Copenhague - Attendons le plan !
En théorie, la décision du gouvernement Charest de fixer à 20 % d'ici 2020 la réduction des gaz à effet de serre (GES) par rapport au niveau de 1990 apparaît ambitieuse. En pratique, il faudra voir si les sacrifices demandés pour atteindre la cible seront répartis de façon équitable entre tous.
Le 7 décembre prochain se tiendra à Copenhague la grande messe de l'ONU pour en arriver à une entente qui remplacera le protocole de Kyoto après 2012. À deux semaines des travaux, le pessimisme règne parmi les observateurs, qui doutent de la capacité des pays riches à s'entendre avec les pays en développement. Même à l'intérieur du club des riches, l'unanimité est loin d'être acquise. Alors que l'Union européenne pousse pour l'adoption d'objectifs ambitieux, d'autres sont très réticents, dont le Canada, qui n'a rien fait pour respecter sa signature au bas du traité de Kyoto et qui refuse d'envisager une réduction plus sérieuse que le ridicule -3 % déjà sur la table.
De son côté, le Québec se présente avec un bilan enviable et un plan ambitieux. Étant déjà performant dans le secteur de la production d'électricité, il ne peut cependant pas envisager de réaliser des gains faciles en fermant simplement des usines au charbon ou au mazout, comme l'Ontario et le Nouveau-Brunswick. Pour atteindre notre objectif à l'horizon de 2020, il nous faudra investir beaucoup d'argent et exiger des efforts de tous.
Selon les calculs du ministère du Développement durable, il faudra, par exemple, hausser la taxe sur le carburant de quelque 12 ¢ le litre d'ici 2020 et mettre sur pied un mécanisme d'échange des droits de polluer. Cela permettrait de dégager les 15 milliards nécessaires pour investir dans l'efficacité énergétique, les infrastructures et les technologies vertes. Il s'agira d'une politique neutre sur le plan fiscal, c'est-à-dire que l'argent prélevé devra être réinvesti dans le programme, a promis M. Charest. Mais dans un contexte de déficit budgétaire, il sera tentant de puiser dans la cagnotte...
Pour le moment, on ne connaît pas les détails du plan que Québec entend adopter. Ce que l'on sait provient d'un document de consultation publié le mois dernier, dans lequel on ne précise pas les proportions selon lesquelles les efforts seront répartis entre les acteurs économiques. On parle d'inciter les ménages, les commerces et les institutions à remplacer le mazout par l'électricité pour chauffer les locaux. Fort bien, mais comment concilier cela avec une hausse importante des tarifs d'électricité comme il en a été question récemment? En matière de transports, première source d'émissions de GES au Québec, jusqu'à quel point ce gouvernement est-il prêt à s'attaquer à la technique d'approvisionnement «juste à temps» qui transforme les camions en lieux d'entreposage roulant pour les marchandises?
Toujours en matière de transports, on veut augmenter les taxes sur l'essence, mais pourquoi ne pas commencer par faire appliquer la limite de 100 km/h sur les routes et réduire à 90 km/h celle des poids lourds, un moyen simple de diminuer la consommation de carburant d'au moins 10 % tout en sauvant des dizaines de vies chaque année?
Tout le monde sera appelé à participer, affirme le gouvernement, mais quand il est question de fiscalité, certains sont toujours plus sollicités que d'autres, n'est-ce pas?
À Copenhague, le gouvernement du Québec ne sera qu'un parmi plusieurs au sein de la délégation canadienne, qui est perçue comme l'une des plus rétrogrades de la planète. Osons au moins profiter de la situation pour mousser la réputation du Québec auprès de pays, dont ceux d'Europe, avec lesquels nous souhaitons améliorer nos relations commerciales.
Le 7 décembre prochain se tiendra à Copenhague la grande messe de l'ONU pour en arriver à une entente qui remplacera le protocole de Kyoto après 2012. À deux semaines des travaux, le pessimisme règne parmi les observateurs, qui doutent de la capacité des pays riches à s'entendre avec les pays en développement. Même à l'intérieur du club des riches, l'unanimité est loin d'être acquise. Alors que l'Union européenne pousse pour l'adoption d'objectifs ambitieux, d'autres sont très réticents, dont le Canada, qui n'a rien fait pour respecter sa signature au bas du traité de Kyoto et qui refuse d'envisager une réduction plus sérieuse que le ridicule -3 % déjà sur la table.
De son côté, le Québec se présente avec un bilan enviable et un plan ambitieux. Étant déjà performant dans le secteur de la production d'électricité, il ne peut cependant pas envisager de réaliser des gains faciles en fermant simplement des usines au charbon ou au mazout, comme l'Ontario et le Nouveau-Brunswick. Pour atteindre notre objectif à l'horizon de 2020, il nous faudra investir beaucoup d'argent et exiger des efforts de tous.
Selon les calculs du ministère du Développement durable, il faudra, par exemple, hausser la taxe sur le carburant de quelque 12 ¢ le litre d'ici 2020 et mettre sur pied un mécanisme d'échange des droits de polluer. Cela permettrait de dégager les 15 milliards nécessaires pour investir dans l'efficacité énergétique, les infrastructures et les technologies vertes. Il s'agira d'une politique neutre sur le plan fiscal, c'est-à-dire que l'argent prélevé devra être réinvesti dans le programme, a promis M. Charest. Mais dans un contexte de déficit budgétaire, il sera tentant de puiser dans la cagnotte...
Pour le moment, on ne connaît pas les détails du plan que Québec entend adopter. Ce que l'on sait provient d'un document de consultation publié le mois dernier, dans lequel on ne précise pas les proportions selon lesquelles les efforts seront répartis entre les acteurs économiques. On parle d'inciter les ménages, les commerces et les institutions à remplacer le mazout par l'électricité pour chauffer les locaux. Fort bien, mais comment concilier cela avec une hausse importante des tarifs d'électricité comme il en a été question récemment? En matière de transports, première source d'émissions de GES au Québec, jusqu'à quel point ce gouvernement est-il prêt à s'attaquer à la technique d'approvisionnement «juste à temps» qui transforme les camions en lieux d'entreposage roulant pour les marchandises?
Toujours en matière de transports, on veut augmenter les taxes sur l'essence, mais pourquoi ne pas commencer par faire appliquer la limite de 100 km/h sur les routes et réduire à 90 km/h celle des poids lourds, un moyen simple de diminuer la consommation de carburant d'au moins 10 % tout en sauvant des dizaines de vies chaque année?
Tout le monde sera appelé à participer, affirme le gouvernement, mais quand il est question de fiscalité, certains sont toujours plus sollicités que d'autres, n'est-ce pas?
À Copenhague, le gouvernement du Québec ne sera qu'un parmi plusieurs au sein de la délégation canadienne, qui est perçue comme l'une des plus rétrogrades de la planète. Osons au moins profiter de la situation pour mousser la réputation du Québec auprès de pays, dont ceux d'Europe, avec lesquels nous souhaitons améliorer nos relations commerciales.
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