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Copenhague - Attendons le plan !

Jean-Robert Sansfaçon   25 novembre 2009  Climat
En théorie, la décision du gouvernement Charest de fixer à 20 % d'ici 2020 la réduction des gaz à effet de serre (GES) par rapport au niveau de 1990 apparaît ambitieuse. En pratique, il faudra voir si les sacrifices demandés pour atteindre la cible seront répartis de façon équitable entre tous.

Le 7 décembre prochain se tiendra à Copenhague la grande messe de l'ONU pour en arriver à une entente qui remplacera le protocole de Kyoto après 2012. À deux semaines des travaux, le pessimisme règne parmi les observateurs, qui doutent de la capacité des pays riches à s'entendre avec les pays en développement. Même à l'intérieur du club des riches, l'unanimité est loin d'être acquise. Alors que l'Union européenne pousse pour l'adoption d'objectifs ambitieux, d'autres sont très réticents, dont le Canada, qui n'a rien fait pour respecter sa signature au bas du traité de Kyoto et qui refuse d'envisager une réduction plus sérieuse que le ridicule -3 % déjà sur la table.

De son côté, le Québec se présente avec un bilan enviable et un plan ambitieux. Étant déjà performant dans le secteur de la production d'électricité, il ne peut cependant pas envisager de réaliser des gains faciles en fermant simplement des usines au charbon ou au mazout, comme l'Ontario et le Nouveau-Brunswick. Pour atteindre notre objectif à l'horizon de 2020, il nous faudra investir beaucoup d'argent et exiger des efforts de tous.

Selon les calculs du ministère du Développement durable, il faudra, par exemple, hausser la taxe sur le carburant de quelque 12 ¢ le litre d'ici 2020 et mettre sur pied un mécanisme d'échange des droits de polluer. Cela permettrait de dégager les 15 milliards nécessaires pour investir dans l'efficacité énergétique, les infrastructures et les technologies vertes. Il s'agira d'une politique neutre sur le plan fiscal, c'est-à-dire que l'argent prélevé devra être réinvesti dans le programme, a promis M. Charest. Mais dans un contexte de déficit budgétaire, il sera tentant de puiser dans la cagnotte...

Pour le moment, on ne connaît pas les détails du plan que Québec entend adopter. Ce que l'on sait provient d'un document de consultation publié le mois dernier, dans lequel on ne précise pas les proportions selon lesquelles les efforts seront répartis entre les acteurs économiques. On parle d'inciter les ménages, les commerces et les institutions à remplacer le mazout par l'électricité pour chauffer les locaux. Fort bien, mais comment concilier cela avec une hausse importante des tarifs d'électricité comme il en a été question récemment? En matière de transports, première source d'émissions de GES au Québec, jusqu'à quel point ce gouvernement est-il prêt à s'attaquer à la technique d'approvisionnement «juste à temps» qui transforme les camions en lieux d'entreposage roulant pour les marchandises?

Toujours en matière de transports, on veut augmenter les taxes sur l'essence, mais pourquoi ne pas commencer par faire appliquer la limite de 100 km/h sur les routes et réduire à 90 km/h celle des poids lourds, un moyen simple de diminuer la consommation de carburant d'au moins 10 % tout en sauvant des dizaines de vies chaque année?

Tout le monde sera appelé à participer, affirme le gouvernement, mais quand il est question de fiscalité, certains sont toujours plus sollicités que d'autres, n'est-ce pas?

À Copenhague, le gouvernement du Québec ne sera qu'un parmi plusieurs au sein de la délégation canadienne, qui est perçue comme l'une des plus rétrogrades de la planète. Osons au moins profiter de la situation pour mousser la réputation du Québec auprès de pays, dont ceux d'Europe, avec lesquels nous souhaitons améliorer nos relations commerciales.






