Le bien commun
    « Comment une industrie qui s'est appropriée un bien commun, la forêt,peut-elle aujourd'hui faire un tel affront à toute la société québécoise ?
    L'industrie forestière, avec l'accord de nos gouvernements, a profité de la loi de marché pour "déforester" le Québec. Maintenant, qu'elle a vidé de ses arbres le territoire, cette même industrie souhaite se retirer sans remettre à celles et ceux qu'elle a volé pour s'enrichir. Édifiant !
    Quand nos gouvernements auront-ils la volonté d'entendre les écologistes, défenseurs du bien commun, qu'il s'agisse de la forêt, de l'eau, de la terre et de l'air ?
    Quand nos élus auront-ils le courage d'exercer le pouvoir pour ce qu'il est ? C'est-à-dire défendre les intérêts de toutes et tous en protégeant le bien commun ?
    À l'aube d'une autre campagne électorale, notre droit de vote ne devrait-il pas s'inscrire ainsi ? Nous devrions élire un gouvernement soucieux de gérer adéquatement le bien commun. Et tant pis, pour l'industrie ! »

  • andré michaud
    Inscrit
    jeudi 30 octobre 2008 10h33
    solution suédoise
    « Il y longtemps que la Suède a règlé ce problème. Le privé a acheté des parties de forêt. Comme c'est leur propriété, leurs entreprises de sylviculture ont intérêt à replanter des arbres pour assurer une rentabilité future...donc chaque arbre abattu est sytématiquement remplacé.

    La gaffe stupide de nos gouvernements au Québec et depuis des décennies est de DONNER en pâture notre forêt à des compagnies. Comme ils n'ont pas payé, et ne sont pas propriétaires du terrain, ils se foutent donc de l'avenir de ces parties de forêt...anyway l'état leur donnera la permission de couper ailleurs..

    Les USA dans ce dossier ont raison de dire que c'est de la concurence déloyale envers les entreprises qui ont du acheter leur forêt et doivent replanter pour assurer la rentabilité future....pendant qu'ici on leur DONNE la forêt et ne les oblige pas à replanter... »

  • Michel Thibault
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 11h48
    Il est temps que l'industrie change son fusil d'épaule
    « La première impression que j'ai longtemps eu de l'industrie forestière c'est de la voir couper la branche sur laquelle elle se tenait.

    L'épuisement et l'écrémage de la forêt ne date pas d'hier. La forêt feuillue en est le plus bel exemple; certains scientifiques l'ont déjà démontré et plus récemment la Commission Coulombe.

    Qu'a-t-on fait de ses recommandations ? Peu de choses. Tout ça au moment où le Québec vit la pire crise de son histoire.

    Et la grande industrie voudrait tout avoir ignorant même des solutions qui lui permettraient aisément de sortir de la crise, ignorant la commission Coulombe ou même certaines recommandations qui calmeraient nos voisins du sud comme le marché plus libre.

    Les nouvelles technologies profiteraient aussi aux régions qui auraient plus d'autonomie.

    L'aménagement écosystémique n'est plus une vision de l'esprit. Les nouvelles technologies le permettent. De même qu'elles nous permettraient d'être plus concurrentiels en doublant voire en triplant le rendement forestier.

    Cela n'est pas farfelu, parce démontré en partie.

    Que la grande industrie s'adapte ou laisse sa place à d'autres.

    Michel Thibault ing. f. m. sc. »

  • Albert Descôteaux
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 12h46
    Et le point de vue de la population?
    « Puisque ces forêts nous appartiennent, un gouvernement sérieux devrait tenir une consultation référendaire suite à une campagne d'information, sur l'usage que la population québécoise désire que l'on fasse de cette richesse collective.

    En passant, on a pas encore vu ti-Guy Chevrette s'immoller sur la place publique: ça ne devrait pas tarder.... »

  • Keven Renière
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 13h45
    Au sommet, on voit plus les cîmes
    « Comme plusieurs l'ont affirmés précédemment, la forêt québécoise s'est vu transfigurée depuis plusieurs décennies par des compagnies forestières qui n'ont été obligé que de replanter ou faire de l'aménagement grâce au gouvernement. Maintenant, pour eux qui ont abuser des forêts, il faudrait maintenant laisser de côté ce développement durable,car il en est un, des forêts pour le profit de la minorité et la survit de l'industrie forestière ? Vous vous avez tirer dans le pied et vous voulez que nous vous indemnisions maintenant à cause de ça ?

    Est-ce que Guy Chevrette a un pourcentage sur les activités des forestières ? Parce que à lire les nouvelles concernant le conseil, c'est que de la propagande économique pour essayer d'aller chercher le gâteau au complet, pas juste un morceau. »

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 16h39
    Pas de pitié pour l'industrie qui vide nos ressources
    « J'écoutais un reportage comme quoi il manque des travailleurs en foresterie. Ils ont montrés des africains de Montréal remplir les postes. Y t'il tant de chômeur ou un manque en foresterie.
    Désolé, mais le ministre Béchard était à orienter l'industrie vers l'énergie extrêmement polluantes celle de la combustion du bois. Le pire ministre de l'environnement.
    Il a refuser des normes en matière de particules fines qui tuent. Il a modifier le ministère de l'environnemnt qui donne comme résultat que des pollueurs peuvent brûler des déchets comme pneu, matérieux de construction sans que le citoyen puisse porter plainte. Depuis son passage, personne sur la qualité de l'air, les amendes ce font rare, et si vous téléphoné on réponds Ministère du développement durable et des ressources naturelles Québec. S'il aime les dioxines et furannes c'est son choix mais pas le mien. »

  • Maurice Monette
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 16h51
    Incroyable de lire tant de raisons égocentriques pour contrer la destruction des "poumons de notre MÈRE la terre"...!
    « Tous les gens qui réagissent à cet Article, n'en ont que pour les profits engendrés pour les compagnies forestières et la SUR-exploitation des forêts qui en découle, empêchant ainsi de faire travailler notre population à plus longue échéance.

