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La Ville qui coupait des arbres

Louis-Gilles Francoeur   30 mars 2007  Nature
Du côté ouest d’un stationnement municipal situé près du Devoir, un fonctionnaire a autorisé qu’on abatte à la scie mécanique un pommetier donné par la Chine — comme celui en arrière-plan —, pour installer sur le terrain de la Ville une
Photo : Jacques Grenier
Du côté ouest d’un stationnement municipal situé près du Devoir, un fonctionnaire a autorisé qu’on abatte à la scie mécanique un pommetier donné par la Chine — comme celui en arrière-plan —, pour installer sur le terrain de la Ville une
J'ai beaucoup hésité avant d'écrire cette chronique. Après tout, il y a tellement de sujets importants, d'enjeux environnementaux et de conservation qui mériteraient un traitement prioritaire. Pourquoi consacrer une chronique à un arbre et, qui plus est, à un arbre mort? Mais cet arbre m'a offert tant de beauté, m'a tellement ému pendant tant d'années comme beaucoup d'autres personnes; je l'ai présenté à tellement d'amis que je veux aujourd'hui exprimer à travers sa fin tragique cette colère que des centaines de Québécois m'ont manifestée en m'écrivant des dizaines de lettres et de courriels pour dénoncer des abattages d'arbres qui leur paraissaient essentiels à la beauté de leur quartier, de leur coin de campagne ou de leur milieu de villégiature. Évidemment, ces citoyens se sont généralement retrouvés sans recours faute de politique de protection réglementaire et, la plupart du temps, devant un fait accompli, qu'il s'agisse de la dévastation de la forêt Ouareau, dans Lanaudière, par des forestières qui n'ont aucun respect pour les sentiers et les paysages, ou de la calvitie qui gagne les montagnes dans la plupart des milieux de villégiature.

Il existe à côté du Devoir une aire ouverte qui se prolonge jusque derrière la Place des Arts et où se trouvent des pommetiers extraordinaires qui, selon certains, auraient été donnés à Montréal par Shanghaï. Du côté de Montréal, on soutient qu'il s'agit de pommetiers d'ici, comme s'ils avaient dès lors moins de valeur... Au printemps, ces arbres magnifiques se couvrent de fleurs d'un rose intense qui transforme ce milieu bétonné en un coin de paradis, véritable filiale du Jardin botanique! Les marcheurs s'y reposent sur les bancs et contemplent cet éden urbain pendant des heures en respirant son parfum inattendu. Aux deux extrémités du plus beau stationnement de la Ville — on devrait exiger que tous les autres stationnements, privés ou publics, soient aménagés sur ce modèle! —, on a planté ces magnifiques pommetiers. Quatre à chaque extrémité.

Mais du côté ouest de ce stationnement, un fonctionnaire municipal — à mon avis indigne du salaire que lui verse la collectivité — a autorisé qu'on abatte un de ces arbres à la scie mécanique. Depuis deux semaines, jour après jour, nous sommes plusieurs à regarder, avec un douloureux sentiment de révolte, la nouvelle souche entourée de bran de scie, soit tout ce qui reste de cette merveille qui, chaque année, arrachait des sourires émerveillés à des dizaines de milliers de passants. Il en reste deux où il y en avait trois encore récemment. Tout cela, m'a expliqué un des arpenteurs dont l'équipement était déployé sur place, pour installer sur le terrain de la Ville une roulotte qui servira de bureau à un gros promoteur immobilier qui veut y vendre les dizaines de condos qu'il entend construire de l'autre côté de la rue, derrière la station de métro. Le pire de toute cette histoire, c'est que personne n'a songé à demander au promoteur de raccourcir sa roulotte de quelques pieds pour épargner cet arbre de grande valeur, ce qu'on autre promoteur avait fait dans le passé sans triturer tout le secteur. Et il a vendu ses condos!

