Entrevue avec Jean-François Simard - Québec gardera Ottawa à l'oeil
Québec se promet de garder Ottawa à l'oeil tout le long du Sommet de Johannesburg.
«On veut s'assurer que les positions canadiennes seront les plus compatibles possible avec les intérêts du Québec», a expliqué en entrevue au Devoir le ministre délégué à l'Environnement et à l'Eau, Jean-François Simard, qui dirige la délégation de cinq personnes envoyée par le Québec au Sommet mondial sur le développement durable en Afrique du Sud. Il cite comme exemples la ratification de l'accord de Kyoto ou l'incorporation de l'hydroélectricité dans la liste des sources d'énergie renouvelable sur lesquels les deux gouvernements s'entendent en principe mais où le fédéral pourrait être tenté de jeter du lest à un moment critique de la négociation.
«Le Québec a toujours été présent dans ce genre d'activité internationale, tout particulièrement en matière d'environnement, poursuit le ministre. Le Québec était présent à Rio il y a dix ans. Depuis, le Québec est devenu un membre très actif de la Commission sur le développement durable. Il faut se souvenir qu'en 1987, c'est le Québec qui a payé la traduction, la publication et la diffusion du fameux Rapport Brundtland qui définissait pour la première fois ce que l'on entend aujourd'hui par développement durable.»
Un Rapport du Québec sur le développement durable a été rendu public quelques jours avant l'ouverture du sommet. Le gouvernement s'y félicitait notamment d'avoir signé sa «Paix des braves» avec les Cris. Il évoquait également ses initiatives en matière de lutte à la pauvreté et de réorganisation municipale comme autant de mesures répondant aux objectifs de Rio.
«On est la seule province canadienne à avoir fait l'effort de produire ce bilan, déclare le ministre Simard. Lorsque l'on fait référence au développement durable, on ne fait pas référence uniquement à la durabilité écologique. On fait également référence aux dimensions de l'équité sociale et du développement économique.» En environnement, il estime que le Québec a réalisé certains progrès en dix ans en ce qui concerne les pluies acides, la protection de la forêt et l'établissement d'aires protégées. Du chemin reste à faire, reconnaît-il, en matière de pollution agricole, de recyclage ou d'OGM mais aussi sur des enjeux sociaux comme la réduction du taux de suicide.
Quant à la ratification de l'accord de Kyoto, «la balle est dans le camp d'Ottawa là-dessus. Ils ne peuvent pas se cacher dans les jupons des provinces pour ne pas vouloir ratifier l'accord», estime-t-il. «Si le Québec avait été souverain, je peux vous dire qu'il y aurait à l'heure actuelle un pays en Amérique qui aurait ratifié Kyoto et c'est le Québec.»
«On veut s'assurer que les positions canadiennes seront les plus compatibles possible avec les intérêts du Québec», a expliqué en entrevue au Devoir le ministre délégué à l'Environnement et à l'Eau, Jean-François Simard, qui dirige la délégation de cinq personnes envoyée par le Québec au Sommet mondial sur le développement durable en Afrique du Sud. Il cite comme exemples la ratification de l'accord de Kyoto ou l'incorporation de l'hydroélectricité dans la liste des sources d'énergie renouvelable sur lesquels les deux gouvernements s'entendent en principe mais où le fédéral pourrait être tenté de jeter du lest à un moment critique de la négociation.
«Le Québec a toujours été présent dans ce genre d'activité internationale, tout particulièrement en matière d'environnement, poursuit le ministre. Le Québec était présent à Rio il y a dix ans. Depuis, le Québec est devenu un membre très actif de la Commission sur le développement durable. Il faut se souvenir qu'en 1987, c'est le Québec qui a payé la traduction, la publication et la diffusion du fameux Rapport Brundtland qui définissait pour la première fois ce que l'on entend aujourd'hui par développement durable.»
Un Rapport du Québec sur le développement durable a été rendu public quelques jours avant l'ouverture du sommet. Le gouvernement s'y félicitait notamment d'avoir signé sa «Paix des braves» avec les Cris. Il évoquait également ses initiatives en matière de lutte à la pauvreté et de réorganisation municipale comme autant de mesures répondant aux objectifs de Rio.
«On est la seule province canadienne à avoir fait l'effort de produire ce bilan, déclare le ministre Simard. Lorsque l'on fait référence au développement durable, on ne fait pas référence uniquement à la durabilité écologique. On fait également référence aux dimensions de l'équité sociale et du développement économique.» En environnement, il estime que le Québec a réalisé certains progrès en dix ans en ce qui concerne les pluies acides, la protection de la forêt et l'établissement d'aires protégées. Du chemin reste à faire, reconnaît-il, en matière de pollution agricole, de recyclage ou d'OGM mais aussi sur des enjeux sociaux comme la réduction du taux de suicide.
Quant à la ratification de l'accord de Kyoto, «la balle est dans le camp d'Ottawa là-dessus. Ils ne peuvent pas se cacher dans les jupons des provinces pour ne pas vouloir ratifier l'accord», estime-t-il. «Si le Québec avait été souverain, je peux vous dire qu'il y aurait à l'heure actuelle un pays en Amérique qui aurait ratifié Kyoto et c'est le Québec.»
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