Sommet de Johannesburg - Mugabe se pose en champion de la terre et des pays du Sud
3 septembre 2002
Développement durable
Johannesburg — Le président zimbabwéen Robert Mugabe s'est posé hier au sommet de la Terre en champion des pays du Sud contre «l'ingérence» du Nord, Grande-Bretagne en tête, en affirmant que le développement durable n'est rien sans la terre, au coeur même de sa politique.
Dans un discours virulent qui n'a épargné ni le premier ministre britannique Tony Blair, ni l'Occident, ni même l'ONU, M. Mugabe a fait le procès de la «trahison» des engagements de Rio (1992), de la «mauvaise gouvernance mondiale», et de «l'objectif d'exploitation» qui reste celui du Nord, contre lequel le Zimbabwe se dresse.
Entamé avec le président namibien Sam Nujoma, qui hier matin appelait à une «levée immédiate des sanctions» contre Harare, le glissement du Zimbabwe sur le devant de la scène du sommet s'est poursuivi dans la journée avec un duel à distance entre Mugabe et Tony Blair. Au dehors du centre de conférences de Sandton, quelques centaines de manifestants, dont des sympathisants de l'opposition libérale sud-africaine, réclamaient aux autorités sud-africaines «Arrêtez Mugabe!», demandant «s'il y a des fermes à voler en enfer, car c'est là qu'il [Mugabe] va».
La présence controversée à Johannesburg de Robert Mugabe, frappé de sanctions ciblées (visas, avoirs) et suspendu du Commonwealth, a poussé l'Afrique du Sud à se justifier à maintes reprises ces derniers jours, martelant que le sommet était une réunion internationale de l'ONU.
À cette tribune, M. Mugabe a consacré l'essentiel de son discours à rejeter les «intimidations du Nord, sous couvert de bonne gouvernance et de démocratie» et les institutions internationales «détournées pour servir les intérêts stratégiques du Nord», critiquant notamment l'ONU «qui reste non réformée et non démocratique».
«Nous au Zimbabwe, comprenons trop bien que le développement durable n'est pas possible sans réforme agraire et [...] dans notre cas, que la terre vient en premier, avant tout le reste, et que tout provient et dérive de la terre», a-t-il lancé aux chefs d'État et de gouvernement.
«Que personne n'interfère avec nos processus, que personne n'essaie de faire dérailler ce que nous essayons de faire pour nous mêmes afin d'unir l'Afrique», a dit M. Mugabe, ajoutant: «nous avons conquis notre indépendance et sommes prêts à verser notre sang [...] pour la protéger».
À Harare, Amnesty International dénonçait hier le harcèlement croissant des opposants au pouvoir, dans un communiqué publié après l'arrestation d'une militante des droits de l'Homme, un attentat contre une radio indépendante, et des agressions contre des magistrats. Sanctions et condamnations du régime de Harare se sont multipliées pendant et après l'élection présidentielle de mars, et après une réforme agraire brutale marquée par l'expulsion de fermiers blancs.
Dans un discours virulent qui n'a épargné ni le premier ministre britannique Tony Blair, ni l'Occident, ni même l'ONU, M. Mugabe a fait le procès de la «trahison» des engagements de Rio (1992), de la «mauvaise gouvernance mondiale», et de «l'objectif d'exploitation» qui reste celui du Nord, contre lequel le Zimbabwe se dresse.
Entamé avec le président namibien Sam Nujoma, qui hier matin appelait à une «levée immédiate des sanctions» contre Harare, le glissement du Zimbabwe sur le devant de la scène du sommet s'est poursuivi dans la journée avec un duel à distance entre Mugabe et Tony Blair. Au dehors du centre de conférences de Sandton, quelques centaines de manifestants, dont des sympathisants de l'opposition libérale sud-africaine, réclamaient aux autorités sud-africaines «Arrêtez Mugabe!», demandant «s'il y a des fermes à voler en enfer, car c'est là qu'il [Mugabe] va».
La présence controversée à Johannesburg de Robert Mugabe, frappé de sanctions ciblées (visas, avoirs) et suspendu du Commonwealth, a poussé l'Afrique du Sud à se justifier à maintes reprises ces derniers jours, martelant que le sommet était une réunion internationale de l'ONU.
À cette tribune, M. Mugabe a consacré l'essentiel de son discours à rejeter les «intimidations du Nord, sous couvert de bonne gouvernance et de démocratie» et les institutions internationales «détournées pour servir les intérêts stratégiques du Nord», critiquant notamment l'ONU «qui reste non réformée et non démocratique».
«Nous au Zimbabwe, comprenons trop bien que le développement durable n'est pas possible sans réforme agraire et [...] dans notre cas, que la terre vient en premier, avant tout le reste, et que tout provient et dérive de la terre», a-t-il lancé aux chefs d'État et de gouvernement.
«Que personne n'interfère avec nos processus, que personne n'essaie de faire dérailler ce que nous essayons de faire pour nous mêmes afin d'unir l'Afrique», a dit M. Mugabe, ajoutant: «nous avons conquis notre indépendance et sommes prêts à verser notre sang [...] pour la protéger».
À Harare, Amnesty International dénonçait hier le harcèlement croissant des opposants au pouvoir, dans un communiqué publié après l'arrestation d'une militante des droits de l'Homme, un attentat contre une radio indépendante, et des agressions contre des magistrats. Sanctions et condamnations du régime de Harare se sont multipliées pendant et après l'élection présidentielle de mars, et après une réforme agraire brutale marquée par l'expulsion de fermiers blancs.
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