Il est assez ironique de constater que la Ville de Montréal dévoilait cette semaine son plan de «développement durable», imprimé en belles couleurs, pendant que ses fonctionnaires autorisent des abattages iniques dans un aménagement paysager conçu et réalisé à grands frais par les contribuables pour honorer le don d'un pays ami! Il s'agit donc d'un beau cas de destruction du patrimoine public à des fins privées, ce qui équivaut à piller ou à voler le trésor public avec la permission du trésorier. Pourquoi mettrait-on en prison quelqu'un qui détournerait 1000 $ de fonds publics alors qu'on laissera impunie la destruction d'un bien public qui a coûté beaucoup plus cher, qui possède une valeur patrimoniale évidente et qui, de plus, constitue un lien symbolique avec un autre pays? La Ville va certainement tirer un loyer intéressant de ce crime patrimonial et environnemental, à la limite de l'affront diplomatique, si les arbres en question ont été donnés par la Chine. Et ce n'est pas parce qu'on va réaménéager après coup, voire planter un nouvel arbre, que l'abattage en question est plus acceptable.

Une politique de l'arbre

La mort de cet arbre illustre bien à quel point Montréal a besoin d'une politique de l'arbre qui protégerait véritablement le patrimoine actuel. Je pense à l'abattage d'une dizaine d'arbres géants, en bonne santé évidente, au Manoir Notre-Dame-de-Grâce, il y a quelques années, une initiative dont les conséquences financières n'ont même pas égratigné le bilan du promoteur en cause. Je pense à tous ces garages et à tous ces commerces de la rue Saint-Jacques, à Montréal, qui rallongent depuis des années leur terrain aux dépens de la propriété de la Ville par des remblayages qui étouffent et rétrécissent la forêt naturelle de la côte Saint-Jacques. Ce milieu boisé pourrait devenir un parc intéressant, mais il faudrait que la Ville ose ordonner la remise des lieux en état par ces voleurs de terrain public qui prennent la côte pour un dépotoir, d'où s'écoulent des liquides inquiétants dont personne ne s'occupe. Voilà sans doute un défi au-dessus des capacités de nos gardiens de l'intérêt et de la propriété publique. Est-il invraisemblable de penser que Montréal pourra un jour avoir une politique de l'arbre qui rendrait vraiment coûteux l'abattage de ce patrimoine naturel en déclin sur l'île? Est-ce si invraisemblable de penser que Québec pourrait lui aussi avoir une politique de protection des boisés applicable à toutes les régions du Québec où les boisés représentent moins de 20 % du territoire, surtout des boisés humides comme ceux de Longueuil? Est-il impensable d'imaginer que le ministère des Ressources naturelles et de la Faune puisse, en 2007, exiger que les coupes forestières préservent nos paysages forestiers par une récolte sélective?

Le deuxième problème que soulève la mort de cet arbre magique est celui du «fonctionnement en silos» de la plupart des organisations gouvernementales. Par exemple, une direction fait des dépliants et des politiques sur le développement durable et la protection de l'environnement pendant que l'autre commet des gestes qui vont en sens contraire. C'est ce qu'on appelle, en langage administratif, «fonctionner en silos», c'est-à-dire chacun dans sa bulle. Cette mégestion d'un autre âge a des impacts rarement négligeables sur l'environnement. Le fonctionnaire responsable de cet abattage idiot affirmera certainement que personne ne lui avait expliqué qu'il devait dorénavant ajouter à l'analyse de ses dossiers une logique minimale de protection du patrimoine et de l'environnement. Il est aussi possible qu'on le lui ait dit mais qu'il ait oublié d'en tenir compte par la suite. Plusieurs fonctionnaires font l'objet de programmes de «sensibilisation» élaborées par les directions environnementales, mais une fois passé ce chatouillement administratif, ils retournent aux bons vieux critères de rendement et de rentabilité, en fonction desquels ils sont jugés. Comme me le disait hier un haut fonctionnaire de Montréal à propos d'un autre dossier, «il serait temps qu'on passe d'une politique de sensibilisation à une politique de coercition» en matière d'environnement si la Ville veut commencer à avoir des résultats.

Mais en attendant que ça change, notre arbre rose est devenu la triste victime de la guerre des condos au centre-ville. On pourrait au moins dire qu'il est tombé au champ d'honneur de la bataille de l'environnement si sa mort débouchait sur une clause des conventions collectives qui enclencherait la suspension, voire le congédiement en cas d'atteinte à l'environnement ou au patrimoine naturel de la collectivité. Et on pourrait ajouter un petit amendement au règlement municipal sur la protection, pour l'instant théorique, des arbres: tout abattage injustifié pourrait se solder par l'obligation de remplacer le disparu par un arbre de valeur équivalente, lequel deviendrait propriété de la Ville sous forme de servitude enregistrée. Pourquoi ne pas imaginer des règles qui engendreraient un peu plus de discipline chez les promoteurs que les ridicules amendes actuelles?