    C'est une vision à très futile des conséquences car, on oublient que la forêt c'est la seule productrice de l'ozone qui nous protège des rayons ultra-violets du soleil mais, cette situation n'a aucune répercution sur la rentabilité monétaire dont les gouvernements sont avides. Donc, on n'y voient aucun intérêt de mieux contrôler et la SUR-exploitation est généralisée en cette période où l'argent est devenu l'unique objectif de l'humanité...

    Pourtant, une "crise" bien plus grave que la perte des emplois est engendrée mais, ça ne se voient pas et on va toutes et tous continuer de "cuire" voire même, "rôtir" de plus en PLUS, simplement parce que l'humanité a perdues toutes ses notions de satiété qui lui permettaient de ne prélever que ce qu'elle avait besoin pour sa survie.

    Alors, continuez à détruire notre biosphère en mettant tous les aspects négatifs qu'on perçoient sur le dos des changements climatiques. C'est plus facile !

    On imputent ceux-ci à l'apocalypse due au changement de millénaire, et notre Mère, cette Terre qui était encore d'Émeraude avant juin 1989, avant que jean paul II alias karol wojtyla ne laisse tomber la saine gestion de l'argent mondial par l'Église catholique, est entrain de devenir impropre à la vie.

    Alors, la seule chose qui énerve les gens, c'est la crise monétaire mondiale mais, cette crise est entraînée par la cupidité insatiable de l'espèce humaine alors, DÉTRUISEZ-VOUS, bande de malades...!

    Merci de votre Attention & pauvre bande d'inconscients(es)

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    Biologiste #939
    Grande Rivière »

  • réal rodrigue
    Inscrit
    jeudi 30 octobre 2008 17h28
    On est pas sorti du bois !
    « Sans doute fallait-il s'y attendre ! Les « goinfres » de la forêt veulent profiter du momentum pour satisfaire leurs appétits insatiables et dévastateurs pour une ressource précieuse pour les générations actuelles et celles qui vont suivre. Pour ces développeurs pas du tout « durables », elle est matière à profit, point à la ligne. S'ils avaient le moindre sens du bien commmun - ce qui est l'objet premier de toute politique faut-il le rappeler, ils agiraient autrement. Comment ? Comme les individus intelligents et généreux qu'ils devraient être normalement , c'est-à-dire naturellement. Mais aujourd'hui que règne partout le même esprit capitaliste, celui que Marx réprouvait à son époque et que les supposés marxistes ont combattu par une idéologie qui ne pouvait mener qu'à la catastrophe, on assiste régulièrement et en tous les domaines à ces tentatives honteuses. Honteuses parce qu'en effet elles servent des individus complètement déconnectés de leur communauté humaine, incapables de penser plus loin que les dividendes que rapportent pareilles initiatives. Ce n'est pas qu'il faille mépriser les entrepreneurs, mais j'estime, à défaut de l'éducation qui leur manque cruellement, que l'État doit intervenir en faisant preuve de sens civique. Mais hélas, sous une gouverne comme celle de Jean Charest, je crains que cela ne se réalise pas à moins d'une forte mobilisation des citoyens du Québec. La collution menace entre des gens d'affaires sans scrupules et des libéraux grisés par le pouvoir. On est pas sorti du bois !
    Réal Rodrigue
    Mansonville ( Potton )
    montagneux@distributel.net »

  • Normand Chaput
    Abonné
    jeudi 30 octobre 2008 17h45
    les gens du plateau
    « le gars dans le bois qui coupe des arbres pour les grosses compagnies qui, elles même, doivent trouver du rendement pour leurs actionnaires qui sont des fonds de pension (ceux-là même qui se plaignent), n'ont pas le temps pour répondre aux gens du plateau qui se plaignent d'écologie. Etes-vous prêts à subir les véritables conséquences de ce que vous avancez? Je soupçonne que oui mais encore faut-il être conséquents. Tant que vous voterez Libéral, vous aurez beau déchirer votre chemise, il n'y en a que dalle »

  • Miguel Hatin
    Inscrit
    jeudi 30 octobre 2008 19h36
    Il est temps de réagir
    « L'industrie forestière devra faire attention à ces recommandations à propos des forêts de proximité. J'ai assisté à une présentation au congrès de l'OIFQ et il est clair que les forêts de proximité peuvent englober des zecs tel que l'UMQ l'a présenté. L'industrie forestière vient d'ouvrir une boîte de pandore qui lui enlève toute crédibilité. J'espère que la FQGZ réagira fortement auprès de monsieur Chevrette. »

  • Robert Geoffrion
    Inscrit
    jeudi 30 octobre 2008 22h30
    Assez, c'est assez!
    « Et lorsqu'il n'y aura plus un arbre à couper, les compagnies forestières demanderont au gouvernement d'en replanter aux frais des contribuables.
    Non, non et non. Ça suffit! Payons donc plutôt des cours d'informatique aux travailleurs pour qu'ils aillent se recycler et cessons le saccage de nos forêts. »

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