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  • Dominic Pageau
    Abonné
    mercredi 25 novembre 2009 03h14
    L'industrie verte est déjà plus grosse que celle de la défense

    Mais il faut croire que ce n'est pas assez rapide comme croissance, il lui faut un coup de pouce du gouvernement et une hausse du prix de l'énergie, question de rendre leur énergie plus attrayante. Quoi de mieux qu'un marché d'échange de quotas de gaz carbonique pour les financiers?

    12 cents de plus le litre d'essence? On peut être certain que tout va coûter plus cher, même pour ceux qui n'utilisent pas de voiture, car tout ce qu'ils mangent ou consomment est transporté et la production a nécessité de l'énergie. Les pauvres vont être les plus affectés, car cette hausse va représenter un plus gros pourcentage de leur salaire. Pour les riches, ça va être des peanuts.

    Et tout ça pourquoi? Pour limiter ou arrêter le réchauffement climatique? Balivernes, ces changements ne sont pas nouveaux et ceux(les scientifiques) qui prétendent le contraire, ont été pris la main dans le sac à mentir, à faire des pressions pour que les études contredisant les leurs ne soient pas publié, en contrôlant la révision par les pairs des études portant sur le climat, en retirant des études du rapport du GIEC, en supprimant des données, etc etc etc.

    Tout ça tiré de courriels envoyé par ces scientifiques et qui ont été rendu public par un hacker, mais dont l'authenticité ne fait pas de doutes.

    On peut les lires avec un résumé en français ici

    http://skyfal.free.fr/?p=422

  • André Pelchat
    Inscrit
    mercredi 25 novembre 2009 13h48
    Vous souvenez-vous duprojet "Blue Book" ?
    Dans les années 60, ce groupe d'étude créé par le gouvernement US avait conclu dans son rapport, que les OVNIs n'avaient pas une origine extraterrestre. Malheureusement, des notes retraçants les discussions à l,interne avaient fini par être rendues publiques. Là aussi, les chercheurs discutaient de la façon de faire passer leur message. L'un d'eux avait employé le mot "trick".

    Les soucoupistes se sont rués sur ces notes afin de discréditer le rapport en question. Ils ont fait autant de cas du mot "trick" que les négateurs acutels des changements climatiques.Et on réussi, comme eux, à faire croire aux adeptes de leur secte, qui ignorent ce qu'est un débat sicentifique, que cela démontrait l'existence d'un complot pour cahcer la vérité.

    Pas étonnant que Raël se retrouve dans les deux groupes !

  • Labelle Michel
    Inscrit
    mercredi 25 novembre 2009 13h52
    Balivernes que tout cela!
    Consultez, je vous prie, mes commentaires à l'article publié par votre confrère, Louis-Gilles Francoeur, le 20 novembre :

    http://www.ledevoir.com/societe/science-et-technol

    Pour ceux qui n'ont pas le temps de lire mes commentaires et vérifier les hyperliens, ne retenez qu'une chose : IL N'Y A PAS DE RÉCHAUFFEMENT PLANÉTAIRE.

  • Jean Francois Bissonnette
    Inscrit
    jeudi 26 novembre 2009 00h49
    Juste une question pour ceux qui usent du mot "balivernes"
    OK, admettons que toute cette idée de réchauffement ne soit qu'une gigantesque fumisterie? Qu'y a-t-il de mal selon vous à ce que l'humanité réduise sa dépendance par rapport à tout ce qui est dit, fallacieusement peut-être, causer un "réchauffement"? Autrement dit, pourquoi ça vous énerve tant que ça?

  • Dominic Pageau
    Abonné
    jeudi 26 novembre 2009 11h00
    Monsieur Pelchat
    Informez vous svp au lieu de répéter ce que les médias vous racontent. Il y a plus de 1000 emails, dans ceux-ci on ne fait pas que parler du trick de Nature, on parle de falsification et suppression de données, d'étude retirée du rapport du GIEC, de pression sur des revues de publications scientifiques pour ne pas qu'elles publient des études qui pourraient être contraire à la thèse du réchauffement anthropique etc etc.