- Lecture: Les Insectes du Québec, par Yves Dubuc, Éditions Broquet, 456 pages. La nouvelle édition de ce magnifique guide d'identification porte à 1530 le nombre d'insectes photographiés par l'auteur et deux collègues, Claude Simard et Christian Guay, ce qui donne un grand total de plus de 2000 photos couleurs. La maison d'édition garantit que toutes les bibittes présentes dans ce livre n'en sortiront pas... Un système de couleurs permet d'identifier les ordres des différents insectes, ce qui n'est pas évident pour les néophytes qui n'ont pas absorbé tous ces concepts. Mais comme guide de terrain, cette réédition demeure intéressante, d'autant plus que son prix (29,95 $) est raisonnable: en effet, nos insectes se retrouvent sur du papier imprimé en... Malaisie.






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  • Michelle Bergeron
    Abonné
    vendredi 30 mars 2007 01h17
    Il faudrait des accomodements raisonnables
    « Pour une roulotte temporaire ce n'est pas raisonnable. Par contre un règlement mur à mur devient presque une dictature.
    Quand vous avez un terrain et que votre voisin vous prive du soleil, ou que les arbres retiennent la pollution ceci devrait être une bonne raison pour éliminer un arbre. Mais lorsque votre ville a un règlement et que l'arbre passe avant votre santé ou bien être? Mais de grâce peut t'on règlementer dans des viles pour avoir des arbres plus petits. Ton choix n'est pas nécessairement celui du voisin. »

  • Cécile C DUBUC
    Abonnée
    vendredi 30 mars 2007 01h29
    La cause des arbres en zone habitée
    « Un gouvernement fragile, forcé de tenir compte de points de vue autre que le sien, serait-ce un bon contexte pour qu'avance la cause des arbres, en particulier les arbres en zone habitée ??
    Moi, je descendrais ds la rue pour sauver les arbres .
    CC Dubuc, Québec »

  • gilbert dupuis
    Inscrit
    vendredi 30 mars 2007 06h34
    Tristesse et prévention
    « Oui, cela méritait d'être souligné. On sort indigné de cette inconscience ou légèreté. Le rapport à la nature est-il adéquatement enseigné dans les écoles? Vu où nous en sommes, ce devrait l'être de façon plus importante ou différente que jusqu'ici, non?

    Gilbert Dupuis
    Rimouski »

  • BERTRAND LEGER
    Inscrit
    vendredi 30 mars 2007 07h38
    Il faudrait un règlement sévère
    « En Répuplique Dominicaine, si vous abattez un arbre sans un permis spécial, vous êtes condamné à en replanter 50! La ville de Montréal aurait grandement besoin de ce genre de règlement! »

  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 30 mars 2007 08h32
    on habite en ville
    « Avant il y avait la nature, vierge avec des arbres pis des ours . On a fonde une ville sur une ile (quelle idee stupide) puis une certaine organisation sociale qui nous a permis de fonder une ville mais pour cela il fallait defricher et tasser un certain nombre d erritans comme les indiens par exemple. Sieur de Maisonneuve n a-t-il pas montre la voie en disant qu on eliminerait chaque indien cache derriere chaque arbre ou quelque chose du genre? Bientot on pourra plus deplacer une roche parce qu elle est tres vieille¡ Si on veut voir des arbres, on va a ls campagne, dans les regions comme ils disent. Le developpement durable c est un nouveau power trip »

  • Sylvain Basque
    Abonné
    vendredi 30 mars 2007 09h25
    Dégoûté
    « L'an passé, un fonctionnaire m'a refusé catégoriquement le permis pour abattre un énorme érable argenté qui dévore littéralement mon petit terrain de ville et m'a même menacé d'une amende de 700$ si je passais outre. Pourtant je lui ai bien expliqué que je voulais remplacer cet arbre par un autre de dimensions plus modeste.

