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Le réchauffement du climat semble s'accélérer

L'observatoire Mauna Loa a enregistré une forte hausse de la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère

Le climat de la planète est-il en train de s'emballer? C'est ce qu'on serait porté à croire à la suite de la divulgation de données nouvelles et plutôt alarmantes sur les derniers relevés des concentrations de gaz carbonique (CO2) à l'observatoire de Mauna Loa, à 11 400 pieds d'altitude dans une île hawaïenne du Pacifique par les services gouvernementaux de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) des États-Unis.

C'est le quotidien The Independent, de Grande-Bretagne, qui a révélé hier ces données inédites, selon lesquelles les concentrations de gaz carbonique ont augmenté de 2,2 parties par million (ppm) dans les dix premiers mois de 2005.

Au cours du dernier demi-siècle, plus précisément depuis 1958 alors qu'on commençait à prendre ces mesures à Mauna Loa, site jugé idéal en raison de l'absence de sources industrielles à des milliers de kilomètres, l'augmentation annuelle des concentrations de gaz carbonique dans l'atmosphère s'est située en moyenne autour de 1,3 ppm par an. Dans les années 90, ces concentrations moyennes se sont élevées avec régularité, augmentant de 1,6 ppm par an à 2 ppm en l'an 2002. L'accélération la plus spectaculaire se concentre donc dans les quatre dernières années en même temps qu'elle couvait, pourrait-on dire, depuis une vingtaine d'années.

L'augmentation de 2,2 ppm divulguée hier par The Independent semble confirmer l'accélération du réchauffement climatique que plusieurs scientifiques prévoient depuis cinq ans si la température moyenne du globe en se réchauffant finit par activer la libération de molécules de carbone emprisonnées dans les océans, dans le pergélisol, les marais et les grandes jungles tropicales. La plupart de ces grands écosystèmes ont historiquement agi comme «puits» ou capteurs du carbone atmosphériques au point d'en emprisonner des milliards de tonnes. L'intensification du réchauffement climatique pourrait inverser cette tendance et transformer ces capteurs de gaz à effet de serre en des sources majeures s'ils commencent à libérer les stocks emprisonnés depuis des millénaires, provoquant par effet d'entraînement, une accélération du réchauffement au point de le mettre hors de portée du contrôle des humains.

Le taux de gaz carbonique dans l'atmosphère, qui emprisonne la chaleur du Soleil et hausse le thermostat de la planète, est passé de 280 ppm en 1750 à 360 ppm aujourd'hui. Le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC-ONU) prévoit que ce taux pourrait atteindre 540 à 970 ppm d'ici à 2100, ce qui pourrait augmenter la température moyenne du globe de 1,6 °C à plus de 7 °C au cours du prochain siècle.
 
 
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