    Monsieur Bissonnette, parce que tout va nous couter plus cher, parce que ça va affecter principalement les moins nantis,, mais par contre, ça va remplir les poches des financiers, le marché du carbone est évaluer à plus de 500 milliards en 2020.

  • Labelle Michel
    Inscrit
    jeudi 26 novembre 2009 14h50
    Réplique à Monsieur Bissonnette
    Monsieur Pageau a répondu partiellement à votre question.

    Je me permettrais d'ajouter ici ce que j'ai répondu à Monsieur Bélanger :

    Et lorsque vous devrez payer des taxes de carbone pour vous et chaque membre de votre famille (parce que voyez-vous, l'être humain émet du carbone et nous serons taxés là-dessus) et pour votre chauffage et votre voiture, et lorsqu'il y aura des compteurs d'électricité intelligents comme en Europe qui donneront aux gouvernements la connaissance de vos habitudes de consommation d'énergie, et lorsque des inspecteurs se présenteront chez vous avec droit de perquisition pour vérifier la conformité de vos installations et isolation, vous vous rappellerez j'espère que vous avez laissé cette question en suspens.

    Pour en savoir plus, consultez mes commentaires sur l'article publié par Le Devoir le 20 novembre :

    http://www.ledevoir.com/societe/science-et-technol

  • Jean Francois Bissonnette
    Inscrit
    samedi 28 novembre 2009 17h41
    Réplique à MM. Labelle et Pageau
    1- M. Pageau, ce qui semble vous irriter le plus, c'est surtout tout l'aspect "business" qui se rattache à l'écologie. On dirait que si ce n'était que voeux pieux et vertu désintéressée, ça vous énerverait moins. Or vous n'êtes pas sans savoir que nous vivons dans un régime capitaliste, régime qui a su transformer en marchandise à peu près tout, et dans lequel la seule valeur est celle du profit. C'est un système qui a la formidable capacité à rentabiliser ses propres contradictions. Mettons qu'on l'accuse de pousser à la limite de sa pérennité l'exploitation qu'il fait de la nature, il finit par l'admettre et à transformer cette critique en occasion de profit. Faut-il alors critiquer le business écolo, ou bien la mentalité capitaliste qui l'investit? Si vous adhérez à la logique du marché, je ne vois pas quel serait l'inconvénient à ce que l'écologisme devienne une occasion de profit. Le Québec partirait déjà avec une longueur d'avance sur le marché de l'échange de carbone, et tant qu'à réfléchir avec la courte vue qui caractérise l'esprit du capitalisme, tout effort pour être plus "vert" se traduira en occasion de profit.
    2- Monsieur Labelle, quant à vous, c'est plutôt l'aspect du contrôle social qui semble ne pas vous convenir. Je peux partager votre crainte, car je n'aime pas non plus voir l'État s'ingérer dans la vie privée des citoyens. Mais il est une chose qui est en jeu et qui nous place de fait dans la perspective du pouvoir et de la loi: c'est la question des limites. Les environnementalistes soutiennent ceci, qu'il me semble assez difficile de rejeter, même si l'on taxe de "balivernes" la théorie du réchauffement climatique: notre utilisation de la nature ne s'est jamais préoccupé des limites des écosystèmes, et il se pourrait bien que nous les ayons déjà franchies. Notre façon de vivre ne pourra pas se perpétuer indéfiniment, surtout qu'ils sont nombreux à vouloir en jouir à leur tour. Cela suppose un principe de responsabilité, à la fois collective et individuelle. À moins que vous pensiez, mais ce serait farfelu, que vos comportements n'ont aucun impact sur le monde dans lequel vous vivez, il paraît alors raisonnable de penser qu'il faut limiter cet impact. Comme certains n'accepteront jamais de freiner leur appétit démesuré, il faudra peut-être, et c'est dommage que la politique ait ainsi à suppléer à un manque d'éthique, qu'on leur impose des contrôles. Si vous aimez un peu le monde, vous serez soucieux de son avenir. Et comme le dirait Kant, c'est en s'attachant à la loi que l'on devient vraiment libre.

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