    Et aujourd'hui, un promoteur fait abattre un arbre de valeur sur un terrain public pour vendre ses condos. Cela me rappelle une chanson de Raymond Lévesque dont le titre est: Les Porcs... »

  • Jean Thouin
    Abonné
    vendredi 30 mars 2007 09h34
    Bravo !
    « N'hésitez jamais lorsqu'il s'agit de la cause des arbres. Les promoteurs nous fait miroiter des boisés quand ce ne sont finalement que des petits "fouets". Ce sont aussi des mentalités comme celle de Mme Bergeron qui font en sorte qu'il y a destruction du patrimoine... »

  • Jacques Léger
    Inscrit
    vendredi 30 mars 2007 09h39
    CITOYENS AUX AGUETS
    « Chaque fois qu'une compagnie d'émondage et d'abattage se pointe près de notre demeure ou dans nos ruelles et nos rues ou sur un terrain privé, tous les citoyens concernés devraient poser de sérieuses questions à ceux qui les ont fait venir et à ceux qui font le travail. S'il y a quelques doutes sur les raisons d'un tel "trimage" ou de l'abattage lui-même, tout citoyen doit faire rapport aux responsables du conseil d'arrondissement et demander une enquête. Pourquoi pas aussi un citoyen responsable de la qualité de la végétation sur chacune de nos sections de rue. »

  • Jean Thouin
    Abonné
    vendredi 30 mars 2007 09h45
    Bravo !
    « N'hésitez jamais lorsqu'il s'agit de la cause des arbres. Les promoteurs nous fait miroiter des boisés quand ce ne sont finalement que des petits "fouets". Ce sont aussi des mentalités comme celle de Mme Bergeron qui font en sorte qu'il y a destruction du patrimoine...

    par Raphaëlle Contant »

  • Jean-Pierre Carignan
    Abonné
    vendredi 30 mars 2007 09h52
    Coupe sélective !
    « Un tout petit commentaire : Il faut avoir vu le résultat net d'une coupe sélective pour pleinement réaliser l'euphémisme.
    Lorsque l'on pratique une coupe sélective, il y a récolte de 40% des tiges de plus de 10cm de diamètre. Ce genre d'opération laisse quelques arbres ça et là dont la plupart trouveront la mort après quelques années par le vent, la sécheresse et l'insolation. Pour préserver les payages et parler sérieusement de pratiques forestières durables, il faudrait plutôt prôner la coupe de jardinage qui consiste à récolter un par un les arbres atteints de maladie ou trop vieux. Problême ! Ce genre d'opération ne convient pas à l'industrie et aurait pour effet de créer une multitude d'emplois durables au détriment des manufacturiers de débusqueuses géantes. »

  • réal rodrigue
    Inscrit
    vendredi 30 mars 2007 09h57
    Ces arbres qu'on abat
    « Merci Louis-Gilles pour votre courage à dénoncer la bêtise qui touche notre milieu de vie, et l'expression de votre belle sensibilité aux merveilles de la nature. Il y a tellement d'incultes que c'en est décourageant !
    Je vous signale qu'on vient d'abattre des arbres tout à fait magnifiques pour construire de nouveaux condos sur la rue Sherbrooke, près de Bullion. Le promoteur du Montmartre a pris soin, il est vrai, d'en laisser quelques-uns pour sauver les apparences. La laideur progresse à une allure vertigineuse.

    Réal Rodrigue »

  • Hubert Lavigne
    Inscrit
    vendredi 30 mars 2007 10h15
    C'est scandaleux, mais cela semble la norme!!!
    « Vous avez raison de soulever ce problème M. Francoeur; la ville de Montréal dépense des centaines de milliers de dollars pour les arbres mais fait très peu pour les protéger; j'ai vu avec stupeur l'an dernier, les préposés au déneigement qui fonçaient à toute allure avec leurs équipements sur les petits arbres plantés ces dernières années sur la rue Sherbrooke et la rue Crescent; on aurait dit qu'il le faisait exprès pour les endommager ou les briser. Ce sont aussi les mêmes personnes qui ont tout démoli avec leurs équipements, les jolis bancs qu'on venait d'installersur les mêmes rues; il y a un laisser-aller inexcusable.
    Et ce n'est pas qu'à Montréal qu'il y a des problèmes; je viens d'une jolie région dans les Cantons de l'Est et malgré, les règlements, on coupe à qui mnieux mieux sous prétexte de "développement"; on dénude les rives pour mieux voir les lacs!!! sous prétexte "d'assainissement", on coupe ce qui nous plaît sans que les municipalités n'interviennent; même les règlements existants en matières d'exploitation forestière ou agricolte, laissent la voie à toute sortes d'abus qui favorisent l'érosion des sols et la pollution des lacs. Qu'il suffise de mentionner le règlement qui permet depuis peu, de couper la végétation jusqu'à 3 mètres des ruisseaux pour épandres des engrais (souvent des lisiers, ou celui qui permet de couper 50% des arbres pour des fins d'exploitation forestière, quelque soit la proximité des cours d'eau.
    On veut une "vue", on veut "développer" et on est prêt a`tout et nos administrations ferment les yeux bêtement.
    Oui, il nous faut une politique de l'arbre; oui, il nous faut descendre dans la rue si nécessaire, parce que même les règlements existants ne sont pas respectés la plupart du temps.
    Hubert Lavigne »

  • Hugues Boily
    Inscrit
    vendredi 30 mars 2007 10h23
    Les beaux stationnements
    « Totalement d'accord avec vous, sauf lorsque vous écrivez:

    <i>Aux deux extrémités du plus beau stationnement de la Ville -- on devrait exiger que tous les autres stationnements, privés ou publics, soient aménagés sur ce modèle!</i>

    ...je passe (à pied) devant ce stationnement tous les jours, et je ne m'explique pas que ce ne soit pas encore un square; ces trente places de stationnement devrait être un espace vert dans un environnement ou il en manque cruellement. »

  • lise jacques
    Abonnée
    vendredi 30 mars 2007 11h26
    Merci de nous informer
    « Il est assez ironique de constater que la Ville de Montréal qui dévoilait cette semaine son plan de «développement durable», imprimé en belles couleurs, pendant que ses fonctionnaires autorisent des abattages iniques dans un aménagement paysager conçu et réalisé à grands frais par les contribuables pour honorer le don d'un pays ami " est tout simplement le reflet de ce que nos autorités municipales, ou gouvernementales ont l'habitude de faire. Écrire de beaux messages sur papier mais quand on regarde les faits , on y voit malheureusement le contraire.

    Il s'agit donc d'un bel exemple qui illustre l'engagement réel de nos dirigeants face à l'environnement... Peut-on espérer qu'ils soient conscients de la valeur d'un arbre, alors que la nature est attaquée de plein fouet; foret boréale coupée à blanc, rivières arnaquées pour la production hydroélectrique, au lieu de produire de l'énergie éolienne, cours d'eau et nappes phréatiques pollués par les mégas-porcheries qui ne cessent d'augmenter depuis que monsieur Lucien Bouchard a donné le feu vert à la fin des années 90. Il n'y a pas à être fier d'etre québécois! »

  • Louis Desaulniers
    Abonné
    vendredi 30 mars 2007 11h35
    Merci!
    « Quel beau texte! Le sujet est poignant, la réalité désespérante. Mais enfin, à vous lire, je m'en trouve rassénérée. Je ne suis pas la seule à pleurer comme Idéfix. Merci, M. Francoeur pour votre courage journalistique.

    Dominique Alexis »

  • Gilles McMillan
    Abonné
    vendredi 30 mars 2007 11h42
    «Gestion en silos» vs développement durable
    « «Gestion en silos» et écologie ou développement durable sont en position antinomique. Et c'est le monde entier qui fonctionne sur cette opposition!! IL n'y a que l'ironie pour bien la mettre en évidence : le beau livre dont parle l'auteur sur les insectes est imprimé en Malaisie... Pas très écolo, comme pratique. Et que dire de cette page même du Devoir dans laquelle j'écris mon commentaire, qui présente la publicité de e-Bay!! Je pourrais quasiment faire toutes mes emplettes en Malaisie ou à Shangaï par eBay!! Imaginez le déficit écologique global (environnemental, économique, culturel, humain) d'une telle pratique commerciale. Avec bien sûr l'illusion individuelle de faire une sacrée bonne affaire ($$$). Dans ce contexte où la plus petite transaction commerciale peut s'effectuer d'un bout à l'autre de la planète, le discours écologique apparaît comme une nécessité certes, mais de plus en plus comme de la poudre aux yeux, de la rhétorique dont se parent les administrations publiques pour avoir l'air cool ou donner l'impression d'être politiquement ou moralement correct. Ce magnifique pommetier décoratif apparemment offert par Shangaï à la Ville de Mtl et que vient d'abattre l'administration municipale pour le bébéfice d'un promoteur du centre-ville devrait servir de symbole à cette fable absurde. »

  • Pierre LaFrance
    Inscrit
    vendredi 30 mars 2007 13h25
    Montréal ville de bitume
    « J'ai vécu en Angleterre à deux reprises et à mon retour apres 3 ans la premiére fois j'ai été frappé pas la largeur inutile des rues et la folie du bitume de cette ville. Pourtant Londres n'est pas la ville la plus verte mais elle a une dimension plus humaine. En fais je crois que c'est un problème nord américain, mais pour ce qui est du Québec on fonctionne encore avec cette mentalité de défricheur. On met ça propre, on coupe les arbres et on asphalte le tout. Faites le tour des ruelle de Montréal pour voir.... C'est une question d'éducation et de mentalité. La beauté est rarement prioritaire. »

  • Gaetan Saint-Pierre
    Abonné
    vendredi 30 mars 2007 13h44
    Humanisation de l'environnement
    « Il est acquis depuis des lunes que l'être humain façonne l'environnement en fonction de ses besoins et des perceptions qu'il a de l'environnement dans lequel il veut vivre.
    Notre système économique fait en sorte que ce qui est naturel n'a pas de valeur et que la priorité va aux développements. Un arbre ou un espace vert n'ont aucune valeur devant un promoteur ou un fonctionnaire quant il est temps de faire place à un développement. Tout espace est au service du développement.

    Ce n'est pas pour rien que nos villes ont de si grandes carences en espaces verts et en milieux naturels pour nous permettre de nous resourcer. Ce n'est pas payant ou taxable.

    Il faudra bien un jour que quelqu'un le réalise et qu'il fasse de l'intégration de la nature dans notre environnement humain une réalité.

    Vous avez un doute? Sortez prendre une petite marche ou une randonnée à vélo et cherchez la nature. Vous verrez qu'elle se fait de plus en plus rare. »

  • Jean Laflamme
    Abonné
    vendredi 30 mars 2007 17h10
    Les milieux boisés disparraisent aussi en périphérie
    « la perte d'un arbre est parfois dramatique, mais la perte des milieux boisés à Montréal et en périphérie l'est davantage. Pour être protégés ces milieux doivent être des milieux humides et avoir une certaine dimension, et encore... Les boisés sont plus que des arbres, ils sont des habitats pour la faune. Leur morcellement les ramènent au statut d'arbres, beaux à regarder mais inadéquats comme habitats pour la faune. Les arbres attirent les gens à la banlieue par leur beauté, mais les banlieusards leur enlèvent rapidement leur rôle naturel pour avoir du soleil dans la piscine. Et peu plus loin des banlieues, les terres agricoles ont la priorité sur les boisés, pour étendre du purin ou cultiver le maïs pour produire de l'éthanol. Vite une politique des boisés et aussi des arbres regroupés ou non!

    Jean N Laflamme, Saint-Bruno-de-Montarville
    jean.nlaflamme@videotron.ca »

  • Frédéric Tremblay
    Abonné
    vendredi 30 mars 2007 21h29
    Pétition
    « J'aimerais considérer votre article comme une pétition, à laquelle j'ajoute ici ma signature. »

  • François Touchette
    Abonné
    mercredi 4 avril 2007 14h25
    Il y a une erreur dans votre texte!
    « Effectivement la ville coupe les arbres sans les remplacer pour toutes sortes de raison. La pire de celles-ci étant que quelqu'un se plaint que cela fait de l'ombre sur son terrain. Par contre, je dois dire que votre texte demande un rectificatif car la ville de Montréal a bel et bien une politique de l'arbre depuis novembre 2005. »

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